Boulevard de la Zone

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Rue de la Zone.
13e arrt
Boulevard de la Zone
Vue du boulevard Hippolyte-Marquès surplombant le boulevard Périphérique.
Vue du boulevard Hippolyte-Marquès surplombant le boulevard Périphérique.
Situation
Arrondissement 13e
Quartier Gare
Début Avenue de la Porte-d'Ivry
Fin Avenue de la Porte-de-Choisy
Morphologie
Longueur 515 m
Largeur 8 m
Historique
Ancien(s) nom(s) Rue de la Zone
Géocodification
Ville de Paris 9993
DGI 9996

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Boulevard de la Zone
Images sur Wikimedia Commons Images sur Wikimedia Commons

48° 49′ 06″ N 2° 22′ 12″ E / 48.818333, 2.37 ()

Le boulevard de la Zone est une voie du 13e arrondissement de Paris ou arrondissement des Gobelins et plus précisément dans le 50e quartier administratif de Paris ou quartier de la Gare.

Cette voie est située à l’extérieur du boulevard périphérique.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Zone[modifier | modifier le code]

Le nom premier de cette voie fait référence à la zone militaire de l’enceinte de Thiers. Cette zone militaire était une zone non ædificandi, c’est-à-dire qu’on n’y pouvait rien construire - sauf illégalement.

Habitants de la Zone (« Zoniers ») en leur habitat (Ivry-sur-Seine, 1913)

Ce terme de « Zone » devint synonyme de misère, comme l’indique le Trésor de la langue française : « Espace militaire qui s’étendait au voisinage immédiat des anciennes fortifications de Paris, occupé illégalement par des constructions légères et misérables[1]. »

La rue de la Zone à Ivry-sur-Seine[modifier | modifier le code]

Une rue d’Ivry-sur-Seine longeait la Zone et portait le nom de rue de la Zone[2].

Transfert du boulevard de la Zone d’Ivry-sur-Seine à Paris[modifier | modifier le code]

La partie de la Zone située sur le territoire d’Ivry-sur-Seine (Seine) fut annexée à Paris (Seine) par décret du 18 avril 1929 à l’occasion de la démolition des fortifications de l’enceinte de Thiers.

Au moment du rattachement, cette voie se trouve englobée dans le territoire transféré et apparaît dans la nomenclature des voies parisiennes sous le nom de boulevard de la Zone[3].

Devenue boulevard, cette voie publique se distinguait de la rue de la Zone du 12e arrondissement de Paris, voie cédée à Paris par Charenton-le-Pont toujours en 1929 et qui devint la rue Escoffier en 1954.

« Zone (boulevard de la) » devint donc en 1954 la dernière voie parisienne dans l’ordre alphabétique, la première étant la rue de l’Abbaye.

Hippolyte Marquès[modifier | modifier le code]

Le 27 juillet 1945 [4] ou le 27 août 1945 [5], le conseil municipal d’Ivry-sur-Seine changea le nom de boulevard de la Zone pour celui de boulevard Hippolyte-Marquès, afin d’honorer Hippolyte Marquès. Né le 28 février 1881 au Monastère (Aveyron), Hippolyte Marquès eut un café-restaurant-hôtel à Ivry-sur-Seine. Militant communiste, il fut assigné à résidence et interné pendant la drôle de guerre et sous le Régime de Vichy. Libéré le 29 septembre 1942 pour raisons de santé, il mourut à Ivry-sur-Seine le 10 février 1944[6].

Cette modification de nom suit la capitulation allemande du 8 mai 1945.

À cette occasion les édiles d’Ivry-sur-Seine ont sans doute oublié que ce boulevard de la Zone était rattaché à Paris depuis 1929[3].

Le périphérique[modifier | modifier le code]

Le boulevard a été fortement réaménagé en 1968 lors de la construction du boulevard périphérique de Paris. Il ne possède aucune construction du côté de Paris (côté des numéros pairs inexistants), étant directement contigu au boulevard périphérique qu’il surplombe.

La « guerre du nom »[modifier | modifier le code]

Les mauvaises relations politiques entre la ville de Paris et la municipalité communiste d’Ivry-sur-Seine provoquèrent une guerre pichrocoline. Jean Tiberi alors maire (RPR) de Paris fit valoir qu’au cadastre, ce boulevard figurait sur le territoire de Paris. Les plaques de rue portant le nom officiel boulevard de la Zone furent à nouveau apposées, et bientôt vandalisées par les résidents défendus par la municipalité d’Ivry-sur-Seine [7].

Depuis la victoire de la gauche à Paris en 2001 le climat s’est apaisé.

Le maire de Paris Bertrand Delanoë (PS), le maire d’arrondissement du 13e arrondissement de Paris Jérôme Coumet (PS) et le maire d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) Pierre Gosnat (PCF), ont eu à cœur de résoudre le problème.

Signalétique urbaine à la date du 27 mai 2011 (côté Paris, à l’angle de l’avenue de la Porte-de-Choisy).

