Bibliothèque de Caen

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Bibliothèque de Caen
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Caen
Coordonnées 49° 10′ 49″ N 0° 22′ 14″ O / 49.1801658, -0.370474849° 10′ 49″ Nord 0° 22′ 14″ Ouest / 49.1801658, -0.3704748  
Informations générales
Date d’inauguration 1809
Superficie 10 sites
Informations visiteurs
Site web http://www.caenlamer.fr/bibliothequecaen/

Géolocalisation sur la carte : Caen

(Voir situation sur carte : Caen)
Bibliothèque de Caen

La bibliothèque de Caen est une bibliothèque municipale classée à vocation intercommunale située à Caen et gérée, comme celles d'Hérouville Saint-Clair et d'Ifs, par la Communauté d'agglomération Caen la Mer[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La bibliothèque de l'Université de Caen (XVe ‑ XVIIIe siècles)[modifier | modifier le code]

Jusqu'au XVe siècle, les bibliothèques les plus importantes se trouvaient dans les établissements religieux. Les plus reconnues étaient celle de l'abbaye aux Hommes, de la collégiale du Saint-Sépulcre de Caen ou du couvent des Cordeliers[2]. En 1431, une bibliothèque publique est créée au sein de l'université de Caen nouvellement fondée par l'occupant anglais. Cette bibliothèque universitaire est ouverte au public à partir de 1453. En 1515, 278 volumes y étaient dénombrés. En mai 1562, les différentes bibliothèques de la ville sont pillées par les troupes huguenotes. La bibliothèque universitaire, privée de la majeure partie de ses collections, est supprimée en 1701. Les quelques ouvrages restants sont confiés à l'intendant de la généralité de Caen, Nicolas-Joseph Foucault.

En 1736, Antoine Cavelier, imprimeur de l'Université, entreprend de reconstituer les fonds de la bibliothèque universitaire. Il est aidé financièrement dans sa tâche par le cardinal de Fleury, abbé commendataire de Saint-Étienne de Caen, et Mgr de Luynes, évêque de Bayeux. Plus de 80 auteurs, tels Voltaire, Antoine Houdar de La Motte, l'abbé de Saint-Pierre, font également don de volumes. Le petit-fils de Samuel Bochart offre 2 662 volumes[3] notamment de remarquables manuscrits arabes réunis par l'érudit. Forte de ces nombreuses donations, la collection, installée dans une galerie du palais des facultés construit entre 1694 et 1704 le long de l'actuelle rue Pasteur[4], s'élève en 1759 à 7 114 volumes. Après la suppression de la Compagnie de Jésus en 1763-1764, les fonds de la bibliothèque du collège du Mont qui n'ont pas encore été dispersés viennent enrichir cette collection. Dans les années 1780, la bibliothèque comptait environ 13 000 ouvrages[3]. Quand la Révolution française éclate, François Moysant, le conservateur en place depuis 1786, est chargé de la surveillance des bibliothèques des établissements religieux supprimés ; mais en désaccord avec les tournures que prennent les évènements, il s'exile en Angleterre. Son neveu, M. Hébert, prend sa place. Celui-ci préserve l'essentiel des collections qui s'enrichissent également de plusieurs dons effectués par des membres du Gouvernement[5].

La bibliothèque municipale (XIXe ‑ XXe siècles)[modifier | modifier le code]

La salle Rayer en 1896

En 1802, les autorités municipales décident de transférer la bibliothèque dans l'ancienne église des Très-Saints-Cœurs-de-Jésus-et-Marie du séminaire des Eudistes de Caen, transformée en hôtel de ville depuis 1792. À la même époque, François Moysant récupère son poste de conservateur et reprend la collecte les fonds des anciennes maisons religieuses du Calvados. Les fonds de l'ancien couvent des Cordeliers de Caen sont ainsi incorporés à la collection de la bibliothèque devenue municipale. En 1803, d'importants dépôts en provenance de Paris viennent grossir les fonds de la bibliothèque municipale. Le 2 décembre 1809, la nouvelle bibliothèque, après quelques années de travaux, est ouverte au public.

Installée au premier étage de l'ancienne chapelle, la bibliothèque prend la forme d'une croix latine longue d'environ 48 m sur 26 m (149 pieds de long sur 80 de large) [6] divisée en trois salles[7] abritant les quelque 25 000 volumes de la collection. L'entrée de la bibliothèque est éclairée par un vitrail représentant Charles de Bourgueville. Dans la grande salle, sont suspendus 39 portraits représentant des hommes illustres de Caen, comme François de Malherbe, Charles de Bourgueville, Jean Regnault de Segrais, Samuel Bochart, Pierre-Daniel Huet, Gervais de La Rue ou Jacques Crevel[8].

