Bibliothèque d'Alexandrie

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31° 12′ 32″ N 29° 54′ 33″ E / 31.20889, 29.90917

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La bibliothèque d'Alexandrie, fondée à Alexandrie, en Égypte, en 288 avant notre ère et définitivement détruite au plus tard entre -48 et 642, était la plus célèbre bibliothèque de l'Antiquité et réunissait les ouvrages les plus importants de l'époque.

Histoire[modifier | modifier le code]

Évocation de la bibliothèque d'Alexandrie.

Ayant reçu l'Égypte en partage à la mort d'Alexandre, Ptolémée, un de ses généraux, devenu roi sous le nom de Ptolémée Ier Sôter, s'attacha à faire d'Alexandrie la capitale culturelle du monde hellénistique, à même de supplanter Athènes.

En 288 avant notre ère, à l'instigation de Démétrios de Phalère[1], tyran d'Athènes de -317 à -307, exilé à Alexandrie et disciple d'Aristote, il fit construire un musée (Museîon, le « Palais des Muses ») abritant une université, une académie et la bibliothèque (estimée à 400 000 volumes[2] à ses débuts, et jusqu'à 700 000 au temps de César[3],[4]). Située dans le quartier du Bruchium près des palais royaux (basileia) — Épiphane de Salamine la place au Broucheion[5] —, celle-ci a pour objectif premier de rassembler dans un même lieu l'ensemble du savoir universel. La constitution du fonds s'opéra essentiellement par achat, mais également par saisie ou ruse : Ptolémée aurait ainsi demandé à tous les navires qui faisaient escale à Alexandrie de permettre que les Livres contenus à bord soient recopiés et traduits ; la copie était remise au navire, et l'original conservé par la bibliothèque[6]. Le fonds s'enrichit également par la copie d'exemplaires acquis ou prêtés.

La bibliothèque ne commença à fonctionner que sous Ptolémée II Philadelphe[7] qui, selon Épiphane, aurait demandé « aux rois et aux grands de ce monde » qu'ils envoient les œuvres de toutes les catégories d'auteurs[5] et aurait fixé un objectif de 500 000 volumes[8].

Le musée devint un centre académique de hautes recherches où les savants étaient défrayés par le prince (il avait de plus fait édifier dans le complexe du Museîon appartements et réfectoire à leur intention) et où ils trouvaient les instruments, collections, jardins zoologiques et botaniques nécessaires à leurs travaux[9]. La bibliothèque ne ressemblait pas à celles d'aujourd'hui avec une salle et un mobilier spécifique. Selon Strabon, les livres étaient dans des niches dans l'épaisseur des murs des peripatos (« péripate », Portiques à colonnes servant de promenoir couvert), les lecteurs les lisant probablement dans ce « péripate » ou dans les allées ombragées des jardins[10]. Il faut dire qu'avant Ambroise de Milan, on lisait à voix haute, et donc souvent dans les jardins.

La traduction en grec de tous ces ouvrages fut un travail colossal qui mobilisa la plupart des intellectuels et savants de chaque pays ; il fallait que ces hommes maîtrisassent à la perfection leur propre langue ainsi que le grec. La bibliothèque fut dirigée par des érudits comme Zénodote d’Éphèse, puis Aristophane de Byzance, Aristarque de Samothrace et Apollonios de Rhodes[11]. Dès Zénodote, une attention toute particulière est accordée à l'édition des grands classiques de la littérature grecque, notamment des poèmes homériques[12] : afin de proposer une édition du texte la plus fidèle possible, les vers à l'authenticité contestée sont marqués d'un obèle, trait horizontal placé à gauche du vers. C'est également au sein de la Bibliothèque qu'à l'instigation du souverain lagide Ptolémée II Philadelphe[13], sans doute vers -281[14], fut traduit en grec le Pentateuque hébreu, donnant naissance à la Septante ; selon la légende, six représentants de chaque tribu juive s'enfermèrent sur l'île de Pharos pour accomplir cette traduction et auraient exécuté la traduction en soixante-douze jours.

