Bonneville (Somme)

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Bonneville
L'église de Bonneville, en brique, a la partie supérieure de ses côtés décorée d'un damier rouge et blanc, mettant en valeur l'ogive de chaque fenêtre, entre les contreforts.
L'église de Bonneville, en brique, a la partie supérieure de ses côtés décorée d'un damier rouge et blanc, mettant en valeur l'ogive de chaque fenêtre, entre les contreforts.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Somme
Arrondissement Amiens
Canton Domart-en-Ponthieu
Intercommunalité Communauté de communes du Bernavillois
Maire
Mandat
Daniel Potriquier
2014-2020
Code postal 80670
Code commune 80113
Démographie
Population
municipale
342 hab. (2011)
Densité 34 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 04′ 58″ N 2° 14′ 59″ E / 50.0827777778, 2.24972222222 ()50° 04′ 58″ Nord 2° 14′ 59″ Est / 50.0827777778, 2.24972222222 ()  
Altitude Min. 78 m – Max. 166 m
Superficie 10,2 km2
Localisation

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Bonneville

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Bonneville

Bonneville est une commune française, située dans le département de la Somme en région Picardie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Bonneville est un village du département de la Somme, à 25 km au nord d'Amiens, chef-lieu du département et capitale de la Picardie, et à 10 km à l'est de Domart-en-Ponthieu son chef-lieu de canton. Il est situé sur un plateau calcaire à 153 m d'altitude.

Géographie physique[modifier | modifier le code]

  • Le territoire de Bonneville a une superficie de 1020 hectares et des altitudes variant de 110 à 157 mètres.

Relief, paysage, végétation[modifier | modifier le code]

  • Le point culminant est situé au lieu-dit "Le Grand Champ", entre Candas et Valheureux.
  • Le point le plus bas se trouve au lieu-dit "Le Fossé des Camuches".
  • Le territoire est bordé de bois au sud, limitant les territoires de Canaples et de Naours, à l'ouest sur Fieffes et au nord-ouest sur Montrelet et Candas.

Lieux dits[modifier | modifier le code]

  • Au remembrement de 1955, le territoire est divisé en 40 toponymes, ces noms sont tous antérieurs au cadastre de Napoléon Ier, plusieurs remontent au Moyen Âge.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 342 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
715 768 766 797 843 844 853 845 888
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
929 959 977 879 842 760 753 771 709
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
640 578 552 435 419 412 388 404 367
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
337 381 346 352 346 348 352 353 342
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2].)
Histogramme de l'évolution démographique


Politique et administration[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1792, Bonneville a vécu sous le régime des seigneurs.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2008[3] en cours
(au 6 mai 2014)
Daniel Potriquier   Réélu pour le mandat 2014-2020 [4]
2001 2008 Francis Titren    
1945 2008 André Riquier    
1939 1945 Louis Riquiez   Adjoint
1884 1939 Gustave Vignon    
1879 1884 Eugène Bourdon    
1875 1879 Jean-Baptiste Paillard    
1871 1875 Sulpice Lefebvre    
1870 1872 Zéphir Legris    
1865 1870 Clodomir Vignon    
1860 1865 Joseph Vignon    
1833 1860 Jean-Baptiste Lefebvre    
1825 1833 Jean-François Louette    
1812 1825 Joseph Roblot    
1804 1812 François Bardoux    
1793 1804 Jules Cavillon    
1792 1793 Pierre Riquier    
Les données manquantes sont à compléter.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Age[modifier | modifier le code]

  • fin du VIIe siècle : les Bénédictins de Corbie sont les propriétaires des terres de Bonneville.

C'est environ au VIIe siècle que fut mentionné pour la première fois le nom de "Bonna-villa". Dans une grande clairière de l'immense forêt de La Vicogne, allant de Bapaume à L'Étoile et de Outrebois à Naours, les bénédictins de Corbie firent édifier un manoir à l'emplacement du château actuel. Ce manoir était entouré de huit fermes. Lorsqu'il y eut 60 maisons, ces bénédictins édifièrent une chapelle à l'entrée de la rue d'Aumont. Cette chapelle fut remplacée par une église, restaurée en 1499 et démolie en 1899.

  • 1197 : les Templiers installés à Fieffes succèdent aux Bénédictins et font de Bonneville une succursale.
    L'ordre des Templiers fût supprimé en 1311 par le Pape Clément V. Leurs biens passent aux mains des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Le maître prend alors le titre de Commandeur de Fieffes et Bonneville.
    Cet ordre existe toujours aujourd'hui sous le nom de Chevaliers de Malte.
    Depuis les origines, c'était toujours un religieux Bénédictin, Templier ou Chevalier qui assurait les offices à Bonneville.

