Bibliothèque de l'Arsenal

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48° 51′ 01″ N 2° 21′ 48.7″ E / 48.85028, 2.363528

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La bibliothèque de l'Arsenal vue du boulevard Morland. Dessin de Charles Ransonnette (1848).

La bibliothèque de l’Arsenal fait partie de la Bibliothèque nationale de France. Elle est située au 1 rue de Sully, dans l’ancien Arsenal de Paris fondé par le roi François Ier au XVIe siècle, puis reconstruit par Sully, et élargi par l’architecte Germain Boffrand au XVIIIe siècle, dans le 4e arrondissement, au sein du quartier de l’Arsenal (15e quartier de Paris), en face du Pavillon de l'Arsenal.

Histoire[modifier | modifier le code]

Bibliothèque de l'Arsenal sur la place du Père-Teilhard-de-Chardin.
Louis Ulbach, dit Ferragus, qui fut bibliothécaire à l'Arsenal, et y mourut en 1889

À l’origine, cette bibliothèque est celle d’Antoine-René de Voyer de Paulmy d'Argenson (1722-1787), marquis de Paulmy, puis d’Argenson, installé en 1757 dans la résidence du Grand Maître de l’Artillerie, au cœur de l’ancien Arsenal de Paris, et qui possédait une riche collection, constituée notamment de manuscrits médiévaux et d’estampes. En 1786, il avait également fait l’acquisition de la collection du duc de La Vallière et, de son vivant, voulut que les savants eussent toute liberté de venir profiter de ses richesses. Ambitionnant de faire de l’Arsenal une seconde Bibliothèque royale, il la revendit en entier, en 1785, au comte d’Artois. Ainsi, le roi avait sa bibliothèque, qui était publique, et avec laquelle aucune autre assurément ne pourrait rivaliser pour le nombre et l’importance des volumes mais, grâce à ces dispositions, le frère du Roi aurait aussi sa bibliothèque, qui, comme l’autre, serait publique.

À la Révolution, le peuple se porta en foule à l’Arsenal pour la détruire lorsqu’il apprit, le jour de la Bastille, qu’il y existait une bibliothèque appartenant au comte d’Artois. Ne sachant comment résister à un pareil assaut, le bibliothécaire ordonna au Suisse de changer de livrée et de prendre l’habit de la maison du Roi. Lorsque le Suisse ouvrit la porte, le peuple se retira, à la vue de la livrée du Roi, en croyant s’être trompé. Lorsque les décrets des 27 juillet et 2 septembre 1792 prononçant la confiscation et la vente au profil de la nation de tous les biens mobiliers et immobiliers des personnes ayant quitté la France et servant dans les armées ennemies fit du dépôt de livres de l’Arsenal devenait un bien national, qui forma, dès lors, le huitième « dépôt national littéraire » de Paris. On y déposa les archives de la Bastille et de nombreuses œuvres de qualité provenant des grandes abbayes parisiennes. Le 28 avril 1797, elle fut ouverte au public.

Redécouverte au XIXe siècle par Charles Nodier, qui en fut le bibliothécaire, sa notoriété ne cessa de croître, notamment grâce au Cénacle dont elle constitua le quartier général, ainsi que son fond, enrichi par l’obligation du dépôt légal en 1837. Au XIXe siècle, les collections furent de plus en plus orientées vers la littérature, en particulier le théâtre. Depuis 1934, elle est rattachée à la Bibliothèque nationale de France, dont elle est un département[1].

L’Arsenal aujourd’hui[modifier | modifier le code]

L’Arsenal possède aujourd’hui environ un million de volumes (dont 150 000 datant d’avant 1880), un peu plus de 12 000 manuscrits, 100 000 estampes, et 3 000 cartes et plans. Sa politique d’acquisitions se concentre sur la littérature française du XVIe au XIXe siècle, les publications en rapport avec les archives et les fonds déjà en place, la bibliophilie, l’histoire du livre et la reliure, ainsi que l’histoire de l’Arsenal lui-même et de ses occupants.

