Bolet blafard

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Boletus luridus

Boletus luridus, en français le Bolet blafard, est un champignon (Fungi) basidiomycète de la famille des Boletaceae, présent dans les forêts de l'hémisphère nord. Il a la forme typique des cèpes, caractérisée par un pied trapu et un chapeau hémisphérique, mais se distingue notamment par un pied et des tubes rougissants. Il présente de nombreuses variétés. C'est un champignon qui est toxique cru et indigeste mal cuit[1].

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Nom scientifique accepté[modifier | modifier le code]

Le nom binomial scientifique accepté actuel est Boletus luridus Schaeff. (1774)[2]

Basionyme, synonymes, et binômes obsolètes[modifier | modifier le code]

  • Boletus luridus Viv. 1834
  • Boletus rubeolarius Bull., Herbier de la France: tab. 490 (1791)
  • Leccinum luridum (Sowerby) Gray, Nat. Arr. Brit. Pl. (London) 1: 648 (1821)
  • Leccinum rubeolarium (Sowerby) Gray, Nat. Arr. Brit. Pl. (London) 1: 648 (1821)
  • Suillellus luridus (Schaeff.) Murrill, Mycologia 1: 17 (1909)

Noms vulgaires et vernaculaires[modifier | modifier le code]

Le nom vulgaire de Boletus luridus repris par les auteurs francophones est Bolet blafard[3],[4].

On rencontre plus rarement les termes vernaculaires de Bolet luride ou Cèpe luride[1],[5] et de Bolet blême[1],[6].

Description[modifier | modifier le code]

Le Bolet blafard a la forme des cèpes et en possède les caractéristiques générales.

Son chapeau arrondi, de près de 5 cm, s'étale en vieillissant, pour atteindre parfois 20 cm de diamètre. La cuticule est mate, de couleur assez variable, de jaunâtre à brun olivacé, parfois teintée d'orange. Le bord du chapeau, de la même couleur, est régulier et dépasse légèrement les tubes.

La chair se tache de noir aux endroits abîmés, comme par les morsures de limace par exemple : elle est nigrescente. Sa chair est épaisse, jaune pâle et rougit sous les tubes et aux morsures de limaces. Elle bleuit rapidement et fortement lorsque l'on coupe le champignon, elle est cyanescente[Contradiction], puis elle devient plus claire quand elle sèche. Ses tubes, bien rouges, deviennent jaunes olivacé avec l'âge. Ils sont séparables de la chair[5].

Son pied, de 8 à 15 cm de hauteur et rarement jusqu'à 20 cm, en forme de massue enfoncée dans le sol, est parfois ventru. Sa surface, de couleur jaune orangé est recouverte d'un réseau de mailles rouges étirées vers le bas.

Le bolet blafard présente une odeur de champignon et une saveur douce[7].

Variétés et formes[modifier | modifier le code]

Variété rubriceps,
pied fortement [[:]]

Proche phylogénétiquement de Boletus fechtneri (le Bolet pâle) et de Boletus luridiformis (le Bolet à pied rouge)[8], Boletus luridus (le Bolet blafard) est très variable et de nombreuses variations de la couleur de sa surface (cuticule) et des mailles colorées de son pied (stipe) ont été décrites[9]. La variété erythropus est publié comme «bêta» en 1821 [10] mais est synonyme de Boletus luridiformis[11].

La variété rubriceps à chapeau rouge est décrite en Espagne (tout d'abord en tant qu'espèce Tubiporus en 1937)[12], mais est plus tard officiellement transférée à Boletus et devient Boletus luridus var. rubriceps en 1987[13].

Boletus luridus présente d'autres variétés comme obscurus[14] et rubromaculatus[15].

Il existe aussi la variété tenuipes que l'on trouve en République tchèque[16]; la variété lupiniformis à chapeau grisâtre pâle un peu jaunâtre est décrite en France[17] et la variété queletiformis à chapeau brun orangé et chair de la base du pied vineuse est décrite en Espagne[18].

Boletus erythrentheron, qui présente des tons violacés, et dont la chair devient violette à la coupe, est décrit à l'origine comme une espèce distincte[19] et est publiée plus tard comme Boletus luridus variété erythrentheron[20] et enfin, en tant que sous-espèce[21].

Une forme primulicolor à chapeau jaune est décrite en Sardaigne en 1997[22].

La variété caucasicus qui présente un pied rouge et un réseau réduit au sommet du pied est actuellement considéré comme une espèce indépendante: Boletus caucasicus[23].

De même, Boletus luridus forme sinensis, fort semblable à luridus mais dont les spores sont manifestement différentes, qui se récolte dans la province de Hainan, en Chine, est maintenant élevé au rang d'espèce sous le nom de Boletus sinensis[24].

