Boisson alcoolisée

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Diverses boissons alcooliques.

Une boisson alcoolisée (ou boisson alcoolique) est une boisson (fermentée, macérée, distillée ou autre) contenant de l'alcool éthylique ou éthanol. La plupart des pays possèdent une législation réglementant la production, la vente et la consommation de ces boissons[1].

Dénomination[modifier | modifier le code]

Selon certains auteurs, il conviendrait de différencier les termes « alcoolisé », lorsque l'alcool provient d'un ajout extérieur, et « alcoolique », lorsque l'alcool est présent sans ajout (comme les eaux-de-vie nobles tels que le cognac)[2],[3],[4],[5]. Cette distinction n'est cependant pas d'usage établi, les termes « alcoolisé » et « alcoolique » pouvant signifier « qui contient de l'alcool » sans précision[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

La découverte de l’alcool date probablement du Néolithique, lors de la sédentarisation de l’homme, au hasard d’une fermentation naturelle de produits alimentaires. La littérature a toujours rapporté la présence de l’alcool dans la vie sociale des hommes. C’est en l’an 4 000 avant Jésus-Christ que l’on retrouve les premières références à un produit alcoolique : la bière en Mésopotamie. L'alcool a un usage sacré et conduit à l'extase mystique. « La coupe » contenant de l'alcool est censée renfermer la divinité. La première vigne aurait été plantée par Noé. « Noé planta la vigne et s'enivra » (Genèse). Dans l’Antiquité, des écrits racontent le culte de Dionysos en Grèce, et de Bacchus à Rome.

Chimie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Éthanol.

L'éthanol (CH3CH2OH), la substance active des boissons alcooliques, est presque toujours produit par fermentation alcoolique - la voie métabolique des glucides de certaines espèces de levures en l'absence d'oxygène.

Les boissons alcoolisées avec une concentration supérieure à 40 % du volume sont facilement inflammables.

En chimie, le terme alcool désigne l'ensemble des composés organiques dans lesquels un groupe hydroxyle (-OH) est lié à un atome de carbone, qui à son tour est relié à d'autres atomes de carbone ou d'hydrogène. D'autres alcools tel que le propylène glycol et les polyols peuvent être présents de façon courante dans la nourriture et les boissons, mais cela ne fait pas d'eux des produits alcoolisés. Le méthanol (un seul carbone), le propanol (trois carbones), et le butanol (quatre carbones) sont tous des alcools très courants, mais aucun d'eux ne peut être consommé car ils sont toxiques.

L'alcool éthylique ou éthanol (C2H5OH) que l'on boit, est un liquide transparent et incolore que l'on trouve dans la bière, le vin et les spiritueux. Bien que traditionnellement considéré comme un dépresseur, l'alcool présente en fait un large spectre d'effets contradictoires. Il déprime ou stimule, tranquillise ou excite. Autrefois, l'alcool était utilisé en médecine pour soulager la douleur, faire tomber la fièvre ou apaiser les crampes d'estomac. Troubles spécifiques de distorsion de la ligne de temps.

Fabrication[modifier | modifier le code]

C'est la fermentation des sucres (glucose et fructose) contenus dans les fruits, les grains ou les racines (betterave) qui produit l'alcool. La boisson ainsi obtenue peut être distillée pour donner une eau-de-vie ou autre spiritueux. La distillation des résidus de pressurage donne le marc.

Matière première de l'alcool Aromatisation Boisson
Fermentée Macérée Distillée
Feuille Agave Pulque Tequila, mezcal
Feuilles de frêne Frênette (ou cidre de frêne)
Alcool neutre Anis Ouzo, Pontarlier, Rakı, sambuca
Anis, armoise, verveine,
Sauge, romarin, thym
Pastis
Orange Triple sec
Citron Limoncello
Cassis Crème de cassis
Pomme Manzana ([7]?)
Canne à sucre (vesou ou mélasse) Rhum, clairin, cachaça,
Aguardiente, guaro (appellation nicaraguayenne), akpeteshie
Betterave Vodka
Pomme de terre Vodka, schnaps, aquavit, spiritus
Céréale Seigle Bière de seigle Whisky de seigle, vodka
Froment Bière blanche Whisky, aquavit, vodka
Orge Bière, ale Whisky
Maïs Chicha Bourbon - whisky
Riz Saké, Huangjiu, mirin Shōchū, soju, baijiu, mei kwei lu
Sorgho dolo Maotai, Erguotou
Sirop de miel Hydromel,
Chouchen (en breton)
Vin de palme Akpeteshie
Fruit Banane Bière de banane
Abricot Abricotine, barac palinka
Cerise Kriek Kirsch
Figues Boukha
Poire Poiré Calvados, Eau-de-vie de poire, williamine
Pomme Cidre, Pommeau Calvados, lambig
Prunes Damassine, sljivovica (rajkija), tsuika
Raisin Jus Vin Armagnac, brandy, pineau des Charentes, pisco, Cognac
Anis Arak
Marc Grappa, tsípouro