Le poète grec Callimaque de Cyrène[15], qui selon la tradition aurait d'abord été simple grammatikos, enseignant la lecture et l'écriture, fut reçu par Ptolémée II et donna des leçons de poésie dans le musée : il eut Apollonios de Rhodes et Aristophane de Byzance comme disciples. Successeur de Zénodote au poste de bibliothécaire d'Alexandrie à la mort de celui-ci, tout en continuant à donner des cours, il rédigea le premier catalogue raisonné de la littérature grecque, les Tables (Pinakes) des personnalités dans chaque branche du savoir et liste de leurs écrits, couvrant quelque cent vingt rouleaux d'inventaire classé par ordre alphabétique et par genre.

Au début du IIe siècle avant notre ère, sur l'autre rive de la mer Méditerranée, Eumène II de Mysie fonda la bibliothèque et centre de recherche de Pergame, en faisant une concurrente à la bibliothèque d'Alexandrie[16]. Cette concurrence aurait pu stimuler le développement de la bibliothèque, mais aussi également l'affaiblir, car les Ptolémées était en pleine décadence pendant ce siècle. À la même époque fut créée une annexe à la bibliothèque dans le Sérapéum d'Alexandrie. Cette bibliothèque-fille abritait 42 800 rouleaux et était destinée aux simples lecteurs[17].

Vers -145, Ptolémée VIII Évergète II expulsa les savants (« philologues ») d'Alexandrie[18]. Ptolémée VIII nomma un militaire du corps des lanciers, Cydas, comme bibliothécaire. Il est possible que le fonctionnement de la bibliothèque fût interrompu pendant un certain temps. Des volumes auraient pu être emportés par les savants et leurs disciples. D'autres pertes auraient pu être occasionnées par les pillages des miliciens et par négligence de surveillance.

En -86, la bibliothèque retrouve sa place après le sac d'Athènes par Sylla qui a fait venir des érudits athéniens à Alexandrie.

Les directeurs de la bibliothèque[modifier | modifier le code]

Le papyrus d'Oxyrynchus, X, 1241 donne une liste des directeurs de la bibliothèque d'Alexandrie.

Destructions de la bibliothèque[modifier | modifier le code]

L’Incendie de la Bibliothèque d'Alexandrie, tableau d'Ambrose Dudley.

Contexte scientifique du débat[modifier | modifier le code]

Les sources sont extrêmement limitées et les positions des historiens toutes aussi tranchées les unes que les autres[19].

La seule certitude est qu'aucune trace matérielle de la bibliothèque d'Alexandrie n'a été, à ce jour, identifiée ou retrouvée. L'absence d'élément matériel met donc les chercheurs dans l'impossibilité de valider, infirmer ou corroborer les dires des sources qui, au fil du temps, ont pu être manipulées, incomprises ou interprétées (dans un sens ou un autre).

Aussi, pour les historiens, certains documents, avec le temps, et surtout s'ils étaient dans la bibliothèque depuis les origines, devaient se dégrader avec le temps, et on ignore dans quelles mesures, et si il y avait des restaurations des documents, tout comme on ignore l'évolution du nombre d'ouvrages présents dans cette même bibliothèque[réf. nécessaire].

Résumé des différentes hypothèses[modifier | modifier le code]

L'évêque d'Alexandrie Theophilus, une bible en main, se tenant debout triomphalement sur le Sérapéum. Le dieu Sarapis est représenté couronné à l'intérieur du temple (en bas de l'image). Illustration en marge d'une chronique écrite à Alexandrie au début du Ve siècle.

Des hypothèses sur la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie :

  • la guerre civile romaine entre César et Pompée (env. -50) ;
  • Les massacres d'Alexandrie de 215, par l'empereur Caracalla : il visita sans respect le tombeau d'Alexandre, mais les données historiques manquent en ce qui concerne le sort de la Bibliothèque d'Alexandrie, car pour les rares sources de l'époque, il n'est pas fait état d'une visite de l'empereur en cette bibliothèque, ou d'évocation de celle-ci[réf. nécessaire].
  • le conflit entre l'empereur Aurélien et Zénobie de Palmyre au IIIe siècle.
  • les conflits de primauté politique et religieuse entre paganisme et christianisme (250/415) avec la lacération puis la "purification" (exécution par le bûcher) par les chrétiens sous les ordres de l’évêque Cyrille d'Alexandrie, d'Hypatie, fille de Théon d'Alexandrie (dernier directeur de la bibliothèque fermée sous l'ordre de l'empereur Théodose Ier en 391) ;
  • les conséquences de la conquête arabe (642) ;
  • plusieurs destructions.

