Black Bloc

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« Peut importe pour qui ils votent, nous sommes ingouvernables » (2008).

Le Black Bloc désigne autant une tactique de manifestation[1], une forme d'action collective[2] que des groupes d'affinité aux contours contingents[3],[4]. Avant et après une action, un Black Bloc n’existe pas[5].

Sans organigramme, ni figures centralisées, il est principalement constitué d'individus tout de noir vêtus pour se fondre dans l'anonymat, c'est un espace décentralisé, sans appartenance formelle ni hiérarchie. Il est formé principalement d'activistes issus des mouvances libertaires[6].

Il est courant de remonter ses origines aux autonomes allemands de Berlin-Ouest au début des années 1980[6],[7]. Le terme de Black Bloc provient de la Stasi qui surnommait ainsi ces petits groupes d'anarchistes ou d'autonomes, cagoulés et vêtus de noir[8],[1].

Le Black Bloc est médiatisé lors des manifestations contre la première guerre du Golfe en 1991, puis en 1999 à Seattle lors du contre-sommet de l'OMC, des manifestations contre les G8 à Gênes en juillet 2001, à Évian en 2003, à Heiligendamm en 2007, ou encore le contre-sommet de l'OTAN à Strasbourg en avril 2009[6].

Les actions du Black Bloc ciblent souvent des symboles de la société capitaliste, comme McDonald ou les succursales des grandes banques. Afin de justifier leurs interventions parfois violentes face à la mondialisation libérale, les militants anarchistes soutiennent que le capitalisme est infiniment plus destructeur qu'aucune de leurs actions directes[7].

Le nombre de membres du Black Bloc est, par définition, inconnu. Appartient et quitte le Black Bloc qui veut. La police européenne estime le nombre des membres du noyau dur à plusieurs centaines ; et à plusieurs milliers pour le cercle élargi[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Un Black Bloc en Allemagne en 2002.

Les Black Blocs sont issus, dans les années 1970-1980, des mouvements autonomes européens, particulièrement du mouvement autonome allemand. Face aux incursions policières, les autonomes allemands ont créé des « Schwarzer Block » mettant en pratique des actions directes collectives pour défendre, en masse, des squats (« Freiräume ») et des « lieux autogérés » menacés d’expulsion. Les Black Blocs se sont ensuite multipliés autour de la cause antifasciste radicale, puis, plus récemment en marge des mouvances anticapitalistes[3], internationalistes et antiautoritaires[9].

Selon l'historienne Dominique Baqué : « Visages recouverts d'un masque, casqués, difficiles à cerner et à saisir, les Black Bloc ne se revendiquent d'aucune organisation, d'aucun courant [...] ils ont fait leur apparition à Berlin-Ouest au cours de l'hiver 1980, souvent issus des squatts, libertaires et anarchistes, prônant l'appropriation violente des biens matériels produits par le capitalisme. »[10]

Violence...[modifier | modifier le code]

Les Black Blocs sont réapparus, en 1991 aux États-Unis, lors de manifestations contre la guerre du Golfe en Irak, pratiquant des actions directes en marge des cortèges conventionnels.

Le 30 novembre 1999, lors du congrès de l’OMC à Seattle, un Black Bloc d’environ 200 militants s'est attaqué aux locaux de sociétés multinationales se trouvant sur le parcours de la manifestation, et a bloqué les rues pour en faire des « zones autonomes temporaires », attirant l'attention des médias.

Plusieurs nouvelles appellations sont apparues au sein du Black Bloc par la suite : le « Radical Anti-Capitalist Blocs » (RACB) composé d'un millier de personnes a émergé lors du rassemblement contre le FMI et la Banque mondiale à Washington les 16 et 17 avril 2000.

Criminalisation[modifier | modifier le code]

Après les manifestations liées aux différents sommets du G8 en Europe au début des années 2000, les tribunaux européens poursuivent des personnes accusées d'être « membres de Black Blocs » pour « vandalisme », « association de malfaiteurs » et « association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste ».

À l'issue du sommet de Gênes, en juillet 2001, 25 militants de la troupe de théâtre itinérante internationale, PublixTheatre Caravan, sont emprisonnés durant plusieurs semaines[11].