Typologie[modifier | modifier le code]

Le degré d'alcool dans ces boissons varie selon le type :

Élixirs et alcool brun.

Également parmi eux les alcools bruns (cognac, whisky..) des alcools blancs (rhum, vodka...).

  • Élixirs à base de plantes (environ 70 %).

Réglementation[modifier | modifier le code]

Réglementation dans le monde[modifier | modifier le code]

Discothèque à Unirea en Roumanie. Les chalets sommaires sont mis à la disposition des clients de l'établissement. En effet dans ce pays, la consommation d'alcool est strictement interdite avant de prendre le volant.

La possession, la consommation ou le commerce de boissons alcoolisées peuvent être réglementés ou interdits. Les peines encourues par les contrevenants peuvent inclure la prison ferme, ou, dans certains pays islamiques, le fouet. Par exemple, aux Maldives, les touristes en transit après un séjour en Inde ou au Sri Lanka se voient confisquer et mettre en consigne les bouteilles d'alcool qu'ils ont pu acheter hors taxes ; elles leur sont restituées lorsqu'ils quittent le pays.

Aux États-Unis et en Finlande, la vente d'alcool fut interdite durant la prohibition dans les années 1920.

En France, les descendants des soldats de Napoléon bénéficiaient du privilège des bouilleurs de cru, leur permettant de produire leur propre alcool. Néanmoins depuis 1959, ce privilège n'est plus transmissible par héritage.

La conduite de véhicules sous l'emprise d'un état alcoolique est une infraction dans de nombreux pays (limite à 0,5 g/l en France, au Canada et en Suisse notamment[8]).

Le règlement CEE no 1576/89 du Conseil Européen du 29 mai 1989[9], établissant les règles générales relatives à la définition, à la désignation et à la présentation des boissons spiritueuses a été abrogé et remplacé par le règlement no 110/2008, entré en vigueur en mai 2008.

En particulier, il précise les degrés minimum d'alcool pour pouvoir être livrés à la consommation humaine dans la Communauté. Les boissons spiritueuses énumérées ci-après doivent présenter le titre alcoométrique volumique minimal suivant :

  • 40 % whisky/whiskey, pastis ;
  • 37,5 % rhum, Rum-Verschnitt, eau-de-vie de vin, eau-de-vie de marc de raisin, eau-de-vie de marc de fruit, eau-de-vie de raisin sec, eau-de-vie de fruit, eau-de-vie de cidre ou de poiré, eau-de-vie de gentiane, gin/gin distillé, akvavit/aquavit, vodka, grappa, ouzo, Kornbrand ;
  • 36 % brandy/Weinbrand ;
  • 35 % boisson spiritueuse de céréales/eau-de-vie de céréales, anis ;
  • 30 % boisson spiritueuse au carvi (sauf akvavit/aquavit) ;
  • 25 % boisson spiritueuse de fruit ;
  • 15 % boisson spiritueuse anisée (sauf ouzo, pastis et anis).

En France les bouteilles de vin sont munies d'une capsule-congé.

Limites d'âge légal à travers le monde[modifier | modifier le code]

Suivant le pays, l'âge à partir duquel un individu peut légalement consommer de l'alcool peut être différent. Pour l'essentiel l'âge moyen se situe entre 18 ans et 21 ans. Cependant certains pays sont plus permissifs que d'autres. Aux États-Unis, la vente d'alcool est interdite aux moins de 21 ans dans la majorité des États.

Certains états islamiques conservateurs (l'Arabie saoudite, le Koweït, l'Iran, l'émirat de Charjah) interdisent totalement la consommation d'alcool.

