Bienvenue à Gattaca

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Bienvenue à Gattaca

Titre original Gattaca
Réalisation Andrew Niccol
Scénario Andrew Niccol
Acteurs principaux
Sociétés de production Columbia Pictures
Jersey Films
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Science-fiction
Sortie 1997
Durée 106 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Bienvenue à Gattaca (Gattaca) est un film américain d'anticipation réalisé par Andrew Niccol, sorti en 1997.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans un monde futuriste, on peut choisir le génotype des enfants. Dans cette société hautement technologique qui pratique l'eugénisme à grande échelle, les gamètes des parents sont triés et sélectionnés afin de concevoir in vitro des enfants ayant le moins de défauts et le plus d'avantages possibles.

Bien que cela soit officiellement interdit, entreprises et employeurs recourent à des tests ADN discrets afin de sélectionner leurs employés ; les personnes conçues de manière naturelle se retrouvent, de facto, reléguées à des tâches subalternes.

Gattaca est un centre d'études et de recherches spatiales pour des gens au patrimoine génétique impeccable. Jérôme, candidat génétiquement idéal, voit sa vie détruite par un accident tandis que Vincent, enfant naturel, donc au capital génétique « imparfait », rêve de partir pour l'espace. Chacun des deux va permettre à l'autre d'obtenir ce qu'il souhaite en déjouant les lois de Gattaca.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Sources et légende : version française (VF) sur AlloDoublage[3]

Thème[modifier | modifier le code]

Les quatre bases G, C, A, T qui forment la séquence « GATTACA »

Gattaca, sorte de « thriller eugéniste », ajoute une œuvre originale et de qualité à la liste déjà longue des futurs terrifiants parce que trop parfaits, comme les romans Nous autres de Ievgueni Zamiatine, Un bonheur insoutenable de Ira Levin ou Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley. Tout aussi inquiétant que le 1984 de George Orwell, ou le film Soleil vert, Gattaca renouvelle le thème classique en science-fiction de l'individu révolté (souvent par amour) contre une société idéale (La Cité et les Astres de Sir Arthur C. Clarke, Le Monde aveugle de Daniel F. Galouye, THX 1138 de George Lucas ou Croisière sans escale de Brian Aldiss), mais avec les préoccupations de notre temps.

Gattaca est émaillé de trouvailles qui compensent des budgets généralement limités ; on relèvera : le physique très particulier d'Uma Thurman, crédible en clone trop belle pour être vraie (qui rappelle la trop parfaite Eléa de La Nuit des temps de René Barjavel), le pianiste génétiquement modifié muni de doigts supplémentaires pour jouer Brahms et Chopin sans effort, les voitures électriques aux carrosseries « rétro » (dont une Citroën DS coupé) qui n'en paraissent ainsi que plus futuristes, et la mise à contribution, une fois encore, de l'une des rares réussites indiscutées de l'architecture moderne, l'intemporel Centre municipal du comté de Marin de Frank Lloyd Wright, déjà utilisé dans THX 1138 presque trente ans plus tôt. Enfin les lettres utilisées pour le nom de Gattaca reprennent les initiales utilisées pour désigner les bases de l'ADN, ACGT, c'est-à-dire adénine, cytosine, thymine et guanine.

Thèmes et caractères[modifier | modifier le code]

Frères[modifier | modifier le code]

Vincent Freeman (Ethan Hawke) est un enfant né naturellement dit « naturel » ou « invalidé » qui rêve de devenir astronaute et de rentrer à Gattaca : l'unique chance de partir dans l'espace. Ses parents Antonio et Marie Freeman (Elias Koteas et Jayne Brook), partant d'une bonne intention, décident de se passer des services de la science pour leur premier enfant, préférant laisser son avenir au hasard. Malheureusement, dès la naissance, son profil est calculé par un ordinateur, qui en trois secondes, et d'après une infime goutte de sang prélevée sur l'enfant, indique aux parents que leur rejeton ne passera pas la trentaine puisqu'il est sujet à de graves problèmes cardiaques. En apprenant ces informations, le père choisit de le nommer différemment de ce qui était prévu. Commence alors pour les parents un parcours du combattant, car dans cette nouvelle société, même les écoles refusent l'admission d'enfants à risques dans leur enceinte.

