Bientraitance

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La bientraitance est une notion utilisée dans le domaine de l'éthique. Elle peut s'appliquer aux enfants, aux personnes âgées, aux personnes handicapées, aux victimes d'accidents et de catastrophe, à des prisonniers, à des animaux domestiques, d'élevage, de zoos ou cirques…

Cette notion recouvre un ensemble d'attitudes et de comportements positifs et constants de respect, de bons soins, de marques et manifestations de confiance, d'encouragement et d'aide envers des personnes ou des groupes en situation de vulnérabilité ou de dépendance (tout particulièrement les enfants, les personnes âgées, les personnes handicapées, les malades patients n'ayant plus toute leur faculté de compréhension[1]).

La bientraitance peut être de type physique, moral, financier, sexuel et psychoaffective.

Éléments de définition[modifier | modifier le code]

La bientraitance est une attitude (des parents ou proches ou tuteurs, du personnel d'encadrement d'une structure à vocation médicale, sociale ou psychosociale), qui - au-delà d'actes matériels et affectifs inclut à l'égard d'un individu ou d'un groupe l'autonomisation des personnes ou groupes concernés

  • le respect de la personne (de l'animal le cas échéant) dans sa dignité, sa singularité, ses besoins physiques et affectifs, ses rythmes et de son histoire (y compris carences affectives, blessures narcissiques, traumatisme de viol, etc.)[2].
  • une attention portée au refus et à la non-adhésion de l'interlocuteur considéré ou du groupe considéré
  • la valorisation de l’expression et de l'autonomisation des personnes ou groupes concernés
  • une démarche proactive et continue d’adaptation à l'autre, malgré les variations éventuelles du contexte
  • une volonté et des actes créant et entretenant un environnement et des conditions de vie favorisant le bien-être et l'enrichissement de la personne, notamment en favorisant et sollicitant respectueusement et régulièrement la participation, l'expression des souhaits des usagers[3].
  • une attention portée à la sécurité et au sentiment de sécurité de l'autre, à sa santé physique et morale, ce qui implique d'intervenir en cas de violence (pour — dans le cas des services sociaux et médico-sociaux — « contenir la personne qui l’exerce envers les autres (...) et interroger les passages à l’acte violents à la lumière de la vie de l’institution et du parcours de l’usager » (...) en restant « neutres et sans jugement de valeur à l’égard des relations entre l’usager et ses proches » (Voir page 27 du guide[3] déjà cité).
  • une volonté et des actes créant et entretenant un environnement et des conditions de vie favorisant le bien-être et l'enrichissement de la personne, notamment en favorisant et sollicitant respectueusement et régulièrement la participation, l'expression des souhaits des usagers et des professionnel(le)s.

Ceci requiert aussi un soutien aux professionnels dans leur démarche de bientraitance (écoute, formation, promotion d'une réflexion éthique, soutien matériel, gouvernance adaptée...)

La Bientraitance est une attitude qui a pour particularité de partir des besoins et des désirs de l'autre dont on s'occupe et qui est en position de vulnérabilité. La Bientraitance amène donc les professionnels, et donc les institutions à s'adapter aux personnes vulnérables et non l'inverse. Cette dynamique demande donc aux institutions d'être suffisamment Claires, Cohérentes, Congruentes et Conséquentes afin de sécuriser les personnes qu'elles accueillent.

Bénéfices[modifier | modifier le code]

Quand la bientraitance concerne une personne (enfants, personnes âgées, personnes handicapées...), elle permet d'apporter à celui qui la reçoit un Bien-être. Autre bénéfice, indirect, de la bientraitance est de procurer également ce bien-être au soignant (infirmière, aide-soignant, médecin, psychologue, cadre de santé...). Comme l'expliquent les témoignages dans le reportage Vers des pratiques bientraitantes[4], la bientraitance assure une meilleure condition morale de la personne pris en charge mais également une sérénité pour le soignant.

Contexte légal[modifier | modifier le code]

Dans le monde

En France : trois textes juridiques récents sont concernés :

  • la loi no 2002.2 du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale ;
  • la loi no 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ;
  • la loi no 2007-293 du 5 mars 2007 réformant la protection de l’enfance.

