Blood on the Dance Floor (album)

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne l'album de Michael Jackson. Pour la chanson du même chanteur, voir Blood on the Dance Floor.
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Blood on the Dance Floor: HIStory in the Mix est un album du chanteur Michael Jackson sorti le 20 mai 1997. Le chanteur n’était pas très emballé par ce disque, mi-album (5 nouveaux titres inédits) et mi-remixes (8 titres) tirés de HIStory, étant donné qu'il avait pour idée initiale de sortir un album CD 5 titres uniquement. C’est sa maison de disques Epic qui a insisté pour sortir un album. Blood on the Dance Floor: HIStory in the Mix est sorti dans le cadre de la promotion de l'album HIStory.

Tous les titres excepté Superfly Sister furent écrit deux ou trois ans après Dangerous. Dans Blood on the Dance Floor, le single titre, Michael Jackson utilise le prénom Susie pour une femme, et il semble qu'elle ait bon nombre de points communs avec la Billie Jean des années 1980, tout comme avec la Diana de Dirty Diana, ou la séductrice de la chanson Dangerous. Le guitariste Slash fait son apparition dans Morphine évoquant la dépendance à la drogue du même nom et dont Jackson souffrit durant la période Dangerous ainsi que peu après l'album History.

Ghosts et Is It Scary sont deux chansons "jumelles" s'amorçant sur des paroles très similaires ; seulement la première semble plus traiter de la traque des médias dont Jackson fut la victime tandis qu'Is It Scary vise plus large : les accusés sont, si l'on devait effleurer une éventuelle analyse, simplement ceux qui le prennent pour une bête de foire (ce qui pourrait faire écho à une certaine tendresse et fascination qu'avait Jackson pour l'histoire d'Elephant Man). Ghosts est la chanson phare du moyen-métrage du même nom (Ghosts), d’une durée de 35 min.

Blood on the dancefloor reste à ce jour l'album de remix le plus vendu de tous les temps avec plus de 12 millions de copies écoulées à travers le monde[2].

Analyses éventuelles et subjectives[modifier | modifier le code]

Blood On The Dance Floor, s'il est l'album le plus court et (peut-être par conséquent) le moins connu de l'artiste, est probablement l'un des plus étonnants et révélateurs quant à ses visions du monde, et sa psychologie. Ces cinq titres inédits qu'il choisit de ne pas laisser au placard (quand des centaines d'autres ne connaîtront pas cette chance ; il en écrivait plus d'une centaine durant chacune des préparations d'albums selon ses propres dires) sont à la fois dans la veine d'History et indépendantes de cet album, à part. Cet album reste une révolte à la manière de son prédécesseur, un échantillon de la désillusion et du désespoir ressentis par l'artiste pendant les longues périodes durant lesquelles il devait faire face à des accusations d'attouchement sur mineur et à l'abandon d'une certaine partie de son public et de ses amis. Mais Blood On The Dance Floor dévoile des titres aux textes les plus subtils et surprenants que Michael Jackson ait écrits.

Blood On The Dance Floor traite de l'usuelle femme mauvaise, fascinante et séductrice que Jackson a toujours fait vivre dans plusieurs de ses chansons, et ce depuis « l'amorce » Billie Jean. Plusieurs analyses pensent devoir associer le Dance Floor au lit, le sang à l'acte sexuel consumé. Plusieurs journalistes ont également pensé devoir voir dans les paroles du single titre une métaphore de la maladie du SIDA, d'où la polémique qui fit rage quant au fait que la chanson était dédiée à Elton John, artiste homosexuel (Jackson lui avait simplement dédié la chanson pour le soutien que le chanteur britannique avait porté à la pop star en lui recommandant une clinique de désintoxication anglaise en 1993, dans laquelle il avait lui-même séjourné). La métaphore serait celle-ci : la dangerosité de « Susie », héroïne de la chanson, résiderait dans son sang: elle serait séropositive et n'en informerait pas ses partenaires, qu'elle contaminerait les uns après les autres avec le virus du Sida. La « piste de danse » dont parle Michael Jackson (« Dancefloor ») serait à la fois l'endroit où Susie séduit ses proies mais aussi une métaphore du lit où elle les contamine. D'où le titre « Blood On The Dancefloor », qui signifie « Du sang sur la piste de danse ». Autre métaphore : à plusieurs reprises il est question dans la chanson d'un « couteau » (qui mesure « seven inches » : 18 cm...) qui représenterait à la fois le sexe masculin et la puissance mortelle du virus. « Il y a du sang sur le couteau » chante Michael Jackson dans le refrain. Et, quelques phrases plus tard, ces mots: « She got your baby, it happened fast » (« Elle porte ton enfant, c'est arrivé si vite »). À propos de l'ambiguïté du titre, Jackson déclare: « Non, ce n'est pas le cas, pas du tout. En réalité, je n'ai pas inventé le titre, c'est mon ingénieur du son (Teddy Riley) qui l'a imaginé et je l'ai trouvé cool donc j'ai écrit la chanson à partir du titre. » (site : Elusive Shadow pour plus de précision ; http://www.elusiveshadow.com/clip-blood-on-the-dancefloor-michael-jackson/page-2.php)

