Breguet XIV

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Breguet XIV
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Un Breguet XIV polonais en 1920.
Un Breguet XIV polonais en 1920.

Constructeur Drapeau : France Bréguet aviation
Rôle Bombardier
Premier vol 21 novembre 1916
Mise en service 1917
Date de retrait 1930 (en France)
1937 (en Thaïlande)[1].
Équipage
2: 1 pilote, 1 observateur
Motorisation
Moteur Renault 12 Fe ou 12 Fcx
Nombre 1
Type 12 cylindres en V à refroidissement par liquide
Puissance unitaire 300 ch
Dimensions
Breguet 14 3 vues.jpg
Envergure aile supérieure : 14 36 m
aile inférieure : 13 77 m
Longueur 8,87 m
Hauteur 3 3 m
Surface alaire 49 m2
Masses
À vide 1 127 kg
Avec armement 1 915 kg
Performances
Vitesse maximale 185 km/h (Mach 0,15)
Plafond 5 750 m
Vitesse ascensionnelle 105 m/min
Rayon d'action 700 km
Armement
Interne 1 mitrailleuse Vickers de 7,7 mm tirant vers l'avant et 2 mitrailleuses Lewis de 7,65 mm sur affût pivotant à l'arrière
Externe 300 kg de bombes

Le Breguet XIV était un biplan français utilisé pendant la Première Guerre mondiale comme avion de reconnaissance et comme bombardier, et est sans doute le meilleur bombardier moyen de la Première guerre mondiale. Sa vitesse en faisait l'appareil biplace le plus rapide du conflit. Il a été produit pendant de nombreuses années après la fin de la guerre. Il reste surtout célèbre pour avoir participé à l'épopée de l'Aéropostale aux mains de pilotes comme Mermoz, Daurat, Saint Exupéry et Guillaumet.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Breguet XIV a été conçu par Louis Breguet, qui effectua le premier vol aux commandes de son prototype (initialement désigné Breguet XIV Type AV) le 21 novembre 1916. Quelques semaines plus tard, la Section technique de l'aéronautique (STAé) de l'armée française lança un concours pour quatre nouveaux types d'aéronefs. Breguet présenta alors son nouveau prototype pour deux de ces catégories : avion de reconnaissance et bombardier. Suite à l'évaluation de février 1917, le Breguet 14 fut accepté pour ces deux rôles et, en mars, les commandes furent passées pour 150 avions de reconnaissance et 100 bombardiers, désignés respectivement Breguet 14 A.2 et Breguet 14 B.2 (renommés en 1918 Breguet XIV A2/B2). Le A.2 était équipé d'un appareil photo, certains transportant des radios, tandis que l'aile inférieure du 14 B.2 fut légèrement modifiée afin de pouvoir emporter un rack de bombes (construit par Michelin). Le Breguet XIV était à l'époque le plus rapide des appareils biplaces, et probablement le plus efficace en tant que bombardier moyen. D'autres variantes de ces appareils furent introduites en petit nombre au cours de la guerre, notamment la version 14B.1, bombardier monoplace à long rayon d'action ; le Breguet 14GR.2, appareil de reconnaissance à longue distance ; le Breguet 14H, hydravion ; le Breguet 14S, ambulance aérienne et le Breguet 14Et.2, appareil d'entraînement biplace. Quelques améliorations supplémentaires, notamment au niveau des plans d'ailes, amenèrent de nouveaux types d'appareils : le Breguet XVI et XVII.

C'est par un Breguet XIV que le 29 juin 1918, le célèbre pilote de chasse allemand Ernst Udet (62 victoires à la fin de la guerre) fut abattu à bord de son Fokker D.VII. Udet ne dut son salut qu'à son parachute, mais fut gravement blessé.

