Blaye-les-Mines

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Blaye-les-Mines
Pays
drapeau de la France
     France
Région Midi-Pyrénées
Département Tarn
Arrondissement Arrondissement d'Albi
Canton Canton de Carmaux-Sud
Code Insee 81033
Code postal 81400
Maire
Mandat en cours
André Fabre
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Carmausin
Coordonnées
géographiques
44° 01′ 54″ Nord
         2° 07′ 57″ Est
/ 44.0316666667, 2.1325
44° 01′ 54″ N 2° 07′ 57″ E / 44.0316666667, 2.1325
Altitudes moyenne : 339 m
minimale : 241 m
maximale : 344 m
Superficie 8,88 km² (888 ha)
Population sans
doubles comptes
3 058 hab.
(2006)
Densité 344 hab./km²
Carte de localisation de Blaye-les-Mines

Blaye-les-Mines est une commune française, située dans le département du Tarn et la région Midi-Pyrénées.

Sommaire

[modifier] Géographie

[modifier] Communes limitrophes

[modifier] Histoire

L'origine du village remonte à la fondation d'une bastide royale, en 1302, dans le but de revivifier l'Albigeois en déshérence. Blaye d'Albigeois[1] fait connaissance avec la Révolution industrielle aux 18e et 19e siècles. La famille de Solages - châtelains blayais[2] - particulièrement dynamique, crée une verrerie en 1752 ; elle installe la première machine à vapeur en 1811 et ouvre plusieurs puits de mine : la Grillatié en 1837, la Tronquié en 1878 et Sainte-Marie en 1895. Dès lors, le destin de la commune est lié à celui du charbon et du verre. Pendant deux siècles la quasi totalité du "charbon de Carmaux" sera produite sur son territoire.

La fermeture du dernier puits de mine en activité (La Tronquié) constitue en juin 1987 le point final de cette aventure industrielle. Un ultime soubresaut charbonnier, de 1985 au 30 juin 1997, avec l'exploitation de la mine à ciel ouvert connue sous le nom de Grande Découverte de Blaye-les-Mines, ne parvient pas à infléchir le cours de l'histoire[3]. C'est dans ce cratère de 1 kilomètre de diamètre et 200 mètres de profondeur, au lieu-dit "Sainte-Marie", qu'a été aménagé ce qu'on a présenté comme le premier pôle européen de multi-loisirs Cap'Découverte, dont l'activité n'a pu être à la hauteur des espoirs de ses promoteurs et de l'importance considérable des fonds publics engagés dans l'opération d'aménagement du site.

Certains Blayais ont marqué l'histoire de la commune au cours de la Seconde Guerre Mondiale. Ainsi Augustin Malroux, le maire, a-t-il été le premier Tarnais à se lancer dans la Résistance. Il le paiera de sa vie dans le camp de Bergen-Belsen le 10 avril 1945. Abel Bouzinac, le secrétaire général de la mairie également mort en déportation, Wladislav Hamerlak, le mineur, et Yvon Loubière, le transporteur, ont suivi son exemple contre l'occupant nazi et connu le même sort.

[modifier] L'histoire du bassin houiller

L'expansion de la région de Carmaux a eu lieu grâce à la présence du charbon dans son sous-sol. Elle doit la découverte du combustible au cours d'eau Le Cérou, qui traverse la partie nord et qui fit apparaître la première couche au « rocher du coteau de l'Ecuelle » (lieu de la première découverte), banc de grés, ou « rocher molard » (terme local), renfermant plusieurs veines de charbon. L'origine de l'extraction ne peut être exactement déterminée mais un document ancien, datant approximativement de 1295, permet de la situer au XIIIe siècle. Il indique en effet qu'un droit de péage d'un denier par charge à la traversée du pont d'Albi était perçu pour le charbon de terre servant à alimenter les forgerons de la région.