... et non-violence[modifier | modifier le code]

Depuis le début des années 2000, la tactique du Black Bloc est utilisée par certains anarchistes et leurs sympathisants dans de nombreuses émeutes mais aussi dans de nombreuses manifestations pacifiques. L’anarchisme compte également beaucoup de partisans non-violents[12]. De très nombreux Black Blocs ont simplement défilé calmement, sans poser de gestes spectaculaires. Leur seule présence en manifestation exprimant déjà une critique radicale[1].

En signe de solidarité et d'appui anonyme, par précaution en cas de crainte d’intervention policière ou d’agression d'extrême droite, ou pour s'afficher de petits et moyens Black Blocs font fréquemment leur apparition dans ces rassemblements, montrant par là le respect des militants libertaires pour la diversité des tactiques et prouvant que la violence n'est pas leur seul but. Certains Black Blocs participent à des manifestations sans avoir recours à la force. Ce fut le cas, entre autres, lors des manifestations pour les droits des femmes à Washington (22 avril 2001), contre le Forum économique mondial à New York (janvier-février 2002) et contre le Sommet du G8 à Calgary et à Ottawa (juin 2002)[2]

Ailleurs, ils vont manœuvrer pour détourner l'attention des policiers et faciliter l'action d'autres groupes militants pratiquant le blocage de routes, comme au Sommet du G8 en Écosse en 2005. En général, leur choix tactique dépend du contexte politique et du rapport de force, et leurs cibles ont une signification politique évidente[1].

Mode de fonctionnement[modifier | modifier le code]

« Le « groupe d’affinité », concept issu de la tradition libertaire espagnole de la fin du XIX siècle[13], est souvent composé d’une demi-douzaine à quelques dizaines de membres liées personnellement – ce sont des amis, des camarades d’étude, de travail ou de groupes politiques – et partageant la même sensibilité à l’égard du type d’actions à mener. Ces groupes fonctionnent sur le mode de la démocratie directe, la recherche du consensus y est privilégiée et le recours au vote plutôt rare[2]. »

Un Black Bloc à Hambourg avec une banderole : « Le feu et la flamme de la répression. Contre le délire sécuritaire et l'état de surveillance, notre solidarité contre leur répression »

Schématiquement, les Black Blocs sont des rassemblements de groupes d'affinité, d’inspiration libertaire, qui prônent une action directe de rue incluant de manière explicite dans leur répertoire d’action la violence contre certains biens et certaines personnes (policiers, militants d’extrême-droite). L’adoption régulière d’une tenue noire et le port d’une cagoule, ou de tout autre vêtement permettant la dissimulation du visage, expliquent l’origine du terme « black bloc »[3].

Certains Black Blocs ne comptent que quelques dizaines de personnes, d'autres jusqu'à mille. Les Black Blocs rassemblent surtout des hommes, mais en certaines occasions, jusqu'à 20% de femmes[1].

Selon l'analyste Jacques Baud, « Contrairement à une opinion largement répandue - et aux affirmations de certains services de renseignements - le Black Bloc n’est ni une structure, ni une organisation, ni un réseau, ni une idéologie. Elle représente une fonctionnalité au sein d’une manifestation, associée à une stratégie d’action de nature asymétrigue. »[14]

Modus operandi[modifier | modifier le code]

Les Black Blocs se forment généralement au point de rendez vous des manifestations loin du regard des policiers, derrière des bannières ou cachés dans la foule, ou pendant les manifestations quand une intervention policière ou une action directe se prépare. Les activistes s'habillent et se masquent de noir pour symboliser l'unité, leur solidarité et l'égalité des hommes et femmes au sein d'un Black Bloc et créer un effet de masse, mais surtout se protéger des caméras de vidéo-surveillance et pour éviter d’être identifiés par les forces policières. Ils portent souvent des blousons de cuir et des protections de fortune adaptées à la guérilla urbaine.

Selon Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l'Intérieur français, en 2009 : « Les Black Blocs forment, dans les manifestations, des groupes éphémères, dont l'objectif est de commettre des actions illégales, en formant une foule anonyme non identifiable. C'est la raison pour laquelle ces individus portent des vêtements noirs ou très sombres, ce qui rend difficile le travail d'identification et d'interpellation. Ils s'habillent ainsi au dernier moment et changent immédiatement de tenue une fois les exactions terminées.» Selon lui, ils sont «pour beaucoup issus de la mouvance anarchiste» et participent à «tous les combats altermondialistes violents »[15].