En France, la vente d’alcool aux moins de 18 ans est interdite par la loi Bachelot de mars 2009. En Suisse, ainsi qu'en Belgique, la vente de bière, vin et cidre est interdite aux moins de 16 ans, alors que les spiritueux et apéritifs le sont aux moins de 18 ans.

Réglementation en France[modifier | modifier le code]

Licence IV dite « grande licence » ou « licence de plein exercice ».

En France, d'après l'article L. 3321-1. du code de la santé publique, les boissons sont, en vue de la réglementation de leur fabrication, de leur mise en vente et de leur consommation, réparties en cinq groupes :

  • 1er groupe, boissons sans alcool : eaux minérales ou gazéifiées, jus de fruits ou de légumes non fermentés ou ne comportant pas, à la suite d'un début de fermentation, de traces d'alcool supérieures à 1,2 degré, limonades, sirops, infusions, lait, café, thé, chocolat ;
  • 2e groupe, boissons fermentées non distillées : vin, bière, cidre, poiré, hydromel, auxquelles sont joints les vins doux naturels bénéficiant du régime fiscal des vins, ainsi que les crèmes de cassis et les jus de fruits ou de légumes fermentés comportant de 1,2 à 3 degrés d'alcool ;
  • 3e groupe, vins doux naturels autres que ceux appartenant au groupe 2, vins de liqueur, apéritifs à base de vin et liqueurs de fraises, framboises, cassis ou cerises, ne titrant pas plus de 18 degrés d'alcool pur ;
  • 4e groupe, rhums, tafias, alcools provenant de la distillation des vins, cidres, poirés ou fruits, et ne supportant aucune addition d'essence ainsi que liqueurs édulcorées au moyen de sucre, de glucose ou de miel à raison de 400 grammes minimum par litre pour les liqueurs anisées et de 200 grammes minimum par litre pour les autres liqueurs et ne contenant pas plus d'un demi-gramme d'essence par litre ;
  • 5e groupe, toutes les autres boissons alcoolisées.

La vente de boissons alcoolisées par les débits de boisson, est soumise en France à l'obtention d'une licence de catégorie II, III ou IV selon le ou les groupes d'alcool(s) autorisé(s) à la vente par ladite licence (voir : Licence II, Licence III, Licence IV).

  1. La licence de 1re catégorie, dite « licence de boissons sans alcool », ne comportait l'autorisation de vente à consommer sur place que pour les boissons du premier groupe. Cette licence n'existe plus depuis le 1er juin 2011[10], les boissons du premier groupe peuvent donc être vendues sans licence.
  2. La licence de 2e catégorie, dite « licence de boissons fermentées », comporte l'autorisation de vendre pour consommer sur place les boissons des deux premiers groupes.
  3. La licence de 3e catégorie, dite « licence restreinte », comporte l'autorisation de vendre pour consommer sur place les boissons des trois premiers groupes.
  4. La licence de 4e catégorie dite « grande licence » ou « licence de plein exercice », comporte l'autorisation de vendre pour consommer sur place toutes les boissons dont la consommation à l'intérieur demeure autorisée, y compris celles du quatrième et du cinquième groupe.

Par ailleurs, l'obtention de licences de 2e, 3e ou 4e catégorie requiert un permis de vente de boissons alcooliques[11].

Santé[modifier | modifier le code]

Panneau en néerlandais interdisant l'alcool.

Au niveau mondial, l’alcool est considéré comme le troisième facteur de risque de morbidité, après l’hypertension artérielle et le tabac. En Europe occidentale, il est le quatrième facteur de risque, après le surpoids[12].

Physiologie[modifier | modifier le code]

Circuit dans l'organisme[modifier | modifier le code]

L’alcool ingurgité arrive dans l’estomac avant de migrer vers le petit intestin. Après environ une demi-heure (variant si le consommateur est à jeun car la présence d’aliments retarde le passage de l’alcool de l’estomac à l’intestin) l’alcool passe directement dans le sang. Il rejoint ensuite tous les organes et en particulier le cerveau et le foie. Ensuite, l’alcool non métabolisé par le foie le quitte pour aller vers le cœur.

Effets somatiques[modifier | modifier le code]

L'absorption d'alcool a des incidences physiologiques et psychologiques diverses.

