Blandouet

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Blandouet
La mairie.
La mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Mayenne
Arrondissement Laval
Canton Sainte-Suzanne
Intercommunalité Communauté de communes des Coëvrons
Maire
Mandat
Claude Derouard
2014-2020
Code postal 53270
Code commune 53032
Démographie
Gentilé Blandouetains
Population
municipale
198 hab. (2011)
Densité 17 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 03′ 04″ N 0° 19′ 43″ O / 48.051111, -0.32861148° 03′ 04″ Nord 0° 19′ 43″ Ouest / 48.051111, -0.328611  
Altitude Min. 88 m – Max. 225 m
Superficie 11,33 km2
Localisation

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Blandouet est une commune française, située dans le département de la Mayenne en région Pays de la Loire, peuplée de 198 habitants[Note 1] (les Blandouetains).

Géographie[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune, terminé au nord et à l'est par les sommets boisés de la Charnie (269, 288 m), entre lesquels se forme et serpente le Treulon, a pour limite au nord-est la lisière même de la forêt de la Grande Charnie, qui couvre une partie de la cornière nord et nord-ouest. Le Treulon, encore près de sa source, reçoit à Blandouet comme premiers affluents quelques petits ruisseaux dont la longueur et le parcours déterminent à peu près les dimensions et la configuration de la commune, qui est limitrophe avec le département de la Sarthe.

Quatre étangs ont été supprimés au XIXe siècle : à la Loge - actuellement Chambord - (1830), à la Flardière (1850), à Saint-Nicolas (1853), et aux Aunais (1856).

L'étang de Saint-Nicolas, distrait de Chemiré-en-Charnie, est annexé à Blandouet depuis 1842. À la même époque, Blandouet cédait à Saint-Jean-sur-Erve la lande de Blandouet, dite ensuite le bout de la lande.

Hubert Jaillot indique un moulin sur le ruisseau de l'Essart ; le moulin de la Loge, près du bourg, sur le Treulon, a été supprimé avec l'étang en 1830 lors de la construction du logis de Chambord par Louis Prévost, oncle de Jacques-Ferdinand Prévost.

Le bourg est situé tout au sud, dans la partie la plus éloignée de la forêt, la plus basse (106 m) et la plus fertile.

Les voies anciennes reconnaissables sont celle d'Ambriers (sur Viviers) à Saulges, qui traversait le bourg, et celle qui, formant la limite sud, passe au lieu du Grand-chemin et vient aussi aborder le bourg de l'est à l'ouest. Le Chemin de Blandouet à Sablé, cité en 1493, se confond avec la première de ces voies. L'ancien chemin de Sainte-Suzanne à Saint-Denis-d'Orques (6 km au sud-est) traverse le nord de la commune (D156 en Mayenne, puis D49 en Sarthe), relié au bourg par la D210 ou route de Viviers (7 km au nord) à la D57 Laval-Le Mans. Un chemin vicinal relie Blandouet à Chammes via le carrefour avec la D7 (Sainte-Suzanne-Sablé-sur-Sarthe) et le chêne des Évêts.

Article détaillé : Perrine Dugué.

Cadastrée en 1842 par M. Douaud, la commune a une superficie de 1 132 hectares. Elle comprenait en 1696 8 métairies, 31 bordages ; 2/3 en landes, le reste produisant seigle, orge et avoine.

Géologie[modifier | modifier le code]

Grès cambrien, souvent ferrugineux et en plaquettes; quelques bancs contiennent de nombreuses formes linguloïdes de petite taille[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

La dîme de Blandouet fut confirmée à l'abbaye d'Étival-en-Charnie par le pape Célestin III en 1197.

Le duc d'Alençon, seigneur de Sainte-Suzanne, et le seigneur de la Chapelle, avaient un fief commun s'étendant dans le bourg de Blandouet en 1493.

Article détaillé : saint Alleaume.

Tous les charrois nécessaires à la construction de ce sanctuaire furent effectués à l’aide de chiens, des animaux que les habitants attelaient et maltraitaient lorsque les pauvres bêtes, harassées de fatigue, ne pouvaient plus avancer.

Pour l’abbé Angot[2], le surnom de « Pis-qu’Chien » remonterait au XVIIIe siècle. L’année 1769 fut, dit-on, particulièrement catastrophique pour cette région. Le 28 mai, une grêle affreuse ravagea toutes les récoltes. À Blandouet, les grêlons atteignirent la taille d’un œuf d'oie. La famine sévit sur toute la paroisse « où les habitants à la figure pâle, jaune et décharnée, transis de froid, à jeun jusqu’au soir fort tard, n’entraient dans les maisons charitables pour y donner le spectacle douloureux d’un évanouissement subit, accompagné de nausées et de maux de cœur qui leur faisaient vomir des choux ou du marc bouilli dont ils s’étaient nourris avant de laisser leurs enfants à l’abandon à la maison. Ils apportaient du pain de gland et de racine de fougères auquel ils avaient ajouté de l’avoine germée ; cela formait un pain noir et gluant comme de la suie de cheminée, du pain que même un chien affamé n’aurait daigné manger ».

