Bouddha d'émeraude

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Bouddha d’émeraude

Le Bouddha d'émeraude (en thaï : พระแก้วมรกตPhra Kaeo Morakot, nom officiel en thaï : พระพุทธมหามณีรัตนปฏิมากรPhra Phuttha Maha Mani Rattana Patimakon) est une statue en jadéite[1] vénérée à Bangkok (en Thaïlande) dans la chapelle royale du Grand Palais (le temple du Bouddha d'émeraude, ou, Wat Phra Kaeo) ; elle est l'emblème religieux et symbolique de la dynastie Chakri, le palladium du pays[2]. Haute de 76,2 cm[3], elle est habituellement vêtue d'or[2].

Histoire de la statue[modifier | modifier le code]

Son origine est entourée de légende. Elle a fait son apparition en 1434 à Chiang Rai, dans l'extrême Nord du pays. Elle aurait été découverte dans un chedi éventré par la foudre, et se présentait comme une statue en stuc doré. Plus tard, le stuc se fendillant, une pierre verte translucide apparut, le peuple s'émerveilla, on dit la Statue en émeraude et elle fut nommée Phra Keo Morakot. Le roi de Chiang Mai désira récupérer la statue et envoya un convoi d'éléphant pour la ramener, mais au retour, l'éléphant portant le Bouddha se trompa de route et la statue arriva à Lampang, où le roi, ne voulant pas contrarier les signes divins, la laissa.

Elle y resta 32 ans. En 1468 le nouveau roi de Chiang Mai, Tilokaraj, récupéra la statue. En 1551, le royaume de Chiang Mai passa sous la domination du roi du Lan Xang (actuel Laos) et le Bouddha partit pour Luang Prabang, où il resta jusqu'en 1564, date à laquelle la capitale du Laos fut transférée à Vientiane[4]. En 1778, le général Chakri, futur Rama Ier s'empara de la ville et rapporta la statue à Thonburi. Elle fut placée dans le Wat Arun puis trouva enfin sa place dans la chapelle du palais de la nouvelle capitale en 1784.

La statue et sa vénération[modifier | modifier le code]

Le bloc de jadéite mesure 75 cm de haut sur 45 cm de large, la statue elle-même ne mesure que 60 cm de haut, 15 cm du socle non taillés étant cachés dans le piédestal. D'après son style, le Bouddha d'émeraude appartient à l'école du Nord, ou Chiang Saen. Il fut probablement taillé au XVe siècle. On suppose que la jadéite provient de Birmanie.

La statue est présentée sur un piédestal en or, sur un autel de 11 m de haut, dans une cage de verre (la photographier est interdit) et sous un parasol doré à neuf étages symbolisant la royauté universelle.

Le Bouddha est au centre de la dévotion royale et populaire. Il possède trois costumes d'or et de pierreries qui sont changés solennellement par le roi lui-même suivant les saisons au cours de cérémonies. Tout autour du Bouddha, au pied de l'autel, s'amoncellent les présents royaux ou populaires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Encyclopædia Britannica Online » (consulté le 22 septembre 2014)
  2. a et b (en) Eric Roeder, « The Origin and Significance of the Emerald Buddha », Center for Southeast Asian Studies, University of Hawai'i at Manoa,‎ 1999 (consulté le 27 novembre 2014), p. 1, 18
  3. (en) Fred Kleiner, Gardner's Art through the Ages: Non-Western Perspectives, Wadsworth, Cengage Learning,‎ 2010, 42–43 p. (ISBN 978-0-495-57367-8, lire en ligne)
  4. (en) Karen Narula, Voyage of the Emerald Buddha, Oxford University Press,‎ 1994 (ISBN 978-9-676-53057-8), p. 88

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