Brahmājālasūtta

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Le Brahmājālasūtta, sūtra du filet de Brahman, est un texte, comme tous les sutras, attribué à Gautama Bouddha.

Il est le premier sūtta de la collection du Dīgha Nikāya, la collection des sûtras long, faisant partie de la corbeille Sutta Pitaka du Tipitaka.

Le titre de ce sûtra pourrait provoquer une confusion avec le Brahmājālasūtra, lequel est un sūtra du bouddhisme mahâyâna.

Analyse du contenu[modifier | modifier le code]

Le Brahmājālasūtta interroge comment les individus s'égarent dans des opinions irraisonnées. Il analyse ces opinions en en répertoriant 62, qu'elles concernent la finitude ou l'infinitude de l'univers, la causalité, le Soi après la mort… Tant le nihilisme que l'éternalisme sont condamnés.

Gautama Bouddha donne ensuite l'image l'un filet : les défenseurs de ces vues sont comme retenus prisonniers, à l'instar de poissons dans le filet d'un pêcheur… Puis, il nomme le sutta : « filet de Brahman », « filet des fausses doctrines », « incomparable victoire après le combat ».

Liste des 62 vues fausses[modifier | modifier le code]

Les vues 1 à 4 sont éternalistes, 5 à 8 semi-éternalistes. Les vues 9 à 12 sont une spéculation sur la nature de l'univers. Les vues 13 à 16 sont celles de l'agnosticisme irrationnel. Les vues 17 et 18 nient la causalité. Les vues 19 à 50 affirment que le soi continue à exister après la mort, avec les différences que : la perception continue après la mort (vues 19 à 34), elle disparaît après la mort (vues 35 à 42), après la mort il n'y a ni perception ni non-perception (vues 43 à 50). Les vues 51 à 57 sont nihilistes. Les vues 58 à 62 correspondent à des façons erronées d'atteindre l'Absolu dans cette vie.

  • 1 à 4 : le soi et le monde sont éternels.
  • 5 : il y a un créateur, « permanent, stable, éternel », « père de tout ce qui a été et qui sera », mais ses créatures sont mortelles.
  • 6 et 7 : il y a des dieux (« dévas ») « permanents, stables, éternels » mais les hommes sont mortels.
  • 8 : le corps est « impermanent, instable, non éternel » mais la pensée, ou l'esprit, ou la conscience, est « un soi qui est permanent, stable, éternel ».
  • 9 : « ce monde est fini et contenu dans un cercle ».
  • 10 : « le monde est infini et sans aucune limite ».
  • 11 : « le monde est à la fois fini et infini ».
  • 12 : « le monde n'est ni fini, ni infini ».
  • 13 à 16 : quand on ne sait pas si une chose est bonne ou mauvaise, on s'en tire « à l'aide d'arguments évasifs » pour ne pas prendre parti.
  • 17 et 18 : « le soi et le monde viennent à l'existence par hasard ». On peut passer de l'état de non-existence à l'état d'existence. « Le soi et le monde viennent à l'existence par hasard, sans cause ».
  • 19 à 34 : le soi après la mort est conscient, non-sujet au déclin, et : matériel, immatériel, à la fois matériel et immatériel, ni matériel ni immatériel, fini, infini, les deux, aucun des deux, expérimentant un état de conscience unique, plusieurs états de conscience, des états de conscience limités, des états de conscience illimités, totalement heureux, totalement malheureux, les deux, aucun des deux.
  • 35 à 42 : le soi après la mort est inconscient, non sujet au déclin, et : matériel, immatériel, à la fois matériel et immatériel, ni matériel ni immatériel, fini, infini, les deux, aucun des deux.
  • 43 à 50 : le soi après la mort est ni conscient ni inconscient, non sujet au déclin, et : matériel, immatériel, à la fois matériel et immatériel, ni matériel ni immatériel, fini, infini, les deux, aucun des deux.
  • 51 à 57 : le soi est détruit à la dissolution du corps.
  • 58 à 62 : le soi a réalisé le nirvāna « ici et maintenant » ou le réalise dans un des 4 dhyānas.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Le point de vue du Bouddha, qui n'est ni éternaliste, ni nihiliste, ni fataliste, ni agnostique, ni théiste, s'oppose dans ce sūtta à celui des « grands maîtres » philosophiques rivaux de l'époque, qu'un autre sūtta, le Samaññaphala Sūtta (« Les fruits de la vie contemplative »), répertorie, et contre lesquels le Brahmājālasūtta est dirigé :

  • Purana Kassapa : théorie de la contingence qui nie la rétribution des actes, tout se produisant de façon accidentelle (adhiccasamuppana-vāda)
  • Makkhali Gosala : fatalisme, la moralité des actes ne compte pas, les êtres s'améliorent automatiquement jusqu'à être libérés (niyati-vāda)
  • Ajita Kesakambalin : nihilisme (ou matérialisme), la valeur des actes est niée, l'existence de l'individu se termine avec sa mort (ucceda-vāda)
  • Pakudha Kaccayana : éternalisme, l'être humain est composé de sept éléments qui existent éternellement (sassata-vāda)
  • Sañjaya Belatthaputta : agnosticisme, les questions ultimes ne trouvent pas d'explication définitive (ajñeya-vāda)
  • Nigantha Nataputta (qui est le Mahāvīra du jaïnisme) : théorie d'un principe vital éternel, le jîva.