Au XIXe siècle, les collections s'enrichissent de nombreux legs. La fille du docteur Pierre Rayer, ancien étudiant de l'université de Caen, fait ainsi don d'environ 9 000 volumes réunis par son père. Une salle spéciale, décorée de boiseries réalisées par les menuisiers de la Bibliothèque nationale de France, est aménagée dans l'ancienne chapelle des Eudistes. Théophile Baudement, conservateur de la Bibliothèque nationale, lègue de précieux ouvrages annotés par Pierre-Daniel Huet et d'autres documents concernant l'évêque d'Avranches[9]. En 1897, la bibliothèque est classée[10].

La nouvelle bibliothèque municipale (depuis le milieu du XXe siècle)[modifier | modifier le code]

Au moment où la Seconde Guerre mondiale éclate, les fonds de la bibliothèque sont constitués d'environ 200 000 volumes. Les manuscrits et les livres de la Réserve sont mis à l'abri. Le 7 juin 1944, l'ancien séminaire des Eudistes est partiellement détruit lors des premiers bombardements aériens de la bataille de Caen. Le soir du 7 juillet, un nouveau bombardement détruit ce qu'il reste du séminaire et les fonds de la bibliothèque partent en fumée[11]. On projette tout d'abord de reconstruire l'hôtel de ville, la bibliothèque et le musée des Beaux-Arts à leur emplacement d'avant-guerre. Mais le projet est définitivement abandonné en 1954[12]. L'abbaye aux Hommes est transformée en hôtel de ville et il est prévu que la bibliothèque municipale y soit transférée également. Mais de nombreux obstacles techniques poussent la Municipalité à prendre la décision en 1964 de construire un bâtiment neuf.

Jean Merlet, architecte en chef des monuments historiques, est chargé de bâtir cette bibliothèque juste en face de l'abbaye à l'emplacement du cinéma Trianon, détruit en novembre 1966[13]. Du fait de son emplacement privilégié sur la place Guillouard - espace public bordé de bâtiments historiques (abbaye aux Hommes, église Saint-Étienne-le-Vieux, palais de justice légèrement plus au nord) -, deux projets s'opposent : la Municipalité souhaiterait un bâtiment sobre en pierre de Caen avec toit en pentes d'ardoise afin qu'il se fonde le plus possible dans le paysage, alors que le Conseil général des bâtiments de France envisage un édifice plus contemporain. Un compromis est finalement trouvé en 1968.

La bibliothèque est ainsi constituée de deux bâtiments contigus. S'élevant sur deux niveaux avec entresol, les ailes sur la place Guillouard et sur l'avenue Sorel sont construites en pierre avec un toit en ardoise ; elles abritent les salles ouvertes au public. Les magasins et les services administratifs, quant à eux, sont construits à l'arrière ; ce bâtiment, plus bas que le précédent, s'élève sur quatre niveaux, l'ensemble étant surmonté d'un toit-terrasse. L'exécution du projet est confiée au cabinet d'architectes Clot et Dupuis. Pendant l'hiver 1968-1969, François Dupuis décide de reprendre le programme en consultant les bibliothécaires et les employés de la future bibliothèque[14]. La nouvelle bibliothèque municipale est finalement ouverte le 1er octobre 1971. Elle est inaugurée le 7 juin 1972. Plusieurs annexes sont également construites dans les nouveaux quartiers aménagés à la périphérie de la ville. La première ouvre à la Guérinière le 6 mai 1960[15] et six autres sont créées entre 1975 et 1992[16].

En janvier 2003, les bibliothèques municipales de Caen, Ifs et Hérouville-Saint-Clair sont transférées à la communauté d'agglomération Caen la Mer. Celle-ci décide de construire une bibliothèque multimédia à vocation régionale sur la presqu'île portuaire, à proximité du Cargö et de l'École supérieure d'arts et médias de Caen en remplacement du site du centre-ville de Caen. En septembre 2011, le projet de Rem Koolhaas est retenu. D’une superficie de 12 000 m2, sur 4 niveaux, le bâtiment aura la forme d'une croix de Saint-André afin de regrouper quatre pôles : les arts à l’Est, les sciences humaines au Sud, la littérature à l’Ouest et les sciences et techniques au Nord[17]. Son coût est estimé à 48,3 millions d'euros[18]. Le chantier de la future bibliothèque a été lancé le 6 juillet 2013 pour une ouverture prévue à l'automne 2016[19].

