Brebis égarée

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La parabole de la brebis égarée, attribuée à Jésus de Nazareth, se retrouve dans deux évangiles canoniques du Nouveau Testament et dans un des apocryphes. Elle est rapportée par Matthieu (Mt 18,12-13) et Luc (Lc 15,3-7). On la trouve aussi dans l'Évangile apocryphe de Thomas, logon 107[1]. Des possibles parallèles dans l'Ancien Testament sont Ez 34,6, 12 et Ps 119,176.

Texte[modifier | modifier le code]

Évangile selon Matthieu chapitre 18, versets 12 à 14 :

« Que vous en semble ? Si un homme a cent brebis, et que l'une d'elles s'égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s'est égarée ? Et, s'il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. De même, ce n'est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu'il se perde un seul de ces petits. »

Évangile selon Luc chapitre 15, versets 4 à 7 :

"  Quel homme d’entre vous, s’il a cent brebis, et qu’il en perde une, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller après celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve? Lorsqu’il l’a retrouvée, il la met avec joie sur ses épaules, et, de retour à la maison, il appelle ses amis et ses voisins, et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis qui était perdue. De même, je vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentance."

Traductions d'après la Bible Louis Segond.

Interprétation[modifier | modifier le code]

Jean Chrysostome, docteur de l'Église, a ce commentaire sur cette parabole : « Considérez par combien de raisons Jésus-Christ nous exhorte à avoir de l’estime et du soin des moindres d’entre nos frères. Ne dites donc plus : ce pauvre homme est un serrurier ; celui-ci un cordonnier, et celui-là un jardinier, et ainsi ce sont des gens de néant dont je ne fais pas grand compte. Voyez au contraire par combien de considérations Jésus-Christ veut que vous bannissiez ces pensées et que vous en preniez d’autres plus équitables et plus conformes à la foi, et que vous ayez égard même aux plus petits. Il prend un petit enfant, et le met au milieu de ses disciples. Il leur commande de devenir comme de petits enfants, et leur dit que quiconque en recevrait de tels en son nom, le recevrait lui-même : et que quiconque les scandaliserait, souffrirait d’épouvantables supplices. Il ne se contente pas de dire que ces auteurs de scandale seraient jetés dans la mer avec une meule attachée au cou. Il prononce encore un double malheur contre eux ; et il nous commande de les couper et de les retrancher de nous, quand ils nous seraient, aussi nécessaires que nos mains ou que nos yeux.

Il nous engage aussi à honorer ces petits par le respect que nous devons aux anges qui les gardent. Il nous y exhorte encore plus puissamment par ses propres souffrances, par ce qu’il a enduré pour eux : car en disant: « Le Fils de l’homme est venu pour sauver ce qui était perdu», il nous marque clairement sa croix [2]. » L'archevêque entrevoyait déjà, sans le savoir, les bases de la société helléno-chrétienne actuelle, les Droits de l'Homme forgés quelques siècles plus tard, et la démocratie.

Pour saint Pierre Chrysologue, cette parabole montre que le Christ a chassé satan, personnalisé par l'envie dans nos vies ; l'agneau sur la croix a dépassé le côté matériel de nos existences ; la Passion a montré la résurrection. « Frères, le Christ est venu nous chercher sur la terre ; cherchons-le dans les cieux. Il nous a emportés dans la gloire de sa divinité ; nous, portons-le dans notre corps par la sainteté de toute notre vie » conclut l'Evêque [3].

Elle a donné lieu à une expression figée, la « brebis égarée », désignant, à l'instar du « Fils Prodigue » figurant dans une parabole qui suit peu après dans Luc, la personne qui s'égare moralement.

Elle s'applique à deux sortes de situations selon qu'on prenne en compte le récit, son commentaire dans Matthieu ou dans Luc ou les paraboles qui suivent, dans Luc, de la femme qui perd une drachme, moins connue, et du fils prodigue : égarement involontaire (s'appuyant sur la parabole de la brebis et son commentaire par Luc et sur la parabole de la femme à la drachme perdue) ou volontaire (s'appuyant sur le commentaire dans Matthieu et la parabole du fils prodigue).

Les deux paraboles les plus connues, et parfois les trois, servent de base dans les considérations que développent les théologiens et prédicateurs sur la nécessité d'aller chercher la brebis égarée pour la faire rentrer dans le troupeau, quand on considère l'égarement involontaire, ou d'accueillir avec grâce le pécheur repenti, dans le cas de l'égarement volontaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Évangile selon Thomas, traduction et commentaires, sur users.telenet.be
  2. Homélie 59 sur saint Matthieu de saint Jean Chrysostome [1]
  3. Sermon 168 retrouvé chez "Les Pères commentent", utilisé pour le jeudi de la 31e semaine du Temps ordinaire [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]