Bissel

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Un bissel est un essieu porteur venant en complément des essieux moteurs pour répartir la masse d'une locomotive sur les rails, et installé sous la forme d'un train articulé capable de s'orienter par rapport au châssis de la machine pour en faciliter l'inscription dans les courbes.

Description[modifier | modifier le code]

Le châssis d'un bissel classique se trouve entre ses roues, avec les boîtes d'essieux, les ressorts qui reçoivent les balanciers de la suspension ainsi que le point d'appui de la locomotive.

L'essieu bissel possède son propre châssis ; il est relié à celui de la locomotive par l'avant grâce à une chape permettant son articulation ; une partie du poids de la locomotive étant en appui sur sa partie arrière par l'intermédiaire d'une plaque de friction.

Lors de l'attaque d'une courbe, le bissel s'oriente dans un mouvement angulaire. Un dispositif de rappel par ressorts facilite son inscription en courbe puis son retour dans l'axe, par modification des forces de rappel sur le châssis. Sur une voie rectiligne, le dispositif reste neutre.

Ce dispositif porte le nom de l'ingénieur américain Levi Bissell[1] qui l'a conçu en 1857.

La structure d'un bissel peut être à châssis interne ou externe, en longerons de tôles, fers plats assemblés, ou moulé en fonderie.

Suivant les modèles, un bissel peut ou ne pas être équipé de suspensions. Sur un modèle suspendu les boîtes d'essieux sont coulissantes dans sa structure, et le châssis de la locomotive vient directement en appuis sur le bissel, c'est le cas des locomotives de la compagnie PLM ou du bissel type « Delta » américain. Sur un modèle non suspendu les boîtes d'essieux sont montées rigidement sur le bissel, et c'est la suspension installée sur le châssis de la locomotive qui vient en appuis sur le bissel, comme pour les essieux moteurs. Cette particularité se retrouve sur les locomotive de la compagnie de l'Est, ou le bissel type « Cole » américain.

Un bissel peut comporter jusqu'à trois essieux comme sur le modèle « Delta » des locomotives Allegheny (en) du Chesapeake and Ohio Railway.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Un bissel de type « Cole » à châssis non suspendu. Les éléments de la suspension étant directement rattachés au châssis de la locomotive et non à celui du bissel.

Un essieu bissel peut être aussi bien placé sur l'avant que sur l'arrière des locomotives à vapeur, dans le cas d'une locomotive de vitesse c'est un bogie porteur qui sera privilégié sur l'avant.

Dans certains cas, le bissel avant est attaché non pas au châssis de la locomotive, mais au premier essieu par l'intermédiaire d'un support en forme dit « de col de cygne » et sur lequel vient s'appuyer le châssis de la locomotive ; l'ensemble formé par le bissel et le premier essieu est appelé bogie-bissel (comme le bissel de type « Zara » connu en Italie sous le nom « Carrello Italiano »).

Lorsque la masse d'une locomotive à tender séparé nécessite l'installation de deux essieux porteurs sur sa partie arrière, un bissel est toujours installé par rapport à un bogie, car il laisse, entre autres, plus de place pour le dégagement du cendrier.

Aux États-Unis, l'évolution croissante des dimensions des locomotives fit adopter le type 142 (en) au début de l'année 1925[2]. Ces machines étudiées par LIMA, étaient équipées d'un nouveau type de bissel à deux essieux et châssis extérieur comportant un moteur auxiliaire (booster).

En 1927 la première Hudson (232) sortait des usines Alco, également équipée d'un bissel à deux essieux mais de type « Delta », obtenu d'une seule pièce de fonderie.

Pour les bissels à deux essieux des nouvelles locomotives, le type « Delta » monobloc de fonderie sera tout de suite généralisé.

Le bissel « Delta »[modifier | modifier le code]

Le bissel « Delta » a plusieurs avantages par rapport à un modèle classique : son châssis est extérieur, ce qui libère de la place entre les roues pour pouvoir placer les longerons du châssis de la locomotive ainsi que le cendrier, et parfois même un moteur auxiliaire (booster) qui entraîne l'essieu par un rapport d'engrenages. Les boîtes d'essieux et la suspension se retrouvent aussi à l'extérieur, facilitant grandement leur entretien et les éloignant du rayonnement du foyer.

La répartition des masses se fait sur trois points d'appuis ; à l'avant sur le pivot d'articulation, et à l'arrière sur deux pièces oscillantes appelés « osselets de rappel » qui se situent sur les rebords extérieurs de l'arrière du châssis du bissel, assurant ainsi une bonne stabilité à la locomotive.

Sur les locomotives de construction françaises, le bissel « Delta » n'a été appliqué que sur deux modèles (242 A 1 et G 16 du réseau AL) mais il fut très répandu aux États-Unis notamment sur les 232, 242, 142, 152 et les machines articulées, qui sont des types de locomotives que l'on rencontre couramment sur les chemins de fer américains ; d’ailleurs 200 locomotives 141 R de la SNCF seront équipées d'un bissel « Delta ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Green eBook Shop Home, Introduction of the locomotive safety truck, par John H. White. sur www.green-ebook-shop.com (consulté le 20/06/2011).
  2. 2-8-4 "Berkshire" Type Locomotives sur www.steamlocomotive.com (consulté le 22/06/2011).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]