Biosurveillance

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La biosurveillance est un ensemble de méthodes utilisées pour détecter et mesurer la concentration des polluants ou de leurs métabolites au sein des différents niveaux de l'organisation biologique. Cette notion appelle celle de bioindicateurs ; utilisés pour le suivi de l'état de l'environnement, via des plantes ou des espèces animales ou fongiques considérées comme « bioindicatrices »).

Types de biosurveillances[modifier | modifier le code]

Trois méthodes sont généralement associées

  1. surveillance basée sur l'analyse de risque et des modélisations de risque ;
  2. surveillance d'animaux ou d'espèces sentinelles
    Par exemple :
    - la mesure du nombre et de l'étendue de nécroses sur les feuilles de tabac permet de quantifier l'ozone présent dans les basses couches de l'atmosphère.
    - la mesure du nombre et de l'étendue de nécroses sur les feuilles de tabac permet de quantifier l'ozone présent dans les Bien connue pour sa sensibilité aux différents polluants de l’environnement, l'abeille et sa capacité à collecter les différentes particules qu'elle côtoie quotidiennement peut également être un excellent témoin de qualité environnementale d'un milieu donné.
    - Le chien peut être suivi pour mesurer la prévalence de bactéries parasites susceptibles de causer une maladie chez l'homme. Par exemple, selon une étude sérologique faite dans le Massachusetts en 1991 (sur 3011 échantillons), « les estimations de la prévalence des anticorps à Borrelia burgdorferi dans les populations de chiens propose une mesure sensible, fiable et pratique du risque potentiel pour les personnes de B. burgdorferi dans l'environnement. Les facteurs de risque de séropositivité canine peuvent directement ou indirectement éclairer certains aspects de l'épidémiologie de la maladie de Lyme humaine », ce qui ferait du chien une très bonne « espèce-sentinelle »[1].
  3. la surveillance syndromique, qui permet notamment de découvrir de nouveaux variants pathogènes, des maladies émergentes ou ré-émergente

Chez l'Homme[modifier | modifier le code]

La santé humaine peut également être utilisée pour la biosurveillance ; C'est alors l'homme qui est considéré comme bioindicateur, ou certains biomarqueurs.

Il s'agit dans ce cas de mesurer, mieux que sur la base de modèles animaux, modèles mathématiques ou extrapolations à partir des concentrations présentes dans l'air, l'eau, les sols et les aliments, l'exposition réelle des populations aux polluants, via l'étude de leurs concentrations et effets sur des échantillons de tissus et fluides humains, dont le sperme qui peut avoir une grande importance en matière de santé reproductive.

Vers un réseau européen et mondial[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Biosurveillance humaine.

Histoire : Arguant que la santé de l'homme et la santé de l'environnement étaient liées, plusieurs campagnes d'ONG telles que WWF et Greenpeace ont montré que l'organisme humain pouvait accumuler des substances toxiques ou potentiellement toxiques qu'on pensait peu présentes dans notre environnement. Ces campagnes semblent avoir encouragé des États et l'Europe à agir de manière plus coordonnée pour mieux comprendre ces phénomènes[2].

Perspective : Presque tous les États avaient déjà des actions de biomonitoring chez l'homme, mais souvent avec des cibles différentes, et des méthodes variées qui ne permettent pas l'intercomparaison.
Dans le cadre de sa stratégie européenne en matière d'environnement et de santé (2003), suivie en 2004 d'un plan d'action européen en matière d'environnement et de santé (pour 2004-2010), la commission européenne a en 2007, après 4 ans de discussions sur le thème Santé-environnement, validé un projet pilote de biosurveillance chez l'homme (HumanBioMonitoring) pour donner aux décideurs européens un cadre juridique commun et des informations comparables sur les effets de certains polluants sur la santé humaine. Le projet ESBIO avait été précurseur en impliquant des experts de 18 États-membres de l'UE (et de Croatie), et un nouveau réseau devrait associer au moins 20 États-membres, dans le cadre du Septième programme-cadre européen pour la recherche.

La plupart des maladies infectieuses ou parasitaires dangereuses et/ou émergentes sont des zoonoses affectant l'Homme et la faune sauvage. De nombreux épidémiologistes et écoépidémiologistes estiment que « la notification officielle d'agents pathogènes découlant de la surveillance sanitaire de la faune sauvage devrait être redéfinie, afin d'encourager l'échange d'informations entre les États, tout en les garantissant contre des conséquences injustifiées d'une telle déclaration »[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J M Lindenmayer, D Marshall, and A B Onderdonk (1991), Dogs as sentinels for Lyme disease in Massachusetts. American Journal of Public Health Nov 1991 : Vol. 81, No. 11, pp. 1448-1455. doi: 10.2105/AJPH.81.11.1448
  2. . La campagne du WWF est citée par la revue de la commission européenne L'Environnement pour les Européens, n° 27 de Juin 2007, page 11, article : "Feu vert pour la biosurveillance chez l'Homme" comme ayant poussé l'Europe à soutenir la biosurveillance chez l'Homme
  3. Warsn-Petit, Eva; Artois Marc; Calavas Didier (2009) Biosurveillance de la faune sauvage Bulletin de l'Académie Vétérinaire de France ; AVF 2009 vol.162 ; Bulletin 2009 n°3 (PDF, 9 p)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michael M. Wagner, Andrew W. Moore, Andrew W. Moore, Ron M. Aryel. Handbook of biosurveillance. Academic Press, 2006, 605 p. (ISBN 0-12-369378-0)