Bréviaire de Belleville

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Bréviaire dit de Jeanne de Belleville
Image illustrative de l'article Bréviaire de Belleville
Saint Pierre dans la tempête, Samson et Dalila, le Sacrement de la confirmation, la Force, t.1 f.37
Artiste Jean Pucelle
Date 1336-1340
Technique enluminures sur parchemin
Dimensions (H × L) 24 × 17 cm deux tomes de 446 et 430 folios reliés
Localisation Bibliothèque nationale de France, Paris (France)
Numéro d'inventaire Lat10483 et 10484

Le Bréviaire de Belleville est un manuscrit enluminé datant des années 1323-1326 conservé à la Bibliothèque nationale de France.

Historique[modifier | modifier le code]

La première mention du Brévaire remonte à 1380 et l'inventaire des meubles de Charles V où il est mentionné sous ce nom de Belleville. Il a en effet sans doute été réalisé pour Jeanne de Belleville, femme d'Olivier IV de Clisson. Celui-ci, accusé de traîtrise, est exécuté à Paris en 1343 et tous les biens de sa famille sont confisqués au profit du roi de France. Son fils, Charles VI fait cadeau de l'ouvrage à son gendre, Richard II d'Angleterre. Le successeur de celui-ci, Henri IV d'Angleterre, en fait don à Jean de Berry, probablement suite à la sollicitation de ce dernier. À son tour, le duc de Berry le transmet à sa nièce, Marie de France : celle-ci vient de rentrer au couvent des dominicaines de Poissy, le manuscrit étant à l'usage des dominicains, le don était tout indiqué. Le manuscrit reste en possession du couvent jusqu'à la Révolution française, date à laquelle il est transféré à la bibliothèque nationale[1].

Description[modifier | modifier le code]

Ce manuscrit destiné à suivre les prières durant la célébration de la messe comprend deux volumes, l'un destiné aux prières pendant l'été (volume 1), l'autre pendant l'hiver (volume 2). L'enlumineur Jean Pucelle est sans doute le maître d'œuvre de la décoration du manuscrit à laquelle ont participé de nombreux collaborateurs. Plusieurs enluminures ont disparu mais sont connues grâce aux copies réalisées dans plusieurs manuscrits au XIVe siècle. Le manuscrit contient à son début une longue « exposition des images des figures qui sont calendrier et au psautier » : une description de l'iconographie du début du livre, ce qui permet de connaître les illustrations disparues.

Du calendrier du premier tome, il ne reste que les mois de novembre et de décembre. L'ensemble du cycle des enluminures représentent ici la correspondance entre l'Ancien et le Nouveau Testament. Chaque marge inférieure représente un prophète de l'Ancien et un apôtre du Nouveau : pour le mois de décembre, Zacharie et Matthieu. À chaque page, le prophète tend une prophétie que l'apôtre dévoile, la transformant en article de la foi. De même, il enlève une pierre de la synagogue présente à gauche, celle-ci finissant le cycle en décembre totalement ruinée. En haut, se trouve représentée une porte de ville symbolisant l'acte de foi, surmontée de la Vierge. En haut à droite, se trouve un cycle plus classique des travaux des jours[2].

Le manuscrit a fortement influencé d'autres bréviaires, dont le Bréviaire de Charles V, peint par un élève de Jean Pucelle, Jean Le Noir[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Avril, L'enluminure à la cour de France au XIVe siècle, Chêne,‎ 1978, 119 p. (ISBN 2851081659), p. 35 ; 60-63
  • Ingo Walther et Norbert Wolf, Chefs-d'œuvre de l'enluminure, Paris, Taschen,‎ 2005 (ISBN 382285963X), p. 206-207

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Avril, p.35
  2. François Avril, p.61
  3. Abbé Victor Leroquais, Les Bréviaires manuscrits des bibliothèques publiques de France, t. 3, Paris,‎ 1934, p. 49-56