  • Effets de court terme. L'alcool est un dépresseur du système nerveux central et agit principalement sur le jugement mais aussi sur les fonctions motrices. Les premiers effets de l'alcool peuvent apparaître en moins de 5 minutes après absorption. Ses effets sont notamment une légère euphorie, une perte partielle de la gêne et l'impression de mieux exprimer ses pensées, ses émotions ou son état d'être[réf. nécessaire]. Mais aussi un allongement, non perceptible, du temps de réaction, de l’ordre de 30 % de plus pour une action réflexe avec un taux de 0,50 g/l. À forte dose, l'alcool agit sur les fonctions motrices ; une perte d'équilibre peut se faire sentir, ainsi que des troubles de coordination et de la vision, étourdissements, parfois accompagnés de nausées et de vomissements, une insensibilité à la douleur et même parfois au toucher. Sur le plan psychologique, l'alcool peut altérer la capacité de jugement, la rapidité de la prise de décision, ainsi que la mémoire immédiate. Il peut conduire à des troubles émotionnels pouvant mener à un état dépressif[réf. nécessaire].
  • Troubles et dépendance. La consommation de boissons alcooliques, tant aiguë que chronique, peut mener à des troubles sévères (alcoolisme ou binge drinking).
  • Lésions cérébrales. Une consommation excessive d'alcool (binge drinking), même de manière occasionnelle, entraine des lésions irréversibles au cerveau. De même, la question de la nocivité de l'éthanol sur les neurones est toujours en suspens.
  • Grossesse. Un risque spécifique concerne les enfants nés de mères ayant consommé pendant leur grossesse. Voir syndrome d'alcoolisation fœtale.
  • Cancers. L'alcool, même à dose modérée, accroît le risque de survenue de plusieurs types de cancers (l'éthanol est classé dans la liste de cancérogènes du groupe 1 du CIRC). Le risque est plus élevé pour les consommations importantes[13]. Par exemple, d'après le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une femme consommant 50 g d'alcool par jour (5 verres de bière ou 5 verres de vin) augmente son risque de développer un cancer du sein de 50 %. Mais pour 18 g/jour (2 verres) l'augmentation reste déjà significative (+ 7 %). Pour une consommation modérée, les études se contredisent : ainsi, des études ont fixé la limite de consommation ayant des effets bénéfiques à 3 verres pour les hommes et 2 pour les femmes, une étude plus récente de l'Inca, préconise l'abstinence complète (Cette dernière étude statistique ne prenant apparemment pas en compte la consommation ou non de tabac chez les sujets interrogés, il convient cependant de la prendre avec circonspection). Une étude de cohorte européenne de prospective sur la relation nutrition et cancer (EPIC) en 2011 précise les taux de cancers : pour une consommation supérieure à 24 g/jour chez les hommes (12 g/jour chez les femmes), 10 % des cancers chez l'homme - dont plus de 50 % des cancers des voies aérodigestives supérieures, du foie et colorectal - sont attribuables à l'alcool (3 % chez la femme dont 80 % des cancers des voies aérodigestives supérieures, du foie, colorectal et du sein)[14].
  • Visage. L'alcool dilate les vaisseaux sanguins, ce qui donne, en cas de consommation chronique, un visage rosé/rouge (pour les personnes leucodermes), voire œdémateux et violacé avec des yeux rougis.
  • Impact cardio-vasculaire. Cette question a fait l'objet de publications contradictoires et d'une grande médiatisation. À la lecture des résultats d'enquêtes prouvant la plus faible mortalité cardiovasculaire en Grande-Bretagne qu'en France (années 1980), on[Qui ?] a été amené à penser que la consommation modérée d'alcool réduisait le risque de survenue de maladies cardio-vasculaires ainsi que la mortalité secondaire associée à ces dernières. Cette diminution du risque a été retrouvée quel que soit le type d'alcool absorbé[15]. Ces résultats sont toutefois contestés par une étude de 2007 qui fait l'analyse des travaux antérieurs à partir d'une hypothèse de Shaper et ses collègues[16]. La plupart des études à ce sujet reposeraient en effet sur une erreur systématique consistant à inclure dans la catégorie des abstinents les personnes qui ont diminué ou arrêté leur consommation d'alcool à cause de leur problème de santé ou la prise de médicaments[16]. Les quelques études qui ne commettent pas cette erreur montrent le même risque de maladies cardio-vasculaires pour un abstinent, que pour un consommateur léger ou un modéré[16]. D'autres soulignent que ces études ont été réalisées alors que l'épidémiologie française était en retard sur la britannique[17].
  • On[Qui ?] a longtemps cru, à tort, que « l'alcool donnait des forces » ou qu'il réchauffait. Il s'agirait plutôt des propriétés vaso-dilatatrices et cardio-vasculaires conjuguées qui produisent une sensation de bien-être.

