Blighia sapida

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'akée, ou aki, est un arbre moyen de la famille des Sapindacées originaire d'Afrique occidentale et cultivé dans les régions tropicales pour son fruit, comestible mais non sans dangers. C'est une espèce proche du litchi.

Le nom générique, Blighia, est dédié à William Bligh, administrateur colonial et officier de marine britannique (connu pour avoir commandé le HMS Bounty) qui rapporta cette plante de la Jamaïque aux Jardins botaniques royaux de Kew, marquant le début de son étude scientifique.

La plante aurait été introduite depuis la Guinée aux Antilles, en particulier à la Jamaïque en 1778[1], probablement par un bateau faisant la traite négrière.

Depuis cette époque, ce fruit est devenu un ingrédient typique des diverses cuisines des Antilles, et il est également, plus ou moins, cultivé dans toutes les régions tropicales du globe.

Il porte divers noms vernaculaires : aki, akée, daki, kaha, surnommé aussi « ris de veau » ou « arbre à fricassée », en anglais : ackee, akee, akee apple, achee ou vegetable brain, en espagnol : akí, huevo vegetal, seso vegetal, en portugais castanheiro da África.

Description[modifier | modifier le code]

C'est un arbre moyen, pouvant atteindre 10 à 12 mètres de haut, avec un tronc court et un houppier dense.

Les feuilles alternes, persistantes, coriaces, sont composées paripennées comptant 6 à 10 folioles oblongues-ovales, mesurant chacune de 8 à 12 cm de long sur 5 à 8 de large.

Les fleurs, mâles ou bisexuées, sont petites, blanches et odorantes. Elles sont groupées en grappes axillaires de 15 à 20 cm de long.

Le fruit, en forme de poire rouge brillant à jaune orangé est une capsule déhiscente à trois loges s'ouvrant à maturité pour laisser apparaître une à trois grosses graines oblongues à sphériques, de couleur noir luisant, surmontées d'une arille molle, crémeuse ou spongieuse, à chair blanc jaunâtre. L'ensemble des arilles évoque du ris de veau ou la cervelle d'un petit animal.

Distribution[modifier | modifier le code]

Cette espèce est originaire d'Afrique centrale et occidentale : Cameroun, Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Gabon, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Mali, Nigeria, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Sierra Leone, Togo

Elle a été répandue par la culture dans toutes les régions tropicales. Elle prospère surtout dans les régions chaudes et humides, à basse altitude jusqu'à 700 m d'altitude.

Propriétés[modifier | modifier le code]

Toxicité[modifier | modifier le code]

Les parties non affinées ou non comestibles des fruits (pour l'homme) contiennent deux toxines : les hypoglycine A et B. L'hypoglycine A se retrouve dans les graines et les arilles, tandis que l'hypoglycine B ne se trouve que dans les graines. [ 2 ] L'hypoglycine qui est un amino-acide de type méthylcyclopropyl-proprionique est transformée dans l'organisme en methylenecyclopropyl acide acétique (MCPA) qui est également toxique (notamment pour le foie). MCPA inhibe plusieurs enzymes impliquées dans la dégradation du CoA en acyles composés. Hypoglycine se lie de manière irréversible au coenzyme A, la carnitine et la carnitine acyltransférases I et II [ 9 ] réduire leur biodisponibilité et par conséquent inhiber l'oxydation bêta des acides gras. La bêta-oxydation constitue normalement le corps de l'ATP, le NADH et l'acétyl-CoA qui est utilisé pour compléter l'énergie produite par la glycolyse. Les réserves de glucose sont par conséquent sensiblement appauvries conduisant à l'hypoglycémie. [ 10 ] Des effets négatifs apparaissent surtout quand le fruit est consommé immature. [ 11 ] Sa toxicité diminue grandement avec l'exposition à la lumière (après ouverture du fruit) mais n'est pas complètement éliminée par la cuisson. Les accidents dus à la toxicité de ce fruit sont un problème récurrent notamment à la Jamaïque et à Haïti, mais aussi en Côte d'Ivoire, au Togo ou au Burkina-Faso. Sur le plan clinique, cette condition est appelée maladie des vomissements jamaïcains. Outre la diminution de la glycémie, l'hypoglycine provoque un syndrome digestif fait de vomissements incoercibles, sans diarrhée, pouvant entraîner des convulsions et la mort, en particulier chez les jeunes enfants. C'est également un antagoniste de la riboflavine ou vitamine B2.

  • Références:

2 : ^ a b c d Intoxications of the Nervous System. Amsterdam, Netherlands: Elsevier Science B.V.. 1995. ISBN 0-444-81284-9.

9 : ^ Kumar, Parveen J. (2006). Clinial Medicine (5 ed.). Saunders (W.B.) Co Ltd. ISBN 978-0-7020-2579-2.

10 : ^ SarDesai, Vishwanath (2003). Introduction to Clinical Nutrition. New York: Marcel Dekker Inc.. ISBN 0-8247-4093-9.

11 : ^ The Ackee fruit (BLIGHIA SAPIDA) and its associated toxic effects, The Science Creative Quarterly. N° 6, 2011.

Propriétés nutritionnelles[modifier | modifier le code]

Composition nutritionnelle des arilles, pour 100 g :

  • Eau : 58 g
  • Fibres : 3,45 g
  • Glucides : 9,6 g
  • Lipides : 18,8 g
  • Protéines : 8,8 g
  • Phosphore : 98 mg
  • Fer : 0,5 mg
  • Calcium : 83 mg
  • Niacine : 3,7 mg
  • Vitamine C : 65 mg

Utilisation[modifier | modifier le code]

Alimentation[modifier | modifier le code]

Le fruit de l'aki n'est pas comestible en totalité : seules les arilles charnues surmontant les graines sont comestibles, tandis que le reste du fruit ainsi que les graines sont toxiques. Le fruit ne doit être récolté qu'à complète maturité, lorsqu'il s'ouvre naturellement, et il doit être frais et pas blet. Les fruits verts ou trop mûrs sont également vénéneux. Le fruit, même mûr, est la cause d'une maladie fréquente à la Jamaïque, la Maladie des vomissements de la Jamaïque, caractérisée par des vomissements et de l'hypoglycémie.

L'aki à la morue est le plat national de la Jamaïque. La morue salée est sautée avec les akis, du saindoux, des oignons, des piments, des tomates, des fines herbes, et peut être garni de lard frit et de tomates fraîches.

L'huile extraite de l'arille de l'aki contient de nombreux nutriments importants, notamment des acides gras. L'huile d'aki contribue de façon importante à l'alimentation de nombreux Jamaïcains.

Plante ornementale[modifier | modifier le code]

L'aki est utilisé aussi pour son aspect ornemental et planté sur les places publiques et le long des rues, notamment en Afrique occidentale.

Bois[modifier | modifier le code]

Le bois durable et insensible aux termites est utilisé localement comme matériau de construction.

Symbole[modifier | modifier le code]

L'aki est le fruit national de la Jamaïque.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les plantes alimentaires chez tous les peuples et à travers les âges, vol. II Phanérogames fruitières, Désiré Bois, Éd. Paul Lechevallier, Paris, 1928.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « This is Jamaica », National Symbols of Jamaica (consulté le 4 juin 2006)