Jusqu'au XVIIIe siècle le champ d'exploitation qui se situait à l'ouest et au nord de Carmaux sur les deux rives du Cérou, avait tout au plus, du levant au couchant, de 1 200 à 1 500 toises d'étendue (la toise valant 1,949 m) et à peu près autant du nord au midi. Dans cet espace on avait creusé plus de 200 creux ou puits et plus de 300 petites fouilles que les charbonniers du pays appelaient caves. Ainsi le sol était criblé d'excavations dont on réussissait à grand-peine à arracher quelques lambeaux de gisement. Ces excavations étaient irrégulières et le manque d'air forçait les ouvriers à ne pas étendre leur chantier loin de l'orifice du puits. D'autre part, les éboulements étaient trop à craindre pour permettre le creusement de galeries de grande longueur. Ces modes d'extraction primitifs et défectueux durèrent jusqu'en 1775 environ. Durant cette époque le charbon de Carmaux était transporté par la route jusqu'à Gaillac où il était embarqué pour parvenir ainsi par voie d'eau jusqu'à Toulouse et à Bordeaux, où il subissait la concurrence de la houille anglaise. On évalue à 500 000 tonnes l'extraction totale du charbon pendant cinq siècles, soit des années 1250 à 1750 et à 100 millions de tonnes depuis le début du XIIIe siècle jusqu'en 2000, date de l'arrêt de l'extraction du charbon.

[modifier] Développement industriel au XVIIIe siècle

Originaire du Rouergue, la famille de Solages était représentée à Carmaux au début du XVIIIe siècle par François-Paul de Solages dont un des deux fils, Gabriel, désigné par la suite sous le nom de Chevalier de Solages, allait être l'artisan de l'expansion des Mines de Carmaux. Désireux d'accroître l'importance de son entreprise et conscient des difficultés de transport, il chercha à consommer sur place la plus grande partie de ses produits. De là lui vint l'idée de construire une verrerie à bouteilles pour laquelle il sollicita une concession, accordée par arrêté du Conseil d'État du 2 mai 1752. Cette verrerie[4] devint le plus grand utilisateur de charbon de l'époque et nécessita l'exploitation de nouvelles mines.

Un règlement paru en 1744 avait mis un peu d'ordre dans les exploitations minières. Il assujettissait l'exploitation des mines à une autorisation préalable et fixait la forme et les dimensions des puits ainsi que diverses mesures de sécurité à prendre pour l'extraction. C'est en vertu de ce règlement que, par arrêt du Conseil d'État en date du 12 septembre 1752, le Roi accorda au Chevalier de Solages, pour 20 ans, le monopole de l'exploitation du gisement de Carmaux. Cette concession devait être prolongée à différentes reprises et, en 1782, à l'occasion d'une demande de prorogation, le Chevalier de Solages faisait valoir que les charbons extraits à 400 ou 500 pieds de profondeur (un pied valant 0,3248 m) étaient d'une qualité reconnue supérieure aux meilleurs charbons d'Angleterre, que la marine sur la côte de Bordeaux ainsi que les manufactures de cette ville n'en employaient pas d'autre, que la province du Languedoc retirait de grands avantages de l'entreprise, que, d'autre part, plus de 200 ouvriers étaient occupés journellement et qu'enfin avec les charrois et le transport, plus de 500 familles vivaient de la mine.

L'usage du charbon de terre s'était substitué à celui du bois pour la cuisson des briques, tuiles et chaux, créant ainsi de nouveaux débouchés, tout en diminuant considérablement le prix de revient de ces produits. Dans cette seconde moitié du XVIIIe siècle la plupart des principales fosses avaient été sérieusement aménagées ou transformées et nous devons indiquer la grande part prise dans cette amélioration des méthodes d'exploitation, de l'organisation du travail et de l'outillage, par des ouvriers des mines de Flandres guidés par des chefs d'ateliers, appelés porions, ainsi que par des charpentiers, des boiseurs et un directeur venus dans le bassin vers 1750.

Il convient de noter également la naissance de l'entreprise sidérurgique du Saut du Tarn à la fin du XVIIIe siècle, à la suite de la découverte d'un gisement de fer dans le canton d'Alban et de Villefranche, suivie de l'autorisation donnée au vicomte de Solages d'établir à Saint-Juéry, à 6 km en amont d'Albi, à la chute du Tarn, dite Saut-de-Sabo, deux hauts-fourneaux et des forges catalanes.

[modifier] Les mines de Carmaux au XIXe siècle

La loi du 21 avril 1810 organisant en France la propriété minière, vient donner un nouvel essor aux industries extractives ; les concessions qui n'étaient que temporaires deviennent perpétuelles, disponibles et transmissibles comme les autres biens. Les Sociétés d'exploitation hésitent moins à investir des capitaux importants dans des travaux de recherches et d'aménagements dont elles escomptent recueillir les fruits.

