Blanche Pierson

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Blanche Pierson à la Comédie-Française

Née le 10 mai 1842 à Saint-Paul, sur l'île de la Réunion, et morte en 1919, Blanche Pierson était une actrice française.

Elle vint au monde dans une famille de comédiens. Elle était en effet la nièce de l'acteur Numa, qui joua au théâtre du Gymnase avec beaucoup de succès pendant une trentaine d'années, et son propre père, Hypolite Pierson, était également un acteur, qui, doté d'un fort strabisme, s'était spécialisé dans les rôles comiques. Il fut le régisseur du théâtre de Saint-Paul, animé par la petite troupe locale de M. Petit Welter, mais qui, périclitant, finit par se disperser. Aussi, en 1847, toute la famille Pierson se retrouva en France, le père ayant trouvé, avec l'aide de Victorien Sardou, un ami, un emploi dans une troupe de province. En le suivant dans ses tournées provinciales, Blanche fut destinée de bonne heure, au théâtre.

Elle apprit le métier en observant son père et les autres comédiens. Mais elle apprit aussi et surtout que la maîtrise ne venait qu'avec un incessant labeur. Cette volonté de travailler encore et toujours explique son ascension constante dans le milieu théâtral, depuis les humbles planches de province jusqu'à son siège au comité de lecture de la Comédie-Française vers la fin de sa vie. On peut distinguer quatre périodes dans sa carrière.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Dès l'âge de 11 ans, elle monta sur les planches. Encore toute jeune fille, elle joua les ingénues dans les théâtres de province et au théâtre de Bruxelles. Lorsqu'elle elle vint à Paris, à 14 ans, on l'engagea au Théâtre de l'Ambigu, puis elle passa peu après au Théâtre du Vaudeville, où elle se fit surtout remarquer par le charme de sa beauté blonde et son don inné de la séduction. Elle y interpréta par exemple le rôle d'Anna dans Les Petites Mains, comédie en trois actes de Labiche et Édouard Martin, créée le 28 novembre 1859.

Assez rapidement, elle quitta ce théâtre pour entrer dans la troupe du théâtre du Gymnase, qu'elle ne quittera qu'en 1884. Elle se borna tout d'abord à n'être qu'une très jolie comédienne sachant mettre en valeur de délicieuses toilettes. Ainsi, elle tint pendant longtemps les rôles d'ingénue et de coquette. De cette période, on peut retenir les interprétations suivantes :

Jeune comédienne[modifier | modifier le code]

Hors de scène, Blanche Pierson poursuivait inlassablement son apprentissage de comédienne, répétant tous les jours, et le public ne tarda pas à être frappé de ses progrès. Elle se montra bonne comédienne dans ses interprétations de :

  • Claire dans Les Grandes Demoiselles de Gondinet, en 1868
  • Marie de Frondeville dans Fanny Lear de Meilhac et Halévy, en 1868
  • La Baronne Brunner (premier rôle féminin) dans Le Monde où l'on s'amuse d'Édouard Pailleron, en 1868 également
  • La comtesse de Cambry dans Frou-Frou, de Meilhac, en 1869. Pour ce rôle, Barbey d’Aurevilly écrivit : « Mlle Pierson s'est tenue sans trembler dans son rôle de comtesse de Cambry, et elle y a été de cette finesse qu'on n'attendait pas, il y a quelques années, de cette beauté voluptueuse d'oreilles, qui donne plus grande que l'autre, l'immatérielle volupté de voir bien jouer ».

Ses progrès furent encore plus nets lorsqu'elle interpréta :

Plusieurs articles élogieux parurent dans la presse à son sujet, et Alexandre Dumas fils ne fut pas le dernier à user de louanges : « Une conscience absolue, une probité au-dessus de toute éloge, l'amour de son art, le respect du public, telles sont les qualités de la véritable grande comédienne, et je n'en connais pas une seule qui les possède aussi complètement que Blanche Pierson », écrivit-il à son sujet.

La révélation[modifier | modifier le code]

Blanche Pierson en 1917

Mais ce fut surtout en 1872, lors de la reprise de La Dame aux camélias, que Blanche Pierson montra son véritable talent d'actrice dans le rôle titre. Francisque Sarcey, fameux critique de l'époque, dit alors d'elle : « Elle a joué le rôle de Marguerite Gautier avec une merveilleuse ardeur de tempérament. Tout son être respire la passion, une passion vigoureuse qui va bien à ce charmant sourire de ses yeux et de sa bouche. Elle a trouvé des accents d'une tendresse et d'une douleur incomparables ; des mouvements et des gestes, dont le naturel et le pathétique ont emporté la salle ».

À partir de ce moment, elle remporta régulièrement de très vifs succès, notamment dans les rôles suivants :

La consécration[modifier | modifier le code]

En 1884, elle entra à la Comédie-Française. Le 19 janvier de cette même année, elle joua son premier rôle, Mme de Thauzette dans Denise d'Alexandre Dumas fils. Elle devint, en 1886, la 313e sociétaire de la Comédie-Française en jouant le rôle d'Elmire dans Tartuffe de Molière. On peut citer encore les rôles de :

En 1910, elle fut admise à siéger au comité de lecture de ce théâtre.

Elle mourut en 1919 à l'âge de 77 ans sans avoir revu son île natale.