Bill Robinson

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Bill Robinson

William Luther Robinson[1], dit Bill Robinson (plus connu sous le nom de Bojangles), est un danseur de claquettes américain né à Richmond (Virginie) le 25 mai 1878 et mort à New York le 25 novembre 1949.

Biographie[modifier | modifier le code]

Véritable prodige de la danse, il n’a que 9 ans quand il quitte Richmond pour Washington où il survit comme danseur de rue. Rapidement, son style extraordinaire lui permet de travailler dans des clubs de la ville. C’est à cette époque qu’il acquiert son surnom Bojangles, = raccourci de bones jangle = tintement d’os) apparemment lié à son caractère insouciant. En 1905, il rejoint une troupe itinérante qui se produit dans des boîtes de nuit et des cabarets à New York puis à Chicago. La ségrégation[2] étant la norme aux États-Unis, cette troupe se produit principalement devant des spectateurs noirs.

À l’époque, les claquettes sont un style relativement nouveau. Robinson fait donc partie des précurseurs : il développe les mouvements et les rythmes en utilisant davantage la pointe du pied et des frappes glissées. Il est à l'origine de l'événement le plus marquant des danseurs d'escaliers(la « danse de l’escalier » qui consiste à faire des claquettes sur quelques marches en avant et à reculons) car il devint célèbre en une seule nuit avec sa danse d’escaliers dans le spectacle « Shuffle Along of 1921 », un spectacle uniquement noir de la 63ème rue de Broadway.:

« Robinson eut l’idée de sa danse d’escaliers en 1921. Un beau jour comme il avait été bissé par le public au Palace de New York il se mit à danser sur les marches qui reliaient l’un des côtés de la scène à la fosse d’orchestre. Ce fut un tel succès qu’il reprit l’idée, la développa et la perfectionna à tel point que cette danse d’escaliers devint son numéro vedette. Même si d’autres avant lui avaient également eu cette idée, on peut dire qu’il était le seul à en avoir fait quelque chose d’unique. » Extrait du livre Cotton Club de Jim Haskins, éd. Jade.

Son talent en fait une star au sein de la communauté noire et une des têtes d’affiche du Hoofer's Club à Harlem.

En 1928, un producteur de Broadway en quête de nouveauté pour relancer la popularité des spectacles de variétés l’embauche pour une revue appelée Blackbirds of 1928. Les spectateurs (exclusivement blancs) apprécient le spectacle et Robinson, alors âgé de 50 ans, devient une célébrité très prisée.

Qu’il se produise dans un théâtre d’une petite ville ou une grande salle de Broadway, Robinson donne toujours le meilleur de lui-même[réf. souhaitée] et cet enthousiasme séduit le public. Acclamé pour son style de danse novateur et complexe, il personnifie l’insouciance et l’élégance en apparaissant souvent sur scène en queue-de-pie avec une canne.

Sa popularité est telle que l’industrie du cinéma s’intéresse à lui. Le producteur Darryl F. Zanuck l’invite à Hollywood où il apparaît dans plusieurs films dont les plus célèbres Le Petit Colonel, La Fille rebelle et In Old Kentucky, aux côtés de l’enfant star Shirley Temple. Il est cependant cantonné à des rôles de majordomes et revient donc rapidement à la scène.

En 1939, Robinson revient à New York pour interpréter le rôle principal dans Hot Mikado, une version jazz de l’opérette de Arthur Sullivan et William S. Gilbert. Pour fêter ses 61 ans et le succès du spectacle, il danse à reculons (un de ses exercices de prédilection) sur près de 1 500 m le long de Broadway Avenue.

Il retourne à Hollywood en 1943 pour le film musical Stormy Weather avec les chanteurs de jazz Lena Horne, Cab Calloway et Fats Waller.

Il est sans le sou quand il décède en 1949 suite à des problèmes cardiaques. L’animateur de télévision Ed Sullivan prend à sa charge les obsèques par respect pour l’artiste et pour l’homme[réf. souhaitée]. Plus de 500 000 personnes sont massées sur le trajet de la procession funéraire de Harlem au cimetière Evergreens de Brooklyn.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • En 1933, pendant un séjour dans sa ville natale, il remarque deux jeunes enfants qui ont du mal à traverser une route très fréquentée car il n'y a pas de feux de signalisation. Il se rend à la mairie et finance l'achat et l'installation des premiers feux tricolores de la ville. En 1973, une statue à son effigie a été érigée dans un parc situé non loin de cette intersection.
  • Depuis 1989, les États-Unis célèbrent le Tap Dance Day (Fête des claquettes) le 25 mai, jour anniversaire de sa naissance. À cette occasion, Broadway est interdite aux automobiles et devient une immense piste de danse où chacun peut venir faire des claquettes.
  • En 1968 Jerry Jeff Walker a écrit une chanson Mr. Bojangles en son hommage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. William était à l'origine le prénom de son frère cadet. Son propre prénom Luther ne lui plaisant pas, il décida que son frère et lui échangeraient leurs prénoms et se présenta par la suite comme William Robinson.
  2. À l’époque, dans les vaudevilles, les personnages noirs sont interprétés par des acteurs blancs maquillés : visage noirci au charbon et lèvres dessinées au rouge à lèvres (voir l’article anglais Blackface).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]