Les grands fonds[modifier | modifier le code]

Façade (détail) de la bibliothèque de l'Arsenal.
Intérieur de la bibliothèque de l'Arsenal.
  • Archives de la Bastille : datant de 1660, elles comprennent les registres d’écrou des détenus (y compris ceux du marquis de Sade et d’autres prisonniers célèbres), les archives de la Lieutenance de police de Paris, de la Chambre de l’Arsenal et de la Chambre du Châtelet, les documents privés des dirigeants de la Bastille, et une partie des papiers de la famille royale.
  • Fonds Prosper Enfantin : le disciple du saint-simonien Prosper Enfantin, Paul-Mathieu Laurent, dit « Laurent de l’Ardèche », qui fut administrateur de la bibliothèque de 1853 à 1871, procéda à l’acquisition, en 1865, des documents de son maitre, qui constituent une riche source pour l’histoire du saint-simonisme.
  • Fonds Lambert : en 1969, Pierre Lambert, un libraire qui avait consacré sa vie à collectionner des objets liés à l’écrivain Joris-Karl Huysmans, a légué sa collection à la bibliothèque. Elle comprend des manuscrits, lettres, œuvres ayant appartenu à Huysmans, et des éditions originales de ses œuvres.
  • Fonds Louis-Sébastien Mercier : en 1967, l’Arsenal a acquis les papiers de Louis-Sébastien Mercier, surtout connu pour ses descriptions de Paris, et qui a eu une grande influence sur l’évolution du théâtre et en particulier sur le drame réaliste. Le fonds comprend des documents biographiques et la correspondance, des articles, des notes, des manuscrits du Nouveau Paris, ses pièces de théâtre et ses œuvres poétiques et la philosophiques.
  • Fonds Lacroix : Paul Lacroix, dit « le Bibliophile Jacob », a travaillé plusieurs années à l’Arsenal. Après sa mort en 1884, la bibliothèque a acquis la plupart de ses papiers personnels, y compris sa collection d’autographes, contenus dans des lettres d’écrivains, de musiciens et des philosophes précédant et pendant l’époque de Lacroix.
  • Fonds Péladan : en 1936, l’Arsenal a acquis tous les papiers de Joséphin Peladan, un écrivain spiritualiste fasciné par les sciences occultes qui fonda sa propre église en 1891. La bibliothèque est particulièrement riche en documents occultes, notamment avec les manuscrits originaux de Le livre d'Abramelin le Mage et le Livre de Pénitence d'Adam.
  • Fonds José-Maria de Heredia : les filles du poète José María de Heredia, qui fut bibliothécaire de l’Arsenal de 1901 jusqu’à sa mort en 1905, ont fait don à la bibliothèque d’un fonds de portraits, de manuscrits, d’œuvres et de lettres concernant leur père et elles-mêmes. L’une d’elles, Marie de Régnier, a légué sa bibliothèque de l’Arsenal, qui est également très riche en éléments liés à l’écrivain Pierre Louÿs, qui était le gendre de Heredia.
  • Fonds Georges Douay : l’homme du monde, amateur de théâtre, et compositeur de chansons et d’opérettes, Georges Douay, a légué à l’Arsenal en 1919 le fonds (principalement d’imprimés) sur le théâtre français du XVIe au début du XXe siècle, qu’il avait rassemblé.
  • Archives Parlementaires : les imprimés officiels de l’Assemblée nationale à partir de 1789.
  • Affiches : La collection da gravures contient des portraits, de nombreuses caricatures de la Révolution et la Restauration, une série de topographique de plans et de vues de villes et de grandes séries des écoles italiennes, allemandes et anglaises du XVIIIe siècle acquises par Paulmy cours de ses voyages dans toute l’Europe.
  • Cartes et plans : Paulmy acquis une série des plans de reconnaissance militaires réalisées pour son oncle, le comte d’Argenson, qui était ministre de la guerre.
  • Musique : la collection de manuscrits et de solfège de l’Arsenal provient presque exclusivement du XVIIIe siècle, à l’exception de quelques manuscrits médiévaux. La plupart de la collection de musique a été collectée par Paulmy.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Présentation par la Bibliothèque nationale de France

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Babelon, Le Palais de l'Arsenal à Paris - Étude architecturale et essai de répertoire iconographique critique, in Bulletin monumental, tome 128-IV, année 1970, p. 267-310
  • Henry Martin, Histoire de la Bibliothèque de l’arsenal, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1900.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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