Le couple ayant décidé de faire appel à la science pour leur deuxième enfant, Anton Freeman (Loren Dean) fait l'objet de manipulations génétiques destinées à le « protéger » du hasard. Le résultat est à la hauteur de leurs espérances. Durant l'enfance, les deux garçons n'auront de cesse de jouer aux frères de sang, de se comparer, et de se lancer des défis de natation. Anton, par son profil génétique, battra sans cesse son grand frère sauf un jour, où ce dernier le sauve de la noyade au cours d'un défi. À partir de ce jour Vincent sait qu'il est possible pour lui de réaliser ses rêves malgré son profil génétique déficient.

Usurpation[modifier | modifier le code]

Vincent, devenu adulte, quitte son foyer discrètement, et travaille un temps avec son « handicap » génétique qui le cantonne au rôle d'homme de ménage sous les ordres de Caesar (Ernest Borgnine). Ne pouvant contempler les cieux qu'à travers le plafond de verre de Gattaca, il décide alors d'enfreindre le système en devenant un « pirate génétique » ou « dé-gén-éré ». Il fait appel à un trafiquant (Tony Shalhoub) pour accéder à son rêve. Moyennant 20 à 25 % de ses revenus, il est mis en relation avec un « valide » déchu.

Jérôme Eugène Morrow (Jude Law), ancien champion de natation, était un élément prometteur ayant toutes les qualifications génétiques requises, mais, rongé par son échec (il n'obtint que des deuxièmes places), il voulut mettre un terme à ses jours en traversant une route au passage d'une voiture. Il survécut, mais perdit l'usage de ses jambes, et l'accident ayant eu lieu à l'étranger, l'affaire ne s'ébruita pas.

Paraplégique et alcoolique, il loue son corps et son identité à Vincent, lui fournit les échantillons biologiques pour les tests ADN (sang, urine, cheveux, peaux mortes, etc.) et prépare des poches de fluides en tous genres, afin de déjouer les nombreuses analyses auxquelles doivent se soumettre les employés de Gattaca.

En échange, Vincent lui permet de garder le même niveau de vie qu'avant l'accident. Pour devenir Jérôme et pour contrer sa myopie, Vincent porte des lentilles de la bonne couleur, change sa coupe et couleur de cheveu, affine et nettoie chaque jour chaque parcelle de son corps, s'entraîne durement tant au niveau psychologique qu'au niveau physique. Il va jusqu'à subir une chirurgie orthopédique pour allonger ses tibias de 5 cm.

Vincent réussit son entretien d'embauche avec le Docteur Lamar (Xander Berkeley) - grâce à une simple analyse d'urine, censée dépister les drogues - et entre comme élève astronaute à Gattaca où il devient grâce à sa détermination, le meilleur navigateur spatial de la compagnie. Entre ses travaux, ses tests médicaux fréquents, ses sorties avec Eugène (nom désormais porté par Jérôme pour faciliter les choses, tandis que Vincent se fait appeler Jérôme), il répand des traces de sa fausse identité, et efface les vrais indices pour assurer sa sécurité.

Irène Cassini (Uma Thurman) sa collègue — qui malgré sa conception « parfaite » est atteinte de problèmes cardiaques — semble secrètement amoureuse de Vincent, mais elle est timide à cause de son « imperfection » génétique. Elle croit que Jérôme est trop parfait et qu'il va donc la rejeter. Elle fait en cachette un test d'ADN de Jérôme/Vincent (en lui volant un cheveu) et elle vérifie, qu'il est en effet génétiquement parfait (car le cheveu appartient en réalité à Jérôme). Elle lui avoue ce qu'elle a fait et lui donne à son tour un de ses cheveux, en lui disant que si après l'analyse il est toujours intéressé par elle, il sait où la trouver. Mais Vincent laisse tomber le cheveu pour lui montrer qu'il n'attache aucune importance à la perfection génétique. Ils se mettent à sortir ensemble.

Meurtre[modifier | modifier le code]

Une semaine avant de quitter la Terre pour Titan, l'un des satellites de Saturne, son directeur de mission — qui gère les projets et les lancements — est assassiné.

La police, dont Anton fait partie, ne tarde pas à chercher et scruter chaque fibre, squame ou cil pouvant se trouver sur les lieux, afin de déterminer l'identité de celui qui les a semés et ainsi démasquer l'auteur du forfait. Les inspecteurs trouvent un cil, appartenant à un invalide qui faisait autrefois le ménage, Vincent. On notera que d’après l'analyse ADN, Vincent devait mourir à 30 ans et 2 mois, or il a dépassé cet âge, ce qui sème le trouble dans l’enquête car on retrouve régulièrement ses traces (un cil et de la salive sur un gobelet).

