Billy Beane

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Pix.gif Billy Beane Baseball pictogram.svg
Billy Beane 2006.jpg
Champ extérieur / Manager général
Frappeur droitier  Lanceur droitier
Premier match
13 septembre 1984
Dernier match
1er octobre 1989
Statistiques de joueur (1984-1989)
Matchs 148
Coups sûrs 66
Coups de circuit 3
Points 30
Points produits 29
Moyenne au bâton 0,219
Équipes

Joueur

Administrateur

William Lamar « Billy » Beane III, né le 29 mars 1962 à Orlando (Floride) est un champ extérieur américain et manager général de ligue majeure de baseball. Il est actionnaire minoritaire des Athletics d'Oakland. Il est le sujet de l'ouvrage de Michael Lewis Moneyball, adapté à l'écran en 2011 où il est représenté par Brad Pitt.

Carrière au baseball[modifier | modifier le code]

Joueur[modifier | modifier le code]

Beane grandit à San Diego en Californie. Son père, officier de la marine, lui apprend comment lancer au baseball[1]. Il suit des études à la Mt. Carmel High School où il excelle en football, baseball et basket-ball[1]. Il abandonne le football par crainte d'une blessure qui puisse compromettre sa carrière au baseball. Malgré ce choix, l'université Stanford tente de le recruter dans un cursus football/baseball où il aurait eu le rôle de quaterback à la place de John Elway[1]. Beane rejoint l'université de San Diego et suit des cours d'économie pendant l'après-saison.

Comme beaucoup d'équipes s'attendaient à ce que Beane rejoigne Stanford[1], il chute dans l'ordre de la draft et n'est recruté qu'en 23e position en 1980 par les New York Mets [2]. Après une visite médicale chez les Mets, Beane signe un contrat de 125 000 dollars, déclarant alors, en choisissant signer chez les Mets plutôt que d'aller à Stanford, que ce serait la seule décision qu'il prendrait dans sa vie pour une question d'argent[1].

Convaincus que Beane avait un meilleur potentiel que Darryl Strawberry, le choix no 1 de la franchise lors du repêchage, les Mets envoient Billy en Advanced-A chez les Little Falls Mets et Darryl chez les Rookies[1]. Beane rencontre des difficultés et ne s'adapte pas à ce nouveau niveau de compétition[1].

Il rejoint la Ligue majeure en 1984 comme champ extérieur de réserve. Il évolue pour deux équipes qui remportent la Série mondiale, les Twins en 1987 et les Athletics en 1989, mais ne participe pas aux campagnes des play-off. Il conclut sa carrière après 148 matchs en 1989 et une moyenne de 0,219 au bâton.

Statistiques[modifier | modifier le code]

Saison Équipe G AB R H 2B 3B HR RBI SB BA
1984 NYM 5 10 0 1 0 0 0 0 0 ,100
1985 NYM 8 8 0 2 1 0 0 1 0 ,250
1986 MIN 80 183 20 39 6 0 3 15 2 ,213
1987 MIN 12 15 1 4 2 0 0 1 0 ,267
1988 DET 6 6 1 1 0 0 0 1 0 ,167
1989 OAK 37 79 8 19 5 0 0 11 3 ,241
Totaux 148 301 30 66 14 0 3 29 5 ,219

Directeur général[modifier | modifier le code]

Ne réussissant pas à intégrer l'alignement des Athletics en 1990, Beane sollicite Sandy Alderson, alors directeur général des A's pour un poste de recruteur[1]. Il garde cette position jusqu'en 1993 et devient assistant directeur général en 1994[1].

En 1995, le propriétaire de la franchise, Walter A. Haas Jr meurt. Il avait dépensé beaucoup d'argent en salaires pour les joueurs, et les nouveaux propriétaires, Stephen Schott et Jen Hofmann demandent à Alderson de réduire la masse salariale[1]. En conséquence, le gérant commence à réfléchir à l'utilisation des sabermetrics pour obtenir des joueurs sous-évalués et à moindre coût.

