Boké

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10° 56′ N 14° 18′ O / 10.933, -14.3

Icône de paronymie Cet article possède des paronymes ; voir : Boquet et Bocquet.
Localisation de la ville de Boké en Guinée
« Ouali : 21 ans, tirailleur du poste de Boké, nation Sérère » (1881)

Boké est une ville de Guinée sur les bords du Rio Nunez.

Située sur la côte maritime de la Guinée, Boké s’étend sur une superficie de 334 km2. Elle est localisée dans la partie Nord-Ouest de la Guinée appelée Guinée maritime, et plus particulièrement en pays Baga. C'est un chef-lieu de préfecture et capitale de la région.

La ville bénéficie donc de la proximité de l'Océan Atlantique. Proche de la Guinée-Bissau, une route goudronnée permet de réaliser rapidement les 250 kilomètres qui sépare la ville de Conakry, la capitale de la Guinée. Le Rio Nunez coule au cœur de la ville. Ce dernier prend sa source à Darelayah (Préfecture de Télimélé) et coule du Sud Ouest au Nord Est puis monte vers le Nord, et redescend vers le Sud, jusqu'à Boké, après avoir fait une boucle assez prolongée. Il est alors appelé Tiguinlita. Il prend le nom de Numez, un peu au-dessus de Boké (Corrérah et Baralandé) et devient alors navigable.

Au niveau régional, il existe une route goudronnée permettant de faire les 50 km pour atteindre Kamsar et des pistes pour se rendre à Sangarédi ou Gaoual. Boké est également traversée par le réseau ferré régional qui relie Sangarédi à Kamsar. En effet, une gare à Boké permet de profiter des 135 km de voie ferrée exploitées par la Compagnie de Bauxite de Guinée (CBG). Boké possède un aéroport (Baralande, code AITA : BKJ).

Environnement[modifier | modifier le code]

Boké, confinée dans la zone de transition entre la plaine côtière et l’arrière du pays, est assise sur un plateau de schistes siluriens horizontaux qui surplombe l’estuaire du Rio Nunez sur 50 m. Le climat est de type tropical humide, avec une moyenne annuelle pluviométrique atteignant 2 675 mm, tandis que le nombre de jours de pluies avoisine les 120 jours. Du point de vue de la pédologie, la ville de Boké est marquée par la présence de sols hydromorphes localisés sur les plateaux et ceux ferralitiques pauvres [matériau rouge] qui se distinguent vers les rivages fluviaux du Rio Nunez.

Population[modifier | modifier le code]

La ville de Boké est en rapide expansion. Alors qu'en 1983 elle n'était qu'une petite cité de 12 030 habitants, sa population recensée en 1996 se montait déjà à 40 575 personnes. En 2007, la population vivant dans l’espace urbain communal de Boké est estimée à 81 116 habitants (selon projection d'après le recensement général de la population et de l’habitat de 1996). Elle est, de ce fait, la septième ville la plus peuplée du pays, après Conakry, Nzérékoré Gueckedou, Kankan, Kindia et Kissidougou.

Cette ville est la plus cosmopolite de la Guinée. On y trouve des nalous qui habitent près des cotes, des bagas, des sossoes,des landoumas, des peulhs, des kissis, des diakankes, des mikifores. Les peulhs CAMARA sont les premiers du fouta à venir s'installer dans le kakande. Ils sont très intégrés de nos jours aux autochtones et vivent souvent dans des villages près de Boké. Cette ville a connu des héros comme Dinah Salifou Camara. C'est de là que les colons ont transporté le roi du fouta Alpha Yaya Diallo pour l'emprisonner dans le fortin.

Socio-économie[modifier | modifier le code]

L’essentiel des activités économiques pratiquées par cette population tourne autour de l’économie minière et de l’agriculture. Aussi, l’exploitation minière explique le dynamisme noté dans les activités de commerces et des services. Cependant, Boké, restée à l'écart des installations minières, en subit aujourd'hui les conséquences. En effet, la fonction urbaine de la ville est de moins en moins visible (absence de cadre d'accueil, de services d'approvisionnement, de secteurs économiques et de commerces structurés) et les équipements se dégradent. Cette situation a également des répercussions sur l'activité économique de la commune. La population est encore principalement occupée à l'agriculture: plus de 80 % des gens travaillent « au champ ». Les cultures principales sont le riz, le maïs, l'arachide et le fonio. Le marché de Boké continue d'approvisionner le reste du pays en arachides. La culture de l'acajou, économiquement très rentable, progresse également. Cependant, Boké continue à s'approvisionner pour certains produits à l'extérieur.

