Breguet XIV

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Breguet XIV
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Un Breguet XIV polonais en 1920.
Un Breguet XIV polonais en 1920.

Constructeur Drapeau : France Breguet aviation
Rôle Bombardier
Premier vol
Mise en service 1917
Date de retrait 1930 (en France)
1937 (en Thaïlande)[1].
Équipage
Un pilote, Un observateur
Motorisation
Moteur Renault 12 Fe ou 12 Fcx
Nombre 1
Type 12 cylindres en V à refroidissement par liquide
Puissance unitaire 300 ch
Dimensions
Breguet 14 3 vues.jpg
Envergure aile supérieure : 14,36 m
aile inférieure : 13,77 m
Longueur 8,87 m
Hauteur 3,3 m
Surface alaire 49 m2
Masses
À vide 1 127 kg
Avec armement 1 915 kg
Performances
Vitesse maximale 185 km/h (Mach 0,15)
Plafond 5 750 m
Vitesse ascensionnelle 105 m/min
Rayon d'action 700 km
Armement
Interne 1 mitrailleuse Vickers de 7,7 mm tirant vers l'avant et 2 mitrailleuses Lewis de 7,65 mm sur affût pivotant à l'arrière
Externe 300 kg de bombes

Le Breguet XIV est un biplan français utilisé pendant la Première Guerre mondiale comme avion de reconnaissance ou bombardier : il est sans doute le meilleur bombardier moyen du conflit, en étant notamment l'appareil biplace le plus rapide. Sa production se poursuit bien au-delà de 1918. Il reste célèbre surtout pour avoir participé à l'épopée de l'Aéropostale aux mains de pilotes comme Mermoz, Daurat, Saint Exupéry et Guillaumet.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Breguet XIV est conçu par Louis Breguet, qui effectue le premier vol aux commandes de son prototype (initialement désigné Breguet XIV Type AV) le 21 novembre 1916. Quelques semaines plus tard, la section technique de l'aéronautique (STAé) de l'Armée française lance un concours pour quatre nouveaux types d'aéronefs. Breguet présente alors son nouveau prototype pour deux de ces catégories : avion de reconnaissance et bombardier. À la suite de l'évaluation de février 1917, le Breguet 14 est accepté pour ces deux rôles et, en mars, les commandes sont passées pour 150 avions de reconnaissance et 100 bombardiers, désignés respectivement Breguet 14 A.2 et Breguet 14 B.2 (renommés en 1918 Breguet XIV A2/B2). Le A.2 est équipé d'un appareil photo, certains transportant des radios, tandis que l'aile inférieure du 14 B.2 est légèrement modifiée afin de pouvoir emporter un « rack » de bombes (construit par Michelin). Le Breguet XIV est alors le plus rapide des appareils biplaces, et probablement le plus efficace en tant que bombardier moyen. D'autres variantes de ces appareils sont introduites en petit nombre au cours de la guerre, notamment la version 14B.1, bombardier monoplace à long rayon d'action ; le Breguet 14GR.2, appareil de reconnaissance à longue distance ; le Breguet 14H, hydravion ; le Breguet 14S, ambulance aérienne et le Breguet 14Et.2, appareil d'entraînement biplace. Quelques améliorations supplémentaires, notamment au niveau des plans d'ailes, amènent de nouveaux types d'appareil : les Breguet XVI et XVII.

C'est par un Breguet XIV que le célèbre pilote de chasse allemand Ernst Udet (62 victoires à la fin de la guerre) est abattu le 29 juin 1918 à bord de son Fokker D.VII. Udet ne doit son salut qu'à son parachute, mais il est gravement blessé.

Conception[modifier | modifier le code]

Le Breguet XIV se présente comme un biplan haubané à train rigide avec un moteur refroidi par eau et équipé de deux mitrailleuses sur pivot tirant vers l'arrière (parfois, une mitrailleuse Vickers tirant vers l'avant, au travers de l'hélice), mais sous l'habillage en tissu se trouve une structure en acier solidement soudée. Il est le premier avion produit en nombre à utiliser de grandes quantités de métal, plutôt que du bois, pour sa cellule. Cette structure légère, rigide et supérieure à celle de la plupart des autres avions, lui permet d'effectuer des manœuvres très délicates compte tenu de sa taille. L'appareil est rapide et agile et peut supporter des dégâts dus au combat. Il peut emporter, sous ses ailes inférieures, jusqu'à 300 kg de bombes.