Globalement, en dépit des quelques effets positifs éventuellement observés, l'alcool reste un problème de santé publique majeur dans de nombreux pays du monde.

Unité de mesure pour la consommation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Unité d'alcool.

Pour estimer la quantité d'alcool pur consommé par une personne, l’unité d'alcool (et le « verre standard ») a été définie et reprise par l'OMS pour déterminer les seuils d'une consommation non dommageable pour la santé humaine.

Une unité alcool représente 10 grammes d'alcool pur, ce qui correspond à peu près aux quantités standard servies dans les bars (d'où l'expression « verre standard »), soit un demi de bière (25 cl) à 5°, un ballon de vin ou une coupe de champagne (10 cl) à 12°, ou encore un verre de whisky (3 cl) à 40°.

Sa consommation peut être quantifiée lors d'une occasion en verres standards. Ainsi, l'OMS recommande de ne pas dépasser 3 verres standards par jour pour les hommes et 2 pour les femmes, et jamais plus de 4 en une seule occasion.

En France[modifier | modifier le code]

Consommation

  • En France, en 2010, pour la catégorie d'âge de 12 à 75 ans, 12,7 % de la population (18,9 % des hommes et 6,9 % des femmes) déclarent consommer de l'alcool tous les jours[18]. Cette pratique est en nette baisse depuis plusieurs décennies[18].
  • Le 10 avril 2014, un baromètre de Entreprise & Prévention (en partenariat avec l'Ifop) indique que les consommateurs quotidiens d'alcool sont principalement des personnes âgées (21%) et des hommes (18%). Les Français déclarent boire de l'alcool une fois par semaine (34%) ou une fois par mois (35%) [19].

Dépendance

  • En France, en 2010, 9 % de la population présenterait des risques de dépendance à l'alcool[18].

Mortalité

  • Le ministère de la santé et des solidarités estime que l'alcool est responsable de 40 000 décès chaque année en France (chiffre 2000) et l'alcool est un cancérogène[20], même à faible dose.
  • En France vers 2007, l'alcool serait responsable de 45 000 décès par an, soit la deuxième cause de « mortalité évitable » après le tabac[17]. L'alcool serait à l'origine de 16 % des décès masculins de 3 % des décès féminins car il est l'un des facteurs d'apparition de nombreuses maladies (cancer du sein, cancer de l'œsophage, troubles mentaux), d'accidents de la route[17] et de violences familiales.
  • D'après une étude épidémiologique publiée en 2013, l'alcool aurait tué en France, en 2009, 49 000 personnes dont 36 500 hommes (13 % de la mortalité masculine totale) et 12 500 femmes (5 % de la mortalité féminine totale) : 15 000 décès par cancer, 12 000 décès par maladies cardiovasculaires, 8 000 décès par maladies digestives, 8 000 liés à d'autres causes type accidents et 3 000 décès dus à des troubles mentaux ou comportementaux. L'alcool est responsable de 22 % des décès chez les 15 à 34 ans, de 18 % des décès chez les 35 à 64 ans et de 7 % des décès après 65 ans. Pour l'ensemble de la population d'au moins 15 ans, la consommation moyenne d'alcool est de 27 grammes par jour[21].

Coût social

  • En France vers 2007, le coût social de l'alcool est évalué à plus de 37 milliards d'euros (pertes de productivité, pertes de revenus, coût des accidents, etc.). Les dépenses de santé liées à l'alcool s'élèvent à plus de 6 milliards d'euros[17].

Parfumerie

  • En France vers 2011, les pharmaciens ne souhaitent plus vendre de l'alcool après certains rappels des douanes. Ainsi le particulier qui souhaite faire ses propres créations de parfums ne peut plus en faire. La politique n'y pense même pas puisqu’à ce jour il n'existe toujours pas d'alcool éthylique 90/96 dénaturé sans odeur.

