Boule bretonne

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La boule bretonne est un sport populaire en Bretagne qui s'apparente plus à la boule lyonnaise qu'à la pétanque. La principale caractéristique de la boule bretonne est la grande variété dans sa pratique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Dès le Moyen Âge, le « jeu de grosses boules » est très populaire en France, au point que le 23 mai 1369 Charles V « fit défense à ses sujets de se livrer au jeu de boules » sous peine d'une amende de quarante sous parisis, de façon qu'ils s'adonnent à des sports plus directement utiles pour la guerre. La Bretagne ne fait alors pas partie de la France et le jeu de boules y reste populaire.

Pratique actuelle[modifier | modifier le code]

En léger déclin aujourd'hui, la boule bretonne reste un loisir très convivial. On dénombre aujourd' hui neuf sociétés dans le Morbihan : Lanester, Auray, Theix, Vannes, Questembert, Locminé, Lorient, Pontivy et Lochrist qui participent au championnat départemental en quadrettes.

Fabrication des boules[modifier | modifier le code]

Les premières boules, souvent réalisées par les sabotiers étaient en frêne, en orme, en hêtre ou en buis, mais elles avaient tendance à s'ovaliser, se fendre, voire éclater. L'utilisation du gaïac par la marine à voile fournit aux tourneurs un matériau dur et solide. La terre cuite a également été utilisée. Depuis les années 1960, on trouve des boules en résine.

Les diamètres varient de 9 à 14 cm et la masse de 500 g à 2 kg. Les boules peuvent être lestées par un plomb qui a pour effet de décentrer fortement leur centre de gravité et de permettre par des trajectoires courbes de contourner les obstacles constitués par les autres boules. Le plombage est traditionnellement presque systématique dans la plus grande partie du Finistère et interdit dans les Côtes-d'Armor. Le cochonnet s'appelle le petit ou le maître. Le règlement autorise actuellement des boules de 92 à 110 mm de diamètre et de 600 g à 1 kg.

Règles[modifier | modifier le code]

Le terrain pouvait être un pré en herbe, une aire à battre, un chemin creux, une cour. Au cours du XXe siècle des allées en terre battue de deux à trois mètres de large et de quinze à vingt mètres de long entourées d'une bordure en bois se sont répandues dans tous les cafés. On peut utiliser le rebond sur la bordure latérale mais pas sur celle de fond (les boules ont le droit de revenir jusqu'à un mètre du fond, au-delà elles sont sorties du jeu).

La boule bretonne se joue généralement en équipes, dont la durée de vie est au moins d'une saison et qui survivent à la défection éventuelle de leurs membres.

Les comités départementaux viennent récemment d'interdire la pratique du sous-main, afin d'harmoniser la pratique de la boule bretonne, on tire désormais à main ouverte (à poc). Parmi les nouvelles mesures, on notera également la réduction de la longueur des jeux à 18 mètres et la limite aux deux tiers des jeux. Ces mesures ont toutes pour but d'apporter du spectacle à la boule. L'objectif principal pour les années à venir sera d'amener plus de boulistes dans les boulodromes.

Variantes régionales[modifier | modifier le code]

Les boules plombées du pays de Morlaix[modifier | modifier le code]

La boule bretonne telle qu'elle est pratiquée dans le nord Finistère dans la région de Morlaix a sa particularité et est sans doute la plus singulière des boules bretonnes actuelles. Sa principale caractéristique est de comporter cinq cylindres de plomb logés perpendiculairement dans la masse. Les quatre premiers sont disposés sur le chemin de roulement. Cette bande de roulement guide la boule pour lui permettre d'aller tout droit. Mais ce jeu d'adresse est plus subtil... Le cinquième plomb appelé le "fort" est incrusté d'un côté de la bande de roulement. Son rôle est primordial et caractérise le jeu. Il permet à la boule de virer lorsque sa vitesse diminue. Ce plomb déséquilibre la boule vers la gauche ou la droite en fonction de la direction que le joueur veut obtenir. À l'opposé du "fort", une cavité non plombée, appelée "contre fort", est pratiquée pour accentuer l'effet du plomb opposé.

En règle générale, si le bouliste souhaite envoyer sa boule à droite, il la lancera avec son fort à droite, mais vers la gauche. En début de parcours, la boule se dirigera vers la gauche, mais sa vitesse diminuant, décrira une courbe pour se diriger... à droite.

Ce jeu d'adresse se pratique sur des allées qui mesurent entre seize et vingt mètres de long et entre quatre et cinq mètres de large. Elle peut être en plein air ou en salle (boulodrome). Elle est constituée de terre battue recouverte d'une couche de sable fin et est entourée de planches de bois. Les boules plombées doivent être lancées en les roulant et non en les jetant de haut pour éviter de détériorer les allées. Chaque trou dans l'allée dévie les boules de leur trajectoire et le jeu devient alors impossible. Dans certaines communes où les allées en terre battue n'existent pas ou quand le temps n'est pas favorable, le jeu se déroule sur moquette en salle.

La Fédération des boules plombées du Pays de Morlaix est membre de la FALSAB (confédération des jeux et sports traditionnels de Bretagne) et a vu le jour en mars 1999.

Actuellement, il existe douze clubs structurés dont huit sont affiliés à la Fédération. On trouvera ses derniers à Morlaix, Saint-Martin-des-Champs, Ploujean, Plougasnou, Taulé, Guiclan, Carantec, Lanmeur, Locquénolé, Locquirec, Saint-Jean-du-Doigt.

Ce jeu de boule est aussi en déclin. Aussi, afin de le promouvoir, la fédération organise différentes actions : initiations tout l'été sur la commune de Plougasnou, sensibilisation auprès des collèges,...

La boule Bretonne plombée du Pays de Morlaix ne nécessite aucune force physique particulière et peut se pratiquer par tous.

Liens externes[modifier | modifier le code]