Le théisme (issara-nimmana-vada), selon lequel le monde est la création d'un être suprême, était également professé par plusieurs maîtres brahmanes (Pokkarasati, Tarukkha), qui enseignaient l'union avec Brahma. Le Tevijja Sutta réfute ce point de vue en qualifiant ces maîtres d'aveugles qui mènent des aveugles, « capables de montrer la voie de l'union avec quelqu'un dont ils ne savent rien et qu'ils n'ont pas vu ». Le Tittha Sutta affirme de même que « le fait de croire en la création du monde par un être suprême » conduit à un manque d’effort dans la pratique et à l’inaction.

Version traduite par Sébastien Billard[modifier | modifier le code]

Brahmajala Sutta / Les 62 sortes de vues fausses

Il y a, ô moines, des ascètes et des brahmanes qui spéculent sur le passé, ont des opinions toutes faites sur le passé, qui proclament diverses théories sur le passé, et cela de 18 façons différentes. Sur quelles bases fondent-ils leurs opinions ?

Il y a des ascètes et des brahmanes qui sont éternalistes, qui affirment l'éternité du soi et du monde de 4 façons. Sur quelles bases ?

Première vue fausse : Ici, moines, un ascète ou un brahmane a, par les moyens de l'effort, de l'entraînement, de la persévérance, des mérites et de l'attention juste atteint un tel état de concentration qu'il se remémore ses existences passées : une naissance, deux naissances, trois, quatre, cinq, dix naissances, cent, mille, plusieurs milliers, cent mille, plusieurs centaines de milliers de naissances.

« Dans cette existence, mon nom était ceci, mon clan était cela, ma caste était ceci, ma nourriture était cela, j'ai expérimenté telles et telles situations plaisantes et déplaisantes, j'ai vécu tant d'années. Ayant quitté cette existence-là, je suis arrivé dans celle-ci. Dans cette existence, mon nom était ceci, mon clan était cela, ma caste était ceci, ma nourriture était cela, j'ai expérimenté telles et telles situations plaisantes et déplaisantes, j'ai vécu tant d'années […] »

Ainsi, il se souvient de plusieurs existences passées, de leurs conditions, et de leurs détails. Et il dit : « le soi et le monde sont éternels, stériles comme un piton rocheux et aussi fermement établis qu'un pieu. Les êtres s'agitent, circulent d'une existence à une autre, meurent et renaissent, et cet état est éternel. Comment le sais-je ? J'ai par les moyens de l'effort, de l'entraînement, de la persévérance, atteint un tel état de concentration que je me remémore mes existences passées. C'est ainsi que je sais que le soi et le monde sont éternels ».

Ceci est la première façon dont certains ascètes et brahmanes affirment l'éternité du soi et du monde.

Deuxième vue fausse : Et quelle est la seconde vue fausse ? Ici, moines, un ascète ou un brahmane a, par les moyens de l'effort, de l'entraînement, de la persévérance, des mérites et de l'attention juste atteint un tel état de concentration qu'il se remémore un kappa (période de contraction et d'expansion d'un univers), deux kappa, trois, quatre, cinq, dix kappa […] « Dans cette existence, mon nom était ceci […] C'est ainsi que je sais que le soi et le monde sont éternels ».

Ceci est la seconde façon dont certains ascètes et brahmanes affirment l'éternité du soi et du monde.

Troisième vue fausse : Et quelle est la troisième vue fausse ? Ici, moines, un ascète ou un brahmane a, par les moyens de l'effort, de l'entraînement, de la persévérance, des mérites et de l'attention juste atteint un tel état de concentration qu'il se remémore dix kappa, vingt kappa, trente, quarante kappa […] « Dans cette existence, mon nom était ceci […] C'est ainsi que je sais que le soi et le monde sont éternels ».

Ceci est la troisième façon dont certains ascètes et brahmanes affirment l'éternité du soi et du monde.

Quatrième vue fausse : Et quelle est la quatrième vue fausse ? Ici, moines, un ascète ou un brahmane est un logicien, un philosophe. Se forgeant une opinion par l'intellect, suivant sa propre argumentation, il argue : « le soi et le monde sont éternels, stériles comme un piton rocheux et aussi fermement établis qu'un pieu. Les êtres s'agitent, circulent d'une existence à une autre, meurent et renaissent, et cet état est éternel. »

Ceci est la quatrième façon dont certains ascètes et brahmanes affirment l'éternité du soi et du monde.