Religion[modifier | modifier le code]

Icône ukrainienne du XVIIIe siècle.

Christianisme[modifier | modifier le code]

Le vin tient une place particulière dans le christianisme, représentant le sang du Christ, de même que le pain représente son corps. Il est donc un élément de cérémonie et de symbolique. Il joue notamment un rôle dans les Évangiles au moment des Noces de Cana. Dans les Évangiles, la vigne est utilisée aussi comme une métaphore du Royaume des Cieux : « Moi, je suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron » (Jean, 15, 1) : voir aussi la parabole des ouvriers envoyés à la vigne (Matthieu, 20,1-16).

Catholicisme[modifier | modifier le code]

L'alcool participe à certaines évocations dans les messes catholiques. Le vin, généralement blanc, devient le sang du Christ dans la consécration opérée lors de la messe célébrée par un prêtre catholique, peu avant la communion, ou sacrement d'eucharistie. Ce phénomène est désigné par le terme de transsubstantiation.

Mormonisme[modifier | modifier le code]

Dans le mormonisme, la Parole de Sagesse exclut la consommation d'alcool, de tabac, de café et de thé.

Adventisme[modifier | modifier le code]

Certains mouvements chrétiens, comme l'adventisme, considèrent que les boissons alcoolisées sont mauvaises pour le corps. Ils en déconseillent donc la consommation, comme celle d'autres narcotiques.

Islam[modifier | modifier le code]

Jeune femme offrant du vin à un sage, dynastie des Séfévides, en Iran, vers 1650
« Et des fruits des palmiers et des vignes, vous tirerez une boisson enivrante et un grand bien. Il y a en cela des signes pour un peuple qui réfléchit »
(Sourate XVI, 67).

L'alcool consommable est strictement interdit par l'islam, car il affaiblit la conscience du croyant. Il s'agit d'un consensus de l'unanimité des théologiens musulmans. Cependant, cela n'a pas empêché que des habitants vivant dans des pays à majorité musulmane aient produit et produisent encore des boissons alcoolisées, comme le rakı en Turquie, la boukha en Tunisie, le vin au Maroc et en Algérie.

Dans le Coran que le prophète de l'islam, Mahomet, proposa comme règle de vie à ses disciples, à partir de 610, seules cinq sourates font mention du vin (khamr)[22] ou de la vigne (nab)[23]. Une seule fait état d'une interdiction dans un cadre large. Le vin est proscrit aux croyants au même titre que les jeux de hasard et les pierres divinatoires[23] :
« Ô vous qui croyez, sachez que le vin, les jeux de hasard, les pierres dressées et les flèches divinatoires sont une abomination et une œuvre du démon. Évitez-les. Peut-être serez-vous bienheureux » (sourate V, 30)[24].

Deux autres constatent que le vin peut être un grand bien et un mal. Mais ce dernier est souvent supérieur au bien[23] :
« Ils t'interrogent sur le vin et les jeux de hasard ; réponds-leur qu'ils comportent tous deux une grande souillure, mais aussi des bienfaits pour les hommes. Cependant leurs méfaits sont supérieurs à leurs bienfaits » (sourate II, 219)[25].
« Et des fruits des palmiers et des vignes, vous tirerez une boisson enivrante et un grand bien. Il y a en cela des signes pour un peuple qui réfléchit » (sourate XVI, 67)[26].

Les deux dernières sourates traitant du vin en font un des délices du paradis promis par Mahomet[27] :
« À l'image du paradis, qui a été promis aux fidèles, et où couleront des fleuves d'une eau incorruptible, des fleuves de lait au goût inaltérable, des fleuves de vins exquis » (sourate XLVII, 15)[28].
« Les purs seront abreuvés d'un vin rare » (sourate LXXXIII, 25)[29].

Contrairement aux idées reçues, l'alcool n'a pas toujours été interdit par l'islam et les théories à ce sujet ont souvent varié. Le verset « Des fruits des vignes et des palmiers, vous prélevez ce qui enivre et l'attribution profitable (d'excellents aliments) » (Coran, 16, 67) fait l'objet de nombreuses interprétations[30].