Depuis, sur place, rien ne permet plus de connaître cette appellation officielle de boulevard de la Zone, puisque la plaque de rue de la ville de Paris reprend l’appellation boulevard Hippolyte-Marquès usitée à Ivry-sur-Seine, sur le trottoir des numéros impairs, côté sud.

La ville de Paris prévoit même que cette voie prenne officiellement le nom de boulevard Hippolyte-Marquès : c’est planifié pour juillet 2011.

Les propriétaires ne peuvent que se réjouir, eux qui devaient parfois baisser les prix jusqu’à 30 % selon Pierre Gosnat[8], à cause de ce nom officiel de boulevard de la Zone, connoté de façon si fortement négative.

La dernière voie parisienne dans l’ordre alphabétique deviendra alors la rue Zadkine qui porte ce nom depuis 1994 (mais les dernières créations odonymiques ne sont pas aisément accessibles).

Sites remarquables[modifier | modifier le code]

Le cadastre[9] permet de constater deux choses :

  • au cadastre de Paris : aucune parcelle cadastrée ne jouxte cette voie publique (intitulée « boulevard de la Zone ») ;
  • au cadastre d’Ivry-sur-Seine : la voie est référencée sous le nom de « boulevard Hippolyte-Marquès » et la commune commence directement aux parcelles cadastrées (c’est-à-dire qu’il ne semble pas y avoir de portion de voie publique qui corresponde à cette voie à Ivry).

Bien que situés sur le territoire de la commune d’Ivry-sur-Seine mais devant se référer par nécessité dans leur adresse à une voie publique n’appartenant pas cette commune (boulevard de la Zone alias boulevard Hippolyte-Marquès) on peut citer :

  • Au 27, boulevard Hippolyte-Marquès à Ivry-sur-Seine (code postal 94200), le siège social des chaînes de télévision Ma Chaîne Étudiante et Vivolta.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « zone » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales . : voir point « B 3. » du TLF.
  2. Jacques Bizet, Paul Dréan, Pierre Dupuis, Ivry-sur-Seine : balade au début du XXe siècle, édité à Ivry-sur-Seine par la mairie d’Ivry-sur-Seine, 1997, 319 pages, ouvrage illustré, 29 cm, ISBN 2-9511396-0-8. Voir plan partiel de la page 31 (où il est précisé que la rue de la Zone d’hier est le boulevard Hippolyte-Marquès d’aujourd’hui) et le plan général en fac-similé de la page 319 présenté comme le plan d’« Ivry-sur-Seine au début du XXe siècle ».
  3. a et b http://www.v2asp.paris.fr/commun/v2asp/v2/nomenclature_voies/Voieactu/9993.nom.htm
  4. http://www.ivry94.fr/decouvrir-la-ville/histoire-patrimoine/les-ressources/les-noms-de-rue-biographies/marques-hippolyte-jules/ : « Le conseil municipal donna le 27 juillet 1945 le nom d’Hippolyte Marquès au boulevard de la Zone. »
  5. Sous la direction de Jean Maitron, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (DBMOF), quatrième partie : 1914-1939 (de la première à la seconde guerre mondiale), tome 35 (LLA à MARTRO), 419 pages, ISBN 27082-2605-3 ; pages 339 et 340, Claude Pennetier et Michèle Rault, « MARQUÈS Hippolyte Jules » ; page 340 : « Le conseil municipal d’Ivry donna le 27 août 1945 le nom d’Hippolyte Marquès à l’un des boulevards de la ville. »
  6. « MARQUES Hippolyte, Jules », Ville d'Ivry-sur-Seine,‎ 20 décembre 2007 (consulté le 28 mai 2011).
  7. Déclaration de Pierre Gosnat in Christine Henry, « La Zone, c’est fini », page I du cahier propre à l’édition 75 (Paris intra muros) du quotidien Le Parisien (sur papier) no 20746 du mercredi 25 mai 2011. « La Zone, c’est fini », Le Parisien.fr,‎ 25 mai 2011 (consulté le 28 mai 2011)
  8. Déclaration de Pierre Gosnat in Christine Henry, « La Zone, c’est fini », page I du cahier propre à l’édition 75 (Paris intra muros) du quotidien Le Parisien (sur papier) no 20746 du mercredi 25 mai 2011 ; page I, colonne 1 et en intertitre  : « Ce nom était trop connoté. Les propriétaires qui vendaient leur bien devait parfois baisser leur prix jusqu’à 30 %. PIERRE GOSNAT, MAIRE D’IVRY (94) » ; page I, colonne 3 : « C’est une bonne initiative, se félicite Pierre Gosnat. Ce nom était trop connoté. Et les propriétaires, qui essayaient de vendre leur bien, étaient obligés de baisser leur prix jusqu’à 30 % car ils ne trouvaient pas d’acquéreurs. » « La Zone, c’est fini », Le Parisien.fr,‎ 25 mai 2011 (consulté le 28 mai 2011)
  9. http://www.cadastre.gouv.fr/ cadastre en ligne