Blainville-Crevon

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Blainville-Crevon
La mairie
La mairie
Blason de Blainville-Crevon
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Rouen
Canton Buchy
Intercommunalité Communauté de communes du Moulin d'Écalles
Maire
Mandat
Jean-Bernard Dupressoir
2014-2020
Code postal 76116
Code commune 76100
Démographie
Population
municipale
1 173 hab. (2011)
Densité 79 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 30′ 15″ N 1° 18′ 07″ E / 49.5042, 1.3019 ()49° 30′ 15″ Nord 1° 18′ 07″ Est / 49.5042, 1.3019 ()  
Altitude Min. 83 m – Max. 166 m
Superficie 14,8 km2
Localisation

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Blainville-Crevon

Blainville-Crevon est une commune française, située dans le département de la Seine-Maritime en région Haute-Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village de Blainville-Crevon s'est développé dans la vallée du Crevon. Le Crevon prend sa source à Saint-Germain-des-Essourts et se jette dans l'Andelle à Vascœuil après un trajet d'une vingtaine de kilomètres.
La commune de Blainville-Crevon comporte sept hameaux : Capendu, Cauvicourt, Crevon, Gruchy, Houlmesnil, Maillomets, Saint-Arnoult-sur-Ry.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le village de Blainville est mentionné pour la première fois sous la forme latinisée Bleduinvilla vers 1050 - 1066[1]. Il s'agit d'un des nombreux composés en -ville, dont l'élément ville, issu du gallo-roman VILLA, avait précisément le sens de « grand domaine rural » (du latin villa rustica, cf. aussi vilain, paysan médiéval). Le premier élément est un nom de personne comme dans la plupart des cas. Cependant, son identification exacte pose quelques problèmes. Il peut s'agir de *Bladwin(us), anthroponyme germanique qui n'est pas attesté cependant, et qui serait composé du thème blad, que l'on retrouve dans Bladinus[2]. Il est possible aussi d'identifier le nom de personne germanique Baldwinus, devenu *Bladwinus[3] par métathèse du [l].

Crevon est une ancienne paroisse réunie à celle de Blainville. Elle est attestée en 1068 - 1076 sous la forme Chevron, puis au XIIIe siècle sous la forme Kevron, puis Quevron jusqu'au XIVe siècle. Il s'agit de la forme normanno-picarde de chevron au sens de « poutre », par extension « pont »[4]. Le passage de la forme Quevron à Crevon est lié à la métathèse du [r], phénomène fréquent en phonétique, notamment dans certains dialectes. C'est ce pont qui a donné le nom à la rivière[4].

Le hameau de Houlmesnil est cité vers 1050 - 1066 sous la forme Hunolt maisnil[5]. Le second élément maisnil est un appellatif toponymique propre au nord de la France, autrement écrit mesnil ou ménil, orthographes plus modernes, mais plus éloignées de l'étymologie. En effet, le mot est issu du gallo-roman MASIONILE « type de domaine rural », dérivé du latin ma[n]sionem (qui a donné « maison », accusatif de mansio[6]). Le premier élément Hunolt représente sans doute le nom de personne germanique Hunolt, issu d'un plus ancien Hunwald. Ce nom rare existe pourtant comme patronyme en Alsace et en Lorraine sous les formes Hunolt et Hunold[7].

Le hameau de Capendu est attesté vers 1050 - 1066 sous la forme Catpendud[8]. D'après la forme ancienne, il s'agirait bien d'un « chat pendu », plutôt que d'un « champ pentu » comme Capendu (Aude, Campendud en 1071). Il est vraisemblable de considérer que la pomme de Capendu, dite aussi Court-pendu gris, tire son nom de ce hameau. Altéré de Capendu en Court-pendu, le nom s'est étendu à plusieurs variétés de pommes distinctes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il faut remonter à l'époque néolithique pour déterminer l'origine d'une présence humaine dans cette commune.

Devenu la possession de la famille de Mauquenchy, illustrée principalement par le maréchal de Blainville, serviteur de Charles V et compagnon de Bertrand Du Guesclin, le fief de Blainville, devenu une forteresse, passe ensuite à la famille d'Estouteville (voir Robert VII d'Estouteville). Confisqué par les Anglais au début de la guerre de Cent Ans puis repris en 1435, il est alors la possession de Jean d'Estouteville. Ce dernier restaure le château et fonde la collégiale[9]. Passé par héritage à la famille protestante des Alègre, le château est assiégé et pris par Tavannes, commandant des Ligueurs rouennais lassés des incursions du seigneur de Blainville qui avait réussi à s'introduire dans le château de Rouen. Au moment de la reconquête de la Normandie, Henri IV aurait tenu un conseil de guerre au château de Blainville, la veille de la chute de Rouen. Transmise par mariage à la famille de Colbert qui la fait ériger en marquisat, la terre de Blainville passe ensuite aux Montmorency-Luxembourg et revient à la famille Colbert-Seignelay dont le dernier propriétaire fait raser la forteresse médiévale pour la remplacer par un château dans le style du XVIIIe siècle. Vendu comme bien d'émigré, le château de Blainville est entièrement rasé pendant la Révolution.