Lors de la chouannerie, le sergent Choisnet, qui publia la suspension d'armes à Blandouet, Viviers et Torcé, rencontra plusieurs fois les chouans, mais s'expliqua avec eux sans en venir à un engagement (29 novembre 1799). Plusieurs chouans sont répertoriés à Blandouet en l'an VIII (1799)[3].

Le dimanche 15 janvier 1871, la commune fut occupée par une partie des troupes allemandes (artillerie et infanterie). Sous le commandement du général Schmidt, celles-ci venaient d’essuyer un revers devant Saint-Jean-sur-Erve, mais les Allemands redevinrent maîtres du terrain le lendemain lundi 16 janvier et continuèrent leur marche sur Laval. Cependant les Allemands n’exigèrent aucune contribution en argent des Blandouetains. Ils se contentèrent de faire des réquisitions en nature[4] . Quelques jours plus tard, ces troupes furent remplacées par le 1er escadron du régiment des hussards prussiens, sous les ordres du capitaine Vogt. Pendant l’armistice, il se retira hors des limites du département, Blandouet étant compris dans la zone neutre.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Blandouet

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

D'azur à l'écusson d'or au lion de gueules, accompagné de trois clous d'argent deux en chef et un en pointe.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La commune a été organisée dès 1790.

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1989 en cours Claude Derouard[5]   Agriculteur
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 198 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2008, 2013, 2018, etc. pour Blandouet[9]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 2].

Évolution :

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
535 413 524 518 535 569 585 600 588
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
568 539 526 454 459 440 431 414 459
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
444 359 369 295 262 250 259 274 240
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
220 208 169 159 151 157 189 198 198
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Dans cette région, l’extraction du fer est ancienne ; sous l’Ancien Régime, on utilisait les forges à bras, et spécialement dans les environs du bourg où les scories sont abondantes, à ce point que l’humus des jardins n’est formé que d’une sorte de poussière en terre légère qui provient des détritus de ces scories. Le Fourneau, la forge la plus importante, était actionné par l’étang de Saint-Nicolas. Elle cessa de fonctionner presque en même temps que les forges de Moncor, vers 1852, lorsque l’extraction du minerai fut stoppée. Au XVIIIe siècle, de nombreux cloutiers vivaient de leur artisanat à Blandouet et cette industrie y était très renommée.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Louis.

L'église est placée sous le vocable de saint Louis, patron de la paroisse (fêté le 25 août, assemblée communale)[12].

Avant le Concordat, l'église dépendait de Viviers (de la mission d'Évron en 1797), puis fut érigée en desservance par décret du 5 nivôse an XIII, de l'archiprêtré de Saint-Vénérand et du doyenné de Sainte-Suzanne.

Elle comprenait, avant la restauration de 1896, une simple nef et un chœur un peu rétréci qu'éclairait une grande fenêtre en pénétration dans le toit, ouverte au midi pour remplacer la fenêtre du pignon oriental ; édifice presque misérable, dont l'extérieur, avec son petit campanile en bois planté sur le pignon occidental, ne rachetait en rien la pauvreté[13]. L’abbé Angot signale la boiserie de style Louis XV, peu ouvragée mais d'une bonne exécution, qui tapissait tout le fond du chœur, encadrant le Christ dans un grand panneau central, et deux petites statues remarquables en pierre, représentant sainte Barbe (XIVe siècle) et sainte Anne (dernier quart du XVIe siècle). Au-dehors, une cuve d'anciens fonts, octogone, en pierre blanche, entourée au bord supérieur d'un bourrelet saillant, sert de pierre aux annonces ; elle devait reposer sur une base de maçonnerie, car la face intérieure est brute.

Les mentions de fontes et de bénédictions de cloches sont fréquentes : une en octobre 1553, nommée par Pierre de Fay et Nicole Bessinet ; une autre le 24 mai 1728, dont le parrain est Michel Bassouin, procureur du roi à Sainte-Suzanne, et la marraine Marie-Anne-Charlotte Le Hirbec, femme de François-Joseph Yver de Touchemoreau, bailli de Sainte-Suzanne ; les deux cloches qui servent encore ont été bénies le 27 juillet 1786 par Jean Cornuau, doyen d'Évron et curé de Sainte-Suzanne, et fondues par Pierre Chauchard.