Superfly Sister, quant à lui, fait clairement référence à la jeunesse de Jackson. Usant de métaphores filées (celle du basket par exemple) Jackson y évoque avec malaise les relations sexuelles, celles des filles faciles qui s'abandonnent rapidement, ou des hommes qui couchent avec des femmes plus mûres... « L'amour n'est plus ce qu'il était », dit-il en rapportant les paroles de ses « frères ». C'est un parallèle presque trop évident et pourtant peu étudié avec l'adolescence de l'artiste, qui devait (de son propre et entier témoignage et des témoignages d'anciennes jeunes filles), lors de tournée avec les Jackson Five, dans divers hôtels, faire semblant de dormir tandis que ses frères plus âgés couchaient avec des groupies dans la même chambre que la sienne. Un épisode définitivement traumatisant pour l'enfant, l'artiste l'évoquera en 2003 durant la tristement célèbre interview avec Martin Bashir. Joe Jackson avait pour habitude de faire de même; ce tableau de la sexualité gratuite et dénuée de sentiment va bouleverser la vision du petit Jackson sur l'amour, déchiré entre l'exemple de son père et de ses frères et l'éducation de sa mère, religieuse, lui inculquant les principes de Jéhovah. Superfly Sister est donc un premier aveux de ces épisodes, la seule fois où ils furent directement évoqués en chanson.

Morphine est un titre brut à l'interlude mélancolique et théâtrale. Il évoque avec intelligence les différentes phases de la dépendance à la drogue, celle de Jackson au démérol, dépendance dans laquelle il retombera peu après la sortie de l'album. Le morceau est presque annonciateur de sa propre mort (il évoque une crise cardiaque due à la morphine, et la chanson se termine presque sur cette phrase « Et, prenant de la morphine / Quelque chose va mal se passer / Continue / Fais-le »). Morphine emploie des termes violents ("he's just a bitch baby", "i'm such a swine baby", "a hot buzz baby") et parle de la confiance gâchée ("i hate your race baby", "you're just a liar", "you make me sick baby") dans laquelle l'artiste se perd pour finalement tomber dans les bras de la Morphine. Les phrases sont confuses, hachées, allant d'un sujet à l'autre, décrivant la confusion d'un drogué en manque ou en plein « travail ». L'artiste n'évoqua jamais cette chanson en interview.*

Ghost est lui en revanche un titre traitant de ce que Jackson a déjà plusieurs fois traité en chanson: la traque perpétuelle des médias à son sujet, en particulier pour le dénigrer à loisir à propos de tout et n'importe quoi. Les fantômes, les morts-vivants, les esprits, sont donc ici les tabloïds, les paparazzis. Jackson introduit la chanson par l'omniprésence de ces fantômes partout dans sa vie, chez lui, jusque "dans ses murs", sous son propre "lit" ; peut-être est-ce ensuite pour réfuter l'idée d'une paranoïa naissant en lui ? Tout au long de la chanson, il dira ne « pas comprendre » cet acharnement. Puis vient l'énonciation propre et claire de l'accusation par Jackson : « Qui vous donne le droit de secouer ma famille ? / Qui vous donne le droit de secouer ma chérie / Elle a besoin de moi [...] Vous me poignardez dans le dos / Tirez vos flèches sur moi / Dites-moi êtes-vous les fantômes de la jalousie ? » Après « secouer » Jackson emploie le terme « blesser » ; la jalousie semble être pour Jackson le seul motif possible de cette traque; il n'abordera pas dans cette chanson tout l'argent potentiellement gagné sur son dos et pouvant être la principale motivation des médias.