Évaluation[modifier | modifier le code]

Elle a fait en France l'objet d'un guide de bonnes pratiques publié par l'ANESM (Agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux) en juin 2008[3]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Des soignants rendent aux malades d’Alzheimer leurs vies oubliées » Le Monde, 1er février 2008
  2. Canali, Marie et Anne-Marie Favard. « Maltraitance et bientraitance. Entre carence et blessure narcissique » Empan, no 54, mars 2004, p. 158-164.
  3. a, b et c Guide de bonnes pratiques en bientraitance (ANESM ; Agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux), Juin 2008 (PDF, 51 pages)
  4. Reportage vidéo d'Arnaud Lefèvre. « Vers des pratiques bientraitantes » shooting ducks prod, décembre 2009.
  5. Déclaration des droits des personnes handicapées

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Casagrande, Alice « Le cadre de santé, garant de la culture de la bientraitance » Soins gérontologie, no 65, mai-juin 2007, p. 16-19.
  • Corbet, Éliane. « Pour une « prévention des violences et maltraitance institutionnelles » ou pour la « promotion de la bientraitance » : que signifient ces glissements sémantiques? » Dossier * CREAI Rhône-Alpes, no 134, juin 2004, p. 14-19.
  • Debitu, Catherine, Lelouey-Boinet, Christine et al. « La bientraitance, un plus au quotidien : accompagner, éduquer, animer » CREAI Bretagne, À propos de…, Dossier no 7, octobre 2004.
  • Jean-Paul Deremble et Bernard Veysset, « La voie éducative » Gérontologie et société, cahier no 37, 1986, p. 5-14.
  • Desmet, Huguette et Pourtois, Jean-Pierre, Culture et bientraitance, Bruxelles: De Boeck, 2005.
  • Di Duca, Marco. « Accompagnement de parents d’un enfant en situation de handicap : l’engagement des professionnels dans la construction d’un foyer bientraitant » Dialogue, no 171, 1er trimestre 2006, p. 35-47.
  • Gabel, Marceline, Jésu, Frédéric et Manciaux, Michel. (Sous la direction). Bientraitances, mieux traiter familles et professionnels. Paris: Fleurus, 2000.
  • Huet, Marie et de Léonardis, Myriam. « Bientraitance et enjeux de scolarisation dans la société sénégalaise » in Desmet, H. et Pourtois, J.-B. (Sous la direction). Culture et bientraitance. Bruxelles: De Boeck, 2005, p. 115-130.
  • Jésu, Frédéric. « Des maltraitances à la bientraitance institutionnelle ? » in Gabel, Marceline, Jésu, Frédéric et Manciaux, Michel. (sous la direction de). Maltraitances institutionnelles. Paris : Fleurus, 1998, p. 285-303.
  • Manciaux, Marie-Agnès, et Lavallart, Benoît. « L’outil de sensibilisation “bientraitance” » La Revue de Gériatrie, tome 32, supplément C au no 10, décembre 2007, p. C30- C33.
  • Manciaux, Michel. « La bientraitance : une utopie mobilisatrice » Revue de psychologie de la motivation, no 34, décembre 2002, p. 18-23.
  • Mercier, Michel. « Maltraitance et bientraitance : du déni éthique au réductionnisme scientifique » La Revue Internationale de l’éducation familiale, no 8, 2004, p. 125-137.
  • Noel, Sophie, Saber, Minouche. « Vers une « bientraitance » de la personne âgée en milieu institutionnel ? » Revue francophone de Gériatrie et de Gérontologie, no 133, mars 2007, p. 112-117.
  • Peille, Françoise. La bientraitance de l’enfant en protection sociale. Paris: A. Colin, 2005.
  • Pourtois, Jean-Pierre, Desmet, Huguette, et Nimal Patricia. « Vers une définition des conditions de bientraitance » in Gabel, Marceline, Jésu, Frédéric et Manciaux, Michel (Sous la direction) Bientraitances, mieux traiter familles et professionnels. Paris: Fleurus, 2000, p. 67-91.
  • Rapoport, Danielle. La bien-traitance envers l’enfant. Des racines et des ailes. Paris: Belin, 2006.
  • Revue francophone de Gériatrie et de Gérontologie « Dossier bientraitance et accompagnement » no 133, mars 2007.
  • Sellenet, Catherine. « De la bientraitance des enfants à la bientraitance des familles? » Spirale, no 29, mars 2004, p. 69-80.
  • Tavan, Jean-Michel. « La bientraitance institutionnelle » Revue de psychologie de la motivation, no 39, 2005, p. 115-123.

Liens externes[modifier | modifier le code]