Conception[modifier | modifier le code]

Le Breguet XIV se présentait comme un biplan haubané à train rigide avec un moteur refroidi par eau et équipé de deux mitrailleuses sur pivot tirant vers l'arrière (parfois, une mitrailleuse Vickers tirant vers l'avant, au travers de l'hélice), mais sous l'habillage en tissu se trouvait une structure en acier solidement soudée. Il fut le premier avion produit en nombre à utiliser de grandes quantités de métal, plutôt que du bois, pour sa cellule. Cette structure légère, rigide et supérieure à celle de la plupart des autres avions, lui permettait d'effectuer des manœuvres très délicates compte tenu de sa taille. L'appareil était rapide et agile et pouvait supporter les dégâts dus au combat. Il pouvait emporter, sous ses ailes inférieures, jusqu'à 300 kg de bombes.

Le Bréguet XIV de 1918 a un rayon d’action théorique de 250 km environ, mais l’aviation de bombardement, qui en était armée, ne pénétrait de jour dans les lignes ennemies qu’en vol groupé et à une distance n’excédant guère 25 km[2].

Engagement[modifier | modifier le code]

Après qu'il eut été utilisé avec succès dans 71 escadrilles françaises sur le front occidental, d'autres pays passèrent commande. La Belgique commanda 40 appareils, tandis que l'US Army Air Service commanda plus de 600 Breguet XIV. D'autres pays comme la Serbie (5 escadrilles), le Maroc (6 escadrilles), la Macédoine (8 escadrilles) et la Grèce (3 escadrilles) utilisèrent aussi le type XIV. La moitié de ce contingent dut être équipée du moteur Fiat A.12' en raison de la pénurie de moteurs Renault 12F d'origine. À la fin de la Première Guerre mondiale, environ 5 500 Breguet XIV avaient été construits.

Le type XIV continua à être largement utilisé après la guerre, équipant des forces d'occupation françaises en Allemagne et servant à l'appui des troupes françaises dans les colonies, les surplus furent largement exportés à travers le monde. Une version spéciale fut développée pour les conditions difficiles rencontrées outre-mer, désignée Breguet XIV TOE (Théâtres d'opérations extérieures). Il fut utilisé en Syrie, au Maroc ou il participe à la guerre du Rif[3], au Indochine française et même en Russie. Le dernier appareil français fut retiré du service actif en 1932.

Parallèlement à sa carrière militaire, Breguet a également décliné des versions civiles du type XIV. Le « Salon 14T.2 » transportait deux passagers dans un fuselage spécialement modifié. Une version améliorée de ce 14Tbis était utilisée à la fois comme hydravion et comme avion de terrain. Ce type est à l'origine des premières lignes d'avion postal. La jeune compagnie aérienne Latécoère fit fabriquer une centaine d'appareils et s'appuya sur celui-ci afin d'exploiter les lignes transsahariennes. En tout 106 Breguet XIV traversèrent l'Afrique pour le compte de CGEA (ex-Latécoère). Une remotorisation de ce modèle par un moteur Renault Ja plus puissant, conjointement à un aménagement de la cabine permettant d'emmener quatre passagers, fut renommée Breguet XVIII.

Lorsque la production cessa en 1928, le total de toutes les versions construites atteignit 7800 appareils (selon d'autres sources, entre 8000 et 8370 unités)[4].

Variantes[modifier | modifier le code]

  • Breguet XIV A-2: Avion de reconnaissance biplace
  • Breguet XIV B-1: Bombardier monoplace
  • Breguet XIV B-2: Bombardier biplace

Bibliographie et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)« Observation and Attacker Type 1 Vought V-93S Corsair (1934-1950) », sur Musée de la force aérienne thaïlandaise royale (consulté le 18 juillet 2013)
  2. Colonel Mendigal, « Les thèses du général Douhet et la doctrine française », sur Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains (consulté le 28 août 2012)
  3. Gilles Krugler, « La puissance aérienne dans la guerre du Rif », sur Revue Historique des Armées,‎ 2011 (consulté le 25 avril 2013)
  4. Emmanuel Breguet, Breguet, un siècle d'aviation, Privat,‎ mars 2012, 144 p. (ISBN 978-2-7089-9232-0)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]