Boutenac

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Boutenac
Vue de Boutenac en hiver
Vue de Boutenac en hiver
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Aude
Arrondissement Narbonne
Canton Lézignan-Corbières
Intercommunalité Communauté de communes de la Région Lézignanaise, Corbières et Minervois
Maire
Mandat
Alain Mailhac
2014-2020
Code postal 11200
Code commune 11048
Démographie
Population
municipale
704 hab. (2011)
Densité 31 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 08′ 54″ N 2° 47′ 28″ E / 43.1483, 2.7911 ()43° 08′ 54″ Nord 2° 47′ 28″ Est / 43.1483, 2.7911 ()  
Altitude Min. 36 m – Max. 265 m
Superficie 22,96 km2
Localisation

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Boutenac

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Boutenac

Boutenac est une commune française, située dans le département de l'Aude en région Languedoc-Roussillon.

Ses habitants sont appelés les Boutenacois, Boutenacoises.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[1][modifier | modifier le code]

La commune est située en bordure des Corbières et de la basse plaine de l'Aude. Elle est distante de 7 km de la ville centre Lézignan-Corbières, de 26 km de la sous-préfecture Narbonne. Le village est situé sur le versant nord d'une colline appartenant aux Corbières et se composant de calcaire et de grès du secondaire, la plaine est formée par des alluvions du quaternaire[2].

En marge de la commune, on peut trouver deux cours d'eau : au nord, nord-ouest l'Orbieu et à l'est l'Aussou, mais la commune ne dispose véritablement que de ruisseaux intermittents sur son territoire prenant leur source au milieu de la pinède. Bien que le risque soit faible dans l'agglomération, la commune figure sur le Plan de prévention des risques inondations du bassin de l'Orbieu approuvé en 2004 à la suite des tragiques inondations de 1999 qui touchèrent cette rivière et ses affluents dont l'Aussou. Le risque incendie[3] étant bien plus important en raison de la proximité d'un vaste massif boisé, dévasté par les flammes en septembre 2001

Le point culminant est la Vigie au sommet du massif de la Pinède (273 m), cette tour dominant le paysage permet la surveillance du bois et bien au-delà.

Transports[modifier | modifier le code]

Climat[4][modifier | modifier le code]

Le climat méditerranéen est caractérisé par de fortes amplitudes des températures, un été sec et aride et un hiver doux et humide. Les pluies pouvant se regrouper sur des périodes très courtes et être très abondantes ponctuellement. Les vents dominants sont : le cers sec de nord-ouest, le marin de sud-est chargé d'humidité et plutôt doux et le grec de nord-est humide et froid.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine[5][modifier | modifier le code]

Le nom Boutenac est issu de Villa boltennago (cité en 946), boltennago dérivant lui même de Botenus, nom d'un Romain à qui appartenait la villa.

Le hameau de Gasparets est mentionné sous le nom Guadpadengs en 1089, ce qui signifie le gué des murailles.

Les premiers habitants sont cependant bien plus anciens. Des parures datant de 1850 à 1500 avant J.C. ont été retrouvées dans une faille de la barre rocheuse du Vignals appelée la lunette, d'autre vestiges (four, amphores) témoignent de l'activité humaine. Notamment la présence d'une villa gallo-romaine appelée Villa Octaviana au lieu-dit Villemajou (provenant du nom Villa major 1366), de thermes à Fontsainte et de sépultures wisigothes à Gasparets.

Première mention du village par le roi Charles le Chauve qui confirme que la villa Boltennago appartient à l'abbaye de Lagrasse.

La légende de Saint-Siméon[modifier | modifier le code]

C'est vers l'an 1000 que l'ancien évêque de Catalogne Siméon, vient se retirer et vivre en ermite dans une grotte à proximité de Fontsainte et du sanctuaire de la villa Octaviana du romain Consentius. Il mourut en 1025 dans la cour du château. Il devint dès lors le protecteur du village, on construit une chapelle en 1895 au-dessus de la grotte du saint et chaque année le premier mardi d'août a lieu une procession avec les reliques du saint depuis l'église de Boutenac afin de demander la pluie. Ce pèlerinage a lieu encore de nos jours grâce à l'association qui s'occupe de la sauvegarde de la chapelle et de son site.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Le village fait partie de région Languedoc-Roussillon (président du conseil régional depuis 2004 Georges Frêche, parti socialiste) et de la deuxième circonscription de l'Aude. Son député est Jacques Bascou (Parti socialiste) depuis 1997. Il fait aussi partie du canton de Lézignan-Corbières, le conseiller général étant Jules Escaré, (parti socialiste) depuis 2010.

