Burqa

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'habillage de certaines femmes musulmanes. Pour le manteau traditionnel originaire du Caucase, voir bourka.
Deux femmes afghanes portant le chadri.

Le mot burqa, nom à double genre (féminin ou masculin)[1], (en arabe, برقع, parfois orthographié burka, ou plus rarement bourka), désigne deux vêtements traditionnels des femmes musulmanes d’Asie centrale.

L'un est un voile qui est fixé sur la tête, par-dessus un hijab, et qui couvre la tête, avec une fente permettant de voir.

L'autre forme, le chadri, que d'aucuns[Qui ?] appellent « burqa complète » ou « burqa afghane », est un vêtement aux mille plis qui rayonnent autour d'une calotte brodée, souvent bleue, qui couvre entièrement la tête et le corps, ne laissant au niveau des yeux qu'une étroite meurtrière grillagée permettant de voir sans qu’aucun trait du visage ne soit discernable. Il est couramment appelé « voile intégral » en Occident.

Sommaire

[modifier] Origine et diffusion

Le chadri est le vêtement traditionnel des femmes afghanes en ville comme à la campagne (sauf dans certaines tribus nomades où les femmes ne sont pas voilées) : dans les milieux aisés des villes, notamment à Kaboul, les femmes étaient cependant habillées à l'européenne à partir des années 1950 (port du voile rendu facultatif par décret royal en 1959). Durant l'ère communiste (débutée le 27 avril 1978, prolongée par l'invasion soviétique du 27 décembre 1979 au 15 février 1989, poursuivie enfin jusqu'à la chute définive du régime de Nadjîbollâh dans la nuit du 16 au 17 avril 1992), d'autres femmes décidèrent de ne plus porter ce vêtement en le remplaçant par un fichu et une longue gabardine. Les talibans, qui s'emparèrent de Kaboul en septembre 1996 et devinrent les nouveaux maîtres de l'Afghanistan, à l'exception de la poche de résistance du commandant Massoud, le Pandjchir, rétablirent l’obligation, pour toutes les femmes, du port du chadri en respect de la pratique du purdah.

Jusqu’à la fin du XXe siècle, la burqa n’était portée qu’en Afghanistan. Elle est adoptée par les ayatollahs intégristes de l’Iran voisin après la Révolution de 1979, et se diffuse ensuite dans les parties les plus rétrogrades des communautés musulmanes du monde entier, qui accentuent ainsi violemment la tradition séculaire du purdah[2]. Le philosophe Abdennour Bidar juge que le port de la burqa outrepasse largement cette tradition, et qu’il ne se base sur aucune prescription coranique, y préférant pour sa part le voile laissant à découvert le visage, voire l’absence de tout voile et l’intériorité de la pratique religieuse[2].

[modifier] La burqa en Europe

[modifier] Belgique

Le port de la burqa dans les lieux publics est interdit, du moins théoriquement, dans de nombreuses communes belges, par des règlements de police locale (zonale). Une proposition de loi dans ce sens déposée le 21 février 2005 à la Chambre des représentants par le chevalier François-Xavier de Donnéa (député du Mouvement réformateur, droite) n'a pas recueilli l'approbation de cette assemblée[3].

Les conseils d'au moins deux zones de police locale, Bruxelles-Ouest (regroupant les communes de Berchem-Sainte-Agathe, Ganshoren, Koekelberg, Jette, Molenbeek) et Maaseik, ont adopté des règlements généraux de police interdisant à quiconque «de se présenter dans l'espace public masqué ou déguisé», sauf autorisation expresse du bourgmestre. Quiconque enfreint ce règlement à Bruxelles-Ouest «sera puni d'une amende administrative de 150€»[4],[5]. En mai 2008, une étude universitaire a révélé que 33 procès-verbaux avaient déjà été dressé dans des zones de police bruxelloises pour cette infraction, à Molenbeek (21), Koekelberg (3), Saint-Gilles (2) et Bruxelles (1)[6].

Dans les autres zones de police, les règlements généraux maintiennent en vigueur des articles disposant par exemple que "Hors le temps du carnaval, nul ne peut se montrer masqué ou travesti dans les rues." ou "Sans autorisation de l’autorité compétente, il est interdit sur le domaine public de se dissimuler le visage par des grimages, le port d'un masque ou tout autre moyen, à l'exception du "temps du carnaval"."[7], qui laissent théoriquement la possibilité de verbaliser pour le port du niqab ou de la burqa.

[modifier] France

Article détaillé : Affaires du voile islamique.

Le port de la burqa dans les lieux publics est autorisé, mais reste rare. La controverse se situe plutôt sur le port du voile simple, qui subit des restrictions dans les établissements scolaires, notamment, pour lesquels une loi a été promulguée.

Le 8 juin 2009, une soixantaine de députés de toutes tendances, emmenés par le député PCF de Vénissieux (Rhône) André Gerin, ont déposé une proposition de résolution pour la création d'une commission d'enquête parlementaire sur le port en France de la burqa ou du niqab.

Le 17 juin 2009, Sihem Habchi, présidente de l'association Ni putes ni soumises, soutient le débat parlementaire qui s'ouvre sur la question de la burqa, et voit dans la burqa « le symbole de l'oppression sur les femmes par ceux qui luttent contre la mixité ».