La guerre civile à Rome entre César et Pompée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre civile de César.

À la fin de la guerre civile entre César et Pompée, après la bataille de Pharsale en -48, César, vainqueur, pourchassa son rival jusqu'à Alexandrie où il le trouva assassiné sur ordre du jeune Ptolémée XIII. Une guerre s'engagea peu après entre Ptolémée et César, ce dernier soutenant le parti de Cléopâtre VII en conflit avec son frère Ptolémée. Le général romain sortit vainqueur de l'affrontement, et détrôna le jeune souverain au profit de Cléopâtre et du plus jeune de ses frères. En -47, les troupes de Jules César incendient la flotte d'Alexandrie ; le feu se serait propagé aux entrepôts et, selon la tradition rapportée par Plutarque, Suétone et Aulu-Gelle, aurait détruit une partie de la bibliothèque. Luciano Canfora, par sa critique des sources, réfute cette tradition, rappelant que Cicéron, Strabon ou Lucain ne la mentionnent pas dans leurs écrits et se fondant sur Dion Cassius qui mentionne bien un incendie, mais celui uniquement de « dépôts de blé et de livres », soit 40 000 rouleaux de papyrus — des copies destinées à l'exportation et entreposées au port. L'incendie qui s'est produit était sur le front de mer et loin de la bibliothèque. Les preuves documentaires montrent qu'elle était encore florissante plusieurs décennies après l'expédition de César en Égypte. En revanche le sérapéum a été soumis à l'autodafé, conduit par l'évêque Théodose en 391, de manière à assoir la secte chrétienne, grâce à un décret de Théodose Ier concernant les temples païens. Cet incendie et les différents affrontements (antérieurs ou postérieurs) auraient ainsi mené à la perte d'environ 40 000 à 70 000 rouleaux dans un entrepôt à côté du port (et non pas dans la bibliothèque elle-même)[20].

Une bibliothèque de 200 000 rouleaux fondée à Pergame par les Attalides fut mise à contribution pour les remplacer, ainsi que la bibliothèque du gymnase de Ptolémée, à Athènes[réf. nécessaire]. En outre, César construisit justement une nouvelle bibliothèque, le Césaréum, ce qui rend donc fort peu plausible l'hypothèse de la destruction de la totalité de la collection.

Les conflits de primauté politique et religieuse entre paganisme et christianisme[modifier | modifier le code]

Les tensions croissantes entre le pouvoir impérial romain païen et l'influence religieuse et politique grandissante des chrétiens ont suscité des affrontements qui se sont traduits, par exemple, par l'Édit de Théodose en 391 ordonnant, entre autres, la destruction des temples païens. L'hypothèse avancée par certains auteurs est que la bibliothèque d'Alexandrie aurait finalement disparu au cours de ces différents affrontements, tel le Sérapéum détruit à l'initiative de l'évêque Théophile d'Alexandrie[21],[22].

C'est la thèse exposée par Gérard de Nerval dans la première lettre d'Angélique, in Les Filles du feu (1854) :

« La bibliothèque d'Alexandrie et le Sérapéon, ou maison de secours, qui en faisait partie, avaient été brûlés et détruits au IVe siècle par les chrétiens, - qui, en outre, massacrèrent dans les rues la célèbre Hypathie, philosophe pythagoricienne. »

Le psychologue Gustave Le Bon soutient cette hypothèse :

« Sous la domination romaine, Alexandrie reprit un nouvel essor, et devint bientôt la seconde ville de l'Empire romain ; mais cette prospérité devait être éphémère encore. Elle se laissa envahir par la manie des querelles religieuses, et, à partir du troisième siècle, les émeutes, les révoltes s'y succédèrent constamment, malgré les sanglantes répressions des empereurs. Quand le christianisme devint la religion officielle, l'empereur Théodose fit détruire, comme nous l'avons dit, tous les temples, statues et livres païens. »

— La Civilisation des Arabes, Livre III, 1884, rééd. de 1980, p. 468.

