Bioinitiative

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Bioinitiative est un groupe de scientifiques internationaux, dont la première contribution publiée en 2007 est le "rapport Bioinitiative", qui vise à démontrer la dangerosité des champs électromagnétiques (basses fréquences, radio-fréquences, wifi…). Les associations environnementales[1] l’utilisent comme base scientifique, notamment, pour justifier l’appel au principe de précaution et demander le démontage d’antennes-relais. Cependant, ce rapport est critiqué par de nombreuses instances scientifiques.

Le rapport Bioinitiative 2007[modifier | modifier le code]

Le rapport de 610 pages (organisé en 21 sections) a été publié en août 2007 en langue anglaise[2]. Il prétend apporter des preuves scientifiques concernant les effets sanitaires (Stress cellulaire, génotoxicité, risques de tumeurs au cerveau ou de leucémies) des champs électromagnétiques ; il estime que les normes sont inadaptées et définit des valeurs-seuil qui protégeraient mieux la santé.

Rédacteurs[modifier | modifier le code]

  • Éditeur : David Carpenter, Directeur de l’Institute for Health and the Environment de l’Université d’Albany (New York)
  • Coéditeur : Cindy Sage, propriétaire de Sage EMF Design, entreprise de conseil sur les champs électromagnétiques basée en Floride
  • Contributeurs : 14 scientifiques américains, européens (Suède, Danemark, Grande-Bretagne) et chinois ont contribué en réalisant chacun un article du rapport.

L’un des contributeurs notable est David Gee, de l'Agence européenne pour l’environnement avec un chapitre tiré de l'étude de l'Agence : "Signaux précoces et leçons tardives : le principe de précaution 1896–2000" publiée en 2001[3].

Michael Kundi, l’un des auteurs a indiqué lors de son audition à l’AFSSET, que "le rapport propose une valeur limite, allant au-delà de ce que les scientifiques auteurs auraient eux-mêmes pu avancer"[4].

Le rapport Bioinitiative 2012[modifier | modifier le code]

Il a été une seconde fois publié en 2012. « Le rapport passe en revue 1800 nouvelles études scientifiques. Les utilisateurs de téléphones portables, les futurs parents, les jeunes enfants et les femmes enceintes sont exposés à un risque particulier. »[5]

Controverses (au rapport 2007)[modifier | modifier le code]

Critique scientifique[modifier | modifier le code]

Le rapport BioInitiative a été très médiatisé et est à l’origine de quelques décisions judiciaires, contre lesquelles l’Académie de médecine française s'est insurgée[6].

L’analyse faite par diverses grandes institutions de ce rapport (réseau EMF-Net[7], programme européen de recherche et de développement technologique, le Danish National Board of Health[8], l’Office Fédéral Allemand de Radioprotection[9], le Conseil de Santé des Pays-Pays[10], l'agence de l'environnement US[11]) en réfute la qualité.

La Bioelectromagnetics Society (éditrice notamment du Bioelectromagnetics Journal), dont plusieurs contributeurs font partie, n’approuve pas non plus cette étude, et selon elle, « des recherches par des spécialistes de physique théorique suggèrent que l’exposition [à des champs de radiofréquence non-thermiques] ne provoquera rien d’autre sur les être vivants, que, s’ils sont suffisamment puissants, une élévation locale de la température. Mais les physiciens ne peuvent pas tout connaître, aussi ils se tournent vers les biologistes, et découvrent que les bases de données ne contiennent aucune démonstration scientifiquement reproductible d’un effet néfaste sur la santé, même après 50 ou 60 ans de recherche scientifique[12]. »

Jean-Paul Krivine, rédacteur de la revue Science et pseudo-sciences, dénonce l'apparence de sérieux scientifique et le conflit d'intérêt d'une des coéditeurs. En effet, Cindy Sage, propriétaire d'un cabinet éponyme propose « des solutions pour "caractériser ou atténuer" les impacts des champs électromagnétiques[13]. »

L'avis du comité d'experts de l'AFSSET[modifier | modifier le code]

Le rapport d'expertise collective d’octobre 2009 de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (AFSSET) en analyse ainsi le contenu : « les différents chapitres du rapport sont de rédaction et de qualité inégales. Certains articles ne présentent pas les données scientifiques disponibles de manière équilibrée, n’analysent pas la qualité des articles cités ou reflètent les opinions ou convictions personnelles de leurs auteurs (…), il revêt des conflits d’intérêts dans plusieurs chapitres, ne correspond pas à une expertise collective et est écrit sur un registre militant. »[14]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Très mis en avant par les associations CRIIREM (traduction de la synthèse du rapport), Next-Up (pétition), Robin des Toits (considéré comme preuve)…
  2. (en) Rapport Bioinitiative, La "Synthèse" du rapport traduite en Français par l'association CRIIREM
  3. En Français sur le site de l'Agence
  4. Extrait du rapport de l'AFSSET sur le site du Sénat
  5. Rapport BioInitiative 2012 - 1800 nouvelles études renforcent la certitude de la nocivité des ondes et de l'urgence des nouvelles normes pour protéger la population - Janv. 2013 Robin des Toits janvier 2013
  6. Position de l'Académie de médecine du 3 février 2009
  7. "le résumé pour le public est écrit en termes alarmistes et émotionnels et ses arguments n’ont pas de support scientifique provenant d’une recherche bien conduite" Rapport de l’AFSSET sur les Radiofréquences, Bioinitiative de p318 à 328
  8. "Le rapport BioInitiative n’apporte aucune raison de changer l’évaluation actuelle du risque pour la santé de l’exposition aux champs électromagnétiques, ne comporte pas de nouvelles données, et n’a pas pris en considération de la manière habituelle la qualité scientifique des travaux cités" idem AFSSET
  9. "Le rapport BioInitiative a des faiblesses scientifiques claires, y compris un biais de sélection dans plusieurs domaines de recherche" idem AFFSET
  10. "BioInitiative n’est pas un reflet objectif et équilibré de l’état actuel des connaissances scientifiques, et il n’apporte donc aucune base pour réviser les points de vue actuels sur les risques de l’exposition aux champs électromagnétiques." idem AFSSET
  11. "tout en jugeant crédible la majorité des scientifiques concernés, ont estimé néanmoins que la principale difficulté soulevée par ce rapport résidait dans la question des liens financiers de ses auteurs" Site du Sénat
  12. (en) Bioelectromagnetics newsletter, mars/avril 2008, page 7, traduction libre de « analysis by good theoretical physicists suggests that nothing is going to happen but the deposition of additional energy that, if sufficient, can elevate tissue temperature. But physicists don’t know everything so we turn to the biologists and find that an analysis of the biological database reveals no consistently reproducible (independent) LLNT effect after about 50 or 60 years of research. »
  13. Le rapport BioInitiative, ou l’apparence de sérieux scientifique - AFIS
  14. Rapport en PDF de l'AFSSET d'octobre 2009, page 322 à 326

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Opposition aux champs électromagnétiques :