Bobby-soxer

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Les bobby-soxer sont des jeunes filles habituellement âgées de douze à vingt-cinq ans et fans de swing à l'origine, ayant adopté un courant de mode populaire aux États-Unis dans les années 1940 à 1950. Il est l'un des composants des différents styles « collégienne ». Le style vestimentaire est caractérisé principalement par une jupe ample, des chaussettes courtes plissées et des chaussures plates. Cette façon de s'habiller rencontrant un tel succès sur les campus qu'il devient rapidement « l'uniforme » de la collégienne américaine après la Seconde Guerre mondiale.

Historique[modifier | modifier le code]

Alors que les uniformes sont obligatoires dans certains pays[1], les établissements scolaires des États-Unis n'imposent pas de tenue définie[2] sauf à interdire le pantalon pour les filles ; les collégiennes américaines inventent leurs propres « uniformes » au milieu des années 1940.

Après la Seconde Guerre mondiale, les adolescents acquièrent une réelle influence et autonomie, y compris en ce qui concerne la mode ; considérée comme une forme de rebellions, nombreux sont ceux qui refusent de s'habiller comme leurs parents, l'après guerre ayant donné la liberté aux jeunes de s'habiller de façon plus confortable et plus libre[3], y compris pour les filles dans cette période conservatrice. Les adolescents sont enfin reconnus, par leur consommation et leur présence, comme un groupe sociologique à part entière[4] et obtiennent ainsi leur propre identité[3]. Les jeunes travaillant plus tard dans la vie, les études s'allongent et les styles vestimentaires sont intégrés au lieu scolaire. Ce mouvement, voyant une prédominance de la jeunesse, est plus particulièrement précoce aux États-Unis qui ont moins souffert de la Guerre que les pays européens[4]. De plus, l’Amérique développent depuis plusieurs années une industrie textile forte, avec des créateurs de prêt-à-porter dynamiques. Ces adolescents adoptent un style vestimentaire relativement standardisé, en adéquation avec le groupe social auquel ils s'identifient[4]. Parmi ces groupes sociaux, les bobby-soxers, trouvant leur pendant masculin dans les swing kids, fans de Benny Goodman ou Franck Sinatra à la base, sont reconnaissables, à des chaussettes courtes souvent blanches, des bobby socks (en), une robe ou plus souvent une jupe « à godets » ou « parapluie »[n 1], ample, avec jupon, s'arrêtant au dessous du genou, et des mocassins à talon plat[4] parfois appelés Weejuns (en). Le haut est composé d'un chemisier ajusté, parfois avec un col Claudine, un pull souvent en cachemire, un cardigan[2],[3]. Par la suite, le mouvement suit les évolutions musicales de l'époque et adopte Jerry Lee Lewis ou Elvis Presley comme idoles[3]. Les bobby-soxers sont définies comme « sagement délurées[3] ». Shirley Temple personnifie ce style dans le film The Bachelor and the Bobby-Soxer en 1947.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une jupe circulaire à godets ressemble à un kilt écossais moulant les hanches avec des plis plats cousus sur le haut puis s'évasant vers le bas avec des plis ouverts, donnant une impression de taille de guêpe[3]. Les bobby-soxers portent parfois une jupe décorée de motif brodé ou imprimé comme une note de musique, un instrument, ou un caniche toiletté ; d'où le nom de poodle skirt (en), « jupe caniche »[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pauline Ngo-Ngok, « Le style collégienne en 4 dates », L'Express Styles, Groupe Express, no 3269,‎ 26 février 2014, p. 58
  2. a et b Jonathan Metcalf (dir.) et al., Fashion : la mode à travers l'histoire [« Fashion. The Ultimate Book of Costume and Style »], DK,‎ octobre 2013, 480 p. (ISBN 978-2-8104-0426-1), « 1949-1959 Naissance du style teenager », p. 345
  3. a, b, c, d, e, f et g Marnie Fogg (dir.) et al. (trad. Denis-Armand Canal et al., préf. Valerie Steele), Tout sur la mode : Panorama des chefs-d’œuvre et des techniques, Paris, Flammarion, coll. « Histoire de l'art »,‎ octobre 2013 (1re éd. 2013 Thames & Hudson), 576 p. (ISBN 978-2081309074), « Les styles collège et preppy » puis « Le style Bobbysoxer : les jupes et les pull-overs », p. 308 à 311
  4. a, b, c et d Cally Blackman (trad. Hélène Tordo), 100 ans de mode [« 100 years of fashion »], Paris, La Martinière,‎ avril 2013, 399 p. (ISBN 978-2-7324-5710-9, résumé), p. 15 et 211

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Autres styles « collégienne » d'origine anglo-saxonne :