Voici donc les 4 façons par lesquelles ces ascètes et brahmanes sont éternalistes, et affirment l'éternité du soi et du monde. Quels que soient les ascètes et brahmanes affirmant l'éternité du soi et du monde, ils le font sur l'une ou l'autre de ces quatre bases. Il n'y a pas d'autre façon.

Et le Tathágata comprend : Ces opinions que l'on saisit et auxquelles on adhère mèneront vers telles ou telles existences. Ceci, le Tathágata le sait, et bien plus encore, mais il n'est pas attaché à ce savoir. Etant libre d'attachement, il a expérimenté la paix parfaite, et ayant compris l'apparition, la cessation, le pouvoir d'attraction, la dangerosité, et la libération des sensations, le Tathágata est totalement libéré.

Il y a ainsi ô moines, des dhammas (choses) profonds, difficiles à voir et à comprendre, tranquilles, nobles, au-delà de la pensée discursive, subtils, et expérimentés seulement par les sages. Le Tathágata, ayant par la sagesse omnisciente lui-même réalisé ces dhammas, les a exposés. Que ceux qui désirent véritablement honorer le Tathágata en parlent sans déformer son enseignement. Et quels sont ces dhammas ?

Il y a, ô moines, des ascètes et des brahmanes qui sont à la fois éternalistes et non-éternalistes, qui proclament l'éternité partielle et la non-éternité partielle du soi et de monde, de quatre façon différentes. Sur quelles bases fondent-ils leurs opinions ?

Il vient un temps, moines, où après une plus ou moins longue période, ce monde se contracte. Durant cette période, les êtres renaissent principalement dans le monde dit « Abhassara Brahma ». Nés spontanément par le biais de l'absorption mentale (jhana), ils y résident, se nourrissant de joie, émanant de lumière, glorieux, volant à travers les airs. Et ils résident en ce monde pendant une très longue période.

Cinquième vue fausse : Arrive un temps où après une plus ou moins longue période, ce monde connaît une expansion. Dans ce monde en expansion, une sphère d'existence appelée « demeure de Brahma », vide de toute vie, apparaît. Alors, un être mort dans le monde Abhassara Brahma du fait de son âge, ou de l'épuisement de ses mérites, renaît dans cette demeure de Brahma vide. Et, né spontanément par le biais de l'absorption mentale (jhana), il y réside, se nourrissant de joie, émanant de lumière, glorieux, volant à travers les airs. Et il y réside comme cela pendant une très longue période.

En cet être, qui a été si longtemps seul, s'élèvent alors l'insatisfaction et la lassitude. Il pense : « Si seulement d'autres êtres pouvaient être présents ici ! ». Alors d'autres êtres, morts dans le monde Abhassara Brahma du fait de leur âge, ou de l'épuisement de leurs mérites, renaissent également dans cette demeure de Brahma. Nés spontanément […], ils y résident, se nourrissant de joie […] pendant une très longue période.

Alors, moines, cet être qui fut le premier à naître dans cette demeure de Brahma se met à penser : « Je suis Brahma, le Grand Brahma, le Conquérant, l'Inconquis, l'Omniscient, l'Omnipotent, le Tout-Puissant, le Seigneur Brahma, le Créateur, le Père de tout ce qui a été et qui sera. Ces êtres, c'est moi qui les ai créés. Et comment ? Parce que j'ai eu cette pensée : « Si seulement d'autres êtres pouvaient être présents ici ! » C'était mon souhait, et ces êtres sont alors venus à l'existence !

Les autres êtres de la demeure de Brahma pensent à leur tour : « Cette personne, mes amis, est Brahma, le Grand Brahma, le Conquérant, […] le Père de tout ce qui a été et qui sera. Comment le savons-nous ? Nous avons vu qu'il était le premier, et que nous ne sommes apparus qu'après lui. »

Cet être, qui est né en premier dans la demeure de Brahma vit plus longtemps qu'eux, est plus beau, et plus puissant. Les autres ont une vie plus courte, sont moins beaux, et moins puissants.

Il arrive alors qu'un de ces êtres, étant mort dans cette demeure de Brahma, renaisse dans le monde humain. Etant né dans ce monde, il abandonne la vie de foyer pour la vie d'ascète errant. Ayant par les moyens de l'effort, de l'entraînement, de la persévérance, des mérites et de l'attention juste atteint un tel état de concentration qu'il se remémore son existence précédente, mais pas les autres, il pense : « Brahma, le Grand Brahma, le Conquérant […] est notre Créateur, il est permanent, stable, éternel, non sujet au changement. Mais nous, ses créatures, sommes impermanents, instables, mortels, sujets à la chute, et c'est ainsi que nous naissons en ce monde ».

Ceci est la première façon dont certains ascètes et brahmanes affirment l'éternité partielle et la non-éternité partielle du soi et de monde.

Sixième vue fausse : Et quelle est la seconde façon ? Il y a, moines, des devas corrompus par le plaisir. Ils consacrent leur temps à l'amusement et aux festivités, négligeant l'attention, oubliant même de se nourrir, jusqu'à en mourir.