Is It Scary est très sûrement le titre le plus sombre et le plus « désespéré » de Jackson sur cet album. Certains, parce que cette chanson est jumelle avec Ghosts, lui assignent le même sujet abordé dans les paroles or, il est pourtant clair qu'elle ne traite pas de la même chose. La première différence saute aux yeux : les fantômes ne sont plus les autres comme dans Ghosts, mais c'est Jackson qui en est un; le plus juste serait de dire que Ghost et Is It Scary sont en réalité des morceaux faux jumeaux. Les paroles sont presque identiques au commencement de la chanson ; il y a des fantômes, « sous le lit », « dans les murs » et « dans les escaliers » ; « Peux-tu le sentir dans l'air ? / Les fantômes se cachent partout ». Seulement dès l'instant d'après Is It Scary prend une toute autre tournure que Ghosts, lorsque Jackson fait assister les fantômes à un spectacle, spectacle qu'il est à lui tout seul, pour l'opinion et les médias : « Je serai / Exactement ce que vous attendez de moi / C'est vous, qui me méprisez / Parce que vous voulez que je sois / l'étranger dans la nuit / Est-ce que je vous fais rire / ou est-ce que je vous mets mal à l'aise ? / Suis-je le monstre que vous imaginiez ? / Et si vous voulez voir / De curieuses excentricités / Je me montrerai grotesque sous vos yeux / Donc, que le spectacle commence ! » Il s'ensuit une dualité entre les détracteurs de Jackson et lui-même : qui est coupable en vérité, et qui est effrayant ? Jackson s'éreinte à trouver ce qui pourrait leur faire peur, et donc les divertir, (« Êtes-vous venu à moi / Pour voir vos fantasmes / Interprétés devant vos yeux ? ») afin de répondre à ce qui semble être un emploi forcé : être la bête de foire pour les satisfaire. Ce faisant Jackson n'hésite pas non plus à les accuser d'être les véritables coupables : lui joue, interprète, eux ne feignent nullement leur hostilité et fascination envers lui : ce sont eux qui sont « diaboliques » («  I know the stanger is you, je sais que c'est vous, qui êtes les étrangers / [...] You know the stanger is you, vous savez que c'est vous, qui êtes les étrangers »).

Liste des titres[modifier | modifier le code]

No Titre Crédit(s) Durée
1. Blood On The Dance Floor Michael Jackson, Teddy Riley 4:14
2. Morphine Michael Jackson 6:28
3. Superfly Sister Michael Jackson 6:27
4. Ghosts Michael Jackson, Teddy Riley 5:13
5. Is It Scary Michael Jackson, James Harris III, Terry Lewis 5:35
6. Scream Louder (Flyte Tyme Remix) Michael Jackson, James Harris III, Terry Lewis, J.Jackson 5:26
7. Money (Fire Island Radio Edit) Michael Jackson 4:22
8. 2 Bad (Refugee Camp Mix) Michael Jackson, D.Austin, R.Austin, Bruce Swedien 3:22
9. Stranger in Moscow (Tee's In-House Club Mix) Michael Jackson 6:53
10. This Time Around (D.M. Radio Mix) Michael Jackson, Dallas Austin 4:04
11. Earth Song (Hani's Club Experience) Michael Jackson 7:55
12. You Are Not Alone (Classic Club Mix) R. Kelly 7:35
13. History (Tony Moran's HIStory Lesson) Michael Jackson, James Harris III, Terry Lewis 8:00

Mixage[modifier | modifier le code]

Singles[modifier | modifier le code]

En juillet 1997, pendant la 2e partie de la tournée HIStory, "HIStory (Tony Moran's History Lesson)" - une version remix de la chanson titre "HIStory", sort partout sauf aux États-Unis. Le titre est accompagné de "Ghosts", un titre extrait de l'album de remixes Blood On The Dance Floor: HIStory in the Mix. Le single débute en 5e place en Angleterre, et restera 8 semaines. En France et en Italie, le single est respectivement 4e et 3e.

  • 3. HIStory (Tony Moran's HIStory Lesson remix)
  • 4. Is It Scary (support promotionnel)

Clips[modifier | modifier le code]

  • Blood on the Dance Floor, coréalisé par Michael Jackson. Deux versions de ce vidéoclip existent : une classique mais plus sulfureuse ainsi qu'une version remix (Blood On The Dance Floor - Refugee Camp Mix) qui était plus souvent distribuée.
  • Ghosts : Montage d'extraits du court-métrage Ghosts.
  • HIStory - Tony Moran's HIStory Lesson remix : Dans cette vidéo, le chanteur n'apparaît qu'à travers des images d'archives.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Blood on the Dance Floor (album) sur Allmusic
  2. (en) Chris Rojek, Cultural Studies, Cambridge, Polity,‎ 2007 (ISBN 978-0-7456-3683-2), p. 74