Urbanisation[modifier | modifier le code]

Le niveau des infrastructures urbaines est encore relativement faible. Au-delà des équipements sociaux de base, la ville est dotée d'un réseau routier qui mériterait d'être remis à niveau et complété par de nouvelles infrastructures: 15 km de routes revêtues, 24 km de routes non revêtues, 30 km de pistes et de sentiers, 60 buses, 5 dalots et 4 ponts. Dans ce cadre, la population évolue dans un espace constitué de trois types d’habitats :

  • un habitat équipé où les populations disposent des infrastructures sociales de base de type primaire (adduction en eau potable et électricité). Ces quartiers qui, jadis étaient construits à l’image des villages traditionnels landoumas, connaissent une évolution notoire, ce qui permet de distinguer un zoning (zone administrative, zone commerciales et zone d’habitat) ;
  • des zones d’extension encore sous équipées où les infrastructures sont sous l’effet de la pression démographique avec un taux de couverture faible en eau et/ou en électricité ;
  • des zones irrégulièrement occupées qui découlent d’une installation non planifiée. Ces quartiers ne bénéficient ni d’adduction d’eau, ni d’électricité.

Histoire[modifier | modifier le code]

La première aventure coloniale qui intéresse les rivières de la côte guinéenne est celle de Nuno Tristão en 1453. La tradition a permis de sauver de l'oubli ce Chevalier de l'Infant du Portugal en donnant son nom à une rivière, le Rio Nunez (Tinguilita), que d'ailleurs il n'a pas dû atteindre. Ainsi, la côte guinéenne a longtemps suscité la convoitise des français et des portugais. Ce sont ces derniers qui ont tout d'abord envahi le pays. Mais au début du XIXe siècle, les français redoublèrent d'effort pour conquérir le pays. La possession de Boké fut alors un enjeu stratégique. Ce n'est qu'après 1815, que les efforts de pénétration française, dirigés en vain vers l'intérieur, se tournent vers la côte. Les colons français cherchent alors à installer des comptoirs sur le Rio Nunez qui a le double avantage d'être entouré de terres riches et d'ouvrir la route du Fouta-Djalon. En 1827, René Caillé inaugure son illustre voyage en partant de Kakandé, sur le Rio Nunez. Une stèle commémorative signale son passage à Boké. En 1839, une nouvelle mission d'information dresse un rapport suggestif attirant l'attention du commerce français sur ce pays prometteur. Construit sur le versant d'une colline, au point extrême du Rio-Nunez navigable et au confluent de ce fleuve avec le Batafon, Boké, jouissant d'un climat relativement salubre, était tout indiqué aux négociants européens comme station où les transactions devaient être avantageuses. Le 19 janvier 1866, une attaque des troupes françaises aboutit à l'installation à Deboké (nom de la ville à l'époque) d'un poste. Trois jours plus tard un lieutenant de vaisseau français conclut avec le roi Landouma un traité qui place son pays sous la suzeraineté et le protectorat de la France. Ce document comportait des clauses analogues à celles du traité de protectorat passé avec les Nalous, signé le 28 novembre 1865. L'installation de la caserne (où sera construit en 1878 un fortin, toujours debout aujourd'hui) et la signature des traités permettent aux négociants français de commercer en toute sécurité avec l'intérieur du pays et de lutter contre les anglais et portugais. C'est le point de départ de la conquête économique et politique de la Guinée. L'occupation de ce point stratégique, puis l'installation d'autres comptoirs sur les rivières de la côte maritime, forment une chaîne de points d'appui d'où prendront corps les Cercles du Rio Nunez, du Rio Pongo, de Dubréka et de la Mellacorée. La mise sous tutelle de ces cercles sera cependant menacée tout au long de l'occupation par les rébellions des chefferies autochtones qui souhaitent retrouver la gestion de leurs territoires.

Maire de la ville[modifier | modifier le code]

  • Dr Ousmane Dabo, militant de premières heures de UFR, maire de Boké de 1995 à 2000
  • Aly Bonia Camara, maire de Boké de 2000 à 2005
  • Ibrahima Barry, maire de Boké depuis 2005

Notes et références[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Site sur Boké

Articles connexes[modifier | modifier le code]