Il arrive alors qu'un de ces devas, renaisse dans le monde humain. Etant né dans ce monde, il abandonne la vie de foyer pour la vie d'ascète errant. Ayant par les moyens de l'effort, de l'entraînement, de la persévérance, des mérites et de l'attention juste atteint un tel état de concentration qu'il se remémore son existence précédente, mais pas les autres, il pense : « Ces devas vénérables, qui ne sont pas corrompus par le plaisir, ne gaspillent pas leur temps dans l'amusement et les festivités, conservent leur attention. Conservant leur attention, n'oubliant pas de se nourrir, ils ne tombent pas de ce domaine d'existence. Ils sont permanents, stables, éternels, non sujets au changement. Mais nous, qui sommes corrompus par le plaisir, sommes impermanents, instables, mortels, sujets à la chute, et c'est ainsi que nous naissons en ce monde ». Ceci est la seconde façon.

Septième vue fausse : Et quelle est la troisième façon ? Il y a, moines, des devas corrompus par l'esprit. Ils passent leur temps à jalouser les autres. Trop occupés à jalouser les autres, ils épuisent leur corps et leur esprit jusqu'à en mourir.

Il arrive alors qu'un de ces devas, renaisse dans le monde humain. Etant né dans ce monde, il abandonne la vie de foyer pour la vie d'ascète errant. Ayant par les moyens de l'effort, de l'entraînement, de la persévérance, des mérites et de l'attention juste atteint un tel état de concentration qu'il se remémore son existence précédente, mais pas les autres, il pense : « Ces devas vénérables, qui ne sont pas corrompus par l'esprit, ne passent pas leur temps à jalouser les autres. Ne perdant pas leur temps à jalouser les autres, ils n'épuisent pas leur corps et leur esprit. N'épuisant pas leur corps et leur esprit, ils ne tombent pas de ce domaine d'existence. Ils sont permanents, stables, éternels, non sujets au changement. Mais nous, qui sommes corrompus par l'esprit, sommes impermanents, instables, mortels, sujets à la chute, et c'est ainsi que nous naissons en ce monde ». Ceci est la troisième façon.

Huitième vue fausse : Et quelle est la quatrième façon ? Ici, moines, un ascète ou un brahmane est un logicien, un philosophe. Se forgeant une opinion par l'intellect, suivant sa propre argumentation, il argue : « Ce qui est appelé œil, oreille, nez, langue, ou corps, cela est un soi impermanent, instable, non éternel, sujet au changement. Mais ce qui est appelé pensée, esprit, ou conscience, c'est un soi qui est permanent, stable, éternel, non sujet au changement ! » Ceci est la quatrième façon.

Voici donc les 4 façons par lesquelles ces ascètes et brahmanes sont à la fois éternalistes et non-éternalistes. Quels que soient les ascètes et brahmanes affirmant l'éternité partielle et la non-éternité partielle du soi et de monde, ils le font sur l'une ou l'autre de ces quatre bases. Il n'y a pas d'autre façon.

Et le Tathágata comprend : Ces opinions que l'on saisit et auxquelles on adhère mèneront vers telles ou telles existences. Ceci, le Tathágata le sait, et bien plus encore, mais il n'est pas attaché à ce savoir. Etant libre d'attachement, il a expérimenté la paix parfaite, et ayant compris l'apparition, la cessation, le pouvoir d'attraction, la dangerosité, et la libération des sensations, le Tathágata est totalement libéré.

Il y a ainsi ô moines, des dhammas (choses) profonds, difficiles à voir et à comprendre, tranquilles, nobles, au-delà de la pensée discursive, subtils, et expérimentés seulement par les sages. Le Tathágata, ayant par la sagesse omnisciente lui-même réalisé ces dhammas, les a exposés. Que ceux qui désirent véritablement honorer le Tathágata en parlent sans déformer son enseignement. Et quels sont ces dhammas ?

Il y a, ô moines, des ascètes et des brahmanes qui affirment que le monde est fini, d'autres qui affirment que le monde est infini, et cela, de quatre façons différentes. Sur quelles bases fondent-ils leurs opinions ?

Neuvième vue fausse : Ici, moines, un ascète ou un brahmane a, par les moyens de l'effort, de l'entraînement, de la persévérance, des mérites et de l'attention juste atteint un tel état de concentration qu'il demeure percevant le monde comme fini. Il pense : « Ce monde est fini et contenu dans un cercle. Comment le sais-je ? J'ai par les moyens de l'effort […] atteint un tel état de concentration que je demeure percevant le monde comme fini. Je sais donc que ce monde est fini et contenu dans un cercle. » Ceci est la première façon.

Dixième vue fausse : Et quelle est la seconde façon ? Ici, un ascète ou un brahmane a […] atteint un tel état de concentration qu'il demeure percevant le monde comme infini. Il pense : « Le monde est infini et sans aucune limite. Ces ascètes et brahmanes qui disent le monde fini sont dans l'erreur. Comment le sais-je ? J'ai par les moyens de l'effort […] atteint un tel état de concentration que je demeure percevant le monde comme infini. Je sais donc que le monde est infini. » Ceci est la seconde façon.