Beane succède à Alderson en 1998 et continue le travail d'Alderson pour créer l'une des meilleurs équipes au ratio masse salariale/résultats. En 2006, l'équipe possède par exemple la 24e masse salariale des 30 équipes MLB mais termine la saison avec le 5e bilan victoires/défaites.

Fort de ce succès, il fait l'objet d'un ouvrage de Michael Lewis : Moneyball en 2003. Le livre décrit les méthodes de travail de Beane et la façon avec laquelle il a réussi à construire une équipe performante à faible coût. Ces méthodes ont influencé un changement de mentalité dans le monde du baseball[3].

Malgré ces changements, la franchise ne parvient qu'une seule fois en séries éliminatoires, en 2006 et échoue au second tour face aux Detroit Tigers après avoir battu les Minnesota Twins au premier tour. Des équipes telles que les Florida Marlins ou les Tampa Bay Rays, elles, bâties sur le même modèle, décrochent des titres aux World Series pendant cet intervalle.

En avril 2005, Beane est reconduit comme directeur général et devient actionnaire minoritaire de la franchise[4]. Il fête en 2008 sa dixième année comme directeur gérant chez les A's ainsi que les vingt ans de son arrivée avec la franchise en 1988[5].

Les A's n'ont plus participé aux séries éliminatoires depuis 2006, ce qui a nourrit les critiques à l'encontre de Beane et de son approche de direction. Une explication possible de ce manque de réussite résulte peut-être dans le fait que de nombreuses franchises ont pris exemple sur les Athletics dans leur façon de recruter les joueurs. Beane décrit sa philosophie de la manière suivante[6]:

« Tout est affaire de qualités d'évaluation et de calcul de coût associés. Il y a 30 ans, les courtiers achetaient leurs produits en faisant confiance à leur feeling. Laissez-moi vous dire ceci: chaque personne qui possède un plan de retraite a le choix. Elle peut choisir un gestionnaire de fond pour gérer sa retraite à l'instinct, ou quelqu'un qui le fera par recherche et analyse. Je sais quel serait mon choix. »

Illustrant cet exemple, Beane commence à se concentrer sur le recrutement de joueurs au lycée, un groupe largement ignoré par la MLB lors de la draft, les considérant comme grossièrement sous-évalués[6]. Lui et d'autres managers ont changé leur stratégie de recrutement en mettant l'accent sur les performances défensives des joueurs, des critères qui avaient été dévalués immédiatement après la "révolution Moneyball". À titre d'exemple, les A's terminent leur saison 2010 avec un ratio victoires/défaites de .500 et ratent les play-offs, mais mènent la Ligue majeure en moyenne défensive, accordant le plus petit nombre de points en Ligue américaine[7].

La saison 2012 des A's fut une année charnière. Depuis 2007, l'équipe ne fit pas mieux qu'une fiche de .500 en 2010 et ne passèrent jamais près de faire les séries. Beane entama un ménage en début de saison, dans lequel la plupart des experts s'accordèrent pour dire que les A's étaient en reconstruction et voués à une saison de plus de 100 défaites. Gio Gonzalez était le lanceur vedette de l'équipe, mais ce dernier se rapprochait du jour où il allait gagner le gros lot, ce que l'organisation ne pouvait être en mesure de lui consentir. Ils l'échangèrent donc à Washington en compagnie du jeune Robert Gilliam contre 4 jeunes joueurs: Tommy Milone, Derek Norris, Brad Peacock et A.J. Cole. Tommy Milone obtint une fiche de 13 victoires et 10 défaites à sa première saison complète dans les majeures et débuta même la 2e partie de la série de division contre les Tigers à Detroit. Derek Norris obtint le rôle de receveur substitut lors du départ du très coûteux et peu productif Kurt Suzuki. Beane échangea également son releveur numéro 1, Andrew Bailey, contre le voltigeur Josh Reddick des Red Sox de Boston. Andrew Bailey a dû se contenter d'un faible 17 manches lancées dû à une blessure au pouce, tandis que Josh Reddick frappa 32 circuits et obtint le gant d'or comme voltigeur de droite.