Usage de la force[modifier | modifier le code]

Selon la politologue Sylvie Dugas : « L'usage de la force permet aux partisans du Black Bloc de signifier aux plus défavorisés qu'ils sont prêts à mettre leur corps en péril pour exprimer leur solidarité envers eux »[7].

Certains Black Blocs pratiquent la destruction de biens matériels : attaques de banques, bâtiments gouvernementaux, sociétés multinationales, caméras de vidéo-surveillance, publicité et tout ce qui à leurs yeux représente le capitalisme et l'État. Cette volonté de ne pas frapper n’importe quelle cible est une constante de la violence autonome de rue. Ces actions sélectives ne visent pas à s'attaquer aux personnes, aux petits commerces, aux habitations et aux biens collectifs indispensables mais aux biens des représentants du capitalisme et l'État[3].

D'autre Black Blocs se donnent pour mission de protéger les manifestations. Ils opèrent alors différemment en concentrant tous leurs efforts sur la police, faisant reculer leurs lignes pour regagner du terrain perdu, forçant les lignes policières lors d'encerclement, libérant les personnes arrêtées, apportant un appui physique au manifestants interpelés ou attaqués par les policiers et défendant physiquement les militants pratiquant la désobéissance civile contre les interventions policières. Les activistes n'hésitent pas à affronter violemment les forces de l'ordre qu'ils considèrent comme le bras armé du capitalisme et de l'État.

Bien que critiqués par les militants pacifistes et par une partie des militants altermondialistes – avec lesquels il existe parfois de réelles tensions, trouvant l'action des Black Blocs contre-productive pour la mise en place d'une alternative politique[16] – la plupart des membres du Black Bloc affirment refuser de mettre en danger le reste des manifestants[7]. Ainsi, pour la manifestation de Gênes, les échauffourées se sont déroulées le matin et dans un lieu éloigné, avant que ceux qui y avaient participé ne rejoignent les rangs de la grande manifestation pour défiler avec les autres manifestants.

Actions notables[modifier | modifier le code]

Les années 1980[modifier | modifier le code]

  • En décembre 1980, les autorités de la ville de Berlin-Ouest décident de mettre un terme aux occupations d'universités et aux squats. C'est dans ce contexte que des activistes ont eu recours pour la première fois à la tactique du « Black Bloc ». L'invention du terme (schwarzer Block) est du reste attribuée à la police allemande[17]. Des « autonomes » vêtus et masqués de noir sont descendus dans la rue affronter les forces de l'ordre venues les expulser.
  • Apparition de « Black Blocs » à l'occasion de la présence du président américain Ronald Reagan à Berlin-Ouest, en juin 1987.
  • En septembre 1988, à Berlin-Ouest, un « Black Bloc » affronte les forces de l'ordre au cours d'une manifestation contre la réunion de la Banque mondiale et du FMI[2].

Les années 1990[modifier | modifier le code]

1999, la police de Seattle utilise du gaz poivre sur les manifestants.
  • Le 24 avril 1999, environ 2 000 manifestants Black Blocs sont mobilisés pour soutenir Mumia Abu-Jamal dans une lutte pacifique avec d'autres organisations anti-autoritaires et d'extrême gauche au sein du collectif Millions for Mumia.
  • Congrès de l’OMC à Seattle en novembre 1999. Un Black Bloc d’environ 200 activistes saccage des vitrines de banques et de commerces, et pille des magasins, causant 7 millions de dollars de dommages. Des slogans sont tagués sur les murs et le mobilier urbain est brûlé. Une zone autonome temporaire fortifiée par des barricades est constituée pendant quelques heures. Cette date est plus connue sous le nom de « bataille de Seattle ».

