Blas Infante

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Blas Infante Pérez de Vargas (né à Casares, dans la province de Malaga en Andalousie le 5 juillet 1885 – décédé à Séville le 11 août 1936) est un politicien, idéologue et écrivain andalou. Il fut le principal soutien du nationalisme andalou.

Infante était notaire, historien, anthropologue, musicologue, écrivain et journaliste, et de plus un grand lecteur et conférencier. On a édité 14 de ses œuvres et il a écrit plus de 3 000 manuscrits.

Le Parlement d'Andalousie approuve à l'unanimité, en 1983, le Préambule pour le Statut d’Autonomie de l'Andalousie. Où Blas Infante est reconnu comme « Père de la Patrie Andalouse ».

La Fondation Centre d'Études Andalous de la « Junta de Andalucía » acquiert en 2001 la maison de Blas Infante à Coria del Río pour la transformer en maison musée du patrimoine historique et culturel andalou.

Il est rendu hommage toutes les années dans le Jour d’Andalousie (28 février) et le jour de son assassinat par les franquistes, le 10 août.

Contact avec la réalité andalouse[modifier | modifier le code]

Son père, Luis Infante Andrade, titulaire d’une maîtrise de Droit, était secrétaire du Tribunal de Casares, sa mère, Ginesa Pérez de Vargas, provient d’une famille de cultivateurs de classe moyenne. Il étudie le bac dans les Escolapios de Archidona jusqu’à 1899. Il travaille depuis 1900 comme employé aux écritures du Tribunal de Casares et à la même période étudie dans l’Université de Droit de Grenade, en la finalisant en 1906. Après avoir réussi les concours en 1909, il travaille comme notaire à Cantillana (Séville) et profite de son travail pour se mettre en contact avec l’environnement intellectuel de Séville et avec les idées politiques régionalistes, spécialement les membres du cercle de Séville. L'observation de l’état des journaliers andalous le laisse fortement impressionné et il écrit : « J’ai gravé dans ma conscience depuis l’enfance la vision sombre du journalier. Je l’ai vu promener sa faim pour les roues du village ». La première assemblée andalouse L’idéologie politique de Blas Infante, héritier des mouvements républicains et fédéralistes du XIXe siècle, est fondée sur le soutien de l’andalousisme et sur l’existence de différences entre l’Andalousie et les autres régions d’Espagne. Son objectif était de parvenir à la reconstruction de l’Andalousie. « Mon nationalisme, avant qu’andalou, est humain. Je pense que, pour la naissance, la Nature signale aux soldats de la Vie l’endroit où ils doivent lutter pour elle. Je veux travailler pour la Cause de l’esprit en Andalousie car en elle je suis né. Si je me trouvais dans un autre endroit, je lutterais pour cette Cause également. » Blas Infante (Manuscrit AEE). En 1915 est publiée son œuvre la plus importante, Idéal Andalou : plusieurs études sur la renaissance d’Andalousie où il explique sa vision personnelle de l’histoire et du problème andalou. En 1918 a lieu à Ronda la première assemblée régionaliste andalouse, inspirée par la Constitution fédérale d’Antequera de 1883, qui établit la marche à suivre pour l’andalousisme, pour obtenir une pleine autonomie pour l'Andalousie. On adopte alors la proposition de Blas Infante de récupérer le drapeau andalou « vert et blanc », documentant depuis 1095 et le blason avec Hercule accompagné des lions, inspiré dans celui de Cadiz (ce qu’il appellera « les insignes d’Andalousie »). En 1933 il propose un hymne basé sur la mélodie religieuse du chant journalier Saint Dieu, qu’ils chantaient à la fin de la journée. Ce sont actuellement les symboles institutionnels andalous, selon le Statut d’Andalousie dans son article 6.2 : « L’Andalousie a un hymne et un blason propres que seront adoptés, définitivement, pour Loi du Parlement d’Andalousie, en comptant les accords dictées sur ces extrêmes pour l’Assemblée de Ronda de 1918 pour les Conseils Liberalistes d’Andalousie en 1933. » On cerne l’idée nationale d’Andalousie en la comprenant comme nationalité historique publiée clairement dans le Manifeste de Cordoue du 1er janvier1919. Il y disait :

« On sent arriver l’heure suprême dans laquelle il faudra achever définitivement le parachèvement de l’ancienne Espagne (…). Déposons nous séparatistes de ce État que, en relation à individus et peuples, enfreint sans frein les juridictions de la justice et de l’intérêt et, surtout, les sacrés juridictions du Liberté ; de cet État que nous disqualifie avant nôtre propre conscience et avant la conscience des Peuples étrangères (…). Non bon protéger déjà ses intérêts misérables avec le blason de la solidarité ou l'unité, qu’ils appellent national. »

Pendant la Guerre Mondiale il va en prison pour avoir essayé d'insérer à l’Espagne dans la Première Guerre mondiale, cassant sa neutralité et en étant allié avec la France contre l'Allemagne. En sollicitant que l'Espagne envoie son armée contre l'Allemagne et pour la France. Dans les élections de 1918 Blas Infante essaye de se présenter dans le secteur électoral de Gaucín, une année plus tard dans le même secteur et à Séville mais il ne sera pas élu du fait de la forte présence du caciquisme. Il est marié avec Angustias García Parias avec laquelle il aura quatre fils et écrit Motamid (1920), la dictature pédagogique (1921) et les Histoires d'animaux (1921).