Les conséquences de la conquête arabe[modifier | modifier le code]

En 1203, ʿAbd al-Latîf al-Baghdâdî, historien arabe[23], puis Ibn al Qiftî[24] imputent la destruction de la bibliothèque au calife 'Umar Ibn al-Khattâb qui aurait donné en 642 l'ordre de détruire la bibliothèque à son général 'Amr Ibn al-'As.

Les positions quant à ce récit restent tranchées, selon la valeur accordée à ce témoignage.

Les recherches, nombreuses sur le sujet[25], soulignent le manque de documents ou témoignages probants relatant ce récit. Il n'est mentionné par aucun historien, qu'il soit musulman ou chrétien[26], entre le VIIe et le XIIIe siècle. Al-Baghdâdî et Ibn Al-Qiftî auraient forgé ce récit pour des raisons politiques[27]. Selon une autre hypothèse, avancée par Mostafa El-Abbadi, l'histoire serait un faux fabriqué par les Croisés visant à discréditer les Arabes et à les dépeindre comme des ennemis de la culture[28].

Le récit est repris presque tel quel par l'historien Ibn Khaldûn[25] dans sa Muqaddima (XIIIe siècle). Il en change cependant le cadre, il ne s'agit plus d'Alexandrie, mais de Ctésiphon[25] en Irak actuel, et ce n'est plus 'Amr Ibn al-'As, mais Sa'd Ibn Abî Waqqâs qui dirige l'armée. En voici l'extrait :

« Cependant, quand les musulmans eurent conquis la Perse et mis la main sur une quantité innombrable de livres et d'écrits scientifiques, Sa'd Ibn Abî Waqqâs écrivit à 'Umar Ibn al-Khattâb pour lui demander des ordres au sujet de ces ouvrages et de leur transfert aux musulmans? 'Umar lui répondit : « Jette-les à l'eau. Si leur contenu indique la bonne voie, Dieu nous a donné une direction meilleure. S'il indique la voie de l'égarement, Dieu nous en a préservés. » Ces livres furent donc jetés à l'eau ou au feu, et c'est ainsi que les sciences des Perses furent perdues et ne purent parvenir jusqu'à nous. »

— Ibn Khaldûn, Le Livre des Exemples, T. I, Muqaddima VI, texte traduit et annoté par Abdesselam Cheddadi, Gallimard, novembre 2002, p. 944.

Si le contexte change, la phrase qui relate la réponse de 'Umar Ibn al-Khattâb est reprise mot pour mot de la chronique d'Al-Baghdâdî, ce qui vient renforcer qu'il s'agit d'une légende construite de toute pièce. Tel est l'avis, entre autres, d'Ahmed Djebbar, chargé d'études en histoire des mathématiques à l'université des sciences et des technologies de Lille[25] et auteur de nombreux ouvrages sur l'histoire des sciences ou de Richard Goulet[29] directeur de directeur de recherche émérite au CNRS.

La destruction de la bibliothèque d'Alexandrie par les troupes musulmanes est contredite dès le début du XVIIIe siècle par Eusèbe Renaudot[30], puis à la fin du XIXe siècle par le sociologue Gustave Le Bon[31].

Dans la première moitié du XXe siècle d'autres études abondent en ce sens, comme celle en 1911 de Victor Chauvin[32], celle d'Alfred Joshua Butler en 1902[33], celle de Paul Casanova en 1923[34] et celle d'Eugenio Griffini en 1925[35].