La commune appartient également: à la communauté de communes Région Lézignanaise, Corbières et Minervois, au parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée et au Pays Corbières Minervois.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1947 1965 Albert Azeu    
1965 2001 André Azeu    
2001 2014 Alain Mailhac    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 704 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
273 288 361 392 394 424 407 432 461
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
489 543 586 621 782 900 980 1 110 1 081
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 079 1 032 997 1 041 925 958 883 678 711
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
701 622 581 524 519 609 680 690 704
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2004[7].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Viticulture[modifier | modifier le code]

Introduite par les Grecs dès le IIe siècle av. J.-C. et développée par les Romains, elle connut un ralentissement durant le Moyen Âge à cause des invasions mais surtout de la Croisade des Albigeois. Ce n'est qu'après la Révolution que la viticulture va connaître son véritable essor dans le village grâce aux développement des moyens de communications en particulier le chemin de fer passant à Lézignan-Corbières ainsi que le canal du Midi. Entre ces deux périodes, l'économie locale se tournera vers l'élevage ovin, les cultures céréalières et des oliviers comme en témoignent encore un bon nombre de bergeries aux alentours du village, malheureusement abandonnées et en ruines.

L'âge d'or de la viticulture boutenacoise se situe vers la fin du XIXe siècle, malgré le phylloxéra, les vignerons ont augmenté les surfaces cultivées et profitent de la hausse du cours du vin à cause de sa raréfaction. C'est d'ailleurs de cette époque que datent les maisons bourgeoises du village. Elle est encore de nos jours l'élément structurant de la commune et de son terroir, ce dernier étant depuis 1985 et la création de l'AOC Corbières, un des éléments clés de l'appellation.

Vignoble de Corbières-boutenac

Appellation d'origine contrôlée Corbières-Boutenac[8]

Créé par un décret promulgué le 20 mai 2005, 20 ans après la première demande faite à l'INAO, cette appellation en plus de récompenser le travail effectué par les vignerons, reconnaît les particularités du terroir à savoir : un climat méditerranéen strict et des sols caillouteux peu fertiles mais profonds permettant d'atteindre une maturité optimum et une grande longévité des vignes.

Les cépages composant ce vin rouge sont principalement le Carignan et la Syrah mais aussi le Grenache et le Mourvèdre. L'arrosage est interdit et des conditions de taille, densité de plantation et rendements (45 Hl/ha) sont fixés.

Cette appellation ne doit pas être confondue avec l'AOC Corbières même si le terroir est en partie commun, méthodes de vinification et cahiers des charges sont totalement distincts.

Tourisme[modifier | modifier le code]

À proximité de la mer, mais aussi proche de l'arrière-pays et de sites hautement touristiques comme les châteaux cathares, la Cité de Carcassonne ou le canal du Midi, le village bénéficie d'une situation exceptionnelle au cœur d'un vignoble de qualité. Proche de la frontière espagnole mais aussi de grandes villes comme Montpellier ou Toulouse via l'autoroute accessible à Lézignan-Corbières.

De nombreux touristes profitent des liaisons à bas prix de la compagnie Ryanair depuis l'aéroport de Carcassonne Salvaza vers la Belgique, l'Angleterre et l'Irlande.

Ces touristes d'origines cosmopolites peuvent être hébergés en gîte rural ou chambres d'hôtes, l'offre étant particulièrement développée et variée.

Sur le territoire de la commune, les visiteurs peuvent également trouver plusieurs caveaux de dégustations des vignerons locaux parmi les meilleurs du terroir et de l'appellation Corbières (AOC).

Vie locale[modifier | modifier le code]

Équipements et services[modifier | modifier le code]

Commerces[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le château depuis la pinède.

