Bianor (poète)

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Bianor (en grec ancien Βιάνωρ) est un poète grec antique ayant vécu vers la fin du Ier siècle av. J.-C et le début du Ier siècle ap. J.-C. Il est connu tantôt sous le seul nom de Bianor, tantôt sous ceux de Bianor de Bithynie ou Bianor le grammairien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Nous savons peu de choses sur sa vie. Il a vécu sous les règnes des empereurs Auguste et Tibère, comme en témoigne l'épigramme qu'il a consacrée au tremblement de terre de Sardes qui eut lieu en 16 ap. J.-C.

Dans son anthologie, Philippe de Thessalonique rapproche sa poésie de la feuille du chêne ( δρῦς)

Œuvres[modifier | modifier le code]

Une vingtaine de ses épigrammes nous sont parvenues, regroupées dans l’Anthologie palatine, tout particulièrement dans l'édition de Philippe de Thessalonique, puis dans celles de Constantin Céphalas et de Maximus Planudes.

Ces pièces, tantôt plaisantes ou ingénieuses, tantôt graves et sensibles (VII, 671, sur la mort d'un jeune enfant ; VII, 387,sur la mort d'une mère puis de son enfant), révèlent un auteur s'interrogeant sur les sentiments humains (XI, 364) et un poète attentif aux peines aussi bien humaines qu'animales (IX, 295, sur un cheval ; X, 101, sur une vache maltraitée).

Extraits[modifier | modifier le code]

Étonnement (Traduction Marguerite Yourcenar)


Cet homme est nul, grossier, sans pudeur et sans flamme.

Tel quel, il est pourtant le maître d'une autre âme.

Anth. Pal., XI, 364


La vache maltraitée (Traduction Marguerite Yourcenar)


Le fermier fait traîner par la vache aux flancs mous

Son soc dur et pesant. Son nouveau-né la suit.

Elle avance, craignant une grêle de coups

Au moindre arrêt, tardant le plus possible afin

Que le faible petit (il a froid, il a faim)

Chancelant, ne soit pas trop laissé en arrière.

Ô fermier au cœur dur, écoute ma prière !

Laisse un peu de repos à la mère inquiète,

Et consens qu'elle dorme ou rumine aujourd'hui,

Flanc à flanc, à côté de celui qu'elle allaite.

Anth.Pal, X, 101


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anthologie grecque
    • Première partie : Anthologie palatine, Les Belles Lettres, texte et trad. T. I : Livres I-IV, trad. P. Waltz, 1929, XC-209 p. ; t. II : Livre V, 1929, 265 p. ; t. III : Livre VI, 1931, 338 p. ; t. IV : Livre VII, Epigrammes 1-363, 1938, 362 p. ; t. V : Livre VII, Epigrammes 364-748, 1941, 357 p. ; t. VI : livre VIII, Epigrammes de Saint Grégoire le Théologien, 1945, 194 p. ; t. VII : Livre IX. Epigrammes 1-358, 1957, LXIII-289 p. ; t. VIII : Livre IX. Epigrammes 359-827, 1974, X-477 p. ; t. X : Livre XI, 1972, X-302 p. ; t. XI : Livre XII, 1994, LXV-232 p. ; t. XII : Livres XIII-XV, 1970, VII-318 p.
    • Deuxième partie : Anthologie de Planude, Les Belles Lettres, trad. R. Aubreton. T. XIII : Anthologie de Planude, 1980, VII-480 p.
  • Robert Brasillach, Anthologie de la poésie grecque, Paris, éd. Stock,‎ 1950 (réimpr. rééd. 1995, Le Livre de Poche) (ISBN 978-2-253-01517-8, OCLC 33113958).
  • Marguerite Yourcenar, La Couronne et la Lyre, éd. Gallimard,‎ 1979 (réimpr. 1984), 502 p. (ISBN 978-2-07-032256-5).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

http://remacle.org/bloodwolf/erudits/Anthologie/anth5.htm