Onzième vue fausse : Et quelle est la troisième façon ? Ici, un ascète ou un brahmane a […] atteint un tel état de concentration qu'il demeure percevant le monde comme étant fini verticalement, mais infini horizontalement. Il pense : « Le monde est à la fois fini et infini. Ces ascètes et brahmanes affirmant que le monde est fini sont dans l'erreur, de même que ceux qui affirment que le monde est infini. Comment le sais-je ? J'ai par les moyens de l'effort […] atteint un tel état de concentration que je demeure percevant le monde comme fini verticalement et infini horizontalement. Je sais donc que le monde est à la fois fini et infini. » Ceci est la troisième façon.

Douzième vue fausse : Et quelle est la quatrième façon ? Ici, moines, un ascète ou un brahmane est un logicien, un philosophe. Se forgeant une opinion par l'intellect, suivant sa propre argumentation, il argue : « Ce monde n'est ni fini, ni infini. Ceux qui affirment qu'il est fini sont dans l'erreur, tout comme ceux qui affirment qu'il est infini. Le monde n'est ni fini, ni infini. » Ceci est la quatrième façon.

Voici donc les 4 façons par lesquelles ces ascètes et brahmanes affirment que le monde est fini ou infini. Quels que soient les ascètes et brahmanes affirmant la finitude ou l'infinitude du monde, ils le font sur l'une ou l'autre de ces quatre bases. Il n'y a pas d'autre façon.

Et le Tathágata comprend […]

Il y a ainsi ô moines, des dhammas (choses) profonds, difficiles à voir et à comprendre […]

Il y a, ô moines, des ascètes et des brahmanes qui se comportent comme des anguilles. Quand on les questionne sur divers sujets, ils tentent de s'en tirer à l'aide d'arguments évasifs ou ambigus, se débattant comme des anguilles, de quatre façons différentes. Sur quelles bases fondent-ils leurs opinions ?

Treizième vue fausse : Ici, un ascète ou un brahmane ne sait pas en vérité si une chose est bonne ou mauvaise. Il pense : « Je ne sais pas réellement si cette chose est bonne ou mauvaise. Ne connaissant pas la bonne réponse, je pourrais affirmer que cela est bon, ou bien que cela est mauvais, et me tromper, ce qui risquerait de me créer de la détresse et du démérite ». Aussi, craignant de mentir, il ne déclare jamais une chose bonne ou mauvaise. Quand on le questionne sur divers sujets, il tente de s'en tirer à l'aide d'arguments évasifs, se débattant comme une anguille : « Je ne dis pas ceci, je ne dis pas cela, je ne dis pas que c'est autrement, je ne dis pas que cela n'est pas. » Ceci est la première façon.

Quatorzième fausse vue : Et quelle est la seconde façon ? Ici, un ascète ou un brahmane ne sait pas en vérité si une chose est bonne ou mauvaise. Il pense : « Je ne sais pas réellement si cette chose est bonne ou mauvaise. Ne connaissant pas la bonne réponse, je pourrais affirmer que cela est bon, ou bien que cela est mauvais, et alors ressentir de la satisfaction, du plaisir, ou bien de l'insatisfaction et du déplaisir quant à ma réponse, ce qui risquerait de me créer de la détresse et du démérite ». Aussi, craignant l'attachement et l'aversion, il ne déclare jamais une chose bonne ou mauvaise. Quand on le questionne sur divers sujets, il tente de s'en tirer à l'aide d'arguments évasifs, se débattant comme une anguille […]. Ceci est la seconde façon.

Quinzième vue fausse : Et quelle est la troisième façon ? Ici, un ascète ou un brahmane ne sait pas en vérité si une chose est bonne ou mauvaise. Il pense : « Je ne sais pas réellement si cette chose est bonne ou mauvaise. Ne connaissant pas la bonne réponse, je pourrais affirmer que cela est bon, ou bien que cela est mauvais. Mais il y a des ascètes et des brahmanes sages et expérimentés, de grands orateurs, qui, précis comme des archers, détruisent les thèses des autres avec leur sagesse. Ces ascètes et brahmanes pourraient m'interroger, me demander mes arguments, et je pourrais ne pas être capable de leur répondre, ce qui risquerait de me créer de la détresse et du démérite. » Aussi, craignant de débattre, il ne déclare jamais une chose bonne ou mauvaise. Quand on le questionne sur divers sujets, il tente de s'en tirer à l'aide d'arguments évasifs, se débattant comme une anguille […]. Ceci est la troisième façon.