Collections[modifier | modifier le code]

Volumes
Incunables 101
Manuscrits 1 090
Monographies 574 752
Périodiques 94
Estampes 6 964
Enregistrement sonore 59 690
Documents musicaux imprimés 646
Bibliothèque d'Ifs

La bibliothèque de Caen est attributaire du dépôt légal imprimeur de Basse-Normandie. Elle est donc habilitée à recevoir tous les documents imprimés dans les départements de la Manche, de l'Orne et du Calvados.

Les 10 bibliothèques gérés par Caen la Mer 

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Ageron, « Les manuscrits arabes de la bibliothèque de Caen », dans les Annales de Normandie, juin 2008, 58e année n. 1 et 2, p. 77-133.
  • Monique Dosdat, Pages choisies : manuscrits, incunables et livres à gravures IXe ‑ XVIe siècles, Caen, Bibliothèques de la Ville de Caen, 1997.
  • Alain Girard, Catalogue des incunables conservés à Caen, Caen, Bibliothèques de la ville de Caen, 1981.
  • René-Norbert Sauvage, Léon-Honoré Labande, Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France. Tome XLIV, Départements. Caen (Collection Mancel), Bibliothèque municipale de Caen, Paris, Plon, 1911.
  • Gaston Lavalley, Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque municipale de Caen précédé d'une notice historique sur la formation de la bibliothèque, Bibliothèque municipale de Caen, Caen, [s.n.], 1880.
  • Gaston Lavalley, Catalogue des ouvrages normands de la Bibliothèque Municipale de Caen, Caen, L. Jouan, 1910.
  • Georges Mancel, Notice sur la bibliothèque de Caen, Caen, A. Le Roy, 1840.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bibliothèque de Caen sur le site de Caen la Mer.
  2. Guillaume-Stanislas Trébutien, Caen, son histoire, ses monuments, son commerce et ses environs, guide du touriste, Caen, F. Le Blanc-Hardel, 1870 ; Brionne, le Portulan, Manoir de Saint-Pierre-de-Salerne, 1970, p. 181.
  3. a et b Gaston Lavalley, Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque municipale de Caen précédé d'une notice historique sur la formation de la bibliothèque, Bibliothèque municipale de Caen, Caen, [s.n.], 1880.
  4. Christophe Collet, Caen, cité médiévale : bilan d'histoire et d'archéologie, Caen, Caen Archéologie, 1996.
  5. Georges Mancel, Notice sur la bibliothèque de Caen, Caen, A. Le Roy, 1840 [lire en ligne (page consultée le 15 mars 2009)].
  6. F. Vaultier, Histoire de la Ville de Caen depuis son origine jusqu'à nos jours, B. Mancel, 1843, p. 348.
  7. Collection Yves Benain.
  8. Guides Joanne, Caen et les bains de mer de Lion à Port-en-Bessin, Paris, Hachette et Cie,‎ [1889-1890], 136 p. (lire en ligne), p.24.
  9. Trébutien, op. cit., p. 290-294.
  10. Bibliothèque de la Communauté d'agglomération de Caen la mer, Catalogue collectif de France, Bibliothèque nationale de France.
  11. Caen et la Seconde Guerre mondiale.
  12. Dossier pédagogique du Musée de Normandie, réalisé par l’Association des Amis du Musée de Normandie : Caen et la Reconstruction, p. 22, [lire en ligne (page consultée le 3 octobre 2008)].
  13. Rémy Desquesnes, Caen 1900-2000 : un siècle de vie, Fécamp, Éditions des Falaises, 2001, p. 192.
  14. Geneviève Lecacheux, « La Nouvelle Bibliothèque municipale de Caen », BBF, 1972, no 11, p. 483-494 [lire en ligne (page consultée le 15 mars 2009)].
  15. « Chronique des bibliothèques » dans la revue BBF, 1960, Paris, t. 5, no 7.
  16. Caen Magazine, no 49, septembre-octobre 2001.
  17. La future Bibliothèque Multimédia à Vocation Régionale de Caen la mer sur la presqu'île de Caen ( ouverture premier semestre 2016) sur le site de Caen la Mer.
  18. Ouest-France, édition de Caen, 19 septembre 2011 [lire en ligne].
  19. « Le chantier de la bibliothèque multimédia est lancé » dans Ouest-France, édition de Caen, 7 juillet 2013