Bhâvanî

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18° 00′ 41″ N 76° 07′ 32″ E / 18.011386, 76.125641

Bhâvanî donnant à Shivâjî son épée.

Dans l'hindouisme, Bhâvanî est l'une des formes de Devî, la Grande Déesse, présentée le plus souvent comme épouse ou parèdre de Bhâva, aspect bienveillant de Shiva. Bhâvanî signifie en sanskrit celle qui donne l'existence ou celle qui assure le bien-être.

Elle n'est guère mentionnée que de nom dans les textes anciens. Dans la Rudrahridaya Upaniṣad et dans les Purâna (entre autres, les Brâhma, Matsya, Shiva, Agni, Skanda et Bhagavad Purâna), le nom de Bhâvanî figure soit comme une simple épithète de Devî ou de Shakti, soit comme un homonyme de Durgâ ou Pârvatî, parèdres de Shiva.

Il en est de même dans les Tantra, où Bhâvanî est un homonyme de Parashakti ou Mâhashakti, la Shakti suprême. Le Rudrayamâlâ Tantra contient toutefois un texte important sur le kundalinî yoga, la Bhâvanî Nâmasahasra Stuti (Les mille noms de Bhâvanî), et le Devîrâhâsya Tantra attribue à Bhâvanî un mantra spécifique.

Shankarâchârya lui a dédié un de ses plus beaux hymnes, le Bhâvanî Ashtakam, où Bhâvanî est invoquée comme la Mère universelle en qui il prend refuge.

Bhâvanî reine de Varanasi[modifier | modifier le code]

La nature bénéfique de Bhâvanî apparaît dans un texte puranique sur la ville de Kâshî, ancien nom de Varanasi, dont elle est la reine et la protectrice. Dans l'un des chapitres du Skanda Purâna, le Kâshî Khanda, elle est dépeinte comme l'épouse de Shiva, veillant aux tâches ménagères et distribuant les aumônes avec générosité. C'est elle qui nourrit Vyâsa tandis qu'il est occupé à écrire. Son nom sera plus tard associé à celui d'Annapûrnâ, la déesse à la nourriture abondante. Rien, disait-on à Kâshî, n'égale le bonheur de demeurer en ce lieu ; aucun père ne saurait égaler Vishveshvara (Shiva) ; aucune mère ne saurait égaler Bhâvanî, qui rompt le cycle des renaissances.

Bhâvanî mère et libératrice de l'Inde[modifier | modifier le code]

Un tout autre aspect de Bhâvanî se fait jour dans l'histoire de Shivâjî, héros marathe du XVIIe siècle, dont elle était la divinité tutélaire. Le temple de Tuljapur, où il venait prier la déesse, existe toujours. En 1910, dans son poème Baji Prabhou, Sri Aurobindo a dépeint Shivâjî et ses lieutenants comme des instruments de Bhâvanî, la force divine qui gouverne la destin de l'Inde. Auparavant, en 1903, Sri Aurobindo avait rédigé un pamphlet intitulé Bhâvanî Mandir dans lequel il dressait le plan d'une insurrection armée contre le gouvernement britannique. S'inspirant d'un roman de Bankim Chandra Chatterji, Ananda Math, qui raconte la révolte des sannyâsins pendant les famines des années 1770, il projetait de constituer un ordre de brahmâchârin qui se consacreraient à la libération de la mère patrie. Enfin, vers la même époque, il avait écrit son seul et unique poème en sanskrit, Bhâvanî Bharati, Mère de l'Inde, « celle qui protège et détruit », dans lequel Bhâvanî est assimilée à Kâlî et Chandî, les formes les plus terribles de la Déesse.

Références[modifier | modifier le code]

* Adi Sankaracharya, Bhavani Ashtakam, translated by P. R. Ramachander, texte en ligne (en) : [1].

  • Bhavani Nama Sahasra Stutih (The Thousand Names of Bhavani) : A Page from Rudrayamala Tantra, English translation and commentary by Jankinath Kaul "Kamal", Sri Ramakrishna Ashrama, 1994.
  • Diana L. Eck, Banaras: City of Light, Alfred A. Knopf, New York, 1982.
  • Bankim Chandra-Chatterji, Le Monastère de la Félicite [Ananda Math], roman traduit du bengali par France Bhattacharya, Serpent à plumes, 2003.
  • Sri Aurobindo, Baji Prabhou, Sri Aurobindo Ashram Publication Department, Pondicherry, 1999.
  • Sri Aurobindo, Bhavani Bharati: Mother of India, Sri Aurobindo Ashram Archives & Research, Vol.9, No.2, Sri Aurobindo Ashram, Pondicherry, 1985. Texte en ligne (en) (sk) : [2].