Une léproserie, un couvent, celui des Dames de Moreaucourt sur les terres d'Aumont, un prieuré et des moulins en pierre ont existé à Bonneville, ainsi que des souterrains refuges dont il est fait mention en 1697. De tout cela il ne reste aucune trace.

  • 881-900 : invasions normandes, de nombreux pillages dans les villages environnants.
  • guerre de 100 ans : le village aurait beaucoup souffert notamment en 1368 et 1387.
  • 1085 : construction d'une église de style roman, avec une seule nef et un chœur. Le coq en haut du clocher culminait à 18 mètres.
  • 1499 : restauration de l'église.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

  • 1570-1590 : pendant les guerres de religions peu de heurts, malgré la présence d'une forte communauté protestante.
  • 1636 : le terrible Jean de Werth à la tête des Espagnols pille le village.
  • 1770 : il existait une école dirigée par une religieuse. Elle fut supprimée à la révolution.
  • 1570-1590 : pendant les guerres de religions peu de heurts, malgré la présence d'une forte communauté protestante.
  • 1759 : Mgr de la Motte installe une cure à Bonneville, l'abbé Fayel est le premier curé officiel.
    De tout temps, la religion catholique a été prédominante à Bonneville. Cependant, il est fait mention d'une communauté protestante à l'époque des guerres de religion. Au début du XIXe siècle, on en comptait encore 115 pratiquants.
    Ces protestants célébraient leur culte dans une maison de la rue de Fieffes. Leurs grandes cérémonies avaient lieu à Havernas, alors que le pasteur résidait à Contay.
    (Vous pouvez consulter l'excellent site sur Havernas sur ce sujet à la rubrique "Les seigneurs".)
    De 1698 à 1937, 24 curés furent en poste à Bonneville.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Révolution française[modifier | modifier le code]

  • 1789-1799 : pendant cette période révolutionnaire, les villageois, attachés à leurs convictions religieuses et respectueux du seigneur de Bonneville, restent calmes.
  • 1792 : le 19 septembre, les biens du seigneur de Bonneville sont vendus comme biens nationaux. Cela comprend le château et 57 hectares.

Victimes de guerre

  • 1799-1815 : 4 tués aux campagnes de Napoléon

Restauration et Monarchie de Juillet[modifier | modifier le code]

  • 1814 : le village est occupé et pillé par les cosaques.
  • 1822 : la première école officielle est ouverte dans une maison de la rue d'Aumont.
  • 1830 : un scandale éclate dans l'église entre l'abbé Lambert et l'instituteur Jules Vésier. Ils furent tous deux révoqués par Monseigneur Gallien de Chambon évêque d'Amiens.
  • mai 1840 : Mlle Florine Titren obtient l'autorisation d'ouvrir à ses frais, dans sa maison de la rue de Fieffes, une classe pour les jeunes filles.
    Les classes se déroulaient du 1er octobre au 31 mai.
  • 1835 : le conseil s'inquiète de la vétusté de l'église et décide de la consolider.

Second Empire et Guerre de 1870-1871[modifier | modifier le code]

  • 1853 : l'église se dégrade de plus en plus. Un architecte conseille de la démolir.
  • 1er octobre 1863 : le premier instituteur laïc est nommé.
  • 1864 : une bibliothèque est ouverte, les premiers cours d'adultes sont donnés.
  • 1868 : le préfet ordonne la fermeture de l'école qui tombe en ruines. La commune achète un terrain au milieu de la rue de Montrelet, pour y construire des classes garçons et filles avec logement de fonction et mairie. Les travaux commencèrent en octobre.
  • 1870 : le 1er octobre l'école est ouverte aux élèves.
  • 1871 : les Prussiens occupent le village et commettent des exactions.

Victimes de guerre

  • 1870-1871 : 2 tués

Début de la IIIe République et Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

  • 1882 : l'enseignement laïc est obligatoire et gratuit.
    L'instituteur devient alors un personnage important du village. Il est souvent le bras droit du maire, souvent secrétaire de mairie.
  • 1874 : le maire de l'époque, Sulpice Lefèvre, fait don de son manoir à l'entrée droite de la rue d'Aumont, à condition d'y construire une église. Le manoir devra servir de presbytère.
  • 1894 : l'église menace de s'écrouler. Le conseil décide la construction d'une nouvelle.
    Un premier plan fut soumis, tenant compte d'une population de 785 habitants dont environ 500 fidèles.
  • 1895 : le conseil refuse le 1er plan et en accepte un second, moins onéreux. Le 8 novembre, les travaux commencent.
  • 1898 : le 7 août, l'église est ouverte au culte par une grande cérémonie et une bénédiction.
  • 1899 : l'ancienne église est démontée. Les matériaux servent au nivellement de la place.
  • 1900 : trois nouvelles cloches sont baptisées.on peut y lire les inscriptions suivantes :
    • la grosse : Je me nomme Charlotte-Oportune, parrain Charles Saint, marraine Oportune Saint son épouse.
    • la moyenne : Je me nomme Gustavie-Alexandrine, parrain Gustave Vignon, marraine Alexandrine Macque.
    • la petite : Je me nomme Georgette-Claire, parrain Georges Saint, marraine Claire Boursin.
  • 1904 : pose dans le clocher d'une horloge à 4 cadrans.
  • 1914-1918 : Première Guerre mondiale, les soldats anglais et américains cantonnent jusqu'en 1919.
  • 1918 : l'église est bombardée par un avion allemand.