Le Bréguet XIV de 1918 a un rayon d’action théorique de 250 km environ, mais l’aviation de bombardement, qui en est armée, ne pénètre de jour dans les lignes ennemies qu’en vol groupé et à une distance n’excédant guère 25 km[2].

Engagement[modifier | modifier le code]

Le Bréguet XIV connaît une histoire opérationnelle particulièrement brillante. Durant la Première Guerre mondiale, il est utilisé tant pour des missions de bombardement que de reconnaissance. Il participe à des bombardements stratégiques (usines, voies ferrées, gares... allemandes) mais aussi à de très nombreux raids contre les lignes de front. Ainsi, il joue un rôle crucial durant la seconde bataille de la Marne en attaquant les passerelles et les troupes ennemies, les empêchant ainsi de franchir rapidement la Marne. La vitesse et la robustesse de l'appareil en font également une cible dangereuse et difficile à abattre pour l'aviation ennemie. Plus nombreuse et mieux équipée, l'aviation française (et alliée en général) conserve une indéniable supériorité tout au long de l'année 1918. En revanche, la défense allemande n'en reste pas moins redoutable. Ainsi, les bombardiers volent généralement au sein de larges formations, souvent protégées par la chasse et parfois par une protection rapprochée de Caudron R.11 (équipés de deux mitrailleurs), ce qui ne les empêche pas d'être fréquemment interceptées par des formations allemandes à peu près égales en nombre. Après avoir été utilisé avec succès dans 71 escadrilles françaises sur le front occidental, d'autres pays passent commande de l'appareil. La Belgique commande 40 appareils, tandis que l'US Army Air Service commande plus de 600 Breguet XIV. D'autres pays comme la Serbie (5 escadrilles), le Maroc (6 escadrilles), la Macédoine (8 escadrilles) et la Grèce (3 escadrilles) utilisent aussi le type XIV. La moitié de ce contingent doit être équipée du moteur Fiat A.12 en raison de la pénurie de moteurs Renault 12F d'origine. À la fin de la Première Guerre mondiale, environ 5 500 Breguet XIV ont été construits.

Le type XIV continue à être largement utilisé après la guerre, équipant des forces d'occupation françaises en Allemagne et servant à l'appui des troupes françaises dans les colonies, les surplus sont largement exportés à travers le monde. Une version spéciale est développée pour les conditions difficiles rencontrées outre-mer, désignée Breguet XIV TOE[3]. Il est utilisé en Syrie, au Maroc où il participe à la guerre du Rif[4], en Indochine française et même en Russie. Le dernier appareil français est retiré du service actif en 1932.

En plus des versions militaires, Breguet est conduit à produire des versions civiles du type XIV. Le « Salon 14T.2 » transporte deux passagers dans un fuselage spécialement modifié. Une version améliorée de ce 14Tbis est utilisée à la fois comme hydravion et comme avion de terrain. Ce type d’appareil est à l'origine des premières lignes d'avion postal. La jeune compagnie aérienne Latécoère fait fabriquer une centaine d'appareils et s'appuie sur celui-ci pour exploiter les lignes transsahariennes. En tout, 106 Breguet XIV traversent l'Afrique pour le compte de CGEA (ex-Latécoère). Une remotorisation de ce modèle par un moteur Renault Ja plus puissant, conjointement à un aménagement de la cabine permettant d'emmener quatre passagers, est renommée Breguet XVIII.

Lorsque la production cesse en 1928, le total de toutes les versions construites atteint 7 800 appareils ; d'autres sources mentionnent : entre 8 000 et 8 370 unités[5].

Variantes[modifier | modifier le code]

  • Breguet XIV A-2 : avion de reconnaissance biplace
  • Breguet XIV B-1 : bombardier monoplace
  • Breguet XIV B-2 : bombardier biplace

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)« Observation and Attacker Type 1 Vought V-93S Corsair (1934-1950) », sur Musée de la force aérienne thaïlandaise royale (consulté le 18 juillet 2013).
  2. Colonel Mendigal, « Les thèses du général Douhet et la doctrine française », sur Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains (consulté le 28 août 2012).
  3. « TOE » pour « théâtres d'opérations extérieures ».
  4. Gilles Krugler, « La puissance aérienne dans la guerre du Rif », sur Revue Historique des Armées,‎ (consulté le 25 avril 2013).
  5. Emmanuel Breguet, Breguet, un siècle d'aviation, Privat,‎ , 144 p. (ISBN 978-2-7089-9232-0).