À l'opposé, l'historienne Mireille Hadas-Lebel dans son ouvrage en 2003 sur Philon d'Alexandrie écrit que la bibliothèque après sa destruction en 390 fut reconstituée au VIe siècle puis incendiée lors de la conquête arabe en 641[36]. Selon Martine Poulain dans sa recension de l'ouvrage de El-Abbadie :

« Malgré les limites des sources, les historiens estiment en effet généralement qu'Alexandrie fut détruite lors des invasions arabes du VIIe siècle sur ordre du calife Omar. »

Luciano Canfora (directeur scientifique de l'École supérieure d'études historiques de l’université de Saint-Marin), semblait admettre en 1988 la destruction de la bibliothèque par les Arabes[37], tout en considérant l'histoire comme « douteuse »[38] ; la différence de traitement du sujet entre les deux parties de son ouvrage ont ainsi pu faire considérer sa position comme équivoque[38],[39], certaines recensions estimant ainsi au contraire qu'il admettait l'hypothèse de la destruction au cours du conflit entre Aurélien et Zénobie de Palmyre (IIIe siècle) comme la plus vraisemblable[40]. Canfora semble clarifier ultérieurement sa position en affirmant que la destruction date bien du conflit du IIIe siècle[41].

Ahmed Dejbbar estime que la bibliothèque d'Alexandrie n'existait plus au moment de la conquête arabe, victime d'une incendie qui se produisit avant l'avènement de l'islam[42]. On peut également citer Bernard Lewis[43], la longue étude de Mostafa el-Abbadi et Omnia Mounir Fathallah[27] ou Paul Balta (qui comme Mostafa El-Abbadi[28] rejette la piste des armées de 'Umar et privilégie celle du patriarche Théophile d'Alexandrie)[44].

Conquête « turque » (868)[modifier | modifier le code]

Selon une version erronée probablement introduite par Sprengel[45] dans un article de l'Allgemeine Encyclopädie der Wissenschaften und Künste (1819), la bibliothèque, après avoir été brûlée par les Arabes en 641, aurait cependant été reconstituée par le calife Al Mutawakkil vers 845, avant d'être à nouveau détruite par les Turcs d'Ahmad Ibn Touloun en 868[46]. Selon Paul Casanova, il pourrait s'agir d'une confusion avec le pillage par ses mercenaires turcs de la bibliothèque du calife Al-Mustansir Billah, au XIe siècle.

Évocations artistiques[modifier | modifier le code]

  • En 1723 Haendel dans son opéra Giulio Cesare évoque l'incendie qui détruisit la bibliothèque d'Alexandrie.
  • En 2002, l'astrophysicien et écrivain Jean-Pierre Luminet a publié Le bâton d'Euclide : le roman de la bibliothèque d'Alexandrie (éditions Jean-Claude Lattès) se fondant sur l'hypothèse de la destruction de la bibliothèque lors de la conquête arabe, met en scène trois personnages, dont Hypatie pourtant lapidée par des chrétiens[réf. nécessaire], qui tentent de défendre la bibliothèque.
  • En 2010 (date de sortie en France), la bibliothèque d'Alexandrie est au cœur du film fictif Agora, réalisé par Alejandro Amenábar, qui suit le destin d'Hypatie, femme de sciences et de philosophie. Le film se fonde sur l'hypothèse de la destruction par les chrétiens de la plus grande partie des œuvres lors de la fermeture du Sérapéum d'Alexandrie qui abritait une annexe de la bibliothèque.

