Brûlure chimique

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Brûlure chimique
Classification et ressources externes
Blister-arm.jpg
Brûlure chimique sur un bras par arme chimique (gaz moutarde), montrant d'importants phlyctènes.
CIM-10 T20-T31
CIM-9 940-949
MeSH D002056
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La brûlure chimique est une destruction partielle ou totale pouvant concerner la peau, des muqueuses (éventuellement internes), les parties molles des tissus, par un produit chimique caustique ; généralement un acide fort, ou une base forte. Elle se produit par contact direct avec la peau ou les muqueuses, par inhalation et/ou ingestion.

Soldat de la Première Guerre mondiale gravement brûlé par du gaz moutarde. Les conventions sociales faisaient que ces blessures n’étaient que très rarement photographiées (ici pour un livre publié vers 1918).
Modèle de cire à vocation pédagogique, présentant un des types de brûlure par gaz moutarde, utilisé pour l'instruction militaire américaine durant la Première Guerre mondiale

Ce type de brûlure est grave car son action continue tant que la causticité du produit n'est pas épuisée, et tant que la cause de la brûlure n'a pas été chimiquement neutralisée à la juste mesure. C'est le type de brûlure que cherchaient à produire de nombreuses armes chimiques (bombes à l'ypérite, au phosphore, phosgèneetc.) développées lors de la Première Guerre mondiale.
De telles brûlures peuvent être des séquelles de guerre apparaissant longtemps après les conflits, quand les munitions immergées ou enterrées commencent à perdre leur contenu, en mer Baltique par exemple où des dizaines de milliers de tonnes d'armes chimiques ont été immergées après la Première Guerre mondiale.

La gravité de la brûlure dépend de sa localisation, de sa profondeur (le degré de brûlure), de l’étendue de la surface endommagée (en pourcentage de la surface totale) et de l'agent causal en question.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Les brûlures chimiques sont relativement fréquentes dans certains milieux professionnels (fabrication des produits chimiques, de pesticides, mines, médecine et laborantins, et domaines professionnels connexes). Mais elles sont plus nombreuses encore à la maison (par contact avec un acide, de la soude caustique (NaOH) ou du ciment[1] le plus souvent).

Processus biologique[modifier | modifier le code]

Une brûlure chimique est causée par la réaction d'un produit caustique sur les cellules. Celles-ci sont « rongées » par le produit, rapidement dans le cas d'un acide, plus lentement parfois, par exemple avec le ciment (et plus rapidement avec le ciment prompt qui peut être cause de graves brûlures chimiques[1]).

Une brûlure chimique peut parallèlement causer une intoxication et comme toutes les brûlures être source d'un état de choc (si elle est profonde ou étendue), et ensuite d'une surinfection bactérienne ou fongique.
Certaines brûlures chimiques pourraient augmenter le risque de cancer. On a ainsi constaté dans les décennies qui ont suivi la Première Guerre mondiale que les brûlés à l'ypérite présentaient plus de risque de développer un cancer.

Articles détaillés : Ypérite et Arsine.

Sources[modifier | modifier le code]

Les agents causant des brûlures chimiques sont de type :

Les brûlures chimiques peuvent :

  • brûler chimiquement et/ou avec de la chaleur dans le cas d'une réaction chimique exothermique ;
  • se produire immédiatement au moindre contact avec la peau, les yeux, une muqueuse ou n'importe quelle cellule, directement ou via des substrats, tissus ou objets contaminés, voire par ingestion d'aliments contaminés (l'ypérite est très soluble dans les corps gras) ;
  • être extrêmement douloureuses ;
  • se produire avec lenteur, sans symptômes initiaux (exemple : substances lipophiles qui diffusent efficacement et lentement dans les tissus humains, telles l'acide fluorhydrique, le gaz moutarde ou le sulfate de diméthyle qui peuvent passer inaperçus durant quelques heures puis produire des inflammations ou de graves brûlures).

Symptômes[modifier | modifier le code]

Ils dépendent de l'organe touché, de la dose et du produit chimique en cause. Les symptômes comprennent :

  • des démangeaisons ;
  • une décoloration, un changement de couleur et d'aspect (exemple : assombrissement de la peau), en petites taches ou sur de grandes surfaces ;
  • une sensation de chaleur puis de brûlure, très aiguë parfois ;
  • des difficultés respiratoires ;
  • une toux sanguinolente ;
  • des cloques plus ou moins importantes, jusqu'aux phlyctènes de plusieurs dizaines de centimètres carrés ;
  • la nécrose des tissus.

Conduite à tenir[modifier | modifier le code]

Elle doit être décrite sur les étiquettes de sacs ou bouteilles de produits chimiques à risque, que ces produits soient professionnels ou ménagers. De manière générale, la conduite à tenir est la suivante :

  • protéger (éloigner la victime du produit, reboucher le flacon sans se brûler soi-même, …) ;
  • enlever tous les vêtements contaminés en se protégeant (avec des gants, ou saisir les vêtements par l'intermédiaire d'un linge ou d'un sac plastique) ;
  • laver la peau à grande eau (attention : uniquement si le produit ne réagit pas de façon violente avec l'eau !) afin d'éliminer le produit, et en évitant de contaminer une autre partie du corps ; en particulier en cas de projection dans l'œil, s'assurer que l'eau ne coule pas dans l'autre ;
  • prévenir les secours (« 112 » dans l'Union européenne, le « 15 » en France, le 144 en Suisse et « 911 » au Canada), en précisant bien la partie touchée et le nom ou la nature du produit ;
  • continuer le rinçage jusqu'à l'arrivée des secours.

Cas d'une brûlure photochimique[modifier | modifier le code]

Brûlure due à la sève de rue.

Certains produits chimiques ou sève de certaines plantes (ombellifère et tout particulièrement la Berce du Caucase) occasionnent de graves brûlures photochimiques[2].

Galerie illustrative[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Géraut C., Frimat P., « Dermatoses des utilisateurs de ciments », Arch. Mal. Prof. 1993 ; 54 : 312-314
  2. [PDF] Manuel pratique de la Berce géante (instructions de sécurité p. 22-23).