Les années 2000[modifier | modifier le code]

  • Les 16 et 17 avril 2000, à Washington, se tient une réunion du FMI et de la Banque mondiale. Un Bloc noir composé d'environ 1 000 personnes y est présent, optant cependant pour une tactique résolument différente de celle mise en pratique à Seattle. Le Bloc noir concentra tous ses efforts sur la police, faisant reculer leurs lignes à plusieurs reprises, forçant les barrages policiers, relâchant des personnes arrêtées, entraînant la police au-delà de son propre périmètre et défendant les militants pratiquant la désobéissance civile contre les interventions policières, leur permettant ainsi d’aller plus loin[18].
  • Les 25 et 26 septembre 2000, un Black Bloc a lieu à Prague à l'occasion de la réunion du FMI. Quelque 3 000 personnes se heurtent à la police tchèque. Les affrontements sont très violents ainsi que la répression.
  • En avril 2001, des membres d'un Black Bloc sont associés à l'agression d'un policier lors d'une marche pacifique dans les rues de la ville de Québec. La population locale et plusieurs manifestants se dissocient du groupe dont ils désapprouvent les méthodes.
  • En juin 2001, un Black Bloc se forme à Göteborg contre le sommet de l'Union européenne. Toute une rue de la ville est dévastée. La police ouvre le feu sur la foule et blesse grièvement un des manifestants.
  • Présence d'un Black Bloc au G8 en Angleterre en 2005[19]
  • Émeutes anti-G8 de Gênes de 2001. Le matin du 21 juillet 2001, un Bloc de 2 500 personnes s'attaquent à des banques, des agences immobilières, des concessionnaires automobiles, des agences de voyages, des panneaux publicitaires ainsi qu'à la prison de Marassi où les forces de l'ordre ne parviennent pas à faire face à l'assaut[20]. En réaction, l'après-midi, les forces de police déchaînent alors des attaques très violentes contre les manifestants absolument pacifiques des divers lieux de protestation autorisée. Des camions de police sont lancés à grande vitesse contre la foule[21]. Carlo Giuliani, un jeune activiste altermondialiste, est abattu d'une balle dans la tête par un policier. Un rapport de police affirmera que la balle tirée en l'air par le policier a été déviée par un pavé lancé par un manifestant[20]. Une photographie prise une seconde avant que le carabinier ne tire montre l'arme du policier pointée en direction du jeune homme armé d'un extincteur. De plus, des vidéos amateurs, mises en ligne sur internet[14], montrent que la voiture de police dans laquelle était installé le carabinier, roule plusieurs fois, dans un mouvement d'avant en arrière, sur le corps de Carlo, ne lui laissant aucune chance de survie[22].
  • G8 à Évian, les 1er, 2 et 3 juin 2003. Manifestations à Genève et Lausanne. De nombreux commerces ferment de crainte d'incidents comparables à ceux de Gênes. Sur le parcours de la manifestation Genève-Annemasse, une station d'essence est détruite par les participants d'un Black Bloc. Le mouvement du Black Bloc se voit alors fortement critiqué par les pacifistes, mais aussi par d'autres membres du Black Bloc qui considèrent que certains types de destruction sont contre-productifs et discréditent le mouvement.
  • G8 à Heiligendamm (Allemagne), début juin 2007. Un Black Bloc d'environ 5 000 personnes se forme lors d'une grande manifestation contre le G8 et donne lieu à des affrontements violents avec la police. Plusieurs centaines de blessés des deux côtés.
L'ancien poste frontière du pont de l'Europe à Strasbourg, le 5 avril 2009.
  • Sommet de l'OTAN à Strasbourg (3 et 4 avril 2009) : un Black Bloc d'environ 2 000 personnes se réunit au cours de la manifestation anti-OTAN face à 9 000 policiers. La douane, l'office du tourisme, un distributeur de billets, une pharmacie (par propagation du feu) et l'hôtel Ibis sont incendiés[23] (une controverse a lieu au sujet de ce dernier incendie, des militants assurant que les manifestants se sont bien attaqués aux vitres et au mobilier mais que le feu a été déclenché par la police, via des tirs de grenades lacrymogènes depuis un hélicoptère)[24]. Des vitrines d'usines et 27 abris bus sont détruits, ainsi que des panneaux publicitaires, des caméras de vidéo-surveillance et un radar automatique. Une barricade est dressée à l'aide de wagons. Tandis que des policiers ont été filmés alors qu'ils caillassaient des manifestants pacifistes avec le ballast des voies ferrées[25]. Le montant des dégâts s'élève à plus de 100 millions d'euros tandis que 1 500 personnes ont été blessées dont plus de 100 policiers et 13 pompiers.
  • Poitiers (10 octobre 2009) : un Black Bloc d'environ 250 personnes se réunit par surprise pendant une manifestation de protestation contre le transfert des 118 détenus de la maison d'arrêt (MA) de Poitiers au nouveau centre pénitentiaire (CP) de Vivonne. Une vingtaine de vitrines, des horodateurs ainsi que des cabines téléphoniques, des abris bus et des bollards sont détruits ou arrachés. Un slogan (Omnia sunt communia, extrait de Vatican II) est également peint sur le Baptistère Saint-Jean. Ce mouvement était attendu de façon pacifiste et avec une faible ampleur ; la police, alors préparée pour 50 manifestants, s'est très vite retrouvée débordée[26]. Le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, déclare qu'il « n'hésiterait pas » à demander la « dissolution » des « groupuscules »[27].
  • Genève (28 novembre 2009) : un Black Bloc d'environ 200 personnes se réunit lors d'une manifestation anti-OMC (Organisation mondiale du commerce). Les manifestants détruisent à coups de pics, de masses et de marteaux les vitrines de commerces de luxe, d'agences bancaires ainsi que celles d'un hôtel cossu du centre ville de Genève. Ils s'en seraient également pris aux voitures les plus luxueuses, en brûlant quatre par la même occasion. Quatorze personnes sont interpellés pour « émeute », ainsi que quatre autres pour « vol et émeute » ayant été retrouvés en possession de marchandises volées dans les vitrines[28].
  • Copenhague (12 décembre 2009) : Un Black Bloc d'environ 300 personnes se réunit lors d'une manifestation contre la conférence internationale sur le climat. Des vitrines sont brisées à l'aide de marteaux et de briques, un policier est blessé et quatre voitures sont été incendiées. Les Black Blocs retournent parmi les manifestants pacifiques pour éviter les arrestations et en émergent ponctuellement pour briser une vitrine. La police arrête plus de 400 manifestants issus des Black Blocs[29].