Le château de Boutenac[modifier | modifier le code]

Il était autrefois appelé château bas, car il y avait un autre château dont il ne reste aujourd'hui qu'une partie de la tour au centre du village. Un vitrail de l'église Saint-Mammès peut donner une idée de la configuration du château bas dans le passé, notamment les murailles dont on ne peut apercevoir que des vestiges de nos jours.

Dans les années 90, la propriété est achetée par l'AOC Corbières[10] qui fera de ce lieu son siège et sa vitrine, rénovant la bâtisse et ajoutant un centre de dégustation et formation ultra-sophistiqué à des salles de réceptions et de conférences.

Le massif de la Pinède[modifier | modifier le code]

Vue partielle de la pinède.

Massif boisé d'environ 808 hectares, dont 612 classés zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique[11]. Essentiellement sur la commune de Boutenac (423ha), cette pinède a été durement touchée par un important incendie d'origine criminelle le 9 septembre 2001, plus de 300 ha de résineux ont brûlé pendant 72 heures et les flammes attisées par un fort vent sont venues jusqu'à proximité des premières maisons.

La gestion du massif est répartie entre les différentes communes et l’Office national des forêts (ONF), un plan de gestion forestière est en vigueur.

Église Saint-Mamès[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Mamès.

Datant du XIIe siècle, un agrandissement est effectué en 1891 en ajoutant deux collatéraux ornés de deux autels et huit nouvelles verrières. De récentes modifications ont à nouveau réduit sa superficie. Autrefois elle était couverte de lierre et un petit cimetière était situé à l'arrière de l'édifice.

À l'intérieur du monument on peut trouver un bénitier et son support en marbre blanc. Ces deux éléments sont à l'origine un tailloir de chapiteau et un pied d'autel. Ce tailloir[12] datant du VIIIe siècle, décoré de quatre-feuilles sculptés en méplat et cernant des losanges curvilignes taillés en biseau, a été creusé pour servir de bénitier. Le pied d'autel [13] datant du VIIe ou VIIIe siècle est taillé en biseau d'une sculpture barbare réservée sur fond champlevé. Il est décoré de la croix, de l'alpha et de l'oméga. Un tombeau pour les reliques a été creusé sur la face supérieure.

La présence des symboles alpha et oméga est très rare sur un tel autel, et présente des similitudes avec celui de l'église de Rennes-le-Château et d'Oupia.

Ces deux éléments sont listés depuis 1973 comment objets classés monuments historiques.

Statue de la République[14][modifier | modifier le code]

La statue de la République.

Située sur la place de l'église, cette statue en fonte de fer sur un socle de plan carré est disposée au milieu d'un bassin circulaire en pierre. Le sujet est la République drapée, couronnée de laurier, portant sabre au côté, tenant table de la constitution contre jambe gauche et levant le bras droit.

Cette statue fut placée par le maire Justin Pech en 1909 et remplaça une croix de fer qui fut déplacée dans l'église pour ensuite être transférée en 1944, sous les remparts du château en mémoire de la mission de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours et des pères Krammer et Bernard qui vinrent prêcher au village.

Réalisée par le fondeur Brousseval cette statue de La République fait partie de l'inventaire recensant les sculptures monumentales de la IIIe République.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Les armes de Boutenac se blasonnent :

  • De sable au pal d'argent losangé de trois pièces de sinople.'

Blason actuel de la commune de Boutenac, qui a dévié de la version datant de 1696 de la même façon que ceux des villages voisins.

blason

Les armes de Boutenac se blasonnaient :

  • De sable au pal fuselé d'argent et de sinople.[15]

Ce blason est à l'origine celui de la communauté des habitants de Boutenac. Imposé arbitrairement par le roi en 1696 via un édit afin de renflouer les caisses de l'État, comme un bon nombre de blasons datant de cette époque. C'est pour cette raison, qu'un nombre conséquent de villages voisins ont des blasons aussi ressemblants qui ne varient souvent que par des changements de couleurs ou d'orientation des motifs.

blason

Les armes de la famille Du Lac, seigneurs de Boutenac XIIe siècle se blasonnent ainsi:

  • De gueules, à l'écusson d'argent [16]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]