Bloody Sunday (1920)

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Bloody Sunday est le terme utilisé pour décrire une journée de violence qui s’est déroulée à Dublin le 21 novembre 1920, durant la Guerre d'indépendance irlandaise (1919-1920). Cette journée fit près de 30 victimes.

La journée commença avec l’assassinat de 14 agents britanniques ou de leurs informateurs mais également de personnes sans engagement politique par l'Armée républicaine irlandaise sous les ordres de Michael Collins. Les forces britanniques réagirent en ouvrant le feu sur la foule pendant un match de football gaélique disputé à Croke Park à Dublin.

Les origines[modifier | modifier le code]

Le Bloody Sunday de 1920 tire ses origines dans la guerre d'indépendance de l'Irlande qui se déroula entre 1919 et 1921 et qui suivit la formation de la République d'Irlande et de son parlement le Dáil Éireann. L’armée de la nouvelle république, l’IRA, engagea une guérilla contre le Royal Irish Constabulary, ses organisations auxiliaires et l’armée britannique qui étaient déterminées à supprimer les forces irlandaises séparatistes. Le gouvernement britannique a formé de son côté ses propres troupes paramilitaires, les Black and Tans (surnom en rapport avec la couleur des uniformes) et la Auxiliary Division (connue aussi sous le nom d’Auxiliaries ou Auxies). Le comportement de ces deux groupes fut presque immédiatement controversé (les principales critiques furent émises par le roi George V en personne) à cause de leur brutalité et de la violence exercée non seulement contre les prisonniers et les personnes suspectées de faire partie de l’IRA mais aussi contre le peuple irlandais en général. Ce sont ces Auxiliaries qui sont responsables du massacre du Bloody Sunday.

Bloody Sunday[modifier | modifier le code]

Le 21 novembre 1920, le ministre des Finances de la République d’Irlande et leader de l’Irish Republican Brotherhood, Michael Collins, ordonne l'assassinat d'agents britanniques, incluant ceux appelés le Gang du Caire, 18 officiers des services secrets anglais envoyés en Irlande pour infiltrer les organisations nationalistes irlandaises. Tôt le matin, 12 de ces agents furent exécutés par les hommes de Collins, certains à leur domicile. Trois autres survécurent à leurs blessures. Au total, 14 personnes furent exécutées et 6 blessées, y compris des agents britanniques supposés, des personnes sans engagement politique et 2 auxilaires britanniques. On trouve notamment au nombre des victimes la femme enceinte de l'un des agents britanniques. Le plan de Collins était de tuer plus de 50 agents ou leurs informateurs, mais une partie des cibles ne purent être atteintes par les hommes de l'IRA. Cette série d’assassinats handicapa sévèrement les services secrets britanniques en Irlande, provoquant le départ des derniers agents du gang du Caire et causant la consternation dans toute l'administration britannique.

À Croke Park se déroule le même jour un match de football gaélique entre l'équipe de Dublin et celle de Tipperary. Un des auxiliaires britanniques participant au Bloody Sunday raconta plus tard avoir assisté au tirage au sort déterminant les représailles aux assassinats entre le massacre à Croke Park et le saccage de Sackville Street (ancien nom de O'Connell Street la principale artère commerçante de Dublin).

Malgré le malaise général qui parcourut Dublin après les assassinats, approximativement 15 000 personnes se sont déplacées à Croke Park pour assister au match. Juste avant le début de la rencontre, alors que les deux équipes avaient pénétré sur le terrain, les Auxiliaries envahirent le stade et commencèrent à tirer dans la foule. Deux joueurs furent touchés (Michael Hogan mourut ensuite de ses blessures). La foule commença à évacuer le stade sous les tirs. Au total 14 personnes furent tuées et 65 autres blessées. Les plus jeunes victimes avaient 10 et 11 ans.

L’action des Auxiliaries, comme la plupart de leurs actions et celles des Black and Tans, n'ont pas été officiellement autorisées. À cause du tollé soulevé par ce massacre, les autorités britanniques basées au château de Dublin furent obligées de présenter des regrets mais refusèrent de porter la responsabilité du massacre. Ils se réclamèrent de la légitime défense en déclarant avoir subi des coups de feu en voulant arrêter un activiste nationaliste.

Plus tard dans la journée, deux officiers de rang élevé de l'IRA, Dick McKee et Peadar Clancy, qui avaient aidé à l'élaboration du plan d'action sont arrêtés. Incarcérés au château de Dublin, ils y sont torturés puis « tués lors d'une tentative d'évasion ».

Les conséquences[modifier | modifier le code]

Le comportement des Auxiliaries et des Black and Tans aida beaucoup au retournement de la population contre la couronne britannique.

Par ailleurs certains politiciens britanniques et le roi lui-même ne firent aucun secret de leur sentiment d’horreur après le massacre. Le Bloody Sunday fit les grands titres de la presse internationale et entacha largement la crédibilité du Royaume-Uni en Irlande.

Le souvenir de ces évènements est toujours très vivace en Irlande. Une des tribunes de Croke Parck a été baptisée en souvenir du joueur tué ce jour là (Michael Hogan). La chanson de U2, Sunday Bloody Sunday, n'évoque pas cet évènement mais celui du même nom qui s'est déroulé en 1972.

Les victimes[modifier | modifier le code]

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James Burke, Jane Boyle, Daniel Carroll, Michael Feery, Michael Hoyon, Thomas Hogan, James Matthews, Patrick O'Doud, Jeremiah O'Ledry, William Robinson, Thomas Ryan, John Scott, James Techan et Joseph Traynor furent tués ce jour-là.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Tom Bowden, Bloody Sunday--A Reappraisal, European Studies Review, vol 2, no. 1 (1972).
  • Tim Carey and Marcus de Búrca, Bloody Sunday 1920: New Evidence, History Ireland, vol. 11, no. 2 (Summer 2003).
  • Tim Pat Coogan Michael Collins (1990, Hutchinson) (ISBN 0-09-174106-8)
  • David Leeson, Death in the Afternoon: The Croke Park Massacre, 21 November 1920, Canadian Journal of History, vol. 38, no. 1 (April 2003).
  • T. Ryle Dwyer, The Squad and the intelligence operations of Michael Collins, Dublin 2005.
  • Charles Townshend, Bloody Sunday--Michael Collins Speaks, European Studies Review, vol. 9 (1979).