Les années 2010[modifier | modifier le code]

Manifestation pour la Rote Flora, à Hambourg en 2011.
Un Black Bloc à Vienne en 2012.
  • Vancouver : Des Black Blocs s'invitent et font un peu de casse[30].
  • Toronto (26 juin 2010) : un Black Bloc se réunit lors d'une manifestation contre le G20 organisée à Toronto. Quatre voitures de police ont été incendiées, d'autres véhicules ont été dégradés et de nombreuses vitrines de magasins appartenant à des chaînes multinationales ont été fracassées.
  • Rome (15 octobre 2011) : un Black Bloc de quelques centaines de personnes se réunit lors de la manifestation du Mouvement des Indignés. Des vitrines de banques et de magasins sont détruites. Bilan : 135 blessés, dont 105 policiers[31],[32].
  • Montréal (1er mai 2012) : un Black Bloc de 1000 à 2000 se forme lors de la manifestation anti-capitaliste s'attaquant à une banque et à la police.
  • Égypte (24 janvier 2013) : création d'un mouvement Black Bloc égyptien fortement médiatisée à l’échelle locale et internationale. Leur cible principale est le gouvernement du président Mohamed Morsi et la confrérie des Frères musulmans dont il est issu. Les membres du Black Bloc apparaissent brandissant des drapeaux anarchistes avec un message défilant sur la vidéo dont voici un extrait : « Nous sommes le groupe Black Bloc, partie d’un tout dans le monde. Nous militons depuis des années pour la libération de l’Être humain, la démolition de la corruption et le renversement du tyran. »[33],[34].
  • Brésil (octobre 2013) : des Black Blocks s'affrontent avec la police lors du mouvement qui demande de meilleurs services publics et proteste contre la corruption et le coût de la Coupe du monde de football de 2014. Selon Le Figaro, ils adoptent « une stratégie d'autodéfense [face à] l'ampleur de la répression policière [...] quitte à assumer les dérapages, comme des bus incendiés [...] En ce sens, ils bénéficient d'une bonne dose de sympathie de la part de la classe moyenne, lasse de politiques sourds à leurs revendications »[35]. Selon une enquête reprenant les travaux de deux chercheurs effectués auprès d'une vingtaine d'activistes, ces black blocs se révèlent être « une masse hétérogène », dont la plupart sont « âgés entre 15 et 25 ans, appartenant à la classe moyenne basse »[36]. Les actions se poursuivent jusqu'à la Coupe du monde de football de 2014[37],[38],[39].
  • Nantes (22 février 2014) : en marge de la manifestation contre le projet d'aéroport à Notre-Dame des Landes (Loire-Atlantique), un Black Bloc de 1 000 personnes commet des dégradations et affronte violemment les forces de l'ordre, selon le ministre de l’Intérieur Manuel Valls[40]. Par la suite, celui-ci dénonce « cette ultragauche, ces Black Blocs, originaires de notre pays mais aussi de pays étrangers »[41].

