Bistre

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Le coucher des ouvrières, lavis de bistre de Fragonard.

Le bistre est un pigment brun foncé goudronneux issu du traitement de la suie de bois de hêtre ou de bouleau[1].

Le bistre peut désigner, hors les arts graphique, tout genre de suie détrempée ; il peut aussi servir de matière première pour la fabrication d'autres pigments de tendance marron. Cette couleur est aussi quelquefois utilisée pour décrire une couleur de peau.

Composition[modifier | modifier le code]

Le bistre est de la suie détrempée[2] anciennement utilisée pour peindre au lavis. Son odeur est piquante et désagréable.

L’origine du mot est inconnue[3], mais le bistre était très utilisé au Moyen Âge. Il était produit à partir de suie broyée, provenant de la combustion de différentes matières, d'où l'expression « broyer du noir ».

Peinture[modifier | modifier le code]

L'utilisation du bistre en peinture remonterait au Moyen Âge. Il était très utilisé pour l'enluminure puis plus tard, pour les lavis par de grands dessinateurs tels Rembrandt. On le confond souvent avec le sépia ou l'encre de noix de galle.

André Béguin explique sa fabrication traditionnelle : « Cette couleur très résistante, de tonalité chaude était obtenue en faisant bouillir de la suie dans l'eau ; la peinture pour aquarelle est préparée de la même manière, mais le colorant obtenu est séché, puis broyé avec de l'eau de gomme additionnée d'un peu de vinaigre. » [4]

Le bistre naturel (NBr11) est aujourd'hui remplacé par des mélanges d'oxydes de fer transparents avec du noir.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

La couleur bistre est utilisée pour la délimitation des sections F des Plans cadastraux Napoléoniens.

C'est la couleur des courbes de niveaux des cartes IGN.

Littérature[modifier | modifier le code]

« Ce fut vers cette époque que la société tulipière de Harlem proposa un prix pour la découverte, nous n’osons pas dire pour la fabrication de la grande tulipe noire et sans tache, problème non résolu et regardé comme insoluble, si l’on considère qu’à cette époque l’espèce n’existait pas même à l’état de bistre dans la nature. »

— La Tulipe noire, Chapitre VI[5], Alexandre Dumas

« Peuple à la peau bistre » est l'expression poétique par laquelle plusieurs auteurs africains ou africanistes désignent le peuple noir.

Philatélie[modifier | modifier le code]

Timbres de France 1853, type Napoléon III, 10 centimes bistre (Type I).
Timbres de France 1870, type Cérès, France, émission de Bordeaux, 1871.

Plusieurs timbres sont de couleur bistre, notamment plusieurs 10 centimes du type Napoléon III et du type Cérès.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philip Ball (trad. Jacques Bonnet), Histoire vivante des couleurs : 5000 ans de peinture racontée par les pigments [« Bright Earth: The Invention of Colour »], Paris, Hazan,‎ 2010, p. 202 ; Jean Petit, Jacques Roire et Henri Valot, Encyclopédie de la peinture : formuler, fabriquer, appliquer, t. 1, Puteaux, EREC,‎ 1999, p. 339.
  2. Article SUIE sur le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, Pierre Larousse
  3. Définitions lexicographiques et étymologiques de « bistre » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales .
  4. André Béguin, Dictionnaire de la Peinture, T.I, p 120.
  5. Texte du chapitre VI sur Wikisource