  • La municipalité loua, en 1791, la maison dite du Plat d'Étain, curieux petit manoir avec sa tour et ses contreforts, qui était confisquée sur les chartreux du Parc-en-Charnie, et en fit le logement du curé constitutionnel. À partir du Concordat, les curés habitèrent une maison prise à bail, jusqu'en 1823 où la commune acheta la maison dite du Tripot.
  • Une maladrerie devait encore exister au XVIe siècle dans cette localité. Selon l’abbé Angot, à trois reprises: « 1570, 1573 et 1578, les parents étrangers dont les enfants étaient baptisés dans la paroisse prenaient l’engagement de ne rien réclamer à Blandouet, si les enfants venaient à être atteints de lèpre, peste ou autre inconvénients. »
  • Outre le grand cimetière, situé près du Pont-du-Treulon et supprimé en 1786, la paroisse possédait un petit cimetière contigü à l'église, agrandi en 1786 et transféré en 1837 à son emplacement actuel. On y voit la tombe du général Jacques-Ferdinand Prévost et de sa famille.
Le manoir de la Vallée
  • À 1,5 km au nord de Blandouet, le manoir de la Vallée se dissimule au regard derrière un écrin de verdure. À l’écart du bourg, isolée du bruit et du trafic des axes routiers, cette pittoresque demeure, aux dimensions familiales, est remplie d’intimité. Édifiée vers 1590, par Michel Luette[14], elle a traversé les siècles sans trop souffrir des injures du temps en conservant son corps de logis et un pavillon avec un toit à quatre pans. Le lieu-dit la Vallée fut d’abord appelé « le lieu et domaine, appartenances de la Vente près Blandouet. » Pierre du Fay, écuyer, en rendait aveu à Sainte-Suzanne en 1515. Le changement de nom de l’endroit date de 1600, à la suite de l’acquisition de la seigneurie par décret. À cette époque, le fief et domaine de la Vallée entrait dans la mouvance de Sainte-Suzanne. En 1696, il comprenait les bois dits « à Madame », Thouin, Martin, Pessart, Lentretit, les Vallons, la Tasseloue et les Charmes. Au début du XIXe siècle, le domaine englobait 300 ha de bois, les métairies de Blandouet, de Lamberderie, de la Balfodière, de la Boucherie, de la Baillée et des Loges, et 13 closeries.
  • Chemin de la Roche : à partir de 1840, la misère sévit en Charnie. Les journaliers employés dans les fermes et surtout dans les industries locales à caractère artisanal, sont très nombreux à être inoccupés, suite au déclin rapide à partir de 1830 de l'activité des moulins à drap, des papeteries, des usines à farine et des tanneries. En 1854, lors d'un hiver très rigoureux, le conseil de Sainte-Suzanne décide, pour lutter contre « l'extrême détresse où se trouve la classe ouvrière », la construction du chemin de Saint-Denis-d'Orques passant par Blandouet. Il permettrait aux Sarthois d'aller vendre leurs bestiaux aux foires de Sainte-Suzanne et d'Évron.
  • Logis de Chambord :
    Article détaillé : Jacques-Ferdinand Prévost.

Activité culturelle et manifestations[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Le jumelage du canton de Sainte-Suzanne / communauté de communes d'Erve et Charnie, avec Sulzheim (Rhénanie-Palatinat) a été initié en 1966 par Victor Julien conseiller général, maire de Thorigné-en-Charnie, et Adam Becker, dans la famille duquel Victor Julien avait été prisonnier de guerre de 1940 à 1945. Le nom d'Adam Becker a été donné à la place centrale de Blandouet.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

« Blandouet », dans Alphonse-Victor Angot, Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Goupil, 1900-1910 [détail de l’édition]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2011.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, afin de permettre les comparaisons entre communes selon une périodicité de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999, de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, outre les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement, que les années 2006, 2011, 2016, etc. et la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. D.-P. Œ.
  2. cf. Abbé Angot, ibid., p. 278.
  3. Ref. : Dictionnaire des chouans de la Mayenne, de Hubert La Marle, Éditions régionales de l'Ouest, Mayenne, 2005, p. 297-298.
  4. Cf. Notes du commandant Jacques-Ferdinand Prévost.
  5. Réélection 2014 : « Blandouet (53270) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 4 juillet 2014)
  6. Louis Prévost († 1864)
  7. Louis-Étienne Prévost (° 17 janvier 1849 Toulon - † 28 juillet 1920 Bois-Colombes, inhumé à Blandouet), Chef de bataillon de l'armée territoriale, médaille de 1870, Chevalier de la Légion d'honneur.
  8. Étienne Bonneau de la Varanne (° 19 mars 1878 Paris - † 29 juin 1925 Rennes, inhumé à Blandouet).
  9. Date du prochain recensement à Blandouet, sur le-recensement-et-moi.fr, site spécifique de l'Insee.
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  12. Il existait une assemblée plus ancienne en l'honneur de saint Éloi, patron également d'une confrérie locale, et dont la prévôté était affermée 4 sols 6 deniers par la dame segrayère (ségrairie = bois isolé, qu'on exploite à part) de Charnie en 1444.
  13. Abbé Angot, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, tome I, p. 277.
  14. Le seigneur de la Vallée (Michel Luette) est dit seigneur de Blandouet en 1696 par Miroménil.