Beyliks de la Régence d'Alger

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Les beyliks de la Régence d'Alger sont les provinces de la Régence administrées par des beys, de 1515 jusqu'en 1830, date de la conquête de l'Algérie par la France.

Présentation[modifier | modifier le code]

Les beyliks de la Régence d'Alger sont au nombre de trois[1],[2] :

Les beyliks sont administrés par des beys nommés par le dey d'Alger. La région d'Alger (Alger, la Mitidja et la basse Kabylie), appelée Dar Es-Soltane (« domaine de la couronne ») sont directement administrées par le dey d'Alger.

Les provinces de la Régence d'Alger avant la conquête française de 1830.

Historique[modifier | modifier le code]

Ahmed Bey, dernier bey de Constantine.

Le découpage administratif du territoire de la Régence en beyliks est dû au beylerbey Hassan Pacha qui créa le beylik du Titteri en 1546. L'organisation des beyliks se stabilise entre 1560 et 1570[3].

Le bey est désigné par le dey d’Alger (ou beylerbey au début de la Régence). Il commande les troupes, collecte les impôts et contrôle le territoire de la province au nom du dey[3]. Tous les trois ans, le gouverneur de la province doit apporter lui-même à Alger le montant des impôts collectés. Selon sa générosité, et son allégeance au dey, cette « épreuve » peut coûter au bey sa charge voire sa vie[1].

Les beys sont généralement choisis parmi les hauts fonctionnaires de la Régence. Ils ne sont pas tous turcs, certains sont parfois des Kouloughlis, d'autres des Arabes autochtones[3].

Le beylik de l'Ouest a changé plusieurs fois de capitale. Elle est d'abord installée à Mazouna en 1563. Shaaban bey meurt devant Oran alors occupée par les Espagnols. Le bey Mustafa al Masrafi choisit Mascara en 1700, puis occupe Oran de 1708 à 1732, date à laquelle les Espagnols réoccupent la ville. Son fils Youcef revient à Mascara pour en faire la capitale du beylik[3]. En 1792, le bey Mohammed el Kébir, chasse les Espagnols d'Oran et en fait sa capitale jusqu'en 1830[4].

En 1830, le dernier bey du Titteri, Mustapha Bou Mezrag, se rend à Alger avec ses soldats et participe à la bataille de Staoueli[4].

Après la conquête de l'Algérie, l'administration française crée, en 1848, les trois premiers départements algériens sur la base des beyliks historiques de la Régence d'Alger[5]. Le beylik du Titteri et Dar Es-Soltane formant, approximativement, le département d'Alger.

Organisation[modifier | modifier le code]

Chaque beylik est dirigé par un bey, quasi indépendant, aidé de khalif (lieutenants) et est subdivisé en watan - ou outân (districts) qui englobent plusieurs tribus. Les watan sont administrées par des caïds (commissaires) qui possèdent les pouvoirs civils, militaires et judiciaires locaux[1]. Les caïds sont épaulés par des contingents de tribus alliées (maghzen)[4].

Les tribus sont commandés par un cheikh (chef de tribu), sous les ordres d'un caïd. Les tribus se subdivisent elles-mêmes en douars, dirigés par un agent du cheikh (le chef de douar) ou par une djemaâ (le conseil). Elles sont intégrées dans une hiérarchie militaire et fiscale. On distingue ainsi trois groupes[4]:

  • le maghzen supérieur, composé de tribus privilégiées (Douair et Smala) et une aristocratie maraboutique ou guerrière (jawâd), tels les Mokrani de la Medjana. Elles fournissent un appui militaire au bey.
  • le maghzen inférieur fournit aussi un service militaire, mais il est dispensé des impôts non coraniques (kharadj).
  • les tribus soumises (raïas), contraintes par les tribus maghzen de payer les taxes et impôts exigés.

Certaines tribus des massifs montagneux étaient quasi indépendantes grâce aux reliefs de leurs régions. Ainsi, le bey de l'Ouest, Mohammed el Kébir, a accepté la quasi-indépendance des tribus montagnardes du Dahra et de l'Ouarsenis. Seuls la région de Ténès et le Chélif étaient directement contrôlés. À l'Est, les massifs montagneux de Kabylie et des Aurès échappaient au contrôle du Bey de Constantine et les tribus des steppes ne payaient qu'un droit d'eussa ou de marché quand elles venaient dans le Tell[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Charles -André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord : Des origines à 1830, Grande Bibliothèque Payot,‎ 1994 (ISBN 2-228-88789-7), p. 677-678
  2. Jacques Simon, Algérie - Le passé, l'Algérie française, la révolution (1954-1958), L'Harmattan,‎ 2007 (ISBN 978-2-296-02858-6, présentation en ligne), p. 22
  3. a, b, c et d Jeannine Verdès-Lerous, L’Algérie et la France, Editions Robert Laffont,‎ 2009 (ISBN 978-2-221-10946-5), p. 120
  4. a, b, c, d et e L'Algérie au passé lointain - De Carthage à la Régence d'Alger, par Jacques Simon, p195,196.
  5. "Sous-préfecture de Tiaret, département d'Oran (1885/1957)", sur le site des Archives nationales d'outre-mer. Consulté le 30/12/3011/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]