Autres variétés[modifier | modifier le code]

Source : Index Fungorum Miroslav Smotlacha décrit deux autres variétés[Où ?] : Boletus luridus var. avelanus Smotl. 1952 et Boletus luridus var. tiliaceus Smotl. 1952

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

  • Boletus luridus subsp. caucasicus (Singer ex Alessio) Hlaváček 1995 , vide Boletus caucasicus
  • Boletus luridus subsp. erythrentheron (Bezděk) Hlaváček 1995, vide Boletus luridus var. erythrentheron
  • Boletus luridus subsp. erythropus (Pers.) Pers. 1825, vide Boletus luridiformis
  • Boletus luridus subsp. luridus Schaeff. 1774

Espèces proches et risques de confusion[modifier | modifier le code]

Dans l'ensemble, les critères d'identification de Boletus luridus restent sa couleur terne (son côté « blafard ») et surtout le réseau très marqué, étiré vers le bas de son pied, rougeâtre sur fond plus clair. Boletus luridus n'est qu'un des nombreux bolets présentant des couleurs rouges ou rougeâtres au niveau du pied et/ou des tubes ainsi qu'un bleuissement plus ou moins intense de la chair. Il peut se confondre, entre autres, avec les espèces suivantes :

  • le Bolet à pied rouge (Boletus luridiformis (ex erythropus)) : chapeau plus brun-rouge, pied plus rouge, moucheté sans réseau saillant, très fort bleuissement, émétique cru, sinon comestible ;
  • le Bolet à beau pied (Boletus calopus) : chapeau gris, réseau rouge assez vif sur le pied mais pores restant jaunes, bleuissement faible, amer et immangeable ;
  • le Bolet Satan (Boletus satanas) : plus massif (obèse), généralement plus méridional, chapeau gris clair, pores et pied rouges mais réseau fin et limité, bleuissement uniquement par temps humide, toxique ;
  • le Bolet pourpre (Boletus purpureus) : chapeau jaune cuivré, rougissant au contact, pores et pied rouges, réseau très fin, bleuissement intense, émétique cru, comestible bien cuit ;
  • le Bolet de loup (Boletus lupinus) : chapeau rose, tubes rouges, pied orangé, chair bleuissante, odeur de scléroderme, toxique cru et comestible bien cuit ;
  • Boletus torosus à pores jaunes.

Habitat[modifier | modifier le code]

Le bolet blafard apparaît du début de l'été et au début de l'automne sous les feuillus, les bois mélés, voire dans les pelouses ou au bord des chemins. Il apprécie particulièrement les sols calcaires. C'est un champignon assez courant.

Répartition[modifier | modifier le code]

Le bolet blafard est très répandu en Europe, dans la région à l'est de la mer Noire et dans la partie orientale de l'Anatolie en Turquie, et au Pakistan, où il a été découvert à partir de Khanspur, jusqu'à Kuzagali, Sudhan Gali et Hajinpir.

En Amérique du Nord, il est connu de l'est du Canada et des États-Unis à l'est des Grands Lacs, bien que dans un cas spécifique, il a été trouvé dans le Dakota du Nord. Son aire de répartition s'étend aussi dans le sud au Mexique et il a été trouvé une fois au Costa Rica.

En Asie, il a été trouvé dans la forêt Bar'am dans la Haute Galilée dans le nord d'Israël, en Inde, à Taïwan, et dans les forêts sèches de diptérocarpes dans la province de Nakhon Sakon en Thaïlande.

Il est largement répandu en Chine, où on l'a trouvé dans le Hebei, le Jiangsu, l'Anhui, le Henan, et dans les provinces du Guangdong et du Yunnan.

La variété rubriceps a été spécifiquement trouvée sous les tilleuls (Tilia) en République tchèque.

Comestibilité[modifier | modifier le code]

Ses pores rouges, son bleuissement spectaculaire et les risques de confusion avec les bolets du groupe satanas effrayent la plupart des amateurs. En fait, s'il est toxique à l'état cru, c'est, après une cuisson soigneuse qui fait d'ailleurs disparaître le bleuissement, un comestible tout à fait honorable, comparable aux meilleurs bolets à chair blanche (cèpes). Comme pour tous les bolets, il est recommandé d'enlever les tubes qui sont souvent gluants et spongieux à la cuisson. Avec l'âge, ce champignon devient toutefois vite véreux.

Toxicité[modifier | modifier le code]

L'analyse chimique a révélé des traces de muscarine et de ses stéréo-isomères[25].