Pendant la dictature de Miguel Primo de Rivera, Blas Infante rejette toute collaboration. En représailles les Centres andalous sont fermés, fondés par lui en 1916 et éditeurs de la revue « Andalousie » comme plate-forme politique du nationalisme andalou dans un système fédéral. En 1921, il a publié la dictature pédagogique, une analyse philosophique complexe. En 1928 il voyage en Galice pour se réunir avec les idéologues du « galleguismo ». Pendant ces années il voyagera aussi au Maroc, au Portugal... Selon certaines sources, il s'est converti en islam le 15 septembre 1924 et a pris pour nom islamique Ahmad, les témoins de sa conversion, dans une petite mosquée à Agmat, au Maroc, sont Omar Doukali at un notable de la tribu des Bani Al-Ahmar, tous deux d'origine morisque. Il prend part à la revue régionaliste galicienne appelée « Nous ». En 1930 il donne une conférence politique dans la Société Économique d'Amis du Pays à Malaga où il souligne au peuple et être andalous historiques.

La période républicaine[modifier | modifier le code]

Avec la proclamation de la II République en 1931, il s’occupe de l'étude du notaire de Coria del Río (Séville), où il construit sa maison qu'il appellera Dar al-Farah (Ville Joie) inspirée de l'architecture d'Al-Andalus, en s’occupant personnellement de sa décoration.

Blas Infante préside l'Assemblée libéraliste andalouse (JLA) et se présente de nouveau à différentes candidatures sous l'étiquette du « Parti républicain fédéral ». Toutefois, il n'obtient pas de représentation parlementaire. Les points essentiels de sa campagne politique sont :

  • le refus du centralisme et la nécessité du fédéralisme,
  • la fin du caciquisme et du système électoral complexe,
  • la réforme économique
  • la réforme de la justice,
  • la liberté de l'enseignement,
  • la liberté de mariage, etc.

Ces idées et ce qui est promu dans la JLA auront une grande importance dans la rédaction de l'avant-projet de statut d'autonomie, rédigé en grande partie par Blas Infante lui-même.

Il écrit le livre « la vérité sur le complot de Tablada et l'État libre d'Andalousie ». Bien qu'il y ait de claires bourgeons indépendantistes dans l'andalousisme, à défaut d'appui populaire, on essaye de modérer le discours et de définir l'État libre d'Andalousie comme « libéré » de toute oppression, de domination et d'injustice et ainsi de pouvoir décider de son futur. Et celui-ci devrait venir au moyen d'une grande réforme agricole dans une nouvelle Espagne républicaine et fédérale.

Il se présente de nouveau aux élections de novembre 1933 avec la « Gauche Andalouse Républicaine » à Malaga dans une coalition (partis Radical Socialiste et Gauche Radicale Socialiste) ce qui se termine dans un nouvel échec et dans une désillusion remarquable pour Blas Infante. Il défend en de nombreuses occasions l'anarchisme, pour lequel il avait des sympathies et qui était durement réprimé.

Dans l'assemblée de Cordoue, en janvier 1933, il est approuvé dans « l'Avant-projet de Bases pour le Statut d'Autonomie », qui devra se soumettre à referendum mais qui sera retardé jusqu'à ce qu'il soit paralysé par la Guerre Civile en 1936. Toutefois des études actuelles mettent en évidence que l'Assemblée de Cordoue a été une catastrophe pour l’andalousisme. On attendait la présence de plus de 700 assembléistes des huit provinces de l'actuelle Communauté andalouse et ils furent seulement deux centaines. La représentation fut inégale : Cordoue et Séville ont apporté 70 % des assembléistes, Malaga n'est pas arrivée au 2 %.

Les assemblées de Grenade, de Jaen et d’Almeria avaient préparé un avant-projet pour la Fédération d'Andalousie Orientale et disposaient de l'appui de Huelva qui souhaitait être uni à l'Estrémadure. Quand les assemblées de Séville et de Cordoue ont présenté leur avant-projet les « orientaux » abandonnaient l’assemblée. L'avant-projet a été approuvé sans la participation des assemblées de Jaen, d’Almeria et de Grenade et l'abstention de ceux de Malaga.

En 1934 Blas Infante rend visite au président de la Généralité de Catalogne, Lluis Companys, prisonnier avec d'autres membres de son gouvernement dans le pénitencier du Port de Santa María.

Avec l'arrivée au pouvoir du Front populaire après les élections de 1936 le mouvement politique andalousiste récupère des forces et pendant l'assemblée de Séville le 5 juillet Blas Infante est acclamé comme président d'honneur de la future Assemblée Régionale d'Andalousie.

Peu après le coup d’État du général Franco, plusieurs membres de la Phalange l'arrêtèrent dans sa maison de Coria del Río. Quelques jours après, le 11 août, Infante est assassiné, sans jugement ni sentence, avec deux autres arrêtés dans le km 4 de la route de Carmona tandis qu'il criait « Vive l’Andalousie libre ! »

Quatre années après son assassinat, le Tribunal de Responsabilités Politiques, créé après la guerre, le condamne à mort et ses descendants à une amende, par, selon un document du 4 mai 1940, écrit à Séville : « parce qu'il a fait partie d'une candidature de tendance révolutionnaire dans les élections de 1931 et durant les années successives jusqu'à 1936 il a été signifié comme propagandiste d’un parti andalousiste ou Nationaliste andalou ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Devise autonomique : « l'Andalousie pour elle-même, pour l'Espagne et l'humanité. »

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]