Le 27 mai 1839 commençe l'exploitation de la Grillatié, dont le creusement du puits entrepris le 10 novembre 1833 est arrêté le 1er mai 1839 à la profondeur de 226 m. Le fonçage du deuxième puits, lancé en 1858, est mis en communication avec le premier. En 1857, l'exploitation des mines de Carmaux comprend huit puits : du Ravin, Peyrotte, des Caves du Bois, de Saint-Roch ou de l'Ecuelle, de la Grillatié, des Acacias, de Sainte-Barbe, qui en 1863 atteint 330 m de profondeur (le plus profond et le mieux aménagé), et du Castillan.

En 1872, la Société des Mines de Carmaux, afin répondre aux besoins de la consommation fait construire, pour la fabrication du coke, une usine de 80 fours dotée d'un nouveau système en vue de remplacer les fours d'un modèle ancien, construits quelque 25 ans auparavant.

En 1878 commençe le fonçage d'un grand puits – le puits de la Tronquié – qui, prévu pour une profondeur de 400 mètres, est arrêté fin juillet 1882 à 386 m. Le puits de la Tronquié n° 2, en fonçage en 1883 et destiné au début à l'aérage, est terminé en 1886 à la profondeur de 304 m. En 1890, en prévision du moment où le puits de la Tronquié, en pleine exploitation, remplacerait celui de Sainte-Barbe, l'obligation de créer un nouveau centre d'extraction paraît nécessaire. C'est dans ce but qu'est entrepris, le 26 juillet 1893, le fonçage du puits de Sainte-Marie . Les travaux sont arrêtés en mars 1896 à la profondeur de 340 m. L'installation du puits n° 1 est prête à fonctionner en 1898 et celle du puits n° 2 en 1901. À cette époque, la Société des Mines de Carmaux emploie environ 3 000 ouvriers et l'extraction atteint 500 000 tonnes/an.

[modifier] Les temps modernes

De 1900 à 1914 les Mines de Carmaux poursuivent leur extension ; les progrès techniques – traction électrique par trolley, havage mécanique, remblayage hydraulique, électrification du fond favorisée par l'absence de grisou – marchent de pair avec l'amélioration de l'organisation du travail, la recherche de nouveaux débouchés et l'adaptation des produits aux exigences commerciales. Un effort particulier nécessité par la défaillance des mines du Nord et du Pas-de-Calais pendant la guerre de 1914–1918, amène la production annuelle de 583 000 tonnes en 1914 à 819 000 en 1917 et 850 000 en 1918.

Dans les années suivantes, la réduction des débouchés correspondant à la reprise d'activité de l'ensemble des Houillères françaises, ainsi qu'à la diminution des demandes des chemins de fer qui s'électrifient, provoque une baisse de l'extraction : elle oscille de 1918 à 1938 entre 550 000 et 700 000 tonnes, le point le plus bas étant atteint avec 520 000 tonnes en 1936, année où la crise économique conduit à une réduction sensible des effectifs (2 536 ouvriers au 31 décembre 1936, soit les 48 % de l'effectif de 1918).

Après cette chute importante, un redressement dû à une augmentation de l'effectif (3 662 en 1940) et du rendement, permet d'atteindre, en 1940, la production record de 1 062 000 tonnes. Les années d'occupation provoquent à nouveau une diminution continue de la production qui atteint son minimum en 1944 avec 470 300 tonnes, l'effectif restant sensiblement constant.

Le gisement de Carmaux a été exploité :

  • antérieurement à 1752, par les petits propriétaires ;
  • de 1752 à 1793, par le chevalier de Solages ;
  • de 1793 à fin 1794, par le Comité de Salut Public ;
  • de fin 1794 à 1801, par le chevalier de Solages ;
  • de 1801 à 1810, par le vicomte de Solages ;
  • de 1810 à 1856, par l'Entreprise des Mines et de la Verrerie de Carmaux, de Solages Père et Fils ;
  • de 1856 à 1866, par la Compagnie des Houillères et Chemin de fer de Carmaux à Toulouse ;
  • de 1866 à la Nationalisation, par la Société des Mines de Carmaux ;
  • de 1946 à 1969 par les Houillères du Bassin d'Aquitaine ;
  • de 1969 à 1983 par les Houillères du Bassin Centre Midi ;
  • de 1983 à la fin par les Houillères du Bassin Centre Midi, Unité d'exploitation Tarn puis Carmaux.

