Bleu nuit

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Bleu nuit est un nom de couleur, utilisé pour désigner une encre, une peinture ou un tissu bleu très foncé.

Nuit tout court renvoie au noir. L'assimilation de la nuit à la couleur bleue est une référence naïve à ce que les savants appellent l'effet Purkinje, selon lequel toutes les couleurs paraissent plus bleues quand la lumière baisse, et qu'on passe de la vision photopique, diurne, à la vision mésopique (crépusculaire). La vision scotopique, nocturne, ne perçoit pas les couleurs.

Nuances[modifier | modifier le code]

Le nuancier RAL indique RAL 5026 Bleu nuit nacré[1].

Les nuanciers commerciaux proposent 167 bleu nuit[2], 312 bleu nuit[3], 1200 bleu nuit[4].

Certains fournisseurs préfèrent la variante bleu minuit qui retraduit littéralement la traduction anglaise de bleu nuit, « midnight blue » : bleu minuit[5].

Les noms de couleur du Web, reprenant la liste de noms de couleur X11, ont un mot-clé MidnightBlue (bleu nuit) qui renvoie le code #191970 (r=25, v=25, b=112)[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le bleu nuit peut avoir son origine sur la scène de l'Opéra, où, pour les scènes de nuit, la toile de fond était peinte en bleu percé de trous éclairés par des luminaires figurant les étoiles, dont la clarté rendait, par contraste, l'obscurité de la nuit[7].

L'expression Bleu de nuit se trouve dès 1865 dans la description d'un procédé de fabrication d'un bleu lumière, c'est-à-dire, un bleu qui contient suffisamment de vert pour rester bleu, et non noir ou gris, à la lumière du gaz ou des bougies[8], et en 1867 dans le domaine de la mode[9]. En 1877 Le Figaro écrit « Donnons à nos lectrices une compensation à l'envahissement de la politique dans nos colonnes, en mettant sous leurs yeux les noms aussi charmants qu'originaux, dont les fabricants de Lyon ont baptisé, poçur cet hiver, les belles étoffes de soie. (…) Les bleus s'appelleront bleu paon, bleu cobalt, bleu cigüe, bleu belladone, bleu ciel indien, bleu de nuit, bleu gabier, bleu mésange, bleu pilote[10] ».

Bleu nuit est attesté en 1879 dans le domaine de la mode[11].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Annie Mollard-Desfour (préf. Michel Pastoureau), Le Bleu : Dictionnaire des mots et expressions de couleur. XXe et XXIe siècles, CNRS éditions, coll. « Dictionnaires »,‎ 2013 (1re éd. 1998)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « RAL classic Farben ».
  2. « Marqueur Promarker ».
  3. « Nuancier DMC numéros et noms », sur sd-g1.archive-host.com.
  4. « Fils à broder, Sulky : Nuancier colonne N°7 », sur annika.fr.
  5. « Peinture multisupports Bleu minuit satin », sur castorama.fr (consulté le 27 décembre 2014).
  6. « W3C TR CSS3 Color Module, SVG color keywords », sur w3.org.
  7. « la lune montait dans un ciel lavé, bleu de nuit, un vrai ciel d'opéra » Jules Barbey d'Aurevilly, Le roman contemporain, t. 18, Paris, coll. « Le XIXe siècle. Les œuvres et les hommes »,‎ 1902 (lire en ligne).
  8. « Mélanges sur les couleurs d'aniline », Moniteur de la papeterie française,‎ 15 août 1865, p. 344 (lire en ligne)
  9. Louise de Nogarel, « Toilettes de haut style », La Sylphide,‎ 10 octobre 1867, p. 154 (lire en ligne).
  10. « Échos de Paris », Le Figaro,‎ 19 novembre 1877, p. 1 (lire en ligne).
  11. E. Serena, « Chronique mondaine », La comédie de Paris,‎ décembre 1879 (lire en ligne).