Le ménage s'est continué lorsque Beane échangea Trevor Cahill, alors son lanceur numéro 2, ainsi que le reveleur Craig Breslow en Arizona, contre le lanceur partant Jarrod Parker, le releveur Ryan Cook et le joueur d'utilité Colin Cowgill. Cahill eut une saison respectable chez les Diamondbacks, mais Jarrod Parker fut encore meilleur avec une fiche de 13 victoires et 8 défaites en 29 départs et une moyenne de points mérités de 3,47, débutant même la première rencontre des séries de division contre les Tigers à Detroit. Ryan Cook a fort impressionné, lui aussi à sa première saison complète en carrière, lançant la 7e ou 8e manche afin de préserver l'avance et préparer la table pour le releveur numéro 1 Grant Balfour. Il cumula même 14 victoires sauvegardés avec une fiche de 6 victoires et 2 défaites, une moyenne de points mérités de 2,09, tout en conservant un impressionnant total de 80 retraits au bâton en 73 manches et un tiers.

Beane décida de ne pas accorder de contrat au voltigeur vedette Josh Willingham, mais surpris tout le monde en accordant un contrat de 4 ans pour un total de 9 millions à un cubain, Yoenis Cespedes. Aux dires de Billy Beane, Cespedes est un joueur complet. Avec tout ces changements, Beane avait économisé plus de 12 millions de dollards. Les A's cumulèrent un maigre 23 victoires en 54 rencontres, mais le vent tourna peu à peu. À la pause du match des étoiles, Oakland avait une fiche de .500 (43-43) et ils terminèrent la saison en remportant 51 victoires à leurs 76 derniers matchs, raflant le titre de division Ouest de la ligue américaine au tout dernier match grâce à un balayage contre les Rangers du Texas qui avaient mené la division d'un bout à l'autre de la saison. Il aura fallu 5 matchs en série de division pour éliminer les A's contre les Tigers et deux victoires de l'as lanceur Justin Verlander. Cependant, la magie de Beane était de retour!

Autres activités[modifier | modifier le code]

En janvier 2007, l'entreprise NetSuite nomme Beane directeur dans son comité exécutif. Le cofondateur de l'entreprise, Evan Goldberg, cite les qualités de Beane mêlant instinct et faits comme un facteur primordial dans le recrutement de ce dernier[8].

Lors du rachat des San Jose Earthquakes, formation de Major League Soccer, par le groupe qui gère les Athletics, Beane, fervent supporter d' Arsenal F.C, commence à développer un système d'analyse objective de valeur des joueurs de football. Il accepte d'aider la direction du club de football à construire une équipe compétitive à faible coût. Les restrictions financières, comme le salary cap, sont plus dures encore en MLS qu'en MLB[9].

Beane participe en tant que consultant à l'élaboration du jeu MLB Front Office Manager.

Deux fois marié, il a une fille de son premier mariage et des jumeaux du second[6].

Honneurs[modifier | modifier le code]

En décembre 2009, Sports Illustrated nomme Beane no 10 dans son Top 10 des managers généraux de la décennie, tous sports confondus[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) Michael Lewis, Moneyball: The Art of Winning an Unfair Game, W.W. Norton & Company Inc.,‎ 2003, 320 p. (ISBN 0-393-05765-8)
  2. (en) MLB, « 1980 MLB Draft History » (consulté le 29 septembre 2011)
  3. (en) MLB, « Rethinking Moneyball » (consulté le 29 septembre 2011)
  4. (en) ESPN, « Beane also gets extension trough 2012 » (consulté le 29 septembre 2011)
  5. (en) Diablo Magazine, « Heavy Hitter »,‎ 2008 (consulté le 29 septembre 2011)
  6. a, b et c (en) ESPN, « The Revolutionary »,‎ 2009 (consulté le 29 septembre 2011)
  7. (en) Rany Jazayerli, « Underevalued Sluggers »,‎ 2011 (consulté le 29 septembre 2011)
  8. (en) San Francisco, « Billy Beane takes seat on NetSuite board »,‎ 2007 (consulté le 29 septembre 2011)
  9. (en) The Star, « Mr. Beane's love affair with soccer » (consulté le 29 septembre 2011)
  10. (en) Sports Illustrated, « 2000's: Top 10 GMs/Executives » (consulté le 29 septembre 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]