Continuant comme avant mais devant redoubler de précautions, Jérôme poursuit et développe sa relation avec Irène, échappe à la Police grâce à sa double identité, puis aux tests de Lamar et des inspecteurs par de subtiles manœuvres. Anton, guidé par Irène, va chez Eugène pour vérifier son identité avec un test de sang, celle-ci ne reconnaît pas le Jérôme qu'elle aime (c'est-à-dire, Vincent), mais le vrai Jérôme. S'ensuit un face-à-face Irène-Eugène puis une scène d'explications tumultueuses entre Jérôme (Vincent) qui arrive, et Irène à qui il avoue son secret et son nom, mais cette dernière fuit.

L'enquête aboutit, le chef en second Directeur Josef (Gore Vidal) est arrêté par le Détective Hugo (Alan Arkin). Son mobile : la fenêtre de lancement pour Titan n'est ouverte qu'une fois tous les 70 ans, or le directeur de mission voulait tout annuler ; en le tuant, il gagnait du temps pour empêcher cela. Le meurtrier n'avait dans son profil aucune trace de violence d'un point vue génétique. La recherche de l'« invalide » est abandonnée puisque inutile.

Anton, son frère qui l'a reconnu, reproche à Vincent son imposture. Il est jaloux de son frère qui, bien que prétendument inférieur, l'a surclassé. Il lui lance alors un défi comme lors de leur jeune temps, défi qu'il perd pour la deuxième fois, mais qui lui montre que Vincent est plus déterminé.

Adieux[modifier | modifier le code]

Peu avant le départ, Vincent/Jérôme et Irène réconciliés se revoient, il lui donne un cheveu pour un test ADN et prouver ses allégations passées mais elle réagit comme lui auparavant, le cheveu s'envole. Puis il lui annonce qu'il part pour Titan.

De retour chez Eugène, Vincent se prépare à partir sur Titan. Tout en discutant, son ami lui montre toutes ses préparations et annonce ses « vacances ».

À Gattaca, juste avant le départ, il doit subir une dernière analyse d'urine qui le prend au dépourvu. N'ayant rien pour fausser son identité, il accepte, fataliste, son échec. Son identité d'invalide au nom de Vincent est révélée aux yeux du Dr Lamar qui valide malgré tout le résultat au nom de Jérôme. Le docteur Lamar sait la vérité apparemment depuis longtemps. Et son propre jeune fils est dans une situation similaire à celle de Vincent. Il lui dit : « Mon fils vous admire beaucoup. Il voudrait entrer à Gattaca un jour. Malheureusement mon fils n'est pas tout ce qu'ils avaient promis. Cependant, qui sait ce qu'il pourrait faire, non ? » Et en ajoutant « À titre d'information pour l'avenir, les droitiers ne tiennent pas leur outil de la main gauche. Juste un petit détail. » Il le laisse partir vers le couloir qui mène a la fusée.

Vincent, imposteur, monte dans la fusée qui décolle vers les étoiles tandis qu'Eugène, le vrai Jérôme, se suicide dans son incinérateur domestique, où sa médaille d'argent vire à l'or grâce aux flammes. Pendant le décollage, Vincent trouve une mèche de cheveux d'Eugène. La raison étant qu'il lui a dit, peu avant, que de vivre avec lui, lui a permis de partager son rêve d'aller dans l'espace.

Production[modifier | modifier le code]

Lieux de tournage[modifier | modifier le code]

Intérieur du Centre municipal du comté de Marin où ont été tournées plusieurs scènes du film

De nombreuses scènes sont tournées dans le Centre municipal du comté de Marin, ouvrage réalisé par l'architecte américain Frank Lloyd Wright en 1957 à San Rafael (Californie). Le même bâtiment a servi pour une autre production de science-fiction, THX 1138 de George Lucas. L'escalier en colimaçon suggère l'image d'une double hélice d'ADN. Le reflet dans un miroir d'un élément du décor formant une croix suggère la structure d'un chromosome.

Le tournage a eu lieu en Californie (Los Angeles, Barstow, Culver City, San Diego, San Rafael, Inglewood)[4].