L'ancienne église Saint-Germain, en mauvais état est fermée[10] au culte et remplacée en 1783[11] par décision de Dominique de La Rochefoucauld, archevêque de Rouen, par l'ancienne collégiale Saint-Michel.

En 1826, les deux communes voisines de Saint-Arnoult-sur-Ry et de Crevon, sont rattachées à Blainville qui devient Blainville-Crevon.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Blainville-Crevon

Les armes de la commune de Blainville-Crevon se blasonnent ainsi :
d’azur à la croix d’argent cantonnée de vingt croisettes recroisetées du même, ordonnées en sautoir dans chaque canton.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
    Eugène Duchamp   Notaire
195?   Joseph Banse    
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1977 mars 2001 Xavier Le Bertre   Notaire
mars 2001 en cours Jean-Bernard Dupressoir    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 173 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
718 620 590 628 849 791 799 772 757
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
757 773 813 745 770 620 668 617 617
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
607 600 593 556 603 627 608 615 591
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
532 508 575 797 1 096 1 113 1 125 1 129 1 173
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2004[13].)
Histogramme de l'évolution démographique
Robert Antoine Pinchon, 1905, La vallée de Blainville-Crevon, huile sur carton, 65 x 81 cm

Liste des curés[modifier | modifier le code]

  • 1700-1726 : Robert Dehors
  • 1726-1728 : François Le Rommier, vicaire
  • 1728-1757 : Michel-Charles de Lurienne
  • 1757-1770 : Le Bourgeois
  • 1772-1828 : Louis-Barthélémy Dumont
  • 1828- : François-Alphonse Leconte

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Collégiale Saint-Michel

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean IV de Mauquenchy († 1391), sire de Blainville, maréchal de France.
  • Charles-Antoine Bérat (1790-1869), bienfaiteur des écoles et châtelain de Blainville, frère de Frédéric Bérat.
  • Louis Feuillet (1862-1912), président fondateur de la Fédération des sociétés sténographiques normandes et picardes.
  • B. C. Délorier († le 9 juillet 1852), ancien officier de l'Empire, auteur de romans, poésies et chansons patriotiques.
  • Delphine Delamare, née Couturier, héroïne du roman de Gustave Flaubert Emma Bovary, se marie en 1839 à Blainville où elle est née.
  • Eugène Tirvert (1881-1948), peintre, y a habité.

Natifs de Blainville-Crevon[modifier | modifier le code]

Maison natale de Marcel Duchamp

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. François de Beaurepaire (préface de Marianne Mulon), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, A. et J. Picard, Paris, 1979 (ISBN 2-7084-0040-1) (OCLC 6403150), p. 45.
  2. François de Beaurepaire, op. cit.
  3. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne) [1]
  4. a et b François de Beaurepaire, op. cit., p. 63.
  5. Jean Adigard des Gautries, « Les noms de lieux de la Seine-Maritime attestés entre 911 et 1066 » in Annales de Normandie, 1957, Volume 7, p. 156 (lire en ligne) [2]
  6. Site du CNRTL : étymologie de "maison"
  7. Site de Géopatronyme : Hunolt et Hunold [3] [4]
  8. Jean Adigard des Gautries, op. cit., p. 234 (lire en ligne)[5]
  9. Bulletin De Société des Antiquaires de Normandie, page 377.
  10. Fermée en 1794, elle est détruite en 1806, « Notice no IA00019972 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  11. a et b « Notice no IA00019978 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  14. « Notice no IA00019977 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. « Notice no PA00100559 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  16. « Notice no PA00100561 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  17. « Notice no PA00100560 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph Prudent Bunel et Albert Tougard, Géographie du département de la Seine-Inférieure, Arrondissement de Rouen, Éditions Bertout, Luneray, 1994, réimpression de l'édition de 1879. 493 pages.
  • Michel Toussaint Chrétien Duplessis, Description géographique et historique de la Haute Normandie, Volume 2, Paris, 1760.
  • F. Bouquet, Recherches historiques sur les sires et le château de Blainville dans « Revue de la Normandie, Volume 1 », Rouen: imprimerie E. Cagniard, 1862. p.440-461, 531-548, 669-690, 749-761.
  • Jennifer Gough-Cooper et Jacques Caumont, Plan pour écrire une vie de Marcel Duchamp, Centre national d'art et de culture Georges Pompidou, Musée national d'art moderne, 1977. 97 pages
  • Bernard Legrand, La statue de Saint-Michel dans la collègiale de Blainville-Crevon, Commission des antiquités de la Seine-Maritime, 1976. 27 pages

Liens externes[modifier | modifier le code]

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