La bibliothèque moderne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bibliotheca Alexandrina.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon la Lettre d'Aristée, 9 : « […] Δημήτριος ὁ Φαληρεὺς ἐχρηματίσθη πολλὰ διάφορα πρὸς τὸ συναγαγεῖν, εἰ δυνατόν, ἅπαντα τὰ κατὰ τὴν οἰκουμένην βιβλία· » (« […] Démétrios de Phalère reçut des sommes importantes pour réunir, au complet si possible, tous les ouvrages parus dans le monde entier »).
  2. Un volume correspondait à un rouleau constitué d'une série de feuilles de [[Papyrus (papier)|]] collées les unes aux autres (cf. Alain Blanchard, « Les papyrus littéraires grecs extraits de cartonnages : études de bibliologie » dans M. Maniaci – P. F. Munafò (eds.), Ancient and Medieval Book Materials and Techniques (Erice, 18-25 September 1992), 1, Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, 1993, p. 37-39.
  3. Ammien Marcellin, XXII, 16 : « in quo bybliothecae fuerunt inaestimabiles: et loquitur monumentorum ueterum concinens fides septingenta uoluminum milia, Ptolomaeis regibus uigiliis intentis conposita bello Alexandrino, dum diripitur ciuitas sub dictatore Caesare, conflagrasse ».
  4. Aulu-Gelle, Nuits attiques, VI, 17 : « Ingens postea numerus librorum in Aegypto ab Ptolemaeis regibus uel conquisitus uel confectus est ad milia ferme uoluminum septingenta ».
  5. a et b De mensuris et ponderibus, PG XLIII 252.
  6. Galien, Galeni In Hippocratis Epidemiarum librum III commentaria III, Corpus Medicorum Graecorum V, 10, 2, 1, p. 78-80 (traduction de Jean-Luc Fournet, dans Pascale Ballet, La vie quotidienne à Alexandrie (331-30 av. J.-C.), Hachette, collection « Pluriel », 2003, p. 120) :
    « On raconte que Ptolémée, alors roi d'Égypte, était si fier de ses livres, qu'il avait ordonné que les livres de toute personne qui débarquait lui soient apportés, qu'on en fasse une nouvelle copie sur papyrus, que ce soit la copie qui soit restituée à leur propriétaire […], qu'on dépose les livres saisis dans les bibliothèques et qu'on y appose la mention “des navires”. […] Ce Ptolémée mit beaucoup d'ardeur dans l'acquisition de tous les livres anciens comme en témoigne bien le récit de ce qu'il fit aux Athéniens : leur ayant versé une caution de quinze talents d'argent en échange des exemplaires de Sophocle, d'Euripide et d'Eschyle pour en faire une unique copie avant de les rendre immédiatement en parfait état, il fit copier à grands frais sur le plus beau des papyrus ; il garda ce qu'il avait reçu des Athéniens et leur renvoya les copies, les invitant à garder les quinze talents et à accepter, à la place des anciens exemplaires qu'ils lui avaient donnés, les neufs. »
  7. Nina L. Collins, The Library in Alexandria and the Bible in Greek (Supplements to Vetus Testamentum, vol. LXXXII), Brill Academic Publishers, 2000, p. 110-114.
  8. W. W. Tarn, « Ptolemy II », The Journal of Egyptian Archaeology, 14(3/4), 1928, p. 246-260.
  9. Danièle Auger et Étienne Wolff, Culture classique et christianisme, Picard,‎ 2008, p. 203
  10. Luciano Canfora, op. cit., p. 101
  11. Leur succession est relativement bien connue grâce à deux sources : d'une part, la Souda byzantine, mais également un papyrus trouvé à Oxyrhynque et datant de l'époque romaine, P. Oxy., X, 1241, col. II (p. 99-108) ; si le début du texte est altéré — les deux premiers épimélètes (Zénodote d'Éphèse et Callimaque) n'y figurent pas —, la liste couvre les règnes allant de Ptolémée III Évergète à Ptolémée IX Sôter II :
    « […] Apollonios, fils de Silleos, d'Alexandrie, appelé le Rhodien, l'élève de Callimaque ; il [était aussi le précepteur du troisième] roi. Lui succédèrent Eratosthène, puis Aristophane, fils d'Apelle, de Byzance, et Aristarque ; puis Apollonios d'Alexandrie surnommé l'Eidographe [le « classificateur »] ; puis Aristarque, fils d'Aristarque, d'Alexandrie, mais originaire de Samothrace ; il [devint] aussi le précepteur des enfants de Philomètôr. Il fut suivi par Cydas, du corps des lanciers ; c'est sous le neuvième roi que se situe l'acmé des grammairiens [grammatikoi] Ammonios, Zénodote, Dioclès et Apollodore. »