[modifier] Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
mars 1965 mars 1971 Robert Garric
mars 1971 mars 1977 Jean Coutouly PC Conseiller général en 1973
mars 1977 mars 1983 Jean Coutouly PC Conseiller général jusqu'en 1982
mars 1983 mars 1989 Jean Coutouly PC Conseiller régional jusqu'en 1986
mars 1989 juin 1995 Guy-Pierre Fabre PS Conseiller général en 1994
juin 1995 mars 2001 Guy-Pierre Fabre PS Conseiller général
mars 2001 mars 2008 André Fabre PS
mars 2008 André Fabre[5] PS Conseiller général
Toutes les données ne sont pas encore connues.

[modifier] Démographie

Évolution démographique
(Source : INSEE[6])
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006
5154 5526 4563 3919 3227 2944 3058
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

[modifier] Lieux et monuments

  • Dans l'ancienne mairie, place Augustin Malroux : exposition des oeuvres du peintre Bernard-Joseph Artigue [7](Muret 1859 - Blaye-les-Mines 1936).
  • Près de la mairie, avenue d'Albi : chevalement de l'ancien puits de mine de charbon de Sainte-Marie.
  • Aire de loisirs de L'Endrevié : statue Lavoisier de Jules Dalou

[modifier] Personnalités liées à la commune

  • Augustin Malroux (homme politique et resistant français)
  • Bernard Saint-Girons, né à Blaye-les-Mines le 11 janvier 1945 : professeur agrégé de droit public, ancien recteur des académies de Clermont-Ferrand (1999-2000), Nice (2000-2003) et Créteil (2003-2007), ancien directeur général de l'enseignement supérieur, délégué interministériel à l'orientation depuis le mois d'août 2008
  • Jean Coutouly (1926-2009), ancien résistant, ouvrier mineur, militant syndical (CGT) et politique (PCF), maire de Blaye-les-Mines de 1971 à 1989, conseiller général du Tarn de 1973 à 1982, conseiller régional de Midi-Pyrénées de 1982 à 1986[8]

[modifier] Voir aussi

[modifier] Bibliographie

  • (fr) E. Loubersannes, Petite histoire de Blaye d'Albigeois, Albi, 1916
  • (fr) Patrick Trouche, Sept siècles d'exploitation du charbon dans le pays carmausin, préface de Rolande Trempé, Association Histoire des mines du Carmausin, Blaye-les-Mines, 1980

[modifier] Notes et références

  1. Qui devient Blaye-les-Mines en 1934
  2. Dont l'un des membres, le comte Hubert de Solages, sera arrêté en 1765 (en même temps que sa soeur Pauline de Barrau, épouse de Jean Antoine de Barrau) à la requête de son père par lettre de cachet et interné jusqu'au 14 juillet 1789, date à laquelle il fut le premier prisonnier libéré de la Bastille (voir Histoire de la Bastille depuis sa fondation jusqu'à sa destruction, 1844, p. 274)
  3. Voir le reportage sur les Mineurs de Carmaux diffusé à la télévision le 12 juillet 1991 [1]
  4. La verrerie fut louée en 1856 à Fernand Rességuier, marchand de bouteilles toulousain, qui acheta l'usine en 1862 (Joan Wallach Scott, Les verriers de Carmaux, Flammarion, 1982, p. 29)
  5. Site de l'association des maires du Tarn consulté le 26 mars 2009 [2]
  6. Blaye-les-Mines sur le site de l'Insee (les populations légales en vigueur au 1er janvier 2009) [3]
  7. Quelques oeuvres de l'artiste présentées sur le site de l'Association pour l'histoire des mines du Carmausin [4]
  8. Déclaration d'André Fabre, maire de Blaye-les-Mines et conseiller général du canton de Carmaux-Sud, La Dépêche du Midi, 7 février 2009 [5]

[modifier] Liens externes

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