Bogolan
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
|
Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.
|
Le bogolan est un tissu teint suivant une technique utilisée au Mali, Burkina Faso, Guinée
Le mot bogolan, de la langue bambara (la langue la plus utilisée au Mali), vient des mots bogo la terre, et lan qui veut dire avec.
Il désigne à la fois le tissu, et un style particulier de teinture.
[modifier] L'étoffe
C'est une toile plus ou moins épaisse en coton, filée et tissée sur place et d'une largeur variant de 5 cm à une douzaine (et plus maintenant) de cm et vendue en rouleaux. Ces bandes sont cousues bord à bord et à la main pour former des pièces de tissu de dimensions variables. Un tailleur peut ensuite découper un costume dans cette pièce avant que l'artiste en bogolan ne commence son travail.
[modifier] La teinture
Après une teinture de base obtenue par trempage dans une décoction de feuilles de ngalama (arbre commun entrant aussi dans la pharmacopée africaine) et séchage à plat au soleil, l'artiste structure son dessin à la boue fermentée (bogo) avec l'aide d'un calame ou d'un pinceau. Pour les parties "rouges" (qui vont du rouille au brun), une décoction d'écorces de mpécou (arbre très côté en pharmacopée) s'impose. Oublié quelques temps, cette même décoction donnera une teinture kaki. Il est à noter que jusque là, le travail du bogolan est bio ! Aucun mordant chimique, aucun pigment polluant, aucun effet toxique. Hélas, la suite est moins écologique. L'obtention des parties blanches de la pièce de bogolan ne se fait plus en frottant ces parties au savon. Un mélange de poudre lessivielle, de chlore et de savon de karité sert de décolorant puissant.
Les symboles du dessin. Le bogolan est signifiant par nature. Il est un idéogramme. L'artiste décrit des scènes, résout les conflits par le choix de ses propres symboles; comme tout objet d'art africain, le bogolan est un objet puissant.
La ville de San au sud du Mali devient petit à petit la capitale du bogolan. Elle est aussi la capitale des Bobos en territoire malien après Tominian.
[modifier] Bibliographie
- (en) Pascal James Imperato, African mud cloth : the Bogolanfini art tradition of Gneli Traoré of Mali, Kilima House Publishers, New York, 2006, 103 p. (ISBN 0910385033)
- (en) Victoria Rovine, Bogolan : shaping culture through cloth in contemporary Mali, Smithsonian Institution Press, Washington, D.C., 2001, 178 p. (ISBN 1560989424)
- (fr) Pauline Duponchel, Collections du Mali : textiles bògòlan, Musée d'ethnographie, Neuchâtel, 2004, 33 p. (ISBN 2880780292)