  12. Jean Irigoin, « Les éditions de poètes à Alexandrie », dans Gilbert Argoud et Jean-Yves Guillaumin (eds.), Sciences exactes et sciences appliquées à Alexandrie. Actes du colloque international de Saint-Étienne (6-8 juin 1996), Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne (Centre Jean-Palerne), 1998, p. 405-413.
  13. Nina L. Collins, op. cit., ch. V, « Who wanted a translation of the Pentateuch in Greek? », p. 115-181.
  14. Nina L. Collins, op. cit., p. 56-57.
  15. Claude Meillier, Callimaque et son temps. Recherches sur la carrière et la condition d'un écrivain à l'époque des premiers Lagides, Université Lille-III, 1979.
  16. Leonard Whibley, A Companion to Greek Studies, 1916, tr. 123.
  17. Luciano Canfora, La Bibliothèque d'Alexandrie et l'histoire des textes, Éd. de l'Université de Liège,‎ 2004, p. 19
  18. Pierre Jouguet, L'impérialisme macédonien et l'hellénisation de l'Orient, Paris, Albin Michel, 1972, p. 281.
  19. Cf. M. Poulain, La fin et le feu, dans sa recension de l'ouvrage de M. El-Abbadie, et Continuons à voyager…. La nouvelle Alexandrie p. G. Leroux, Département de Philosophie, UQAM in bulletin n°64 (sept. 2004) de la Société des Études Anciennes du Québec : « La référence antique n'est pas facile à établir, car nous ne savons presque rien de l'édifice construit par les Ptolémées. Il faut souhaiter à Jean-Yves Empereur d'avoir pour l'ancien musée le flair qu'il a eu pour le phare, car pour l'heure aucun vestige important n'a pu être mis au jour et les hypothèses sur la destruction de la bibliothèque présentent toutes des difficultés en apparence insurmontables. » (« La nouvelle Alexandrie », Bulletin de la Société des études anciennes du Québec, no 64, automne 2004, p. 18)
  20. Bernard Legras, L'Égypte grecque et romaine, Armand Colin,‎ 2004, p. 126
  21. Cf. Éd. Gibbon, ch. 28 et El-Abbadie, Vie et destin de l'ancienne Bibliothèque d'Alexandrie ; voir également la recension de ce dernier ouvrage par Martine Poulain, BBF, 1994, no 1, p. 99-100.
  22. Cf. compte-rendu de l'ouvrage de L. Canfora.
  23. Silvestre de Sacy, Relation de l'Égypte par Abd-Allatif, p. 183
  24. Ibn al Qifti’s Ta’rih al-Hukama, von Dr Julius Lippert, Leipzig 1903, in-8, p. 8 de l’introduction
  25. a, b, c et d Ahmed Djebbar, Les mathématiques arabes (5/6) sur dailymotion
  26. Bernard Lewis, The Vanished Library, 27 septembre 1990, dans The New York Review of Books.
  27. a et b Mostafa el-Abbadi et Omnia Mounir Fathallah, What Happened to the Ancient Library of Alexandria ?, Brill, 2008, p. 214-217.
  28. a et b Mostafa El-Abbadi, Vie et destin de l'ancienne bibliothèque d'Alexandrie, Paris, UNESCOA - PNUD, 1992, 248 p.
  29. Richard Goulet, La Conservation et la transmission des textes philosophiques grecs, cité dans Cristina D'Ancona Costa, The Libraries of the Neoplatonists: Proceedings of the Meeting of the European Science Foundation Network "Late Antiquity and Arabic Thought : Patterns in the Constitution of European Culture", Brill, 2007, p. 33.
  30. Bernard Lewis, The Vanished Library, 27 septembre 1990, dans The New York Review of Books.
  31. La Civilisation des Arabes, Livre III, 1884 rééd. de 1980, p. 466-467 Gustave Le Bon : « Lorsque le christianisme devint la religion officielle de Constantinople, l'empereur Théodose fit abattre, en 389, tous les temples et statues des anciens dieux de l'Égypte, et tout ce qui pouvait rappeler ces derniers. Les monuments trop solidement construits pour pouvoir être détruits facilement eurent leurs inscriptions et leurs personnages martelés. L'Égypte est encore couverte des débris de cette fanatique dévastation. Ce fut un des plus tristes actes d'intolérance et de vandalisme qu'ait connus l'histoire. Il est regrettable d'avoir à constater qu'un des premiers actes des propagateurs de la religion nouvelle, qui venait de remplacer les anciens dieux de la Grèce et de Rome, fut la destruction de monuments que la plupart des conquérants avaient respectés depuis cinq mille ans.