De par le fait que le coran a été révélé[non neutre] au prophète Mahomet sur une période d'une vingtaine d'années, c'est sur cette période, en voyant les mauvaises actions que les gens commettaient sous l'effet de l'alcool (vin) que progressivement l'alcool fut interdit par l'islam.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Minimum Age Limits Worldwide », sur International Center for Alcohol Policies (consulté le 9 septembre 2009)
  2. Jacques Capelovici, Guide du français correct, éditions de l'Archipel, pp 22 et 23, (ISBN 2-909-241-22-X) et intervention télévisuelle de l'auteur
  3. Dictionnaire des difficultés de la langue française, Thomas Adolphe V.
  4. Pluridictionnaire Larousse (1975)
  5. Dictionnaire général de la langue française au Canada, Bélisle, Louis-Alexandre
  6. Dictionnaire de l'Académie française en ligne, article alcoolisé
  7. Pas de source concernant le mode d'aromatisation (macération ou distillation)
  8. [PDF] « Brochure du bureau de prévention des accidents de Berne », sur www.bfu.ch (consulté le 3 septembre 2010)
  9. Règlement (CEE) no 1576/89, établissant les règles générales relatives à la définition, à la désignation et à la présentation des boissons spiritueuses
  10. Loi no 2011-302 du 22 mars 2011
  11. Fiche pratique sur les formalités d'ouverture d'un débit de boissons alcooliques
  12. S.S. Lim et al., « A comparative risk assessment of burden of disease and injury attributable to 67 risk factors and risk factor clusters in 21 regions, 1990-2010: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2010 », Lancet, vol. 380, no 9859,‎ 2012, p. 2224-2260 (PMID 23245609, lire en ligne) modifier
  13. Communiqué du 11 décembre 2007 de l'Institut National Du Cancer
  14. (en) Madlen Schütze et coll, « Alcohol attributable burden of incidence of cancer in eight European countries based on results from prospective cohort study », British Medical Journal,‎ 7 avril 2011 (lire en ligne)
  15. (en) Review of moderate alcohol consumption and reduced risk of coronary heart disease: is the effect due to beer, wine, or spirits? , Eric B Rimm, Arthur Klatsky, Diederick Grobbee, Meir J Stampfer, BMJ 1996;312:731-736
  16. a, b et c (en) [PDF] Moderate alcohol use and reduced mortality risk: Systematic error in prospective studies, Kaye Middleton Fillmore, William C. Kerr, Tim Stockwell, Tanya Chikritzhs, Alan Bostrom, Addiction Research & Theory, vol. 14, issue 5, mai 2007, p. 16
  17. a, b, c et d Article La Tribune-Le Panorama du médecin, 10 septembre 2007
  18. a, b et c (en) François Beck, Jean-Baptiste Richard, « Épidémiologie de l'alcoolisation en France », EMC Endocrinologie-Nutrition, no 10 [Article 10-384-B-10],‎ 2012
  19. Alcool: les Français consomment moins mais mieux, Challenges, 10 avril 2014
  20. Rapport Alcool et risque de cancer (60 pages), Institut National du Cancer, et réseau NACRe, 2007
  21. S. Guérin, A. Laplanche, A. Dunant, C. Hill, « Alcohol-attributable mortality in France », European journal of public health,‎ 2013 (PMID 23460733, lire en ligne) modifier
  22. Malek Chebel, Dico, op. cit., p. 465.
  23. a, b et c Malek Chebel, Dico, op. cit., p. 466.
  24. Malek Chebel, Coran, op. cit., p. 115.
  25. Malek Chebel, Coran, op. cit., p. 43.
  26. Malek Chebel, Coran, op. cit., p. 265.
  27. Malek Chebel, Dico, op. cit., p. 467.
  28. Malek Chebel, Coran, op. cit., p. 537.
  29. Malek Chebel, Coran, op. cit., p. 681.
  30. Dictionnaire des religions, sous la direction d'Henri Tincq, Larousse, p. 231

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages portant sur les fabricants et sur les fabrications d’alcool
  • Congrès national des sociétés savantes, Les Boissons, production et consommation au XIXe XXe siècle, Comité des travaux historiques et scientifiques, 1981, 234 p.
  • Gaston Stiebel, La Mafia de la goutte : au pays des bouilleurs de cru, Baudinière, 1935, 157 p.
  • Marie-Claude Delahaye, L’Absinthe, son histoire, Musée de l’Absinthe, 2001, 335 p.
Autres

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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