Accessoires[modifier | modifier le code]

Les voitures utilisées dans le film ont été retenues pour leur originalité et leur avant-gardisme au moment de leur sortie : une Citroën DS décapotable française et une Studebaker Avanti américaine, ainsi que plusieurs Rover P6 britanniques. Le bruitage rappelle qu'elles sont à propulsion électrique dans le film[5].

Les haut-parleurs de l'entreprise dans laquelle travaille le protagoniste de l'histoire font leurs annonces d'abord en esperanto puis en anglais dans la version originale.

Générique[modifier | modifier le code]

Dans les génériques (de début et de fin), les lettres G, A, T et C apparaissent avant les autres, en référence aux quatre bases, composants de l'ADN. Les lettres utilisées pour le nom de « Gattaca » reprennent les initiales utilisées pour désigner les bases de l'ADN, GCAT, c'est-à-dire guanine, cytosine, adénine, et thymine, la séquence GATTACA est en fait tellement courte qu'elle apparait plusieurs fois dans de nombreux génomes[5],[6].

Musique[modifier | modifier le code]

Gattaca

Bande originale de Michael Nyman
Sortie 21 octobre 1997
Durée 54:55
Genre Musique contemporaine, musique minimaliste
Label Virgin Records

Albums de Michael Nyman

  1. The Morrow – 3:13
  2. God's Hands – 1:42
  3. The One Moment – 1:40
  4. Traces – 1:00
  5. The Arrival – 3:53
  6. Becoming Jerome – 1:06
  7. Call Me Eugene – 1:24
  8. A Borrowed Ladder – 1:47
  9. Further and Further – 2:43
  10. Not the Only One – 2:14
  11. Second Morrow – 2:24
  12. Impromptu for 12 Fingers – 2:55 (d'après L'Impromptu, op. 90 n° 3 de Franz Schubert)
  13. The Crossing – 1:24
  14. It Must Be the Light – 1:23
  15. Only a Matter of Time – 1:07
  16. I Thought You Wanted to Dance – 1:13
  17. Irene's Theme – 1:09
  18. Yourself for the Day – 2:20
  19. Up Stairs – 2:02
  20. Now That You're Here – 2:44
  21. The Truth – 2:13
  22. The Other Side – 3:44
  23. The Departure – 3:51
  24. Irene & the Morrow – 5:44

Réception critique[modifier | modifier le code]

Le film reçoit un accueil critique positif. Il atteint le pourcentage de 82 % d'opinions favorables sur le site Rotten Tomatoes pour 55 critiques[7]. Le film ne totalise que 64/100 sur Metacritic[8].

Pour Roger Ebert du Chicago Sun-Times, le film est « l'un des films de science-fiction les plus intelligents et provocateurs, un thriller avec des idées »[9].

Malgré beaucoup d'autres critiques élogieuses, le film ne sera pas un succès au box-office mais aura le mérite de relancer le débat autour de la génétique humaine[10]. Certains spécialistes considèrent ainsi très plausibles certains évènements du film[11].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Festival international du film de Catalogne 1997[12]
Meilleur film
Meilleure musique de film pour Michael Nyman
Oscars 1998
Nomination à l'Oscar de la meilleure direction artistique pour Jan Roelfs et Nancy Nye
Golden Globes 1998
Nomination au Golden Globe de la meilleure musique de film pour Michael Nyman
Festival international du film fantastique de Gérardmer 1998
Prix spécial du jury et prix Fun Radio
Satellite Awards 1998
Nomination au Satellite Award de la meilleure direction artistique pour Jan Roelfs
Saturn Awards 1998
Nomination au Saturn Award des meilleurs costumes pour Colleen Atwood
Nomination au Saturn Award de la meilleure musique pour Michael Nyman
Bogey Awards 1998
Prix Bogey pour le distributeur Columbia Tri-Star
Prix Hugo 1998
Nomination au Prix Hugo du meilleur film dramatique
Art Directors Guild Awards 1998
Nomination pour la meilleure direction artistique pour Jan Roelfs, Sarah Knowles et Natalie Richards
Festival international de Paris du film fantastique et de science-fiction 1998
Nomination pour le Grand prix
Saturn Awards 1999
Nomination au Saturn Award de la meilleure édition DVD
London Film Critics Circle Awards 1999
Scénariste de l'année pour Andrew Niccol, également pour The Truman Show

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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