En fait de commission d'enquête, il s'agit d'une mission d'information, installée à l'Assemblée nationale le 1er juillet 2009 (président : André Gerin ; rapporteur : Eric Raoult) et qui commencera ses travaux pour six mois le 8 juillet 2009[8]. Elle a donc été mise en place sous l'impulsion de députés et aussi du président Nicolas Sarkozy, qui en a parlé lors de son discours lors du Congrès de Versailles du 22 juin 2009 en déclarant : « La burqa ne sera pas le bienvenu (sic) sur le territoire de la République ».

[modifier] Italie

La législation antiterroriste italienne, qui date des années 1970, interdit le port de vêtements couvrant le visage. Cependant, son application aux voiles islamiques n'est pratiquement pas admise, comme le prouve cette petite anedcote. Le maire de Drezzo, petite commune du nord de l'Italie, a interdit la burqa dans les rues de sa ville, s'appuyant entre autres, sur un décret royal de 1931 adopté sous l'ère fasciste et interdisant de circuler masqué dans les lieux publics. Sabrina Varroni, habitante de Drezzo convertie à l'islam et mariée à un marocain, portait la burqa depuis son pèlerinage à la Mecque ; elle a bravé l'interdiction du maire qui est membre de la Ligue du Nord, ce qui a valu à Sabrina deux amendes pour "violation continue et répétée de la loi". Elle estime que ses droits constitutionnels sont violés car la burqa est non pas le "masque" interdit par le décret de 1931 mais une "manifestation religieuse". Le préfet de Côme lui a d'ailleurs donné raison en invalidant l'arrêté municipal.

[modifier] Luxembourg

Comme en Belgique, les règlements généraux de police, qui ressortissent à la compétence communale, mentionnent une interdiction générale pouvant théoriquement être appliquée au port du niqab ou de la burqa, par exemple "Hors le temps de carnaval il est interdit à toute personne de paraître masquée dans les rues, places et lieux publics sauf autorisation du bourgmestre." [9]

[modifier] Pays-Bas

On recense une tentative de port de la burqa à l'école aux Pays-Bas. La tenue a été refusée en avançant comme explication que l'éducation scolaire nécessite une communication parfois non verbale (par les expressions du visage) impossible à travers une burqa.

Le gouvernement néerlandais a annoncé le 17 novembre 2006 l'adoption prochaine d'une loi prohibant dans les lieux publics la burqa et des autres formes de voile islamique cachant le visage "compte tenu des problèmes touchant à l'ordre public, à la sécurité et à la protection des personnes". Cette annonce fait suite à l'approbation en décembre 2005 d'une proposition de Geert Wilders, un homme politique d'extrême droite, consistant à interdire le port du voile intégral. Alors que la législation hollandaise restreignait déjà le port de la burqa et des autres voiles masquant tout le visage dans les transports publics et dans les écoles du pays, la CMO (Contactorgaan Moslems en de Overheid, "Organe de contact entre les musulmans et les autorités"), principale organisation musulmane du pays, évoque une "réaction disproportionnée à un problème marginal" concernant peu de personnes et stigmatisant toute la communauté musulmane. [10]

[modifier] Royaume-Uni

Malgré son autorisation actuelle, le débat est très animé sur ce sujet en Grande-Bretagne, où le ministre Jack Straw s'est dit personnellement opposé au port public du voile intégral. Cependant, le port du hijab n'est pas soumis à restriction.

[modifier] Notes et références

  1. Larousse
  2. ab Abdennour Bidar, « Aucune justification religieuse à la burqa », Le Monde, 30 juin 2009, p. 19
  3. Chambre des représentants de Belgique, Proposition de loi insérant un article 563bis dans le Code pénal en vue d’interdire à toute personne de circuler sur la voie publique et/ou dans les lieux publics le visage masqué, déguisé ou dissimulé, déposée par M. François-Xavier de Donnéa, 21 février 2005, DOC 51 1625/001
  4. Karim Fadoul, Le port de la burqa interdit, La Dernière Heure, 24 janvier 2004
  5. Mehmet Koksal, Carnaval avec ou sans burqa?, La Libre Belgique, 8 février 2005
  6. Mathieu Ladevèze, 33 P.-V. pour port de la burqa, La Dernière Heure, 19 mai 2008; Karen Meerschaut, Paul De Hert, Serge Gutwirth et Ann Vander Steene, « L'utilisation des sanctions administratives communales par les communes bruxelloises. La Région de Bruxelles-Capitale doit-elle jouer un rôle régulateur ? », Brussels Studies, n°18, 19 mai 2008
  7. Règlement général de police de la Ville d'Arlon, Règlement général de police de la commune d'Etterbeek
  8. Dépêche Reuters sur Yahoo! Actualités : L'Assemblée installe la mission sur le port du voile intégral. Consulté le 1er juillet 2009.
  9. Règlement général de police d'Esch-sur-Alzette
  10. Le gouvernement néerlandais veut interdire le port du voile intégral en public Le Monde 17 novembre 2006


[modifier] Voir aussi

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Burqa.

[modifier] Articles connexes

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