Bibliothèque de Celsus

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Bibliothèque de Celsus
Façade de la bibliothèque de Celsus
Façade de la bibliothèque de Celsus

Lieu de construction Éphèse
Date de construction À partir de 117
Ordonné par Tiberius Iulius Aquila Polemaenus
Type de bâtiment Bibliothèque
Coordonnées 37° 56′ 21″ N 27° 20′ 27″ E / 37.939139, 27.34075 ()37° 56′ 21″ Nord 27° 20′ 27″ Est / 37.939139, 27.34075 ()  

Géolocalisation sur la carte : Turquie

(Voir situation sur carte : Turquie)
Bibliothèque de Celsus
Liste des monuments de la Rome antique

La bibliothèque de Celsus est un bâtiment d'architecture romaine à Éphèse, en Anatolie, en Turquie actuelle. La bibliothèque n’a été révélée que par des restes monumentaux. Icône emblématique et fierté de la cité au IIe siècle après J.-C., ce bâtiment l’est encore de nos jours puisqu’il figure sur certains billets de banque turcs.

Histoire[modifier | modifier le code]

Construite à partir de 117, elle fut dédiée par Tiberius Iulius Aquila Polemaenus le gouverneur de la ville, à Tiberius Iulius Celsus Polemaeanus, son père, qui gouvernait la ville avant lui. Iulius Aquila, qui décède avant la fin des travaux, lèguera une somme de 25 000 deniers pour l'achat des livres. Les héritiers achèvent son oeuvre.

Abritant pas moins de 12 000 rouleaux, conservés dans des placards en bois encastrés dans les murs (ce qui explique qu’elle ait été détruite par un incendie), elle occupait le troisième rang des plus grandes bibliothèques du monde, derrière celles d’Alexandrie et de Pergame.

Incendiée par les Goths en 263, tout ce qu’elle renfermait fut détruit. Devant la façade en ruines, les Ephésiens installèrent des plaques de marbre pour construire un bassin de fontaine. La façade actuellement en place est le fruit de huit années de travaux d'anastylose. Entre 1970 et 1978, les chercheurs F. Hueber, un architecte et V. M. Strocka, un archéologue, travaillèrent presque exclusivement au relèvement de celle-ci, haute de plus de 16 mètres et large de 10.

Description[modifier | modifier le code]

D'une hauteur de 8 mètres, la bibliothèque de Celsus abrite plusieurs statues qui représentent la sagesse, la vertu, l'arété, et la justice.

La façade monumentale de la bibliothèque, parfaitement restaurée, comprend deux niveaux. Le niveau inférieur repose sur un podium légèrement courbe d'une longueur de 21 mètres, précédé de neuf marches. Il est composé de colonnes corinthiennes doubles qui précédent les trois portes du bâtiment. Celle du centre est plus haute et plus large que les autres. Les quatre niches qui encadrent les portes abritent des copies de statues aujourd'hui conservées au musée de Vienne en Autriche. Les inscriptions sur les socles — la Sagesse (sophia), la Science (épistémè), la Fortune (ennoia) et la Vertu (arèté) — identifient les figures qui témoignaient des qualités attribuées à Celsus. Les colonnes du deuxième niveau de la façade, identiques à celles du bas mais de tailles réduites, supportaient des frontons alternativement triangulaires et semi-circulaires qui surmontaient chacun une fenêtre.

Les parois de la grande salle de lecture de la bibliothèque (10,92 m × 16,72 m) étaient recouvertes de marbres décoratifs. L'abside du mur occidental, au-dessus de la tombe de Celsius, abritait sans doute la statue de Celsius ou de son fils, retrouvée au cours des fouilles et exposée aujourd'hui au Musée Archéologique d'Istanbul. Les rouleaux manuscrits étaient rangés dans des niches identiques à celles qui apparaissent dans la partie supérieure des murs. Un deuxième rang de niches, au niveau supérieur de la salle, était accessible par une galerie en bois. La salle pouvait ainsi contenir 12 000 rouleaux. Un vide sanitaire destiné à les protéger de l'humidité était creusé derrière les niches.

L'intérieur de la bibliothèque sera ravagé par un incendie lors de l'invasion des Goths en 262, tandis que la façade ne subit pratiquement aucun dégât. Elle est restaurée au Ve siècle, en même temps qu'un certain nombre d'autres bâtiments d’Éphèse, et dotée d'une petite fontaine placée à proximité des escaliers d'accès au podium de la façade, ornée de reliefs provenant du monument érigé en souvenir de la guerre contre les Parthes. Un séisme détruit l'ensemble au Xe siècle.

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Références[modifier | modifier le code]