Charlotte de la Résurrection

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Anne-Marie-Madeleine-Françoise Thouret, en religion Sœur Charlotte de la Résurrection (1715 - 1794) est la doyenne des Carmélites de Compiègne qui furent guillotinées durant la Grande Terreur.

Elle a été béatifiée le par le pape Pie X. Elle est fêtée le 17 juillet[1] avec l'ensemble des Carmélites martyr de Compiègne.

Sœur Charlotte de la Résurrection
Image illustrative de l'article Charlotte de la Résurrection
Exécution des Carmélites, vitrail de l'église Notre Dame du Mont-Carmel de Quidenham (Angleterre)
Bienheureuse
Naissance
Mouy (Oise)
Décès   (78 ans)
barrière de Vincennes (Paris)
Nom de naissance Anne-Marie-Madeleine-Françoise Thouret
Nationalité Drapeau de la France Française
Béatification
par le pape Pie X
Vénéré par Église catholique romaine, Ordre du Carmel
Fête 17 juillet

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et entrée au Carmel[modifier | modifier le code]

Anne Marie Madeleine Thouret est née le à Mouy, dans le diocèse de Beauvais. Elle était une jeune femme recherchée pour sa gaieté. Orpheline de père, elle supporta mal le remariage de sa mère ainsi que l'autorité de son beau-père. Sa jeunesse développa en elle un goût immodéré pour la danse et toute occasion lui était bonne pour se soustraire à sa famille et aller danser. Sa gaieté lui permettait de trouver des alliés prêts à camoufler sa désobéissance filiale. Nonobstant, un « événement si tragique » à ses dires - dont nous ne savons rien - étant survenu au cours d'un bal, elle se jura de ne plus jamais mettre les pieds dans une salle de bal.

Elle entra au Carmel de Compiègne à l'âge de vingt-et-un ans en 1736 mais les cinq années qui séparent son entrée au couvent de la prononciation de ses vœux définitifs tendent à prouver que son cheminement spirituel fut ardu. Elle prit alors le nom de Sœur Charlotte de la Résurrection.

Elle occupa les fonctions d'infirmière du couvent puis de peintre. Elle mit beaucoup de zèle dans ses fonctions au point que sa santé s'en ressentit.

La Révolution[modifier | modifier le code]

Lorsque la Révolution française éclate en 1789, elle est la doyenne[2] du Carmel de Compiègne (elle est alors âgée de 74 ans) qui compte vingt-et-une religieuses. Elle marche avec une béquille.

À cause du décret du qui supprime les Ordres religieux (décret que sœur Charlotte reçut avec véhémence), chaque carmélite est invitée à déclarer si son intention est de sortir de son monastère. Toutes affirment « vouloir vivre et mourir dans cette sainte maison ».

La Consécration pour la France[modifier | modifier le code]

En septembre 1792, lorsque la mère prieure sent dans la communauté monter le désir du martyr, elle propose aux religieuses, de faire un acte de consécration par lequel "la communauté s'offrirait en Holocauste[3] pour apaiser la colère de Dieu et (pour) que cette divine paix que son cher Fils était venu apporter au monde fût rendue à l'Église et à l'État".

En effet, un siècle avant la Révolution une carmélite de ce monastère, sœur Élisabeth-Baptiste, avait vu en songe toutes les religieuses de son couvent dans la gloire du ciel, revêtues de leur manteau blanc et tenant une palme à la main[4]. L'interrogation quant à l'éventualité d'un martyr pour les religieuses de ce couvent était restée présente tout au long du siècle, jusqu'à l'arrivée de la Révolution et du début des violences.

Cette consécration est faite d'enthousiasme par toutes les religieuses, sauf deux, plus anciennes, qui expriment leurs craintes (Sœur Charlotte de la Résurrection faisait elle partie des ces deux religieuses ?). Elles sont moins émues par le sacrifice lui-même que de la manière dont il devra s'accomplir (la guillotine). Mais quelques heures plus tard, en pleurant, elles sollicitent la faveur de prêter à leur tour le serment, et ainsi de se joindre à leurs sœurs.

Chaque jour, la communauté renouvelle sa consécration[B 1], et son engagement à mourir pour la France.

Le , en application de la loi sur les congrégations religieuses, elles sont expulsées de leur couvent. Elles sont hébergées dans la ville de Compiègne, et vivent réparties en petits groupes dans 4 maisons, étroitement surveillées par la police locale.

Le , les religieuses sont arrêtées. Les mains liées dans le dos comme ses sœurs, ne pouvant se déplacer seule, sœur Charlotte est si violemment projetée à terre par ses bourreaux qu'on la croit morte, ce qui provoque la colère des témoins.

Les Carmélites de Compiègnes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Carmélites de Compiègne.

Pour le détail de la vie, du procès et de l'exécution des Carmélites, dont Charlotte de la Résurrection, se reporter à l'article des Carmélites de Compiègnes qui traite la vie de toute le communauté.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie sur le site Nominis
  2. Histoire du martyre communautaire sur le site de l’Association des Amis des Bienheureuses Carmélites de Compiègne
  3. Le terme d'holocauste est à prendre ici dans le sens hébraïque du terme : un sacrifice offert à Dieu pour expier une faute. Traditionnellement il s'agissait d'un animal (bouc, agneau, taureau,…) tué en offrande à Dieu, mais ici, il s'agit de la vie même des religieuses.
  4. La palme est le signe du martyr chez les chrétiens. Le martyr s'entendant bien sûr comme une vie donnée, offerte par amour, sans violence et sans laisser couler un sang autre que le sien.

Bulletin B34 Les carmélites de Compiègne, 1995 de la Société Historique de Compiègne disponible sur leur site Numéro d'ouvrage B34


Page web Les 16 bienheureuses Carmélites de Compiègne sur le site missel.free.fr

  1. Chapitre "Historique" sur la page Les 16 bienheureuses Carmélites de Compiègne, partie "Le songe de sœur Elisabeth Baptiste"