Seizième vue fausse : Et quelle est la quatrième façon ? Ici, un ascète ou un brahmane est confus et stupide. Du fait de sa confusion et de sa stupidité, quand on le questionne sur divers sujets, il tente de s'en tirer à l'aide d'arguments évasifs, se débattant comme une anguille : « Vous me demandez s'il y a un autre monde ? Si je le pensais, je dirais que oui. Mais je ne le dis pas. Je ne dis pas autrement non plus. Et je ne dis pas que cela n'est pas, pas plus que je ne dis que cela est […] Vous me demandez s'il existe des êtres qui naissent spontanément ? Si je le pensais, je dirais que oui. Mais je ne le dis pas. Je ne dis pas autrement non plus. Et je ne dis pas que cela n'est pas, pas plus que je ne dis que cela est […]. Vous me demandez si le Tathágata existe après la mort ? […] » Ceci est la quatrième façon.

Voici donc les 4 façons par lesquelles ces ascètes et brahmanes tentent de s'en tirer à l'aide d'arguments évasifs ou ambigus, se débattant comme des anguilles. Quels que soient ces ascètes et brahmanes, ils le font sur l'une ou l'autre de ces quatre bases. Il n'y a pas d'autre façon.

Et le Tathágata comprend […]

Il y a ainsi ô moines, des dhammas (choses) profonds, difficiles à voir et à comprendre […]

Il y a, ô moines, des ascètes et des brahmanes qui affirment la doctrine de la non-causalité et proclament que le hasard est à l'origine du soi et du monde, et cela, de deux façons différentes. Sur quelles bases fondent-ils leurs opinions ?

Dix-septième vue fausse : Il existe, moines, des devas dits « sans perception ». Aussitôt que la perception arrive en eux, ces devas tombent de leur domaine d'existence. Il arrive alors qu'un de ces devas renaisse dans le monde humain. Etant né dans ce monde, il abandonne la vie de foyer pour la vie d'ascète errant. Ayant par les moyens de l'effort, de l'entraînement, de la persévérance, des mérites et de l'attention juste atteint un tel état de concentration qu'il se remémore son existence précédente, mais pas les autres. Il pense : « Le soi et le monde viennent à l'existence par hasard. Comment le sais-je ? Avant de venir à l'existence, je n'existais pas. De l'état de non-existence, je suis maintenant passé à l'état d'existence. » Ceci est la première façon.

Dix-huitième vue fausse : Et quelle est la seconde façon ? Ici, moines, un ascète ou un brahmane est un logicien, un philosophe. Se forgeant une opinion par l'intellect, suivant sa propre argumentation, il argue : « Le soi et le monde viennent à l'existence par hasard, sans cause ». Ceci est la seconde façon.

Voici donc les deux façons par lesquelles ces ascètes et brahmanes affirment la doctrine de la non-causalité et proclament que le hasard est à l'origine du soi et du monde. Il n'y a pas d'autre façon.

Et le Tathágata comprend : Ces opinions que l'on saisit et auxquelles on adhère mèneront vers telles ou telles existences. Ceci, le Tathágata le sait, et bien plus encore, mais il n'est pas attaché à ce savoir. Etant libre d'attachement, il a expérimenté la paix parfaite, et ayant compris l'apparition, la cessation, le pouvoir d'attraction, la dangerosité, et la libération des sensations, le Tathágata est totalement libéré.

Et le Tathágata comprend […]

Il y a ainsi ô moines, des dhammas (choses) profonds, difficiles à voir et à comprendre […]

O moines ! Ces ascètes et ces brahmanes qui spéculent sur le passé, ont des opinions toutes faites sur le passé, qui proclament diverses théories sur le passé, le font de 18 façons différentes, il n'y a pas d'autre façon. Il s'agit toutes de vues fausses.

Et le Tathágata comprend […]

Il y a ainsi ô moines, des dhammas (choses) profonds, difficiles à voir et à comprendre […]

Il y a, ô moines, des ascètes et des brahmanes qui spéculent sur le futur, ont des opinions toutes faites sur le futur, qui proclament diverses théories sur le futur, et cela de 44 façons différentes. Sur quelles bases fondent-ils leurs opinions ?

Il y a, moines, des ascètes et des brahmanes qui proclament une existence consciente après la mort, de 16 façons différentes. Sur quelles bases ?

Vues fausses 19 à 34 : Ils affirment que le soi après la mort est conscient, non-sujet au déclin, et : matériel, immatériel, à la fois matériel et immatériel, ni matériel ni immatériel, fini, infini, les deux, aucun des deux, expérimentant un état de conscience unique, plusieurs états de conscience, des états de conscience limités, des états de conscience illimités, totalement heureux, totalement malheureux, les deux, aucun des deux.

Voici donc les seize façons par lesquelles ces ascètes et brahmanes proclament une existence consciente après la mort. Il n'y a pas d'autre façon.

Et le Tathágata comprend […]

Il y a ainsi ô moines, des dhammas profonds, difficiles à voir et à comprendre […]

Il y a, moines, des ascètes et des brahmanes qui proclament une existence inconsciente après la mort, de huit façons différentes. Sur quelles bases ?

