Bigorno

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Bigorno
Image illustrative de l'article Bigorno
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Haute-Corse
Arrondissement Corte
Canton Alto-di-Casacconi
Intercommunalité Communauté de communes de Marana-Golo
Maire
Mandat
René Graziani
2014-2020
Code postal 20252
Code commune 2B036
Démographie
Population
municipale
78 hab. (2011)
Densité 8,7 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 31′ 49″ N 9° 18′ 05″ E / 42.5302777778, 9.30138888889 ()42° 31′ 49″ Nord 9° 18′ 05″ Est / 42.5302777778, 9.30138888889 ()  
Altitude 650 m (min. : 132 m) (max. : 1 106 m)
Superficie 8,94 km2
Localisation

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Bigorno

Bigorno (Bigornu en langue corse) est une commune française située dans le département de la Haute-Corse en région Corse.

Géographie[modifier | modifier le code]

Bigorno est une commune de la vallée du Golo (rive gauche), l'une des treize communes du Canton d'Alto-di-Casacconi.

Relief[modifier | modifier le code]

Bigorno fait partie de l'en « deça des monts » (Cismonte en langue corse) ou Corse schisteuse au nord-est de l'île par opposition au « delà des monts » (Pumonte) ou Corse granitique au sud-ouest. La commune se trouve dans le prolongement de l'arête schisteuse du Cap Corse qui se poursuit avec le massif du San Petrone et se termine au sud de la Castagniccia.
Son sol est fait :

  • d'ophiolites, qui sont en certains endroits, des roches volcaniques très résistantes, laves basiques au secondaire nommées pillows-lavas souvent déformés et transformés par le métamorphismes alpin en prasinites de teinte verte due à la présence d'épidote, et dans d'autres, des roches magmatiques nommées péridotites le plus souvent transformées en serpentinites, teintées en vert par l'olivine ;
  • de schistes lustrés édifiés au tertiaire, roches qui s'altèrent facilement et sont souvent la cause de glissements de terrain. Soumise à de fortes précipitations fréquentes au printemps et en automne, la commune a connu des inondations et des coulées de boue, les plus récentes s'étant produites les 27 et 28 novembre 2008, et le 29 mai 2007.
Vue du San Petrone depuis le col de Bigorno

Son territoire s'étend des crêtes dominant la vallée jusqu'au fleuve Golo, en une bande étroite en forme d'entenoir se terminant au lieu-dit Campo Longo, représentée au nord par le vallon du ruisseau de Pietra Pinzuta, puis celui du ruisseau de Sanguinelli, petit affluent du Golo. Sous le col, nait le ruisseau de Stretta qui alimente le ruisseau de Sanguinelli.

Le plus haut sommet est à l'altitude de 1 106 m, proche du mont Pietrapolo (1 104 m) situé à l'extrême nord de la commune. Sur les hauteurs, entre la crete di e lime et Novale Piane, la route D5 franchit le col de Bigorno à 885 mètres d'altitude pour rejoindre le Nebbio par Murato. Au-dessus du village qui est construit à une altitude moyenne de 675 m, l'environnement montagneux de serpentine, une roche verte, présente une rare et basse végétation.

Par beau temps, la vue est exceptionnelle sur le Golfe de Saint-Florent et sur partie de la Castagniccia notamment sur le Monte San Petrone, par-delà la vallée du Golo. Aux alentours du col, pousse l'arba barona (thymus herba-barona), le thym de Corse ras, haut de 15 cm maximum, au parfum citronné. Trois pylônes de transmission (relais de radiophonie, de téléphone et autres) sont installés à l'ouest du col.

En dessous du village les flancs de la montagne sont couverts d'un épais haut maquis composé essentiellement d'arbousiers et de bruyères, et de chênes verts.

Habitat[modifier | modifier le code]

L'austère décor montagneux de Bigorno abrite quatre hameaux qui sont, du plus haut au plus bas, Teghia (675 m), Sammarcello, Roja et Ficajola (457 m).

Le bâti est composite. On trouve des maisons en schiste, moellons et enduits, avec toits de lauze, des constructions rénovées et d'autres plus récentes, construites en parpaing.

Accès[modifier | modifier le code]

Col de Bigorno

Bigorno est un passage stratégique entre le Nebbio et la vallée du Golo. Plusieurs routes permettent d'y accéder :

  • dans le sens Nord-sud, la D5 qui relie Murato à Ponte Nuovu (Castello-di-Rostino) passe au col de Bigorno (885 m), traverse Bigorno et le village de Lento. Longtemps la D5 était restée à l'état de piste carrossable entre le col et le village.
  • de l'Est, la D7 venant de Volpajola et Campitello, s'arrête à sa jonction avec la D5 à Bigorno ;
  • de l'Ouest, la D105 depuis sa jonction avec les RN 197 et RN 1197 au lieu-dit Ponte Rossu (Canavaggia). Cette route sinueuse passe par Canavaggia et Lento pour rejoindre la D5.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Sorio Piève Murato Rose des vents
Lento N Campitello
O    Bigorno    E
S
Lento Castello-di-Rostino Bisinchi

Histoire[modifier | modifier le code]

Santa-Maria Assunta (XVIIIe siècle)

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle vers 1520, Bigorno était le chef-lieu de la pieve de Bigornu dont les lieux habités étaient Lento, lo Pogio, la Ficagiola, San Marcello, le Tegie, Campitello, lo Panicale, lo Bagnolo, la Volpajola, lo Carcheto, l’Erbagio, la Scolca.

