Bijou de fantaisie

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Ras-de-cou et boucles d'oreille en perles (Swarovski, rocailles), artisanat.

Le bijou, défini dans le Larousse comme: "Objet de parure précieux par la matière ou par le travail." se classifie aujourd'hui selon trois domaines :
-La joaillerie: le travail des gemmes (rassemblant les pierres précieuses, des pierres fines, des perles ou de diverses minéraux) en exploitant leur éclat, leur couleur et leur forme.
-Le bijou de création: objet artisanal, est unique ou réalisé en série limitée. Un bijou de création peut être de tous matériaux : métaux précieux (ou non), papier, verre, résine, bois, plastique, tissus, matériaux de récupération, etc.
-Le bijou de fantaisie ou bijou fantaisie: est fabriqué de façon industrielle, à grande échelle dans divers matériaux tels que le plastique, la nacre, le tissu, le métal, etc. C'est un bijou de masse visant une rentabilité maximale : un coût des matériaux bas, un temps de fabrication très court et une main d’œuvre bon marché.

Il est courant de voir des confusions entre ces domaines avec le raccourci : "Tout ce qui n'est pas précieux est fantaisie". Vrai dans la période d'après guerre, ça ne l'est plus aujourd'hui.
L'exploitation de nouvelles matières de la part d'artistes, de designers et même de bijoutiers aboutira, suite à des recherches approfondies, sur de nouvelles techniques de mise en œuvre. Le travail des formes, d'associations de matières, de couleurs, des textures amène une nouvelle dimension au bijou.
Ce dernier devient une œuvre d'art à part entière.
Parallèlement l'industrialisation va permettre la production intensive de bijoux bon marché.

La bijouterie fantaisie se scinde en deux domaines distincts : c'est la naissance d'un domaine à part entière, le bijou de création.

Les bijoux sont des accessoires de mode de styles variés. Ils sont adjoints au vêtement principal afin d’en souligner certains traits ou de le modifier.
Comme les vêtements, les accessoires de mode ont, simultanément, une fonction utilitaire et une fonction sociale.


Histoire[modifier | modifier le code]

Avant le début du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le bijou existe depuis presque autant de temps que le vêtement. D’abord en tant qu’ornement afin d’agrémenter la tenue. De nature religieuse ou esthétique, ces objets se sont sophistiqués avec les technologies successives de fixation pour enfin sacraliser le mot bijou.
Des coquillages percés retrouvés en Israël, au Maroc et Afrique du Sud, nous montrent que le bijou date de plus de 100 000 ans. Rustiques au départ, les parures étaient en os ou en dents d’animaux, puis en pierre et en ambre.
Les Celtes seront le premier peuple à être réputé pour la qualité de ses parures et de ses bijoux.

Après la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Ce n’est qu’après la Première Guerre mondiale, avec l’ère du pétrole, du fordisme et l’apparition de la production en série, que les bijoux et parures deviennent moins « symboliques » et leur usage moins « codifié ». En effet, maintenant accessibles à tous, les bijoux étaient à l’époque, un moyen de distinguer les rangs de classes sociales[1]. Ainsi, on pouvait reconnaître de quelle classe provenait telle personne et l’ornement était considéré comme luxueux.

Par ailleurs, la Première Guerre mondiale est un tournant capital dans l'histoire du bijou car l'or est récupéré par les gouvernements pour participer à l'effort de guerre. Les artisans sont mobilisés ou reconvertis dans l'industrie des armes. Les bijoux subissent le même sort et sont élaborés avec des métaux simples (fer, cuivre, aluminium…). Les bijoux d’antan, créés à base de métaux précieux prennent une signification encore plus grande du fait des séparations définitives ou non, dues à l'époque.

Contexte favorable, résultat du choc des deux guerres[modifier | modifier le code]

Le choc de cette guerre et le nouveau rôle social des femmes dans ce contexte influent sur la mode en général et la conception des bijoux, qui deviennent plus stylisés sous l'impulsion de la mode Art déco. L'essor des nouveaux matériaux (bakélite, maillechort) et le retour de plus anciens (marcassite, étain) redonnent un nouvel élan où les faux bijoux ne sont plus des tentatives d'imitation mais bien des bijoux à part entière avec des formes et des couleurs propres.
Les mœurs changent avec la violence de la guerre et le rôle social des femmes prend une place déterminante (elles sont dans les usines et les hommes à la guerre) dans la mode en général et la fabrication des bijoux. De nouveaux matériaux apparaissent et des anciens matériaux sont réutilisés.