    […] Quant au prétendu incendie de la bibliothèque d'Alexandrie, un tel vandalisme était tellement contraire aux habitudes des Arabes, qu'on peut se demander comment une pareille légende a pu être acceptée pendant si longtemps par des écrivains sérieux. Elle a été trop bien réfutée à notre époque, pour qu'il soit nécessaire d'y revenir. Rien n'a été plus facile que de prouver, par des citations fort claires, que, bien avant les Arabes, les chrétiens avaient détruit les livres païens d'Alexandrie avec autant de soin qu'ils avaient renversé les statues, et que par conséquent il ne restait plus rien à brûler. »
  32. Victor Chauvin, Le Livre dans le monde arabe, Publication du musée du livre, 1911, p. 3-6.
  33. Alfred J. Butler, The Arab Conquest of Egypt and the last thirty years of the Roman dominion, Clarendon, Oxford, 1902 (nouvelle édition publiée par P. M. Fraser "with a critical bibliography and additional documentation", Clarendon, Oxford, 1978), p. 401-425.
  34. Paul Casanova, L'incendie de la bibliothèque d'Alexandrie par les Arabes, Comptes Rendus de l'Acedémie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1923, p. 163-171.
  35. Eugenio Griffini, Fî sabîl al-Haqq wa't-ta'rîkh : al-Haqîqa fî harîq maktabat al-Iskandariyya, Al-Ahram, 21 Janvier 1925.
  36. Mireille Hadas-Lebel, Philon d'Alexandrie, un penseur en diaspora, éd. Fayard, 2003, (ISBN 978-2-213-64938-2)
  37. D'après M. Desgraves dans sa recension de l'ouvrage de L. Canfora :
    « Selon L. Canfora, la bibliothèque ne fut pas détruite pendant l'incendie de la ville, au moment de la campagne de César en Égypte, mais les rouleaux furent sacrifiés, au VIIe siècle de notre ère, par l'émir Amr ibn al-As, sur l'injonction du calife de Bagdad. »
  38. a et b [1]
  39. [2]
  40. M.-Cl Lambrechts-Baets, revue de l'ouvrage in Revue belge de philologie et d'histoire (en ligne)
  41. Luciano Canfora et Nathaël Istasse, « La Bibliothèque d'Alexandrie et l'histoire des textes », dans Cahiers du CEDOPAL No.1 - Vol. 1, Éditions de l'ULG, 2004, p. 26.
  42. Ahmed Djebbar, L'âge d'or des sciences arabes, Le Pommier, Paris, 2013, p. 15.
  43. Bernard Lewis, « The Vanished Library », 27 septembre 1990, dans The New York Review of Books.
  44. Paul Balta, « Alexandrie : Éloge du cosmopolitisme », cité dans Confluences Méditerranée, no 10, Villes exemplaires, villes déchirées, Printemps 1994.
  45. Paul Casanova, L'incendie de la bibliothèque d'Alexandrie par les Arabes, Comptes Rendus de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1923, p. 167.
  46. A.E.W.K. Tome III, article Alexandrinische Schule, p. 54 (en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr+ar) M. El-Abbadie, Vie et destin de l'ancienne bibliothèque d'Alexandrie, Paris, UNESCOA - PNUD,‎ 1992, 248 p. (ISBN 92-3-202632-5, présentation en ligne) ;
  • Luciano Canfora (trad. de l'italien par J.-P. Manganaro et D. Dubroca), La Véritable histoire de la Bibliothèque d'Alexandrie, Paris, Éd. Desjonquères,‎ 1988, 214 p. (ISBN 2-904-227-245) ;
  • Étienne-Louis Chastel, Destinées de la bibliothèque d'Alexandrie, Paris,‎ 1876 (lire en ligne) ;
  • Edward Gibbon, Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain ;
  • Pierre Jouguet, L'impérialisme macédonien et l'hellénisation de l'Orient, Paris, Albin Michel,‎ 1972 ;
  • Isabelle Laborie, La Bibliothèque, catalogue d’exposition « La Gloire d’Alexandrie », Agde, 1998 ;
  • Claudine Le Tourneur d'Ison, « Le grand projet culturel des Ptolémées », Historia, no 767,‎ novembre 2010, p. 30-35.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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