Vues fausses 35 à 42 : Ils affirment que le soi après la mort est inconscient, non sujet au déclin, et : matériel, immatériel, à la fois matériel et immatériel, ni matériel ni immatériel, fini, infini, les deux, aucun des deux.

Voici donc les huit façons par lesquelles ces ascètes et brahmanes proclament une existence inconsciente après la mort. Il n'y a pas d'autre façon.

Et le Tathágata comprend […]

Il y a ainsi ô moines, des dhammas profonds, difficiles à voir et à comprendre […]

Il y a, moines, des ascètes et des brahmanes qui proclament une existence ni consciente, ni inconsciente après la mort, de huit façons différentes. Sur quelles bases ?

Vues fausses 43 à 50 : Ils affirment que le soi après la mort est ni conscient ni inconscient, non sujet au déclin, et : matériel, immatériel, à la fois matériel et immatériel, ni matériel ni immatériel, fini, infini, les deux, aucun des deux.

Voici donc les huit façons par lesquelles ces ascètes et brahmanes proclament une existence ni conscient ni inconsciente après la mort. Il n'y a pas d'autre façon.

Et le Tathágata comprend […]

Il y a ainsi ô moines, des dhammas profonds, difficiles à voir et à comprendre […]

Il y a, moines, des ascètes et des brahmanes qui sont annihilationnistes, qui proclament l'annihilation, la destruction, la non-existence future des êtres, et ce, de sept façons différentes. Sur quelles bases ?

Cinquante et unième vue fausse : Ici, un ascète ou un brahmane affirme et proclame cette doctrine : « Le soi est matériel, composé des quatre éléments, il est le produit de l'union du père et de la mère, et est détruit à la dissolution du corps. Ne survivant pas à la mort. C'est de cette façon que le soi est annihilé. » C'est ainsi que certains proclament l'annihilation, la destruction, la non-existence future des êtres.

Cinquante deuxième vue fausse : Un autre dit : « Ami, le soi que vous décrivez existe bien. Mais ce soi n'est pas annihilé. Il existe un autre soi, divin, matériel, appartenant à la sphère des sens, se nourrissant d'aliments solides. Vous ne le savez, pas ni ne le voyez, mais moi, si. C'est ce soi qui est détruit à la dissolution du corps. » C'est ainsi que certains proclament l'annihilation, la destruction, la non-existence future des êtres.

Cinquante troisième vue fausse : Un autre dit : « Ami, le soi que vous décrivez existe bien. Mais ce soi n'est pas annihilé. Il existe un autre soi, divin, matériel, né de l'esprit, doté de tous ses organes et de tous ses sens. Vous ne le savez pas, ni ne le voyez, mais moi, si. C'est ce soi qui est détruit à la dissolution du corps. » C'est ainsi que certains proclament l'annihilation, la destruction, la non-existence future des êtres.

Cinquante quatrième vue fausse : Un autre dit : « Ami, le soi que vous décrivez existe bien. Mais ce soi n'est pas annihilé. Il existe un autre soi, qui étant allé au-delà des sensations, ayant réalisé que l'espace est infini, a atteint la sphère immatérielle de l'espace infini. Vous ne le savez pas, ni ne le voyez, mais moi, si. C'est ce soi qui est détruit à la dissolution du corps. » C'est ainsi que certains proclament l'annihilation, la destruction, la non-existence future des êtres.

Cinquante cinquième vue fausse : Un autre dit : « Ami, le soi que vous décrivez existe bien. Mais ce soi n'est pas annihilé. Il existe un autre soi, qui étant allé au-delà de la sphère immatérielle de l'espace infini, ayant réalisé que la conscience est infinie, a atteint la sphère de la conscience infinie. Vous ne le savez pas, ni ne le voyez, mais moi, si. C'est ce soi qui est détruit à la dissolution du corps. » C'est ainsi que certains proclament l'annihilation, la destruction, la non-existence future des êtres.

Cinquante sixième vue fausse : Un autre dit : « Ami, le soi que vous décrivez existe bien. Mais ce soi n'est pas annihilé. Il existe un autre soi, qui étant allé au-delà de la sphère de la conscience infinie, voyant que rien n'existe, a atteint la sphère du vide. Vous ne le savez pas, ni ne le voyez, mais moi, si. C'est ce soi qui est détruit à la dissolution du corps. » C'est ainsi que certains proclament l'annihilation, la destruction, la non-existence future des êtres.

Cinquante septième vue fausse : Un autre dit : « Ami, le soi que vous décrivez existe bien. Mais ce soi n'est pas annihilé. Il existe un autre soi, qui étant allé au-delà de la sphère du vide, voyant que cela est tranquille, sublime, a atteint la sphère où rien n'est perçu ni non-perçu. Vous ne le savez pas, ni ne le voyez, mais moi, si. C'est ce soi qui est détruit à la dissolution du corps, et ceci est la façon par laquelle le soi est annihilé. » C'est ainsi que certains proclament l'annihilation, la destruction, la non-existence future des êtres.

