Blanche-Neige (Disney)

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Blanche-Neige
Personnage Disney
Nom original Snow White
Espèce humain
Sexe féminin
Conjoint(e)/Fiancé(e) Le Prince
1re apparition
dans
1937
Blanche-Neige et les Sept Nains

Blanche-Neige est le personnage titre du long métrage d'animation Blanche-Neige et les Sept Nains adapté du conte éponyme des frères Grimm paru en 1812[1]. La version créée par les studios Disney diffère des autres adaptations du conte, ce qui est l'objet de cette page.

Description[modifier | modifier le code]

Blanche-Neige est une princesse d'une très grande beauté, ce qui rend jalouse sa belle-mère, la Reine. Cette dernière demande quotidiennement à son miroir magique qui est la plus belle du royaume, attendant comme réponse qu'il lui dise que c'est elle. Mais un jour, le miroir affirme que la plus jolie femme du royaume est Blanche-Neige. Furieuse, la Reine décide alors de tuer la jeune fille. Cependant, le garde qu'elle charge de cette tâche ne trouve pas le courage de l'accomplir et permet à Blanche-Neige de s'enfuir. Perdue dans la forêt et à bout de force, celle-ci échoue dans une maison où habitent sept nains.

Conception du personnage[modifier | modifier le code]

Pour Blanche-Neige, chaque illustrateur a sa propre vision. Les premiers croquis ne correspondent pas à l'attente de Disney qui les trouve trop caricaturaux et ressemblant trop à des personnages existants comme Betty Boop. Mais, au fil des créations, les dessins deviennent plus originaux[2]. Hamilton Luske avait déjà commencé, à la demande de Walt Disney, à travailler sur un personnage féminin très réaliste, Perséphone dans The Goddess of Spring (1934)[3],, mais « pas encore assez convaincant » pour Walt[4], et avait aussi réalisé un personnage aux expressions faciales très poussées, Jenny Wren dans Qui a tué le rouge-gorge ? (1934)[5]. Il fut nommé pour animer Blanche-Neige. Pour sa création, il aurait débuté par le dessin des yeux et de la bouche afin de la rendre vivante[5].

D'après une fiche de production datée du 22 octobre 1934[6] les personnages avaient les caractéristiques suivantes, montrant que dès l'automne 1934 la distribution était claire dans l'esprit de Walt Disney et que les animateurs en charge de leur conception étaient eux déjà à l'ouvrage : « Blanche-Neige : à la Janet Gaynor, 14 ans ».

Blanche-Neige n'est « ni consciente de sa beauté, ni apte à comprendre l'obsession de la Reine »[7]. Après des tests comme dans The Goddess of Spring (1934) et Carnaval des gâteaux (1935)[8], ils ont simplement tenté, non de reproduire parfaitement la réalité, mais seulement d'être le plus vraisemblable. Car il ne semblait pas possible de faire accepter au public des expressions ou des mouvements déformés presque caricaturaux comme ceux utilisés pour les nains[8]. Les prises de vue réelles avec des acteurs n'ont alors servi que de guide, pas de « béquille »[9]. Un autre choix se traduit aussi par la quasi absence du prince. Il n'apparaît que dans deux courtes scènes au début et à la fin du film car il avait un aspect « insupportablement coincé »[10]. Toutes les étapes de la production ont tenté d'améliorer le naturel de ces personnages. Ainsi, les artistes du département encre et peinture (majoritairement des femmes) ont suggéré d'ajouter une teinte de rouge sur les pommettes de Blanche-Neige, délicatement déposée par frottement sur les cellulos ainsi qu'un coup de pinceau sec (pour enlever la peinture) sur les bords de la chevelure, qui adoucirait le contraste avec la couleur crème choisie pour la peau[11].

La gestuelle de Blanche-Neige durant sa danse avec les nains est calquée sur les prises de vues réelles de Marge Celeste Belcher, fille d'Ernest Belcher, un professeur de danse de Los Angeles. Cette jeune danseuse engagée comme modèle épousa en 1937 Art Babbitt, un animateur du studio qui travailla sur le personnage de la reine. Elle connaîtra la gloire sous le nom de Marge Champion, après son second mariage avec le danseur/chorégraphe Gower Champion en 1947.