La Seconde Guerre mondiale paralyse de nouveau l'industrie du bijou. Les bijoux simples réapparaissent ; des bijoux patriotiques, aux emblèmes des régiments ou des unités des soldats, sont même fabriqués.

Ainsi, les « faux bijoux », qui seront (car ils n’utilisaient pas de matériaux précieux, mais ressemblaient à des bijoux de luxe) possèdent peu à peu leur propre identité et s’inscrivent dans une nouvelle mode particulière (la mode Art), avec leurs couleurs et formes propres. L’introduction du terme « bijou fantaisie » apparaît enfin.

Les Trente Glorieuses[modifier | modifier le code]

Après la guerre, le niveau de vie s'améliore doucement avec le plein emploi et l'augmentation des salaires, et les bijoux reprennent leur place dans la vie quotidienne.

Depuis les années 1950, on peut distinguer clairement trois grands secteurs :

  • la joaillerie, qui fabrique des pièces uniques ou en série limitée dans des matériaux prestigieux ;
  • la bijouterie fantaisie, qui produit des pièces en série en profitant des nouveaux matériaux comme le plastique ;
  • la bijouterie artisanale et/ou bijouterie d'apparat, qui fabrique des pièces uniques ou en série limitée.

Les matières utilisées dans les bijoux fantaisies[modifier | modifier le code]

Coquillage : Nacre

Différents types de matières permettent la fabrication de perles, breloques et divers accessoires :

Depuis le décret de février 2002, les appellations « pierre précieuse », « pierre fine » et « pierre ornementale » sont interdites en France. Ces trois anciennes catégories sont regroupées sous l'appellation unique de « gemmes ».

Quelques exemples de pierres gemmes[modifier | modifier le code]

pierre d'agate
  • Le diamant, transparent (bleu pâle, blanc très transparent et brillant…)
  • L'émeraude, transparente (vert foncé)
  • Le rubis, transparent (rouge à écarlate)
  • Le saphir, transparent (bleu clair à moyen)
  • Le grenat, translucide (rouge, marron, vert ou violet)
  • La topaze, transparente (bleu clair à foncé)
  • L'agate, translucide (rayée marron, bleu, blanc, rouge)
  • L'ambre, transparent (diverses nuances de jaune ou d'or)
  • Le corail rouge, opaque (rouge écarlate)
  • Le jade, translucide (vert pâle, foncé, vert et blanc)
  • Le jais, opaque (noir)
  • La jaspe, opaque (bleu, avec reflet noir à marron)
  • L'onyx, transparent (noir pur, blanc pur, ou bandes)
  • La perle, translucide (blanc, jaune, rose, noire)
  • La turquoise, opaque (bleu-vert pâle)

Salons[modifier | modifier le code]

Quelques salons internationaux sont dédiés au bijou de fantaisie :

Créateurs et producteurs de bijou de fantaisie[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

International[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « L'Art DÉCORATIF b », sur www.collier-bague.com (consulté en 23 octobre2010)
  2. « Eclat de mode » (consulté le 25 juillet 2011)

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Stephen O'Keefe, Les techniques de la bijouterie, Le Geste Et L'outil, édition Eyrolles, 2005
  • Madeleine Coles, Bijouterie, Deux livres en un, édition Eyrolles 2000
  • Jacqueline Viruega, La bijouterie parisienne 1860-1914, Histoire de Paris, édition L'harmattan, 2004
  • Ann Mitchell, Karen Mitchell, Bijoux de fantaisie 101, édition Ada Eds
  • Judith Miller, Les bijoux : Bijoux fantaisie de collection, Gründ, 2007
  • Eliz’art, Bijoux ethniques, En pâte polymère et matériaux naturels, édition Guide Broché
  • Barbara Cartlidge, Les bijoux au XXe siècle, Paris, édition Payot,‎ 1986, 239 p. (ISBN 2-228-00110-4)
  • Claude Mazloum, Designer Jewellery. The word's top artists, Rome, Gremese International, (ISBN 88-7301-021-0).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]