Victimes de guerre

  • 1885 : 1 tué aux campagnes du Tonkin
  • 1914-1918 : 30 tués
  • Le dernier curé du village fut l'abbé Caron (1918-1937). Depuis des desservants se succédèrent, abbé Lemaire en 1937, abbé Pérot en 1941, abbé Mansard en 1974.
    Dans les premiers siècles, sur la place à l'entrée gauche de la rue d'Aumont, il y avait une grande chapelle.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

  • 1939-1940 : Les soldats anglais cantonnent quelque temps dans le village.
  • 1940 : le 20 mai les Allemands arrivent dans le village et l'occupent durant l'été jusqu'en août 1944.
  • années 1940 : deux des 4 clochetons s'écrasent au sol à la suite d'une tempête.
    On pose 3 vitraux dans le chœur, au centre Ste Anne, patronne de la paroisse, à gauche la Vierge et l'Enfant offert par la famille Outrebon-Lamory, à droite saint Joachim offert par la famille Gustave Vignon.
Le 16 août 1944[modifier | modifier le code]
  • Le 16 août, alors que la guerre était pratiquement terminée (nous étions à quelques jours de la libération), vers 19 heures, un jeune homme du village, Guy Lacroix, tira sans l'atteindre sur un sous-officier allemand qui descendait la côte de Montrelet.
  • Ce dernier donna l'alerte, l'auteur fut arrêté et sous la torture dénonça 6 de ses camarades. Dans un bâtiment de l'usine Wattine à Montrelet, ils furent martyrisés toute la nuit.
  • À l'aube, dans un état lamentable, les SS les conduisirent à Bonneville au lieu-dit "La Marlière" et les fusillèrent dans un trou de bombe. Deux jours après, clandestinement, les Allemands transportèrent leurs cadavres dans le bois d'Acheux-en-Amiénois.
  • Le 13 septembre suivant, leurs corps furent découverts, criblés de balles, les yeux encore bandés et les mains liées dans le dos avec du fil de fer.

Les obsèques de :

  • Adrien Dufrénoy (19 ans),
  • René Jolibois (19 ans),
  • Guy Lacroix (18 ans),
  • Roger Mercier (18 ans),
  • Léon Titren (21 ans),
  • Georges Titren (16 ans),
  • Jean Vasseur (21 ans),

furent célébrées, le 16 septembre 1944.

Les victimes de guerre :

  • 1939-1945 : 7 fusillés et 3 morts des suites de guerre
  • 1945 : retour de captivité de nombreux prisonniers après 5 ans de captivité

(extraits [5]:)

  • 1976 : électrification de l'église.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Sainte-Anne[modifier | modifier le code]

Stèle aux sept suppliciés du 16 août 1944[modifier | modifier le code]

Stèle des Martyrs de 1944

En 1948, à l'initiative d'André Riquier, maire, un monument à la mémoire des sept jeunes gens de la commune suppliciés par les Allemands le 16 août 1944 fut édifié sur les lieux du supplice, le terrain ayant été offert par Charles Petit.

Le monument a été ensuite déplacé pour en faciliter l'accès. Situé près du cimetière communal, on y parvient par une allée en escalier, baptisée "Allée des martyrs". Pour protéger le lieu, le trou de bombe a été clôturé.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René BOYENVAL, René DEBRIE, René VAILLANT, Répertoire des noms de famille de la Somme en 1849, Éditions ÉKLITRA (Amiens),‎ 1972, 232 p.
  • Guy Cantillon, La mémoire de Bonneville, Éditions Paillard

Liens internes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  3. Source : Quotidien Le courrier picard édition Région d'Amiens du 1er avril 2008
  4. « Liste des maires de la Somme » [PDF], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme,‎ 6 mai 2014 (consulté le 9 juin 2014)
  5. Source: La mémoire de Bonneville de Guy Cantillon Ed. Paillard