Idées non retenues[modifier | modifier le code]

Parmi les nombreuses idées associées au développement des personnages, beaucoup ont été longuement travaillées mais pas nécessairement conservées dans le film final comme l'apparition de la mère de Blanche-Neige[10] dont la présence est visible en bande dessinée (cf. section dédiée). Le prince devait également avoir un rôle plus conséquent mais la difficulté qu'éprouvent les animateurs pour lui donner vie ont raison de son importance[2]. Il ne faut pas oublier qu'il y a une histoire d'amour dans la trame scénaristique, une « histoire d'amour à l'ancienne pleine de musique, magnifique mais au tempo lent » comme l'écrivent Thomas et Johnston[12].

Un scénario abandonné ajoute les éléments suivants[13] :

Blanche-Neige et le Prince s'embrassent brièvement dans la scène du puits, après que ce dernier a escaladé le mur d'enceinte. Blanche-Neige se réfugie dans le château. Le Prince lui fait une sérénade à la mandoline mais trébuche dans la fontaine. Tous cela sous le regard de la Reine qui, folle de jalousie, fait arrêter et enfermer le Prince dans le donjon. Elle essaye de le forcer à l'épouser, manipule des squelettes, nommant l'un d'eux Prince Oswald (un « hommage » à Oswald le lapin chanceux) et part ensuite en riant aux éclats. Elle revient plus tard en sorcière et tente de le noyer avant de partir rejoindre Blanche-Neige. Les oiseaux le libèrent de sa cellule, il se bat contre les gardes avec, entre autres, une scène où il s'accroche au chandelier et part sur son destrier sauver Blanche-Neige.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Au final, pour Robin Allan, Blanche-Neige et les nains contrastent[14] : « L'attrait complexe que [Blanche-Neige] exerce sur nous ne repose pas seulement sur le rendu original et parfois gracieux de ses mouvements, ni sur le son flûté de sa voix enfantine, ni sur son rôle ambigu de sœur, camarade de jeux, enfant, mère ou petite amie mais également sur une fascination qui remonte aux XIXe siècle et aux images d'héroïnes de contes de fées et des romans européens. (Les nains sont) enfants vis-à-vis d'elle en tant qu'image maternelle, adultes face à elle enfant. Comme les animaux ils sont proches de la terre - ils sont mineurs - et ils ont des caractéristiques animales. »

Malgré toute cette attention, des erreurs et des incohérences sont apparues. David Koenig indique que le personnage de « Blanche-Neige est aussi inoxydable que son nom » car malgré sa fuite dans les bois, sa chute par terre, celle dans l'eau, les frottements d'habits contre les arbres, le tout en chaussures à talons, elle arrive au chalet des nains les vêtements immaculés et secs[15].

Interprètes[modifier | modifier le code]

Chansons interprétées par Blanche-Neige[modifier | modifier le code]

  • Je souhaite (I'm Wishing) dans Blanche-Neige et les Sept Nains
  • Un sourire en chantant (With a Smile and a Song) dans Blanche-Neige et les Sept Nains
  • Sifflez en travaillant (Whistle While You Work) dans Blanche-Neige et les Sept Nains
  • Un jour mon prince viendra (Some Day My Prince Will Come) dans Blanche-Neige et les Sept Nains

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Édition p. 25
  2. a et b Making of de « Blanche-Neige et les Sept nains » de Harry Arends, disponible sur le DVD 1 de l'édition collector du film.
  3. (en) Frank Thomas et Ollie Johnston, Disney Animation : The Illusion of Life, p. 109
  4. (en) Frank Thomas et Ollie Johnston, The Disney Villain, p. 80
  5. a et b (en) Frank Thomas et Ollie Johnston, Disney Animation : The Illusion of Life, p. 110
  6. (en) Christopher Finch, The Art Of Walt Disney p. 66
  7. (en) Frank Thomas et Ollie Johnston, The Disney Villain, p. 58
  8. a et b (fr) Charles Solomon, Il était une fois Walt Disney : Aux sources de l'art des studios, p. 92
  9. (en) Bob Thomas, Disney's Art of Animation p. 70
  10. a et b (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Édition p. 29
  11. (en) Frank Thomas et Ollie Johnston, Disney Animation : The Illusion of Life, p. 276
  12. (en) Frank Thomas et Ollie Johnston, The Disney Villain, p. 166
  13. (en) David Koenig, Mouse Under Glass p. 28
  14. (fr) Robin Allan, Il était une fois Walt Disney : Aux sources de l'art des studios, p. 142
  15. (en) David Koenig, Mouse Under Glass p. 30-31
  16. D'après Objectif Cinéma, Elyane Célis ne fit qu'enregistrer la chanson du film ; rien n'indique sa participation au doublage contrairement à ce qui est communément admis.