Bien de Giffen

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Article partiellement traduit de l'allemand : Giffen-Paradoxon.

Un bien de Giffen (du nom de l'économiste écossais Robert Giffen) est en microéconomie un bien pour lequel une hausse de son prix provoque une augmentation de sa consommation. En d'autres termes, cela correspond au cas d'un objet qui serait d'autant plus demandé que son prix serait plus élevé. Cette évolution de la demande du bien de Giffen avec le prix est assez paradoxale et ne semble avoir été confirmée en réalité que par très peu de cas valides observés.

Théoriquement, le bien de Giffen doit remplir les conditions suivantes :

  1. Être un bien inférieur, c'est-à-dire de première nécessité ;
  2. Ne pas avoir de bien disponible qui lui soit substituable ;
  3. Représenter un pourcentage considérable du revenu de l'acheteur.

Si la première condition est remplacée par « le bien doit être si inférieur que l'effet du revenu est plus fort que l'effet de la substitution », alors ces trois conditions sont suffisantes et nécessaires.

Le cas du bien de Giffen se retrouve lorsque le revenu est très faible et que le prix le moins cher du bien est encore trop cher pour le consommateur.

Histoire[modifier | modifier le code]

Robert Giffen « découvre » ce type de bien en étudiant le comportement des Irlandais confrontés à la hausse du prix des pommes de terre. Dans une conjoncture où le pouvoir d'achat des gens les plus modestes diminue en même temps que le prix des pommes de terre augmente, Giffen constate que leur comportement de consommation se modifie : Ils réduisent la consommation des autres biens et consomment plus de pommes de terre, qui se trouvent être le bien le moins cher. Cet exemple est attribué à Paul Samuelson et contesté par de nombreux historiens.

Exemple[modifier | modifier le code]

  • Exemple 1 : Admettons qu'un consommateur ait 3 Euro par jour à disposition. Il achète chaque jour 1 pain pour 1 Euro et un morceau de viande pour 2 Euro. Imaginons que le prix du pain augmente à 1,50 Euro. Après l'achat d'un pain (au nouveau prix du marché), le consommateur n'a pas assez d'argent pour s'acheter un morceau de viande, il va donc acheter un pain supplémentaire à la place. Le pain est, dans ce cas, un bien de Giffen. La demande croissante dans tous les cas doit s'arrêter au point où le consommateur n'arrive pas à réunir des moyens financiers supplémentaires.
  • Exemple 2 : Imaginons maintenant que le prix du pain de l'exemple 1 augmente à 2 Euro, le consommateur ayant toujours que 3 Euro à disposition, ne peut plus que consommer 1 pain. Si le prix du pain dépasse 2 Euro, - sans que le prix de la viande augmente- le consommateur va peut-être de nouveau consommer de la viande.
  • Exemple 3 : Un étudiant a un budget de 20 Euro par semaine (5 jours) pour ses repas de midi. Il ne peut en aucun cas les dépasser. Comme il préfère aller au restaurant de proximité, il utilise une grosse part de son budget pour manger là deux fois par semaine à 7 Euro le repas. Pour les 3 jours restants, il va indifféremment (sur plusieurs semaines) à la pizzeria et à la cantine de son école. Dans ces deux établissements, il peut manger pour 2 Euro. Admettons qu'il doit maintenant réduire son budget à 10 Euro, il ne peut donc plus aller manger au restaurant, il doit donc aller chaque jour soit à la cantine, soit à la pizzeria. Ces deux offres de repas sont donc des biens inférieurs absolus. Imaginons maintenant que le prix des pizzas augmentent aussi, l'étudiant, avec son budget restreint ne peut plus manger à la pizzeria et au restaurant, il est donc obligé de manger chaque jour à la cantine. On déduit donc que la pizza n'est pas, dans notre exemple, un bien de Giffen, bien qu'elle soit un bien inférieur absolu.

Notes et références[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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