Bothriocéphales

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Les bothriocéphales ou genre Bothriocephalus sont des vers parasites. Plus exactement ce sont des cestodes qui ont le scolex portant des bothridies et qui provoquent les bothriocéphaloses.

Ces vers parasites sont fréquents dans les régions froides (Baltique, mer du Nord, grands lacs...) où la population mange du poisson fumé et/ou cru (sushi, carpaccio, etc.). Il peut infecter les renards, les hommes, les chats...
C'est un parasite hétéroxène.

Morphologie[modifier | modifier le code]

L'adulte, gris fumé, est le plus grand des taenias (ténias) de l'homme. La tête ou scolex, minuscule, oblongue, est munie de deux organes de fixation en fentes longitudinales, les bothridies ; elle est suivie, après l'étroite zone germinative, d'une très longue chaîne rubanée (10 à 12 m) de segments successifs plus larges que longs : les "anneaux"" ou proglottis hermaphrodites.

Cycle de développement[modifier | modifier le code]

Fixé à la muqueuse par son scolex, le botriocéphale vit dans la lumière de l'intestin grêle où les anneaux mûrs sans se détacher, pondent au fur et à mesure de leur marturation, des œufs à clapet, brunâtres, ovalaires, de 70 sur 50 microns, qui s'éliminent dans les selles. Les œufs libérés dans les excréments de l'hôte se retrouvent dans l'eau où naît alors l'embryon cillié appelé hexacanthe ou larve coracidium. Celui-ci est mangé par un crustacé, le cyclops ou diaptomus, dans le corps duquel il devient larve procercoïde. Le cyclops est à son tour mangé par un poisson carnassier (souvent brochet ou carpe) et la larve atteint le foie ou les muscles où elle se transforme en pleurocercoïde.
Le mammifère ou l'homme qui mangera le poisson infesté développera dans son corps la forme adulte, qui émettra alors plusieurs millions d'œufs par jour évacués dans les excréments. Le cycle est alors bouclé. Les stations d'épuration ne filtrent, dans le meilleur des cas, que 95 à 99 %... etc

Clinique[modifier | modifier le code]

La bothriocéphalose a comme particularité de provoquer, dans certain cas, une anémie de Biermer par carence en vitamine B12.

  • Le téniasis, banal, asymptomatique ou paucisymptomatique dans les parasitoses légères (un à quelques vers), peut être plus nettement marqué dans les infestations massives amenant la cohabitation dans l'intestin de 100 vers et plus ; les troubles mécaniques dominent alors le tableau, pouvant aboutir à des complications graves : obstruction intestinale, vomissements incoercibles avec rejet de plusieurs mètres de chaîne, crises de suffocation et, parfois, collapsus.
  • Le syndrome anémique est rencontré en moyenne dans 5 cas sur 1 000, mais, en fait, les cas sont rassemblés dans certaines zones ou groupes humains préférentiels (Finlande). L'anémie "bothriocéphalique" est, avant tout, une anémie de compétition due à la consommation exagérée de vitamine B12 par les vers.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Dirigé par la clinique dans les zones d'endémie, le diagnostic de certitude est obtenu par la découverte, dans les selles, des œufs caractéristiques.

Traitement[modifier | modifier le code]

  • Dans tous les cas, on cherchera d'abord à expulser le ou les vers, par l'injection de Gastrographine dans le duodénum.
  • En cas d'anémie bothriocéphalique, le traitement ci-dessus suffira dans les cas légers, mais on pourra tout de même aider le malade par l'administration de doses modérées de vitamine B12 ; dans les anémies pernicieuses, la vit.B12 sera administrés d'abord à des doses massives jusqu'au retour à la normale des examens hématologiques, puis à doses d'entretien pendant un temps plus ou moins long.

Prophylaxie[modifier | modifier le code]

Pour se prévenir du parasite les traitements sont :

  • la congélation à -10°C pendant 8 à 72 heures, selon l'épaisseur du poisson,
  • la cuisson à 55°C pendant cinq minutes.

Liste d'espèces[modifier | modifier le code]

Selon WRMS:

Liens externes[modifier | modifier le code]