Publications et communiqués[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Alexandra Bogaert, « Il n'y a pas un Black Bloc, mais des Black Blocs », Metronews, 5 avril 2009, texte intégral.
  2. a, b, c, d et e Francis Dupuis-Déri, Black Blocs : bas les masques, Mouvements, n° 25, janvier-février 2003, pp. 74-80, texte intégral.
  3. a, b, c et d Cédric Moreau de Bellaing, Casse, politique et représentation dans la France contemporaine, Droit et cultures, n°58, 2009-2, texte intégral.
  4. Jacques Leclercq, Ultras-gauches : Autonomes, émeutiers et insurrectionnels (1968-2013), 2013, (ISBN 978-2-336-30158-7), page 239.
  5. a, b et c Francis Dupuis-Déri, Black Bloc et carré rouge, Montréal, Le Devoir, 28 avril 2012, texte intégral.
  6. a, b, c et d David Dufresne, Tarnac, magasin général, Calmann-Lévy, 2012, texte intégral.
  7. a, b, c et d Sylvie Dugas, Ian Parenteau, Le pouvoir citoyen : la société civile canadienne et québécoise face à la mondialisation, Centre Études internationales et mondialisation, Université du Québec à Montréal, Les Éditions Fides, 2006, pp. 233-234.
  8. Pierre Pascallon, Quelles menaces, demain, sur la sécurité de la France ?, L'Harmattan, 2005, page 61.
  9. Nicolas Delisle-L’Heureux, Anna Kruzynski, La fourmilière anticapitaliste et antiautoritaire globalisée : subvertir, bloquer, préfigurer et construire des alternatives au Québec, Colloque Mouvements sociaux et transnationalisation des pratiques : les Amériques sont-elles différentes ?, ACFAS, Université du Québec à Trois-Rivières, 7- 8 mai 2007, page 4.
  10. Dominique Baqué, Pour un nouvel art politique. De l’art contemporain au documentaire, Paris, Flammarion, 2004, page 22.
  11. (en) Update from Genoa, Indymedia, 7 août 2001, texte intégral.
  12. Normand Baillargeon, Les Chiens ont soif. Critiques et propositions libertaires, Lux Éditeur, 2010.
  13. Daniel Colson, Petit lexique philosophique de l'anarchisme de Proudhon à Deleuze, Librairie générale française, 2001, page 21.
  14. a et b Jacques Baud, Le Black Bloc, in La Guerre asymétrique ou la Défaite du vainqueur, Éditions du Rocher, 2003, pp.110-114.
  15. Christian Losson,La nébuleuse radicale des «black blocs», Libération, 4 avril 2009, texte intégral.
  16. Möser Cornelia, Féminismes en traductions.Théories voyageuses et traductions culturelles, Éditions des Archives Contemporaines, 15 mars 2013, page 121, note 590.
  17. G. Katsiaficas, The Subversion of Politics : European Autonomous Social Movements and the Decolonization of Everyday Life, Humanities Press International inc., New Jersey.
  18. Voir sur anarkhia.org.
  19. Voir sur indymedia.org.uk.
  20. a et b Cour européenne des droits de l'homme, Affaire Giuliani et Gaggio contre Italie, Requête n° 23458/02, Strasbourg, 24 mars 2011, texte intégral.
  21. Salvatore Palidda, Les violences policières au G8 de Gênes, in Studi sulla questione criminale, Dei delitti e delle pene, vol.3, n°1, 2008 , pp. 33-50, texte intégral.
  22. Témoignage d'un anarchiste sur les événements du vendredi 20 juillet 2001 à Gênes, Cette semaine, n°83, septembre-octobre 2001, pp. 25-31, texte intégral.
  23. Gaël Cogné, Thomas Calinon,Strasbourg, trois jours de lutte, de casse et de barricades, Libération, 6 avril 2009, texte intégral.
  24. Document vidéo, voir en ligne.
