Bornes Vauthier

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Oud-Stuivekens, Stuivekenskerke (Belgique), borne no 11.

Les bornes Vauthier sont un ensemble de sculptures réalisées dans les années 1920 par l’artiste Paul Moreau-Vauthier, pour matérialiser la ligne de front telle qu’elle était en juillet 1918, lors d'une des dernières offensives alliées. Elles se trouvent en France et en Belgique.

Généralités[modifier | modifier le code]

Monchy-le-Preux (France), face à un cimetière militaire.

Les bornes forment une des routes commémoratives érigées au cours du vingtième siècle pour matérialiser des itinéraires de Mémoire.

Parmi les autres routes :

Au cours du temps, les bornes Vauthier connaissent différentes appellations : « bornes du front », « bornes de la Victoire », « bornes du Touring Club »… L’appellation « bornes Vauthier », bien qu’imprécise, semble la plus ancrée dans la mémoire. En anglais on parle de WWI demarcation stones (en). En Belgique néerlandophone, on les appelle Demarcatiepalen.

Histoire[modifier | modifier le code]

Centre ville de Château-Thierry (France).

Origine[modifier | modifier le code]

Paul Moreau-Vauthier (1871-1936), combattant de 1914-1918 et sculpteur, a l’idée d’ériger ces monuments afin de matérialiser la ligne de front (700 km) telle qu’elle était lors de l'offensive victorieuse de la deuxième bataille de la Marne, le 18 juillet 1918.

L’idée étant approuvée par les présidents des Touring club de France et de Touring club royal de Belgique (en) (TCF, TCB), on demande au Maréchal Pétain d’établir une liste des lieux dignes d’accueillir ces bornes souvenirs. Cette liste comporte deux-cent-quarante lieux.

Financement[modifier | modifier le code]

Pour que ce projet aboutisse, des souscriptions sont organisées par les deux Touring clubs, auxquelles viennent s’ajouter des dons d’organismes publics, d’associations ou de personnes privées.

Forme[modifier | modifier le code]

Les bornes sont des monolithes en granit, de plus d’un mètre de haut, surmontés d’un casque posé sur couronne de lauriers, généralement le casque français (Adrian 1915) mais parfois belge (Adrian blasonné du royaume de Belgique) ou britannique (Brodie 1915).

Chaque borne comprend, sur ses faces, des gravures (textes, équipement du soldat) qui peuvent varier d’une borne à l’autre. Le nom gravé sur le fronton est celui d’un lieu de combats importants : Vimy, Montdidier, Bois-Belleau, les monts de Champagne, Souain, les Éparges, Bois-le-Prêtreetc.

Nombre[modifier | modifier le code]

Inauguration de la première borne à Château-Thierry (France), le 10 novembre 1921.

Les souscriptions ne permettent pas d’atteindre l’objectif initial, et seules cent-dix-huit bornes sont érigées : vingt-deux en Belgique et quatre-vingt-seize en France. Elles sont inaugurées entre 1921 (Château-Thierry) et 1927 (Hartmannswillerkopf).

Plus récemment, le nombre communément admis de bornes mises en œuvre est de cent-vingt, vingt-deux en Belgique et quatre-vingt-dix-huit en France, car la borne de Confrécourt et la borne « origine » (région Île-de-France), bien que partiellement hors projet, sont généralement intégrées à la liste, en plus des cent-dix-huit d’origine. Par contre, celles installées au Mémorial de Verdun et à Tergnier, cité Quessy, étant des copies hors ligne de front, ne sont pas incluses dans ce décompte.

Conservation[modifier | modifier le code]

Si l'on ne tient pas compte de l'original des bornes qui se trouve dans le jardin de la maison du sculpteur à Boulogne-Billancourt[réf. nécessaire], en 2009, il en reste quatre-vingt-dix-sept, dont certaines sont endommagées : Hartmannswillerkopf, Ville-sur-Tourbe, Vrignyetc.

En voici la répartition :

Région / Dép. Quantité originale Quantité en 2009 Précisions
Borne origine 1 1
Aisne 10 7 Inclus :
Confrécourt, La Ferté-Milon et Pernant
Belgique 22 19
Haut-Rhin 11 6
Marne 15 14 Inclus :
Four-de-Paris, situé en Meuse
à la limite de la Marne.
Meurthe-et-Moselle 12 12
Meuse 15 12
Nord 8 5
Oise 4 3
Pas-de-Calais 12 12
Somme 7 3
Vosges 3 3
Totaux 120 97

Localisation[modifier | modifier le code]

De la mer du nord, à Nieuport en Belgique, jusqu’à quelques kilomètres de la frontière suisse, à Altkirch, elles sont en moyenne distantes de 5 à 10 km l’une de l’autre.

Certaines sont décalées dès l’origine, d’autres plus tard, pour des raisons diverses. Elles ne sont donc pas toujours à l'endroit exact de la ligne de front.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Autres routes commémoratives :

Liens externes[modifier | modifier le code]

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