Blind Shaft

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Blind Shaft

Titre original Man Jing
Réalisation Li Yang
Scénario Li Yang, d'après le roman Le Puits, de Liu Qingbang
Acteurs principaux

Li Qiang, Wang Baoqiang, Wang Shuangbao

Pays d’origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne, Drapeau de Hong Kong Hong Kong, Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Genre film minier
Sortie 2003
Durée 92 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Blind Shaft (盲井, Mang jing) est un film chinois réalisé par Li Yang, sorti en 2003.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Song Jinming et Tang Zhaoyang sont des arnaqueurs. Leur méthode est simple : repérer une personne seule qui cherche du travail, et l'engager pour travailler avec eux à la mine en se faisant passer pour un membre de la famille. Ensuite ils se débrouillent pour tuer le malheureux dans un quelconque éboulement et en touchent ensuite une prime de la part du directeur de la mine en échange de leur silence sur cet "accident". Un jour ils font la connaissance de Yuan, un jeune homme naïf mais attachant. Ils lui proposent un travail à la mine[1].

Commentaires[modifier | modifier le code]

En raison du grand nombre de morts dus aux accidents dans les mines chinoises, et face à la colère des populations, les autorités ont été amenées à accorder des indemnités aux familles des victimes. Des criminels ont profité de ces circonstances pour se spécialiser dans l'assassinat de mineurs, au cours de faux accidents, afin de toucher ces indemnités. Le roman de Liu Qingbang et le film de Li Yang qui en est tiré sont les premières œuvres à traiter de ce sujet[2]. Le tournage de Blind Shaft s'est fait dans la Chine du Nord.

Blind Shaft, qui se place dans la lignée des « films miniers », est esthétiquement proche de La Tragédie de la mine (1931), film du réalisateur allemand Pabst, et son schéma narratif, tout comme celui des autres films du même genre, est inspiré de celui du roman d'Émile Zola Germinal. Sur le plan narratif, l'activité criminelle des deux protagonistes entre dans la logique du capital, celle de l'utilisation du corps humain comme objet de transaction et le naturalisme du film est mis au service d'une dénonciation de la société chinoise actuelle[3]. Le film met en scène, à travers une histoire locale, la faillite d'un socialisme qui a toutes les caractéristiques du capitalisme. L'une des scènes montre ainsi Tang et Song, les deux mineurs assassins, dans un karaoké, entonnant une chanson socialiste bien connue, Shehuizhuyi hao (en)[4], « Le Socialisme est bon » : ils sont aussitôt corrigés par les deux prostituées qui les accompagnent et qui remplacent les anciennes paroles par de nouvelles, célébrant, de façon grotesque, le triomphe du capitalisme sur le même air[5].

Au-delà, Blind Shaft reflète la préoccupation principale des intellectuels chinois, celle du destin de la Chine en tant que culture, ainsi que le suggère le nom des trois personnages principaux, Tang, Song et Yuan, qui est celui des grandes dynasties de l'histoire de la Chine[6].

Interdit en Chine dans un premier temps, Blind Shaft y a été autorisé après coupure des scènes de rapports sexuels et de celle du karaoké.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Copié depuis HkMania.com.
  2. Any Bourrier, « La Chine malade de son charbon », Le Monde diplomatique, novembre 2011.
  3. Anna Gural-Migdal, « Zola à travers le cinéma contemporain », dans Alain Pagès (éd.), Zola au Panthéon: l'épilogue de l'affaire Dreyfus, Presses Sorbonne nouvelle, 2010, p.  227-229. [extraits en ligne]
  4. (en) (zh) Shehuizhuyi hao, sur le site de la University of North Carolina.
  5. (en) Rey Chow, Sentimental fabulations, contemporary Chinese films, Columbia University Press, 2007, p.  169-172. [lire en ligne]
  6. (en) Rey Chow, Sentimental fabulations, contemporary Chinese films, p. 172.
  7. Liu Qingbang, Le Puits, traduction de Marianne Lepolard, Bleu de Chine, 2003
  8. (en) Prizes and Honours, archives de la Berlinale pour 2003.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Rey Chow, « “Human” in the Age of Disposable People: The Ambiguous Import of Kinship and Education in Blind Shaft », dans James J. Bono, Tim Dean, Ewa Płonowska Ziarek (éd.), A time for the Humanities: Futurity and the Limits of Autonomy, Fordham University Press, 2008. [lire en ligne]

Liens externes[modifier | modifier le code]