  25. Une vidéo amateur montre des policiers caillassant des manifestants, voir en ligne.
  26. C.J., AFP, AP, Violences à Poitiers : prison ferme pour trois casseurs, 13 octobre 2009, texte intégral.
  27. Isabelle Mandraud, Caroline Monnot, M. Hortefeux envisage la dissolution des groupes de « l'ultragauche », Le Monde, 14 octobre 2009, texte intégral.
  28. Black Bloc de Genève sur 24heures.ch.
  29. Le Monde.fr, AFP, Reuters, 30 000 à 100 000 manifestants à Copenhague, Le Monde, 12 décembre 2009, texte intégral.
  30. Voir sur straight.com.
  31. Le Monde.fr, AFP, Reuters, La première "journée planétaire" des Indignés, Le Monde, 15 octobre 2011, texte intégral.
  32. Revue de presse, « Indignés » : des banques visées à Rome, Le jura libertaire, 15 octobre 2011, texte intégral.
  33. Ahmed Bensaada, La violence : Nouveau modus operandi de la contestation « révolutionnaire » en Égypte, 19 février 2013.
  34. Jean-Pierre Estival, Le naufrage de l'islam politique à l'épreuve du pouvoir - Chronique d'un fiasco annoncé - Les expériences du Maroc, de l'Égypte et de la Tunisie, Éditions L'Harmattan 2013, page 62.
  35. Lamia Oualalou, Les manifestations dégénèrent au Brésil, Le Figaro, 17 octobre 2013, texte intégral.
  36. Nicolas Bourcier, Au Brésil, les enseignants raniment la fronde sociale, Le Monde, 15 octobre 2013, texte intégral.
  37. Quentin Girard, Mondial: «Préparez-vous au pire», Libération, 10 juin 2014, texte intégral.
  38. Chantal Rayes,A São Paulo, les anti-Copa sévèrement réprimés, Libération, 12 juin 2014, texte intégral.
  39. Alan Ar Cloarec, Des black-blocs s’enracinent au Brésil, Actualutte, 22 décembre 2013, texte intégral.
  40. Rémi Barroux, Heurts à Nantes : manifestants et préfet se renvoient la balle, Le Monde, 24 février 2014, lire en ligne.
  41. AFP, Valls cible « l’ultra-gauche » et les « Black Bloc » après les heurts de Nantes, Libération, 22 février 2014, texte intégral.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Travaux universitaires[modifier | modifier le code]

  • Florian Rousset, La résurgence d'une violence politique spécifique dans la mouvance Black Bloc, mémoire de DEA en science politique, Institut d'études politiques de Grenoble, 2002, (OCLC 491876534).
  • Clément Barette, La pratique de la violence politique par l’émeute : le cas de la violence exercée lors des contre-sommets, mémoire d’études approfondies en sociologie politique, Université Panthéon-Sorbonne, 2002.
  • Francis Dupuis-Déri, Manifestations altermondialisation et “groupes d’affinité”. Anarchisme et psychologie des foules rationnelles, colloque Les mobilisations altermondialistes, GERMM, 3-5 décembre 2003, texte intégral.

Articles[modifier | modifier le code]

Revues[modifier | modifier le code]

  • Violence, contre violence, non-violence anarchistes, Réfractions, n° 5, printemps 2000.
  • Anarchisme, non violence, quelle synergie ?, Alternatives non-violentes, n° 117, hiver 2000/2001.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Vidéos[modifier | modifier le code]

  • David Nadeau, Nicolas Bélanger, Zones grises, Québec, productions Hoboygays et Paysdenvie, 2002.
  • AFP, Mondial-2014 : une Black Bloc derrière son masque à Rio, 6 juin 2014, voir en ligne.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]