Boyard

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Le mot boyard ou boïard désigne un aristocrate des pays orthodoxes de l'Europe de l'est: anciennes Russie et Ukraine, ancienne Bulgarie, autres pays slaves orthodoxes des Balkans et principautés à majorité roumanophone de Transylvanie, Moldavie et Valachie.

[modifier] Ordres de Boyards

Il y avait différents ordres de boyards depuis les Malyi boïarnyi (en roumain Boieri legati cu tei) équivalant à des chevaliers ou des baronnets, jusqu'aux Veliki boïarnyi (en roumain Boieri mari) de rang princier et susceptibles de régner en tant que tzars, empereurs, rois ou princes. On peut citer par exemple les Romanov pour la Russie, ou encore celui de Saint Irénarque, fils de boyard moldave. Toutefois ces ordres étaient beaucoup moins endogames que leurs équivalents occidentaux, de même que la noblesse orthodoxe en général était beaucoup moins endogame par rapport aux roturiers: de nombreux mariages mixtes (où le moins titré était systématiquement élevé) en sont la preuve. Les Malyi boïarnyi récemment anoblis étaient appelés Barynes en Russie, ce qui fut parfois improprement traduit en français par "Barons".

[modifier] Évolution des Boyards

En Russie, la classe des boyards prend de l'importance à partir de l'an 1000 dans les différentes Principautés qui seront finalement réunies par la Moscovie (de là vient le titre de "Tzar de toutes les Russies"). Après les réformes de Pierre le Grand, elle s'occidentalise et se divise comme l'aristocratie ouest-européenne en classes endogames; à l'intérieur de chaque classe elle contracte de nombreuses alliances hors de Russie, et notamment en Allemagne. En Russie, les boyards connurent un clivage entre conservateurs qui s'en tenaient aux valeurs ancestrales de l'orthodoxie et de l'absolutisme du Tsar, et les réformateurs, imprégnés par l'esprit des Lumières, qui obtinrent en 1861 l'abolition du servage et espéraient encore en vain une monarchie constitutionnelle lorsque l'Empire russe fut aboli en février 1917.

Dans les pays slaves des Balkans, conquis par l'Empire Ottoman, la classe des boyards disparaît (soit massacrée, soit par expatriation dans les principautés roumaines, vassales des ottomans mais restées autonomes, soit par passage à l'Islam et par intégration à l'élite turque). Lors de l'indépendance de ces pays, les familles princières sont d'origine roturière (Serbie) ou étrangère (Bulgarie).

Dans les principautés roumaines de Moldavie et Valachie, les boyards se maintiennent jusqu'en 1947, mais sont dépossédés de leurs domaines lors des réformes agraires successives de 1865, 1921 et 1946. Dès le XVIIIe siècle, les boyards de Moldavie avaient envoyé une requête à l’empereur de Russie, demandant la création d’un État roumain indépendant; des boyards de Valachie firent la même requête en 1802 à Napoléon. La classe des boyards roumains se divisa ensuite entre conservateurs (partisans du maintien des Principautés) et rénovateurs (partisans d'un état unitaire constitutionnel): ces derniers eurent gain de cause en 1859.

Dans les zones à majorité orthodoxe de la Hongrie médiévale et de Empire des Habsbourg ("Banats" serbes et roumains, marches-frontières, Principauté de Transylvanie), les boyards, déclassés en tant que "schismatiques" (la monarchie tant hongroise qu'habsbourgeoise était catholique), se sont progressivement soit intégrés à la noblesse hongroise ou autrichienne en passant au catholicisme (cas de la famille de Jean Hunyadi), soit expatriés dans les royaumes ou principautés serbes (telles la Rama, la Zeta, la Rascie ou le Monténégro) ou dans les principautés roumaines de Moldavie et Valachie.

[modifier] Fin des Boyards

Les pays où l'on trouvait des boyards ayant tous été soumis au communisme, les boyards ont disparu en tant que classe, soit exilés ou massacrés dans la phase initiale, soit cachés dans la population ensuite (le plus souvent en changeant de nom). Ils se sont souvent expatriés en France, cette classe ayant été traditionnellement très francophile. Les expatriés ont parfois été intégrés dans l'aristocratie occidentale par mariages (cas d'Anna de Noailles, née princesse Brâncoveanu). Mais la plupart se sont fondus dans la population du pays d'accueil ou de leur propre pays et rares sont ceux qui revendiquent encore un statut de boyards.

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