Boletus luridus a été impliqué dans des réactions indésirables semblables à celles provoquées par la coprine lorsqu'il est consommé avec de l'alcool, mais les tests de laboratoire n'ont pas mis en évidence de coprine dans le champignon[26].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c http://champyves.pagesperso-orange.fr/champignons/fichier_htm/boletales/luridus.htm
  2. (la) Jacob Christian Schäffer, Fungorum Qui in Bavaria Et Palatinatu Circa Ratisbonam Nascuntur Icones, Nativis Coloribus Expressae, Vienna, réimpression BiblioBazaar, 2011,‎ 1774, 446 p. (ISBN 1178730085 et 9781178730081, présentation en ligne), p. 78
  3. http://www.mycofrance.com/Fiches/nf_bolets.htm
  4. http://mycorance.free.fr/valchamp/champi3.htm
  5. a et b http://mycologia34.canalblog.com/archives/2010/08/20/18855366.html
  6. http://domenicus.malleotus.free.fr/f/bolet_blafard.htm
  7. Erwald Gerhardt, Guide Vigot des Champignons, Vigot, 2e édition, 2004, p. 468, (ISBN 2-7114-1743-3)
  8. (en) DS. Hibbett, « Molecular systematics and biological diversification of Boletales », Mycologia, vol. 98, no 6,‎ 2006, p. 971- 981 (ISSN 17486973)
  9. Pierre Roux et Guillaume Eyssartier, Le guide des champignons, France et Europe, t. I/IX, Belin,‎ mars 2011, 1118 p. p. (ISBN 2701154286), B. luridus
  10. Fries EM. (1821). Systema Mycologicum (en latin) 1 . Lund: Ex Officina Berlingiana. p. 391.
  11. " Boletus erythropus Pers, Annalen der Botanik (Usteri), 15: 23. 1795 " . MycoBank. International Mycological Associaiton .
  12. René Maire (1937). "Les champignons Catalaunici: Série Altera. Contributions à l'Étude de la flore mycologique de la Catalogne". Publicacions del Instituto Botánico Barcelone (en français) 3 (1): 1-128 (voir p. 45.).
  13. Aurel Dermek A. (1987). bolets III . Fungorum rariorum Icones Coloratae 16 . Berlin: J. Cramer. p. 1-23 (voir p. 14). ISBN 978-3-443-69002-1
  14. Michael E, Schulz Roman (1924). Führer für Pilzfreunde: Systematisch geordnet und gänzlich neu bearbeitet von Roman Schulz (in German) 1 (5 ed.).
  15. Josef Velenovský (1939). Novitates mycologicae (en latin). Prague: L. Soucek. p. 158.
  16. Velen. (1939)
  17. Petrak F; Commonwealth Mycological Institute (1970). Index of Fungi 3 (20)
  18. en 1969 var Jean Blum 19
  19. par Jan Bezděk
  20. Dermek A. (1979). Fungorum rariorum Icones coloratae 9 . J. Cramer. p. 1-34 (voir p. 20). ISBN 978-3-7682-0416-3
  21. par Jiri Hlavácek (1995). "Průzkum Nasi Boletales, 29" Un sondage auprès de nos Boletales, 29. Mykologický Sbornik (en tchèque) 72 (3): 83-90.
  22. Lavorato C, Simonini G. (1997). "Boletus flavosanguineus sp. nov." (MS word document). Rivista di Micologia (in Italian) 40 (1): 37–51.
  23. Rolf Chanteur: ex. Alessio "synonymie: Boletus caucasicus Chanteur ex Alessio, Boletus Dill ex L. (Saronno):. 175 (1985) " . Espèces Fungorum. CAB International .
  24. Lei QY, Zhou JJ, Wang QB. . (2009) «Notes sur trois espèces bolet en provenance de Chine" (PDF). Mycosystema 28 (1): 56-59. ISSN 1672-6472
  25. Ammirati JA, Traquair JA, Horgen PA. (1985). Poisonous Mushrooms of the Northern United States and Canada. Minneapolis: University of Minnesota Press. p. 237; 240–41. ISBN 0-8166-1407-5.
  26. Benjamin DR. (1995). Mushrooms: Poisons and Panaceas—A Handbook for Naturalists, Mycologists and Physicians. New York: WH Freeman and Company. p. 291. ISBN 0-7167-2649-1.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Marchand : Champignons du Nord et du Midi, tome II/IX (Hachette 1973) ISBN 84-399-5721-1
  • Régis Courtecuisse, Bernard Duhem : Guide des champignons de France et d'Europe (Delachaux & Niestlé, 1994-2000).
  • Marcel Bon : Champignons de France et d'Europe occidentale (Flammarion, 2004)
  • Dr Ewaldt Gerhardt : Guide Vigot des champignons (Vigot, 1999) - ISBN 2-7114-1413-2
  • Roger Phillips : Les champignons (Solar, 1981) - ISBN 2-263-00640-0
  • Thomas Laessoe, Anna Del Conte : L'Encyclopédie des champignons (Bordas, 1996) - ISBN 2-04-027177-5
  • Peter Jordan, Steven Wheeler : Larousse saveurs - Les champignons (Larousse, 1996) - ISBN 2-03-516003-0
  • Georges Becker, Dr L. Giacomoni, J Nicot, S. Pautot, G. Redeuihl, G. Branchu, D. Hartog, A. Herubel, H. Marxmuller, U. Millot et C. Schaeffner : Le guide des champignons (Reader's Digest, 1982) - ISBN 2-7098-0031-4
  • Henri Romagnesi : Petit atlas des champignons(Bordas, 1970) - ISBN 2-04-007940-8
  • Larousse des champignons édition 2004 sous la direction de Guy Redeuilh - ISBN 2-03-560338-2

Liens externes[modifier | modifier le code]