Le col de Bigorno est l'un des importants passages militaires stratégiques ceinturant le Nebbio, la force défensive de l'île. Depuis les Romains puis les génois et jusqu'à l'expédition en 1553 des armées françaises du général De Thermes lequel avait sous ses ordres des officiers corses dont le colonel général du régiment royal corse Sampiero d'Ornano dit Sampiero Corso, toutes les troupes d'invasions, étrangères et/ou alliées, débarquées à Saint-Florent sont passées par le col de Teghime pour se rendre à Bastia, par le col de Bocca di Tenda, celui-ci séparant Sorio dans le Nebbio de Pietralba dans la vallée de l'Ostriconi, et par les hauteurs de Lento (col de Bigorno et Bocca a croce).

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Début juin 1739, Louis XV, roi de France, vient au secours de Gênes. Le marquis De Maillebois avec le colonel D'Auray défait les patriotes corses à Bigorno, Tenda et Lento. "- à midi, Maillebois sort de Bastia et va s'installer dans les Costere (Campitellu) où, après Tenda et Bigornu, Lentu, tenu par Ghj. Paoli, capitule (3 JUIN). Paoli déclare accepter la protection du Roi mais refuse de se rendre auprès de Maillebois."[1].
Le général Charles François Dumouriez, envoyé participer à l'occupation de la Corse dira : Qui est maître de ce poste peut prendre l'île en deux heures.

Le 15 mai 1768, par le traité de Versailles la Corse est définitivement rattachée au patrimoine personnel du Roi de France, cédée par les Génois las de cinq siècles de lutte stérile, la pieve de Bigornu prend le nom de pieve des Costere.

Durant les guerres d'indépendance en 1769, comme prévu dans le dispositif du lieutenant-général Noël Jourda de Vaux missioné par Choiseul pour en finir rapidement avec la rébellion et soumettre la Nation corse à l'obéissance, les troupes françaises l'ont franchi pour venir encercler et battre les troupes paolines à Ponte-Novo le 8 mai 1769. Ce jour-là, deux colonnes sorties de Bigorno et de Canavaggia, avaient sous leur feu plongeant, pris à revers les Corses de Paoli qui n'avait pas suffisamment protégé ses flancs.
Le 5 mai 1769 à l'aube, M. De Vaux assisté du lieutenant-général de Bourcet, commande l'offensive générale des troupes françaises : "le maréchal de camp d'Arcambal s'avance sur Piève ; le lieutenant-général marquis de Boufflers bouscule les Nationaux entre Rapale et Vallecalle ; le chevalier de Viomesnil enlève Bigorno"[1]. Le 6 mai 1769, la piève de Bigornu se soumet aux Français. Le 7 mai 1769 le général comte De Vaux établit son QG à Lento[2]. Il en repartira le 16 mai au matin.

La France « put aux termes d'une campagne victorieuse, rattacher définitivement ce morceau de France qu'une convulsion géologique avait séparé des Maures et de l'Estérel »[3].

Avec la Révolution de 1789, la pieve des Costere devient le canton de Campitello. Bigorno fait partie du district de Bastia. En 1793, la Convention divise l'île en deux départements : Golo dont fait partie Bigorno, et Liamone. Ceux-ci seront réunis en 1804 par Napoléon Ier qui rétablit le département de Corse.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Monument aux morts

La petite commune de Bigorno a payé un lourd tribut durant les deux dernières Guerres mondiales (15 morts en 1914-1918 et 8 en 1939-1945).

En 1954 Bigorno faisait partie du canton de Campitello qui était alors composé avec les communes de Bigorno, Campitello, Canavaggia, Lento, Scolca et Volpajola.

En 1971 - 1973 de nouveaux cantons sont créés. Celui d'Alto-di-Casacconi est créé avec la fusion imposée des anciens cantons de Campile et Campitellu. La commune de Bigorno fait aujourd'hui partie du canton d'Alto-di-Casacconi.

Le 1er janvier 2010, Bigorno passe de l'arrondissement de Bastia à l'arrondissement de Corte.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2001 2014 René Graziani    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 78 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
162 191 297 239 262 276 268 256 256
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
294 308 307 312 321 337 327 331 307
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
284 315 300 316 242 221 223 176 137
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011 -
116 86 100 61 78 79 79 78 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église paroissiale Santa-Maria Assunta XVIIIe siècle et son clocher, située près du cimetière à Sammarcello. L'église renferme une chapelle, Saint-Augustin, aux remarquables ornements.
  • Ruines de chapelles romanes : Santo Stefano, San Marcello, Sant'Agostino (769 m) à l'est de Teghie et l'Annunziata à Sammarcello
  • Monument-aux-Morts sur la droite de l'église.
  • Anciennes mines de Suartellu, à un kilomètre au sud du village.

Fêtes et loisirs[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b La grande révolte des Corses contre Gênes 1729-1769 d'Antoine Dominique Monti - ADECEC. 1979
  2. Site de Lento (non officiel)
  3. François Giacobbi - La Corse Édition Sun Paris 1972
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011