Voici donc les sept façons par lesquelles ces ascètes et brahmanes proclament l'annihilation, la destruction, la non-existence future des êtres. Il n'y a pas d'autre façon.

Et le Tathágata comprend […]

Il y a ainsi ô moines, des dhammas (choses) profonds, difficiles à voir et à comprendre […]

Il y a, moines, des ascètes et des brahmanes qui proclament que Nibbana est réalisable ici et maintenant par les êtres, et ce, de cinq façons différentes. Sur quelles bases ?

Cinquante huitième vue fausse : Ici, un ascète ou un brahmane affirme et proclame cette doctrine : « Ce soi, ici et maintenant, jouit intégralement des 5 sortes de plaisirs sensuels. Ce soi a donc réalisé Nibbana ici et maintenant. »

Cinquante neuvième vue fausse : Un autre dit : « Ami, le soi que vous décrivez existe bien. Mais ce soi n'a pas atteint le plus haut Nibbana. Pourquoi ? Parce que les plaisirs sensuels sont impermanents, douloureux, et sujets au changement. De cette instabilité naissent l'affliction, la douleur, la détresse. Mais quand ce soi, détaché des plaisirs des sens, détaché des états malsains, atteint et demeure dans le premier jhana, qui s'accompagne de l'absorption, du ravissement, et de la joie nés du détachement, c'est alors qu'il réalise le plus haut Nibbana. » C'est ainsi que certains proclament la réalisation de Nibbana ici et maintenant.

Soixantième vue fausse : Un autre dit : « Ami, le soi que vous décrivez existe bien. Mais ce soi n'a pas atteint le plus haut Nibbana. Pourquoi ? Parce que le premier jhana ne fait pas disparaître la pensée discursive. C'est donc encore un état grossier. Mais quand ce soi, délaissant la pensée discursive, atteint et demeure dans le second jhana, qui s'accompagne de la tranquillité intérieure, de l'absorption complète de l'esprit, du ravissement et de la joie, c'est alors qu'il réalise le plus haut Nibbana. » C'est ainsi que certains proclament la réalisation de Nibbana ici et maintenant.

Soixante et unième vue fausse : Un autre dit : « Ami, le soi que vous décrivez existe bien. Mais ce soi n'a pas atteint le plus haut Nibbana. Pourquoi ? Parce que le second jhana ne fait pas disparaître le ravissement. C'est donc encore un état grossier. Mais quand ce soi, délaissant le ravissement, s'installe dans l'équanimité, atteint et demeure dans le troisième jhana, pleinement conscient, experimentant le bien-être physique et mental décrit par les nobles, c'est alors qu'il réalise le plus haut Nibbana. » C'est ainsi que certains proclament la réalisation de Nibbana ici et maintenant.

Soixante deuxième vue fausse : « Ami, le soi que vous décrivez existe bien. Mais ce soi n'a pas atteint le plus haut Nibbana. Pourquoi ? Parce que l'esprit éprouve encore de la joie. C'est donc encore un état grossier. Mais quand ce soi, délaissant douleur et plaisir, délaissant joie et peine, s'installe et demeure dans le quatrième jhana, pleinement conscient et equanime, c'est alors qu'il réalise le plus haut Nibbana. » C'est ainsi que certains proclament la réalisation de Nibbana ici et maintenant.

Voici donc les cinq façons par lesquelles ces ascètes et brahmanes proclament la réalisation de Nibbana ici et maintenant.

Et le Tathágata comprend […]

Il y a ainsi ô moines, des dhammas (choses) profonds, difficiles à voir et à comprendre […]

O moines ! Ces ascètes et ces brahmanes qui spéculent sur le futur, ont des opinions toutes faites sur le futur, qui proclament diverses théories sur le futur, le font de 44 façons différentes, il n'y a pas d'autre façon. Il s'agit toutes de vues fausses.

Et le Tathágata comprend […]

Voici donc les 62 façons par lesquelles ces ascètes et brahmanes spéculent sur le passé, le futur, ou sur les deux. Il n'y a pas d'autres façon.

Et le Tathágata comprend : Ces opinions que l'on saisit et auxquelles on adhère mèneront vers telles ou telles existences. Ceci, le Tathágata le sait, et bien plus encore, mais il n'est pas attaché à ce savoir. Etant libre d'attachement, il a expérimenté la paix parfaite, et ayant compris l'apparition, la cessation, le pouvoir d'attraction, la dangerosité, et la libération des sensations, le Tathágata est totalement libéré.

Il y a ainsi ô moines, des dhammas (choses) profonds, difficiles à voir et à comprendre, tranquilles, nobles, au-delà de la pensée discursive, subtils, et expérimentés seulement par les sages. Le Tathágata, ayant par la sagesse omnisciente lui-même réalisé ces dhammas, les a exposés. Que ceux qui désirent véritablement honorer le Tathágata en parlent sans déformer son enseignement.

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • J.Bloch, J.Filliozat, L.Renou, Canon bouddhique pāli, Maisonneuve, 1989

Liens externes[modifier | modifier le code]